émotions artistiques

Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 21:30

une morue...

 


Bon, je n'allais pas vous laisser comme ça... avec un clip hyper-déprimant de SDF. Tout à l'heure en retirant au distributeur les sous que je n'ai plus pour payer mon billet de RER, et le train à Porto, le métro... et  "on ne sait jamais", un SDF à côté de la machine m'a sollicitée : "vous auriez pas une pièce pour boire ?"

- ben non, j'ai plus de pièces...
- je veux bien un billet...
- ben, pour moi non plus ça n'est pas facile, là, pour finir l'année, c'est dur.
- c'est pas grave, merci quand même, et bonnes fêtes.
- merci, vous aussi, si j'avais eu une pièce... mais là...
- excusez-moi de vous avoir dérangée.
- mais non, je suis désolée...

Je vais vous parler d'amour pour terminer l'année... Celui qu'on donne avec ses yeux (on le sait, on n'a pas besoin de l'exprimer, de le prouver, nos yeux, notre sourire; au boulot, on n'a pas le même âge, on n'a pas le même profil...  pourtant on sait... qu'on s'est aimés, spirituellement parlant, sans qu'un mot n'ait été dit). Toi, tu as dans le regard, dans le sourire, la tendresse, la douceur d'une maman. Alors, pas besoin, souvent, d'ailleurs, vaut mieux pas, le dire. Qu'on s'aime. Il vaut mieux l'exprimer avec sa seule âme. Les mots sont des leurres... Souvent.

En fermant les yeux ce soir, après ma journée de travail si longue, c'est cette image qui vient m'éclairer. Toi, ton coeur était si lumineux que j'ai dû parfois fermer les yeux...

Ton nom est comme celui d'un Jésus...

Alors... Noir Désir chante dans mon dos, et me poursuit : "Le vent l'emportera"...





Et moi je vois Marie... là sur le sable... et je vous pleure.


Je m'envole, envole-toi...

Tout disparaîtra, tout l'emportera... Quel disque ! et dire que Marie (Trintignant)  y a succombé...

Pour Noël, et pour terminer, une image "noyeuse" !!! la morue traditionnelle du 24 décembre au Portugal. Ben oui, nous, le 24, on ne se réjouit pas, on compatit aux douleurs de l'accouchement de Marie !!! alors, on fait maigre : morue bouillie, choux cuit à l'eau, patates... avec ail, et huille d'olive (quand même). C'est ça le repas traditionnel du 24. (OK, vous savez que de manger de la morue ça ne nous prive pas trop, vu qu'on ne fait que ça tout au long de l'année, il en existe 365 recettes, et que c'est notre aliment préféré... mais bon ! c'es un sacrifice !)

L'amour est-il ce poisson bouilli ? l'amour est-il plutôt cette réjouissance qui nous vient le 25 :  agneau, dinde, sauces, desserts, cadeaux, gâteau des rois ?

Je vous laisse vous situer.

A bientôt, réjouissons-nous, la lumière a vaincu les ténèbres !!!

La morue, le poisson... nous a enseigné...





Par Luciamel - Publié dans : émotions artistiques
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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 22:25

Laissez-moi vous conter la belle histoire, que FKDL imprime sur les murs de nos villes, sur les murs de notre planète : oyez, oyez... vous qui dormez.

Lui, mais aussi d'autres illuminent nos rues, on le dit "street art", art de rue... moi, je me laisse séduire par leurs créations. Franck Duval,
FKLD, m'a bien précisé que chacun de ses personnages (toujours des femmes, Franck ? ou presque toujours... pourquoi ?) était créé totalement, il ne s'agit pas de pochoir, pas de reproduction, mais bien d'une création originale, à base de collages, de peinture, à chaque fois.

Ce soir, croisée (je l'avais déjà aperçue dimanche, mais, malheureusement, un camion me bouchait la vue), cette femme, cette Lucia... (bientôt sa fête, je vous le rappelle, le 13 décembre), cette lumière qui parcourt le monde.... Nous nous approchons de la pleine lune qui tombera juste pour la Sainte Luce, la lumière, où les jours ne font que le saut d'une puce...

Merci FKDL... elle est belle, elle s'en vient nous annoncer une nouvelle (la bonne ?).

 


Femme dans la nuit, déc. 2008, Beaubourg, Paris (c) Luciamel - FKDL


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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 11:34




                                             Anges ou démones ? croisées rue Vieille du Temple aujourd'hui...
                                                                   après la rédaction de ce qui suit
                                                                                  vie synchrone


Sur FIP à l'instant sa voix, voix du présent, voix du passé... celle qui a enchanté mes vingt ans, avec son frère Caetano Veloso, celle qui est une icône au Brésil, à Bahia... celle qui peut se permettre de chanter son homosexualité avec humour et tendresse, surtout en liberté, elle emprunte aux hommes, aux poètes, leurs textes sur les femmes et les reprend à son compte... Bethânia comme on la nomme, Maria...

Mulher, femme, sempre mulher, toujours femme...

(surtout, n'hésitez pas à cliquer après la première écoute, sur les options proposées en "sus", en bas, par Youtube... les autres clips sont tout aussi plaisants)

Mulher, Sempre Mulher

Vinicius de Moraes (le grand !)

Composição: Vinicius de Moraes / Antonio Carlos Jobim

Mulher, ai, ai, mulher                                                       Femme, aïe, aïe, femme
Sempre mulher                                                                
Toujours femme
Dê no que der                                                                   Quoi qu'il en soit
Você me abraça, me beija, me xinga                           Tu m'enlaces, m'embrasses, te moques
Me bota mandinga                                                            Tu m'ensorcelles
Depois faz a briga                                                             Après tu me querelles
Só pra ver quebrar                                                            Seulement pour que ça casse
Mulher, seja leal                                                                Femme, sois loyale
Você bota muita banca                                                    Tu as beaucoup à dire
Infelizmente eu não sou jornal                                       Mais je ne suis pas un journal

Mulher, martírio meu                                                        Femme, ô mon martyre
O nosso amor                                                                   Notre amour
Deu no que deu                                                                Fut ce qu'il fut
E sendo assim, não insista                                           Et pour cela, n'insiste pas
Desista, vá fazendo a pista                                             Renonce, passe ton chemin
Chore um bocadinho                                                       Pleure un peu
E se esqueça de mim                                                      Et oublie-moi.


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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 21:24

Vous savez, les fins d'après-midi de novembre, avec une bruine qui vous lèche le visage, en milieu de semaine... vous rentrez, et vous pensez que vous n'aurez pas le courage de ressortir pour aller au vernissage de l'amie, ou à l'expo, ou au ciné... Bref, vous vous dites qu'il va falloir falloir, tout en sachant que sûrement vous aurez du plaisir, de la joie, et ne regretterez pas. Voilà, l'état d'esprit dans lequel j'étais en m'engouffrant dans le métro vers Guy Moquet, le bout du monde ! Enfin, moi ce qui me coûte c'est de sortir, quand je suis dehors tout me semble "possible"...

Là, c'était une occasion exceptionnelle, l'expo de Christine, son vernissage, dans un lieu, que j'ai eu grand plaisir à découvrir, de plus j'ai été charmée par le quartier : Guy Moquet ! Les étals de fruits et légumes, de fleurs, le boucher, à la sortie du métro, Paris... le vrai, comme avant.

Un soir de novembre, assez doux et lumineux (bon, le côté illuminations de Noël déjà présentes dans les rues m'a agacé). Rue Lagille, à La coopérative, café culturel équitable. Heureuse de découvrir que cet endroit existe, mon amie
Christine Leroy y expose  :


 (c) Luciamel

 (c) Luciamel

(c) Luciamel 



J'aime ce lieu d'influences mêlées...

D'abord, drôle d'impression : que des femmes, ben je n'ai rien contre, mais je me suis demandé, où sont-ils passés ? Ceux qui sont venus, peu nombreux, sont arrivés plus tard. Pas grave, entre nous, entre femmes (avec, quand même le maître des lieux, notre hôte, un homme) nous nous sommes bien débrouillées. Nous avons bavardé, fait connaissance... Les femmes on adore ça, faire connaissance, sauf si on est japonaise... mais là je vous renvoie à mes deux précédents billets...

Puis, la surprise de découvrir ces êtres, si riches, aux parcours si intéressants ! D'abord Sadia (pardon si j'écorche son prénom) qui me raconte le festival, l'atelier d'écriture, de création, qu'elle a organisé en Kabylie avec des poètes berbères, des enfants... et des soldats armés à la fin. Je suis fascinée.

Les tableaux, bien sûr, de Christine sont là qui nous aident à voyager, nous incitent à échanger... comme le carnet de route de Roswitha, qu'on feuillette, la création on la touche, on n'en fait pas une montagne, on s'y baigne tout simplement, comme les femmes savent aller au bain, au hammam... pour communier.


(c) Luciamel


(c) Luciamel

L'extincteur... oui, je sais... je vous invite à aller sur son site pour découvrir les oeuvres... Christine est là, avec Roswitha, et on se lie, les langues se délient, on apprécie.


(c) Luciamel

(c) Luciamel 


Mais il était temps de rentrer, c'est jeudi, demain boulot... et puis et puis... Direction le métro, là, je retrouve... on avait parlé un peu, elle m'avait dit qu'elle était écrivain (moi, blasée...), je la rejoins, lui dis qu'on prend le même chemin, elle me parle de la fac où elle enseigne, puis, au milieu de la foule (la ligne 13 est infernale pour ça) je lui demande ce qu'elle a écrit, et c'est là qu'elle me raconte... tout ça... qu'elle a fait un spectacle à la Cartoucherie, adaptation de son livre, qu'elle l'a joué pendant un mois, elle va bientôt en faire une lecture à la librairie "L'arbre à lettres", le 27 novembre. Elle me dit le nom du livre, et du spectacle, ça me semble connu... j'en ai entendu parler... Elle s'appelle Dominique Rolland, elle me parle de son  De sang mêlé... Pendant la soirée nous avions un peu discuté d'Obama, elle disait : il faut quand même croire au symbole, au moins pendant un temps, pendant que moi, j'étais là à lui dire que nous allions tomber de haut...

Quelle belle soirée !


(c) Luciamel


Merci Christine.

Par Luciamel - Publié dans : émotions artistiques
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 20:58

Me voilà qui écoute France Musique (ça, c'est pas nouveau), le concert du dimanche soir... (Beethoven, Chostakovitch)... et qui flotte dans une tranquille (mon cher Pessoa, viens à mon secours !) sérénité. Ca vous arrive bêtement la quiétude... juste parce que vous avez croisé quelque chose de beau, quelqu'un qui sort de l'ordinaire... que juste, vous avez vu... dans le petit coin du tableau (de la vie), de la lumière.

Violons jouez, votre tendre mélancolie.

Dirai-je que le bleu nuit m'émeut ? Vous savez, quand on ne sait s'il est bleu, ou noir... Pourtant, j'y ai vu des étoiles cachées par trop de lumière... les étoiles toujours brillent au ciel, c'est le soleil qui les éteint. Poètes, chantons la lumière, mais ne craignons pas l'ombre qui nous permet de ressentir la présence des anges.

Je vous l'ai dit j'ai un coeur tendre... (mais une épée toujours prête au combat). Mon regard a vu, et ma pupille a enregistré, l'univers du peintre, la quête de l'artiste. New York a ainsi imprimé ses images sur mon corps... De même aujourd'hui, en l'espace de peu de temps, j'ai parcouru le cheminement, j'ai vu s'ouvrir une fenêtre hors du temps... celui de la création, du mûrissement, de l'interrogation et de la restitution que l'artiste en a fait.

Bruns de terre de sienne, soulignés de leur contour léger et noir, formes apparues sur terre.

Femmes, bleues, rudes, austères, au regard interrogateur... lumière sur elles, derrière elles... pas vraiment en elles.

Une tisane verveine-menthe... à la douceur poivrée, au vert qui complète la palette.

Un atelier, des toiles, des bocaux aux milles pigments... aux résines, aux mixtures d'alchimiste. Univers qui me fascine, celui du peintre, celui du créateur. Celui qui s'y plonge... est le frère, l'ami, l'intime en nous.

Alors, voilà... ma petite promenade chez Simon... Comme la touche du piano... qui délicatement dit merci.  



                                                          New York, septembre 2008

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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /Sep /2008 20:10

                                                      J.Miro - Intérieur hollandais


...qu'il était un voleur, un vampire... il s'est ainsi nourri de ses maîtres (d'où le titre de l'expo qui lui sera consacrée à partir du 8 octobre au Grand Palais). Il est étonnant pour les profanes, les incultes comme moi, de revérifier, grâce à un article "tout bête" de Telerama, les jeux, les dialogues qui relient les oeuvres les unes aux autres. C'est avec J. Miro, Intérieur hollandais, et H. Sorgh, Le joueur de luth, que pour la première fois j'éprouvai cette émotion : lorsque je vis ces deux tableaux mis côte à côte dans un manuel de FLE, français langue étrangère, de niveau élémentaire, avec comme titre de la leçon "Aimez-vous l'art moderne?", on s'y référait par ailleurs au Portrait de Jacques de La Villeglé, d'Arman, et à l'exposition d'Yves Klein sur Le vide. En essayant d'amener mes élèves à la perception (avec les moyens du bord qui étaient les nôtres... tant du point de vue linguistique, qu'artistique) de cette similarité dans la dissemblance, j'ai moi-même été initiée à l'art de la "modernité".



                                                           Jacques de La Villeglé


Déjà adolescente, j'aimais aller à la bibliothèque feuilleter ces livres si beaux et si luxueux, dits livres d'art, qui jamais n'auraient pu arriver jusque chez moi. J'y passais mes heures de "permanence", consacrées à regarder les reproductions des tableaux, de toutes les époques, sans discernement, car tout était bon à ma "voracité". Je restais là à méditer devant toute cette beauté, sans a priori, sans obligation, sans devoir, juste comme une enfant, un primitif, qui découvre un monde nouveau.

Que m'en est-il resté ? pas grand chose, si j'en crois mon peu de goût pour la fréquentation des musées et des expositions qu'il faut absolument avoir vues... J'ai travaillé quelque temps dans une agence de pub, je les voyais "faire" les expos, comme l'été ils "faisaient" tel ou tel pays... De quoi vous dégoûter de l'art et des voyages. Etudiante, j'aimais à passer des heures au Louvre, dans une salle au hasard, sur un banc, devant un tableau... Le musée de Cluny aussi m'a émerveillée, celui de Rodin... Bien sûr L'Orangerie. A Lisbonne, la Gulbenkian... Mais quand je suis allée à Londres (une seule journée) je n'ai voulu visiter aucun musée, j'ai préféré flâner, marcher, humer l'air, regarder la vie telle qu'elle s'organise à cet endroit-là de l'univers.

A Central Park, j'irai sûrement faire un tour au Met (Metropolitan Museum of Art), et le MoMa (Museum of Modern Art) me semble incontournable, sauf si... la vie est plus forte et m'emmène au-delà.

Mais, quelle abeille me pique ce soir, à vous parler d'art, de musées et de peinture ?

Ben, figurez-vous, que je viens de faire la rencontre (en chair et en os) d'un blogueur peintre... vous le connaissez déjà, il a laissé des commentaires ici, Simon Gaetan, pour les habitués. On a bu un pot (deux même, qu'il m'a fort galamment offerts !) et on a devisé tranquillement sur l'art, la politique, la religion, le mysticisme, le bien, le mal, Jung, J.Y. Leloup, et, naturellement, les blogs, mais si peu... Jusqu'à présent je n'avais rencontré que deux blogueurs "hors champ" (un et une), et je dois dire que ça m'avait semblé sympa, sans doute, mais pas pleinement "réussi" (pour diverses raisons). Ce soir, je suis heureuse d'avoir contacté un humain aussi charmant et même plus qu'il ne l'est sur son blog, bien plus mignon (attention, je ne le drague pas ! il est marié et pratiquant !) que sur ses auto-portraits. Bref, je suis bien contente de mon pot à "La tartine"...

Par Luciamel - Publié dans : émotions artistiques
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