Poésies, musiques

Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 21:30

 

20110526-Roses--FKDL-003.jpg

                                 Photo (c) Luciamel 26/05/2011, rue des Blancs Manteaux, oeuvre de FKDL.

 

 

Le point de départ d'un billet est toujours intéressant. Il s'agit d'une phrase qui vient à l'esprit, un ou deux mots suffisent... une musique, ou une envie de communiquer (communier). J'ai rarement le projet de faire une démonstration, pour cette raison il me semble plus que dérisoire de coller à l'actualité. Quand je vois s'engouffrer la blogosphère dans une brèche je n'ai qu'une envie : m'en éloigner.

 

Les gens que j'aime lire ont tendance, eux aussi, à être plutôt décalés.

 

Je ne veux plus me prendre le chou, la tête... avec ceux qui eux (et, puisque ça leur plaît, pourquoi pas ?) ne jubilent qu'avec ça : l'actualité. Ils se disent blogueurs politiques, ils répètent jusqu'à plus soif ce qu'on peut lire partout (journaux en ligne, et autres billets de blogueurs perroquets), quid de la réflexion ? Elle se limite bien souvent à des éructations narcissiques... ils se sentent pousser des ailes à pouvoir insulter le ou la (plus souvent "la") politique dans leur viseur Google Reader. Je n'apprends rien à leurs discours. Alors, voilà, c'est décidé, je ne lirai plus que ceux qui me semblent avoir une âme en activité derrière leur interface. Pour les autres, on attendra qu'ils s'éveillent à la réalité.

 

Ce soir j'écoute Roselyne Bachelot sur F2, elle dit son dégoût face au machisme ordinaire à l'Assemblée Nationale. Cécile Duflot elle aussi dit qu'après l'affaire DSK, les femmes politiques ne se laisseront plus faire, ne se laisseront plus humilier systématiquement, sous des dehors de... drague... elles n'accepteront plus d'entendre tout et n'importe quoi sur leur physique, leurs qualités et défauts... de caractère, alors que le reste (leur travail, leurs résultats) est méprisé.

 

Mon point de départ ce soir est un fadiste, Ricardo Ribeiro, découvert vendredi dernier, lors de mon cours de portugais (mon élève m'a indiqué le nom de la nouvelle voix du fado), en naviguant deci-delà sur youtube j'ai trouvé cette perle (sa collaboration avec Rabih Abou Khalil group) je vous laisse la savourer.

 

 

 

 

 

 

Mon point d'arrivée est une chanteuse brésilienne dont le nom était resté noté près de mon ordinateur sur un petit bout de papier... Paula Fernandes... Meu eu em você (mon être en toi), très romantique... très fleur bleue, très vrai...

 

 

 

Eu sou o brilho dos teus olhos ao me olhar                                 Je suis tes yeux qui brillent en me voyant
Sou o teu sorriso ao ganhar um beijo meu                                   Je suis ton sourire quand je t'ai embrassé(e)
Eu sou teu corpo inteiro a se arrepiar                                             Je suis ton corps qui tremble de plaisir
Quando em meus braços você se acolheu                                   Quand dans mes bras tu t'es lové(e)

Eu sou o teu segredo mais oculto                                                   Je suis ton secret le plus occulte
Teu desejo mais profundo, o teu querer                                         Ton désir le plus profond, ton désir
Tua fome de prazer sem disfarçar                                                   Ta faim de plaisir sans honte
Sou a fonte de alegria, sou o teu sonhar                                        Je suis la source de la joie, je suis ton rêve

Eu sou a tua sombra, eu sou teu guia                                            Je suis ton ombre, je suis ton guide
Sou o teu luar em plena luz do dia                                                   Je suis ta lune en plein jour
Sou tua pele, proteção, sou o teu calor                                           Je suis ta peau, protection, je suis ta chaleur
Eu sou teu cheiro a perfumar o nosso amor                                 Je suis ton odeur qui parfume notre amour

Eu sou tua saudade reprimida                                                         Je suis ta saudade refoulée
Sou o teu sangrar ao ver minha partida                                          Je suis ta douleur à me voir partir
Sou o teu peito a apelar, gritar de dor                                              Je suis ton coeur qui appelle, et crie sa peine
Ao se ver ainda mais distante do meu amor                                  A se voir trop loin de son amour

Refrão:                                                                                                   Refrain :
Sou teu ego, tua alma                                                                        Je suis ton ego, ton âme
Sou teu céu, o teu inferno a tua calma                                           Je suis ton ciel, ton enfer et ton calme
Eu sou teu tudo, sou teu nada                                                         Je suis tout, je ne suis rien
Minha pequena, és minha amada                                                  Tu es mon aimé(e)
Eu sou o teu mundo, sou teu poder                                                Je suis ton monde, ton pouvoir
Sou tua vida, sou meu eu em você                                                 Je suis ta vie, je suis moi en toi.

 

***************************************************************************

 

 

Pour info : mercredi 1er juin, vers 21h, nouvelle Lune en Gémeaux. Légéreté et humour sont au programme.

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 21:50

Le Portugal vit une terrible crise économique... et c'est l'Espagne qui se soulève. Paradoxal ? non, élémentaire mon cher Watson.

 

Comprenez que la révolution s'est faite au Portugal avec des oeillets et que les soldats en ont eux aussi été l'emblême (voir le groupe Homens da luta concourant à l'Eurovision cette année : le soldat est aujourd'hui encore le symbole du renversement du salazarisme). Tout commence par de la dérision, tout finit par un fado.

 

Une nation qui attend toujours le retour de son roi disparu à Alcacer Quibir (1578) ne peut pas être véritablement sérieuse... Don Sebastião dont Fernando Pessoa a fait un mythe, retraçant à la fois l'épopée d'un peuple et l'attente mystique d'un cinquième empire, dans le seul livre publié de son vivant : Mensagem (message). Sebastianisme... ou messianisme à la portugaise. Mystère des Lusitaniens tournés vers l'océan, et vers l'au-delà... Lire l'excellent texte de Mathieu Leroux sur cette question, et à qui j'emprunte la citation de Fernando Pessoa :

 

 

"Nous avons déjà conquis la Mer ;
il ne nous reste qu’à conquérir le Ciel
en laissant la Terre aux autres...
Sois pluriel comme l’univers."

Fernando Pessoa

 

 

Mourir pour des idées... oui, mais de mort lente, chantait Brassens. Au Portugal ça serait plutôt "pleurons d'amour... mais... lentement" (en suivant le conseil d'André Comte-Sponville dans "aimer désespérément") ainsi nous ne serons pas malheureux, aimons terriblement en ayant toujours présent à l'esprit que demain... tout sera peut-être fini ("le pire" comme protection), mais, surtout, aimons... totalement. Quel est donc ce peuple qui préfère à la colère économique, et aux manifestations, l'amour et la dérision ?

 

 

 

  

 

 

"Lábios que beijei
Mãos que eu afaguei
Numa noite de luar assim
O mar na solidão bramia
E o vento a soluçar pedia
Que fosses sincera para mim
Nada tu ouviste
E logo partiste
Para os braços de outro amor
Eu fiquei chorando
Minha mágoa cantando
Sou a estátua perenal da dor
Passo os dias soluçando com meu pinho
Carpindo a minha dor, sozinho
Sem esperanças de vê-la jamais
Deus, tem compaixão deste infeliz
Por que sofrer assim?
Compadecei-vos dos meus ais
Tua imagem permanece imaculada
Em minha retina cansada
De chorar por teu amor
Lábios que beijei
Mãos que eu afaguei
Volta, dá lenitivo à minha dor"

 

(Caetano Veloso)

 

Lèvres que j'ai baisées

Mains que j'ai caressées

Une nuit où ainsi la lune luisait

L'océan dans la solitude hurlait

Et le vent en pleurant suppliait

Qu'avec moi tu sois vraie

Tu n'as rien entendu

Et vite tu as disparu

Dans les bras d'un autre amour

Je suis resté à pleurer

Ma douleur s'est mise à chanter

Moi la statue éternelle de la peine

Je passe mes jours à pleurer

Regrettant ma douleur, ma solitude

Sans espoir de la revoir jamais

Dieu, aie pitié de ce malheureux

Pourquoi dois-je souffrir ainsi ?

Compatissez à mes cris

Ton image demeure immaculée

Dans ma rétine fatiguée

De trop pleurer d'amour pour toi

Lèvres que j'ai baisées

Mains que j'ai caressées

Reviens calmer ma douleur.

 

(traduction (c) Luciamel)

 

 

20110526-Roses--FKDL-006.jpg                                             photo (c) Luciamel, 25/05/2011, Paris

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques - Communauté : luso-francophones inspirés
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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 23:20

 

 

 

20110511-poete-de-rue-001.jpg

rue Rambuteau, il est là... tous les jours... je lui ai  demandé l'autorisation de le prendre en photo. Si vous voulez il vous écrit un poème. photo (c) Luciamel, le 11/05/2011.

 

 

 

 

Moi, j'aime les gens entiers, ceux qui gueulent, ceux qui prennent des risques de dire des conneries (et je suis bien placée dans ce Wikio-là...). Ceux qui écrivent des poèmes... et qui pensent que ça suffit à changer le monde...

 

 

J'aime Euterpe, je l'ai rencontrée à Berlin, une femme passionnée, attentive, et, surtout, voulant m'expliquer l'histoire de chaque rue, de chaque monument, de chaque quartier... patiemment. Mon amie. L'attaquez pas !!!  où vous me trouverez. L'amitié pour moi c'est sacré (ça ne m'empêche pas d'en dire des vertes et des pas mûres à mes ami(e)s, mais parce je les aime)

 

Après, vous me direz vos classements (dont vous m'affirmez que vous vous en foutez, mon oeil...), et puis vous me demanderez de ne plus venir vour déranger dans votre monde si bien rangé... Ok. Votre monde me dérange aussi (notez que je suis comme vous). 

 

Je voudrais ce soir me mettre en lien avec toute l'harmonie que normalement mes transits astrologiques me promettent... et vous dire que :


 

"C'est comme une gaieté
Comme un sourire
Quelque chose dans la voix
Qui paraît nous dire "viens"
Qui nous fait sentir étrangement bien

C'est comme toute l'histoire
Du peuple noir qui se balance
Entre l'amour et l'désespoir
Quelque chose qui danse en toi
Si tu l'as, tu l'as

Ella, elle l'a, ce je n'sais quoi
Que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état
Ella, elle l'a ... Ella, elle l'a

Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de voix
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de joie
Ce don du ciel qui la rend belle

Ella, elle l'a Ella, elle l'a Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou
Ella, elle l'a Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou

Elle a ce tout petit supplément d'âme
Cet indéfinissable charme... Cette petite flamme

Tape sur des tonneaux, Sur des pianos
Sur tout ce que Dieu peut te mettre entre les mains
Montre ton rire ou ton chagrin
Mais que tu n'aies rien, que tu sois roi
Que tu cherches encore les pouvoirs
qui dorment en toi
Tu v ois ça ne s'achète pas... Quand tu l'as tu l'as"

 

(Michel Berger, France Gall).

 

 

 

Suis-je exaltée ? suis-je emportée ? suis-je hystérique (comme aiment à le dire ceux qui n'aiment pas aimer.., ou, plus simplement, qui ne m'aiment pas) ? Je suis exaltée... oui... ça c'est sûr.. Le savent tous ceux qui se sont adonnés à la musique punk-bretonne (si, si !). Histoire de les en détourner... voici du fado, ooooohhhh nonnnnnn, dites-vous... mais que savez-vous réellement du fado ? 

 

 

Cristina Branco passe à Paris dans quelques jours... je vous invite... viendrez-vous ?

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 23:35

 

 

01092009-001-.jpg                                            photo (c) Luciamel (1/09/2009), oeuvre de rue.

 

 

 

Dire des choses sérieuses. Parler de l'actualité, des prochaines élections, de la crise au Portugal, de la mort de Ben Laden, de la Porsche de DSK... et que sais-je encore... mais, sortir de l'état de l'adolescente, qui de la fenêtre de sa mansarde s'adressait aux étoiles, leur demandant de l'emmener loin... de la Terre qui lui pesait tant. Puis, fermant les yeux, dans son cagibis-lit... elle s'envolait plus haut encore dans les cieux.

 

Aujourd'hui, le ciel est ici, en moi. Parfois gris, parfois lumineux... et parfois vide... d'étoiles.

 

Le monde est humain, la vie est esprit, elle est le coeur qui bat au contact des cellules qui palpitent tout autour de lui. Une musique, un rythme, infinis et ininterrompus.

 

Rien n'est plus important que cette écoute, depuis deux jours les oiseaux lui répondent... ils sont émerveillés, exaltés... quelle annonce nous font-ils ?

 

Sentez-vous le devenir ? l'à-venir ?

 

Tout semble nous préparer à ne plus désespérer, à ne plus espérer non plus, à être tout simplement in-finis.

 

Jusqu'au prochain orage, jusqu'à la prochaine tempête... qui viendra nous terrasser, nous remettre à terre. Mais, qu'importe si nous avons rêvé que nous nous étions éveillés ?

 

On en a tellement rêvé... que c'est arrivé.

 

Ce soir encore, je veux regarder les étoiles en moi, et leur parler, à travers un ordinateur...

 

Pour info : ce soir amas planétaire important à 20/27 degrés du Bélier (Mars, Lilith, Jupiter, Mercure, Vénus), ça se trouve sur mon Ascendant, tandis que Neptune est toujours conjoint à ma Vénus natale, ceci expliquant peut-être cela...

 

 

 

 

Maria Bethânia, lisant Fernando Pessoa (Alberto Caeiro) et chantant une sublime ode à sa mère (écrite par Caetano Veloso son frère).

 

 

 

**************************************************

 

*"L'Indienne de Longjumeau" en référence au très beau disque de Josée Moonens, entendue autrefois au Connétable, restaurant-cabaret où j'ai traîné mes guêtres, du temps de ma jeunesse.

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 22:38

 

La Lune est douce, la Lune est cachée par son amant, le Soleil. Elle va se prélasser quelques jours, pendant lesquels vous ne la verrez plus, puis la Lune reviendra... Nouvelle.

 

La Lune voudrait être femme, voudrait être mère, mais elle ne le peut pas..

 

Elle recueille l'enfant, elle le berce... comme une mère.

 

Lune nouvelle en Taureau, cette nuit. Elle vous donnera les germes, elle fera éclore vos souhaits. Ouvrez-vous à elle... confiez-lui vos secrets.

 

Ouvrez votre coeur, même s'il est seul... qu'importe... la Lune le percevra.

 

 

 

 

"Lune tu veux être mère,
Tu ne trouves pas l'amour
Qui exauce ta prière
Dis-moi lune d'argent,
Toi qui n'as pas de bras,
Comment bercer l'enfant ?
Ah...aahhh...
Hijo de la luna."

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 21:34

 

 

IMAG2159

                             photo (c) Luciamel, septembre 2008, New York, le bateau revenant de Ellis Island.

 

 

 

Vous êtes là à vous dire, ou pas... "elle est catho, elle est psycho-rigide...",  elle est... Et puis, vous vous perdez.... mais, aussi, vous me perdez....

 

Je suis là où vous ne vous trouvez pas.

 

Je suis là où vous ne me trouvez pas.

 

"On s'est trouvés sans se chercher... nos regards se sont rencontrés" Lily Passion (Barbara)

 

Pourquoi écrivez-vous ? vous ?

 

Vous devriez essayer l'essentiel.

 

Le "je suis"... ou  le "j'aime".

 

Pour le "je sais", vous devriez repasser dans cent mille ans... on aura appris la leçon...

 

J'ai croisé le regard d'un oiseau... ça brûle parfois, le regard des oiseaux... ça nous pose sur la plage (la page), nous les goélands (qui en avons vu d'autres)... Nous les mouettes, les oiseaux du large... on ne se laisse pas abattre si facilement. Les coups, on connaît. La solitude, on connaît. La trahison, on ne la craint plus, on la conspue... on la floutte.

 

Toi, mes ailes te survolent... ton monde, je le perçois... je te protège, je m'éloigne... non, je ne te veux pas de mal. Ma souffrance est en moi, le manque, la tristesse, tout ça... La joie est de m'ouvrir, de ne rien attendre que le bien de nous.

 

La joie est mon bien... d'aujourd'hui.

 

 

IMAG2195.JPG

                                                  photo (c) Luciamel, le pont de Brooklyn... septembre 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

ceci emprunté au site :

 

"Comment vous appelez-vous ?
D'où venez-vous ?
Pourquoi venez-vous aux États-Unis ?
Quel âge avez-vous ?
Combien d'argent avez-vous ?
Où avez-vous eu cet argent ?
Montrez-le-moi.
Qui a payé votre traversée ?
Avez-vous signé en Europe un contrat pour venir travailler ici ?
Avez-vous des amis ici ?
Avez-vous de la famille ici ?
Quelqu'un peut-il se porter garant de vous ?
Quel est votre métier ?
Êtes-vous anarchiste ?
etc."

Récits d´Ellis Island
de Georges Perec et Robert Bober

Histoires d’errance et d’espoir

De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island, un ilôt de quelques hectares où avait été aménagé un centre de transit, tout près de la statue de la liberté, à New York. Parce qu’ils se sentaient directement concernés par ce que fut ce gigantesque exil, Georges Perec et Robert Bober ont décrit ce qui reste de ce lieu unique, et recueilli les traces de plus en plus rares qui demeurent dans la mémoire de ceux qui, au début du siècle, ont accompli ce voyage sans retour.

 

"ne pas dire seulement : seize millions d'émigrants
sont passés en trente ans par Ellis Island

mais tenter de se représenter
ce que furent ces seize millions d'histoires individuelles,
ces seize millions d'histoires identiques et différentes
de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants chassés
de leur terre natale par la famine ou la misère,
l'oppression politique, raciale ou religieuse,
et quittant tout, leur village, leur famille, leurs
amis, mettant des mois et des années à rassembler
l'argent nécessaire au voyage,
et se retrouvant ici, dans une salle si vaste que jamais
ils n'avaient osé imaginer qu'il pût yen avoir quelque
part d'aussi grande,
alignés en rangs par quatre,
attendant leur tour

...

il ne s'agit pas de s'apitoyer mais de comprendre

quatre émigrants sur cinq n'ont passé sur Ellis
Island que quelques heures

ce n'était, tout compte fait, qu'une formalité anodine,
le temps de transformer l'émigrant en immigrant,
celui qui était parti en celui qui était arrivé,

mais pour chacun de ceux qui défilaient
devant les docteurs et les officiers d'état civil,
ce qui était en jeu était vital :

ils avaient renoncé à leur passé et à leur histoire,
ils avaient tout abandonné pour tenter de venir vivre
ici une vie qu'on ne leur avait pas donné le droit de
vivre dans leur pays natal
et ils étaient désormais en face de l'inexorable"

 

[ extraits de Récits d'Ellis Island de Georges Perec et Robert Bober, éd. P.O.L.]

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 20:47
 

20111402 Art de rue, Père Lachaise, février 2011 007                               photo (c) Luciamel, 14/02/2011, Arts et Métiers, Harmonie de Volti.

 

 

Il n'y a pas de raisons que je sois seule à me réjouir, à chanter, et à m'enchanter d'être en vie. Ce soir je continue à faire mon ménage de printemps (commencé très tardivement dans l'après-midi), en attendant de revoir la sublimissime Elizabeth Taylor sur Arte, dans Soudain l'été dernier, un choc en perspective... la scène finale, Dieu quel talent... Je viens de copier le nouvel album de Mariza "Fado tradicional" sur une playlist deezer, pour votre plaisir... et le mien (en exclusivité mondiale ;). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 la playlist deezer complète

 

 

Pas encore le clip, mais déjà la vidéo Youtube... (avec les autres titres du nouveau CD)

 

 

 

 

 

 

Boa Noite Solidão

Boa noite solidão                                      Bonne nuit solitude
Vi entrar pla janela                                   J'ai vu entrer par la fenêtre
Teu corpo de negrura                               Ton corps de noirceur

Quero dar-te a minha mão                      Je veux te donner la main
Como a chama duma vela                       Comme la flamme d'une bougie
Dá a mão à noite escura                         Donne la main à la nuit


Os teus dedos solidão                             Tes doigts, solitude

Despenteiam a saudade                          Décoiffent la nostalgie
Que ficou no lugar dela                            Qui a pris sa place

Espalhas saudade plo chão                    Tu étales la saudade par terre
E contra a minha vontade                        Et contre ma volonté
Lembras-me a vida com ela                   Tu me rappelles ma vie avec elle


Só tu sabes solidão                                  Toi seule sais, solitude

A angustia que trás a dor                         L'angoisse qu'apporte la douleur
Quando o amor a gente nega                   Quand nous renions l'amour

Como quem perde a razão                      Comme qui perd la raison
Afogando o nosso amor                           Noyant notre amour
No orgulho que nos cega                         Dans l'orgueil qui nous aveugle


Com o coração na mão                             Le coeur dans la main

Vou pedir-te sem fingir                             Je te demande sans mentir
Que não me fales mais dela                     Que tu ne me parles plus d'elle

Boa noite solidão                                      Bonne nuit solitude
Agora quero dormir                                   Maintenant je veux dormir
Porque vou sonhar com ela                      Car je vais rêver d'elle


(Jorge Fernando - Carlos da Maia / traduction de Luciamel)

 

 


Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 11:11

 

L'océan s'est déchaîné et il a tout dévasté... Notre planète a mal, elle crie, elle veut nous réveiller. Marie : la goutte de l'océan "mar" et "yam" (en hébreu), pleure et demande au ciel de s'apaiser. Elle implore les dieux, pour que leur colère s'atténue.

 

 

 

 

 

 

Canção do mar (Dulce Pontes)

Frederico de Brito / Ferrer Trindade

 

Fui bailar no meu batel
Além do mar cruel
E o mar bramindo
Diz que eu fui roubar
A luz sem par
Do teu olhar tão lindo

Vem saber se o mar terá razão
Vem cá ver bailar meu coração

Se eu bailar no meu batel
Não vou ao mar cruel
E nem lhe digo aonde eu fui cantar
Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo


ma 2e Traduction  (la 1ère est ici) :

Parti(e) danser sur mon batel
Loin de l'océan si cruel
Lui qui dit en hurlant
Que je suis allé(e) voler
La lumière sans égal
De ton regard profond

Viens savoir si l'océan a raison
Viens pour voir mon coeur danser

Si je danse sur mon batel
Je n'irai pas vers l'océan cruel
Ni  ne lui dirai où je suis allé(e)
Chanter, sourir, danser, vivre, rêver

de toi.

 


Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 19:16

 

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                         photos (c) Luciamel, le 14/08/2009, sur les traces de Jérôme Mesnager dans Paris...

 

 

 

 

Envie de danser ce soir, envie de vous dire ma joie d'être au monde, mon envie de chanter avec vous, ami(e)s des blogs, ami(e)s de ma vie. 

 

Non, je ne pleure pas tout le temps... Oui, je m'amuse aussi aux petites et grandes choses de la vie. Chaque matin m'est cadeau, chaque soir j'essaie de ne pas être trop écrasée par les soucis, les difficultés de la journée. Le week-end est notre vacance, notre paradis. Alors, aujourd'hui, si vous ne savez pas quoi faire, si vous vous ennuyez, écoutez ma playlist, elle est faite pour donner à notre coeur un peu de joie. 

 

 

 
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 18:04

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P161010_15.340001-copie-1.JPG

              photo (c) Luciamel, manifestation retraites 16 octobre 2010, théâtre du Soleil, Paris. 

 

 

La vie est moche, moche, moche.

La vie est dure, dure, dure,

Tant de fois,

Qu'on en arrive à se dire :

Ras-le-bol, stop, j'en ai marre !

 

Même le coucou s'arrête de chanter,

Dans ces moments-là.

 

La vie est moche, moche, moche.

La vie est dure, dure, dure,

Trop souvent, et pourtant...

La vie est belle, belle, belle,

De temps en temps.

 

C'est une vibration, un inspire... 

Le printemps, en plein hiver.

Ca vous prend comme un amant,

Doucement et profondément.

 

Myrtille, clémentine, orange,

Noms de poissons,

Bonheur qui efface 

Les pleurs, la haine, la disgrâce,

D'avoir été mal aimé(e).

 

Alors, coucous, revenez à la vie,

Chantez, lancez-nous vos envies,

Dites-nous l'amour à l'infini...

Le coeur du monde est : "coucou". 

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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