Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 20:12

Qu'est-ce que la mort, après tout ?

L'absence surtout.

Le téléphone qui sonne, mais ce n'est plus vous...

Car... vous êtes mort, et n'appelez plus.

Chaque instant, chaque émotion crie votre départ.

Nous pleurons, nous gémissons, mais nous vivons.

Alors, de profundis, de profundis, clamavi ad te...

Etre léger, quand même, rire... même...

Un blogueur a fermé son blog.

On s'en émeut, on l'aime bien.

Il est vivant, il nous fait juste le coup de l'amant...

Qui nous dédaigne et s'en va voir ailleurs

Si on y est...

Ras-le-bol des marins,

Ras-le-bol des... chagrins

Sans queue ni tête.

Tu veux pas de moi ?

Alors, passe ton chemin.

Tu veux plus de nous ?

Alors, oublie-nous.

Regarde-toi :

t'es juste de la matière

enveloppée de néant,

de chimères,

de firmament.

Alors,

Reviens quand tu veux,

Car toi, tu le peux...



Pour toi qui ne m'as pas appelée ce soir, toi qui es partie à tout jamais... toi, qui n'as pas fait de faux départ... toi qui n'as pas bluffé... avec ta mort, t'es morte pour de vrai... voici mon hymne à ta joie (je croise les doigts pour Nadal, ma douce). Et ce soir, je te la mets ta chère Billie Holyday... in my solitude... memories that never die...





Photos et textes (c) Luciamel.

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /2009 14:00

ajout du dimanche :  

vous qui avez été "choqués", intrigués, intéressés par cette visite inspirée... voici, avec son autorisation, les coordonnées de Barbara Boehm, et de son association Decumanos, cela vous donnera peut-être envie d'en savoir plus, de la suivre dans ses conférences, ou ses stages... envie, peut-être, de vous interroger, c'est ici.

*****************************************************************************************************************************

Mon amie Barbara B., historienne d'art et commissaire d'exposition, nous a hier, une fois de plus, bluffés. Lors de sa  conférence "Le corps érotique, où va l'Eros ?", elle nous a fait découvrir les terres explorées par ces nouveaux artistes, des photographes avant tout, qui dans une recherche à la fois intérieure, mystérieuse, blasphématoire, et criante... d'interrogations, nous font regarder là où nous ne voulons pas, ce qui nous effraie, notre mort... liée à notre incarnation, par ce qui nous maintient en vie : l'éros.

Je vous propose, en suivant le cours de sa conférence, des liens vers ces "artistes" (à vous de vous faire une idée), qui vous choqueront certainement, entre Thanatos et Eros... qu'y a-t-il, finalement, de plus important ? le temps que nous passons à imaginer que nous sommes au paradis (et, là aussi, ça renvoie à un artiste : Jeff Koons ) ? pour ceux qui en auraient été chassés... voici :

Tout d'abord,
Robert Mattlethorp, puis...

Henri Maccheroni;

Alain Fleischer;

Nan Goldin;

Andrés Serrano;

Jeff Koons;

Gillian Wearing;

Paul Armand Gette; et

Joel Peter Witkin.


Pour compléter l'évocation de mon amie, et parce que revenir, toujours, sur les traces de mon passé me fonde. Je voudrais lui suggèrer l'univers de cette artiste extraordinaire, une Portugaise installée à Londres, là-bas unanimement reconnue, ici... moins. J'en ai déjà parlé : Paula Rego, peintre.





Et pour rester dans le thème de Thanatos... marié à Eros, ces quelques  images de l'artiste :







Je vous laisse découvrir la suite, ici.

Par Luciamel - Publié dans : émotions artistiques
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /2009 20:14

Ce qui est raté est souvent ce qui est mal arrivé... ce qui est décalé. Trop tôt ou trop tard. Et pourtant le raté nous dit tant de choses... Le gâteau par exemple. Vous y avez mis les mêmes ingrédients, le même temps, le même désir du plaisir anticipé. Pourtant, que fut-ce ? un coup de fil un peu trop long, l'inattention d'un instant, vous avez détourné le regard, dit un mot qu'il ne fallait pas, et pas vu dans le regard de l'autre, pas entendu dans sa voix, le dégoût qui pourtant était là. Alors, le gâteau s'est ratatiné. Le chocolat, les oeufs, le beurre... le sucre, la farine se sont agglutinés.

De ça nous ne devons rien regretter. Le raté a le goût de l'espéré, le goût du possible, du renouvelé.

A tous ceux qui ont raté leur bac, leur mariage, leur... vie... je dis : quelle chance vous avez, votre échec est un océan de liberté, votre "invincible defeat" est l'immensité du destin; c'est ça le fado.

Ne l'oublions pas le désespéré est libre. Le raté... aussi. Car ils font face à l'inespéré.

Et elle aussi, je l'ai ratée... c'était le jeudi 14 mai à la Cigale... c'est près de chez toi, ma petite soeur, que j'en ai vu l'annonce, hier... regarde, je l'écoute quand même.




Par Luciamel - Publié dans : Portugal
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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 13:37




(...)
With your invincible defeat,
You live your life as if it's real,
A thousand kisses deep.
(...)
And sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go,
A thousand kisses deep.
(...)
(Leonard Cohen)

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 19:40

non, je n'oublierai jamais la baie de Rio... ni la croisette de Cannes, pourtant je n'y suis jamais allée, à la Croisette, parce qu'à Rio... si.


J'ai raté l'ouverture du festival, depuis deux semaines hors du monde, dans un autre monde. J'ai ressenti la chaleur de l'amitié, l'amour humain, et, surtout, j'ai vérifié que même les blogueurs le sont, humains ! Quelle vague, quel réconfort, finalement, en grattant un tout petit peu, on trouve sous le marbre... la chair.

Mon cher Oliveira, le centenaire, je le croyais en compétition, avec une adaptation de Eça de Queiros, il semblerait que non...
Leonor Silveira son actrice fétiche fait tout de même partie d'un jury...  Son film, Singularidades de uma rapariga loura, était en compétition en février au festival de Berlin. A Cannes, donc, rien...

Atterrir.

Les enfants de don Quichotte dans l'actualité, décriés ou invités à la télé. Où en est-on aujourd'hui ? Eux, je ne sais pas, mon voisin le SDF (portraituré par
Philiberte, et ici-même, voici quelque temps) semble quant à lui avoir trouvé chaussure à son pied; l'amour est venu frapper à sa porte, une jeune femme, avec bébé, l'a soudainement emmené vers d'autres cieux. La dernière fois que je l'ai croisé, c'était un 1er mai, pour moi si tragique, celui où j'avais vu le corps de ma petite soeur emporté par des hommes en costume... pour lui, qui sortait des bains publics et s'en allait vers une nouvelle vie, synonyme de beauté, de bonheur, d'espoir.

Depuis, je crois bien qu'il a déménagé... sur le coin du trottoir ses affaires se sont peu à peu amenuisées, jusqu'à ne constituer qu'un maigre ballot. De lui, plus aucune trace aujourd'hui, pourtant ça faisait deux ans que je l'y voyais, l'hiver surtout car l'été il partait... alors, miracle ! dirons-nous. Je veux le croire. Que ce jour de désespoir ait été pour cet abandonné, ce mal loti, celui de la revanche, de la grande victoire de la vie.

Un premier mai, porte-bonheur-malheur... une porte refermée, une autre ouverte.

Deux absences se faisant écho. L'une qui hurle et me déchire à chaque instant un peu plus, l'autre qui me fait sourire.



cimetière du Père Lachaise, le 12 mai 2009, photo (c) Luciamel

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /2009 18:14
Billie Holiday te l'aurait chanté, Madeleine Peyroux en a la voix... pour toi qui pleures sur nous en ce moment, l'orage nous traversant et lavant Paris, toi, que nous avons ensevelie hier sous le soleil, dance me to the end of love...





Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I'm gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love


(Leonard Cohen)


notre puits, nos orangers, notre figuier... notre terre, Noël 2008, (c) Luciamel. 

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 22:51

"Adieu l'Emile je t'aimais bien
Adieu l'Emile je t'aimais bien tu sais
On a chanté les mêmes vins
On a chanté les même filles
On a chanté les même chagrins
Adieu l'Emile je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu que tu es bon comme du pain blanc
Je sais que prendras soin de ma femme

Et je veux qu'on rie
Je veux qu'on danse
Je veux qu'on s'amuse comme des fous
Je veux qu'on rie
Je veux qu'on danse
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou
(...)"

Jacques Brel



Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /2009 21:40
A toi qui connus l'amour, qui le reçus et le donnas sans... gêne.

Toi, dont le couple était exemplaire, toi qui tentas de m'enseigner la légèreté.

Regarde, Eurydice, pleurée par Orfeu... nous sommes tes Orphée, nous sommes revenus et tu nous as quittés.

Pourtant ce chant n'est pas triste, ce chant est celui du renouveau, celui qui fera se lever le soleil.







Cala a boca, ele tà fazendo levantar o sol...
Agora você é Orfeu, tome essa florzinha, toque uma musiquinha pra mim, toca...


Tais-toi, il est en train de faire se lever le soleil...
Maintenant, toi, tu es Orphée, prends cette fleur, joue une musique pour moi, joue...

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /2009 23:17

Ici ne subsistent que les traces des blessures,
Effacées au matin, car il n'y aura pas besoin d'armure,
A mains nues, mais le corps protégé, nous lutterons
Nous gravirons ces parois, le vide nous regarderons
Chère Noèse de retour d'escalade, tu me rejoins...
J'élance ma main, je touche la roche, j'accroche la corde...
Je te sens pas très loin.

*********************************************************************

Je consulte Dialogues avec l'ange... et je lis l'entretien 25 :

"- Je déclare la lutte.
Jusqu'à présent , vous vous êtes défendus
sur le point faible.
Dorénavant, attaquez !
Seul le feu faible doit être abrité du vent.
N'ayez pas peur d'engager la lutte !
Qui peut lutter contre les ténèbres ? -
La lumière.
Et qui vaincra ? - La lumière.
Ecoutez ! Les ténèbres sont mortes,
elles ne vivent pas, elles ne changent pas.
Ce qui est ténèbres est ténèbres.
Il n'y a pas plus ténébreux que le ténébreux.
Les ténèbres ne peuvent croître,
seule la lumière peut faiblir."

 

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 02:35
J'ai médité pour m'approcher de la lumière, la paix est venue... puis, sereinement, j'ai ouvert mon Dialogues avec l'ange, au hasard, et lu ceci que je vous offre en partage, ce lundi, à 3h du matin :


Vendredi saint, 7 avril 1944. Entretien 42
(...)
Trois jours, c'est le temps : Passé, présent, futur.
Dans le tombeau, dans le linceul, embaumé
repose le corps.
Mais vient l'Aube.
L'Aube vient.
Le Corps vit, mais meurt le temps.
Le temps de la mort est révolu.
Autour du tombeau, les hommes;
et dedans rien, rien que le linceul.
Le linceul est rejeté, la mort est morte
(...)
Les coeurs se remplissent de Lui
et ce qui est rempli ne fait plus mal
Le choeur des Anges plane au dessus de vous.
Que la Paix descende sur vous,
mais donnez-la aux autres !
(...)


Dimanche 9 avril 1944. Jour de Pâques. Entretien 43

Le cadavre reste toujours mort.
Le vivant reste toujours vivant,
mais ils sont reliés entre naissance et mort.
Ce que vous appelez Vie,
c'est la tâche active.
Active - la mort la sert,
passive - la mort est son maître.

NAISSANCE ET MORT SONT COUPLE,
ET NON VIE ET MORT.
Ici l'âme se trompe - lorsqu'elle a peur -
car la Vie vit éternellement.

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 16:39

Ecrire, parler, être dans la nature (les jardinières de mon balcon, l'abbaye de Port Royal, de Notre Dame des Champs, la semaine qui vient). Ô cieux de nos pensées. Je m'en irai par les chemins... mais non pas tel Hugo, plutôt comme le petit poucet rêveur de Rimbaud, ou le petit prince... qui un jour saura retrouver sa rose.

Lire, les blogueurs amis, (trop douloureux de vous laisser un commentaire pour l'instant). Attendre que le ciel m'éclaire, et il l'a fait déjà à plusieurs reprises, depuis ce 1er mai de ton départ.

Indécence de mon "extimité".... sans doute ou peut-être. Mais, pour la rime, je n'en ai rien à...

Seuls les mots d'amitié, seules les fleurs, seuls les regards des enfants croisés dans la rue, me semblent dignes d'être vécus. Oui, ma phrase ne veut rien dire, à qui ne sait l'entendre.

Que d'amour autour de moi, comme il surgit soudain...et avec quelle ampleur, il se déverse à travers moi vers celle qui n'est plus.

Elle n'a été que désir de vivre, que ses "ailes du désir" l'emportent maintenant vers la lumière.

Et puis ton humour, ton goût de la dérision... ne cessent de venir me taquiner... difficile de continuer à trop prendre au sérieux MA douleur...




Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 19:32


Ma sauge a fleuri cette année.
Photo ce jour, Luciamel

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 00:34
La lumière, la luce, ta lucia...
Elle t'a suivie
Le coeur se brise, dit-on
Non
Seules nos vies s'achèvent

La révolution peut commencer
La fin du monde se terminer
Je suis prête
A y entrer

Ma main a tenu la tienne une dernière fois,
Tu as souri à mes jeux de lumière,
Et tu es partie une dernière fois.

Ma liberté est grande désormais
Car la mort ne peut plus me poursuivre
C'est moi qui la suis à jamais

Plus rien ne pourra me blesser
Plus rien me torturer
Plus rien me faire peur
Surtout pas la mort

Seule ta joie,
Seul ton goût du bonheur
Seuls ton sourire et tes appels
Seront mes guides et mon compas.

Ma douce, je frissonne de froid,
J'ai trop chaud comme toi...
Et je tiens ta main dans la mienne,
Une dernière fois.

Déjà, je suis près de toi.

Par Luciamel - Publié dans : Ma douce
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 22:15

En didactique du FLE, mais aussi en didactique du français... on parle de centration, il y a des modes : centration sur la méthode, centration sur l'enseignant, centration sur l'apprenant... Le principe étant de déplacer le centre. Alors, une méthodologie remplace la précédente, on se trouve à l'heure actuelle dans ce qu'on pourrait qualifier d'éclectisme (un peu de tout à la fois, et un essai de gestion de la complexité, merci Edgar Morin). Evidemment, ça donne envie, à certains, de retour en arrière : revenir à la bonne vieille méthode syllabique, avec centration sur le maître : celui qu'on doit respecter (on se lève quand il entre, on le vouvoie). Sauf que ça n'est pas si simple à mettre en place : le passé.

C'est en gros ce que nous a expliqué Jean-François Khan (JFK) : que le centre avait explosé, qu'il n'existait plus, que maintenant il fallait considérer ce nouveau centre comme étant révolutionnaire, au sens de la révolution galiléenne... changer le centre de place; ce n'est plus la Terre qui est au centre du Monde (la droite, la gauche, alternativement), mais c'est le Soleil (le Modem...).

Je l'ai écouté JFK, j'ai même apprécié d'échanger avec lui, j'aurais aimé débattre bien plus longtemps. Mais, et ce fut le grand hic de la soirée, ça semblait "bricolé", alors que je sais que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir face à soi quelqu'un de cette envergure (intellectuelle s'entend), et qui vous répond d'égal à égal (sans spin doctor lui...), avec élégance et simplicité. Alors, la prochaine fois, les gentils organisateurs... essayez de limiter les dégâts !

Tout a commencé, par ces jeunes de banlieue me demandant où se trouvait la Place de la République (j'étais square du Temple), tout droit, leur dis-je. Elle se tourne vers lui et maugrée quelque chose, lui ironise, bref ,un couple. Et sur un mur cette splendide chose. Une Marianne, si belle, semblant m'accueillir. C'est de bon augure, pensai-je, vu qu'on allait en interviewer l'ancien directeur.



J'arrivai tôt, j'aime pouvoir bien me placer. L'endroit me sembla moins chaleureux que la dernière fois... pourquoi ? les verrières ouvertes, le bruit de la circulation. JFK arriva assez tôt, 20h je crois, seul, pas comme Michel Barnier, entouré de ses conseillers en communication... J'ai appris très récemment que l'un des organisateurs (?) de la République des Blogs (Meilcour) était aussi, avec sa société de communication, spintank, le conseil de Monsieur Barnier, ceci expliquant, peut-être cela.



Je me pris encore à observer que la plupart des personnes présentes avait tout juste la trentaine, constatai avec résignation que nous serions deux femmes sur... 20 blogueurs présents (oui, c'était un peu la déconfiture aussi côté participation de la blogosphère).

Quelques hommes encravatés arrivèrent, plus âgés... Je me suis dit, tiens, lequel pourrait être Didier Goux ? Un homme barbu, au regard bleu un peu jazzy... lui serait-il Dorham ? mais vous savez ce que c'est, une femme seule, face à tant d'inconnus... j'ai préféré ne pas décliner mon identité.

Le blogueur, la blogueuse aussi et j'y reviendrai, est un animal aux moeurs bizarres.

J'admire la chaleur, et la gentillesse je le répète, avec laquelle Jean-François Kahn s'est prêté au jeu de nos questions. Le bruit venant du dehors, le froid nous entourant... Pas grand monde, donc, je pouvais facilement poser mes questions, cette fois-ci pas besoin d'invoquer le Titanic.



Elles furent les suivantes :

"Vous avez dit que vous souhaiteriez vous allier à d'autres, croyez-vous avoir choisi le bon camp ? Je vais citer Eric Zemmour, excusez la référence, lorsqu'il a dit que la plus grosse erreur de François Bayrou avait été de refuser la proposition de Ségolène Royal d'être son Premier Ministre, elle aurait pu, ainsi, gagner. Zemmour a aussi ajouté qu'à ce moment-là, et par ce refus, Bayrou avait signé sa mort en politique. N'est-ce pas aussi ce que vous risquez en vous ralliant au Modem ?"

"Ne croyez-vous pas que vous vous chevènementisez ? que le Modem se chevènementise ? en n'étant là que pour faire perdre les autres ?"

Quand JFK nous indiqua qu'il voulait lutter contre la corruption de ce monde, arrêter tous les excès du capitalisme, avec une proposition de taxe sur les flux financiers (ceux sur le court terme), qu'il ne supportait plus que la droite et la gauche alternent et se repassent le pouvoir, je lui demandai :

"Croyez-vous vraiment que les dirigeants du Modem arrivés au pouvoir se comporteront différemment ? Je me réfère à la juge Eva Joly qui dit qu'on ne peut à un haut niveau de pouvoir (et même en démocratie) s'opposer à la corruption (c'est-à-dire l'abus du pouvoir, les privilèges et le côté intouchable) ?"

Ce qui m'a le plus déçue ce ne sont pas ses réponses, non, elles étaient très justes et, encore une fois, sincères. Je les ai écoutées. Non, ce qui m'a déçue, ce sont certains blogueurs présents. Leur grossièreté. Certains à l'autre bout de la salle, ou même assez près, en train de bavarder et de boire sans se soucier de la personne invitée. Puis, quand Jean-François Kahn à qui l'on a dit, après une heure, qu'on n'avait plus de questions à lui poser, relança le débat en nous demandant ce que nous pensions, nous, de la loi Hadopi. Je me suis dit : respect ! je l'aime bien ce gars-là.

Au bout d'un moment, il a pris congé (certains s'étaient levés même avant qu'il ne finisse, un couple s'est assis à côté de moi, sans aucune gêne d'arriver comme un cheveu sur la soupe... c'est ça la blogosphère... t'arrives et tu pars quand tu veux, tu commentes ou pas, tu dis pas bonsoir, tu dis pas au-revoir...). 

Ce qui m'a déçue, c'est d'entendre, à peine avait-il eu le dos tourné, l'autre femme présente autour de la table commenter : "c'est nul ce qu'il a dit, comment peut-on être aussi nul ? et t'as vu il n'a fait aucune proposition !" (ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit en tête du classement Wikio...). Sauf, qu'elle ne l'a pas ouverte sa petite bouche, sa grande intelligence, pendant tout l'échange, elle l'a juste regardé, en lui souriant... Alors, les filles si vous venez la prochaine fois, faites entendre votre voix  pendant le débat (plutôt que de juste commenter après : déformation de blogueur, ou blogueuse, oblige ?).

Quoi qu'il en soit, merci aux organisateurs de cette rencontre, la République des blogs, d'avoir permis (même si les conditions n'étaient pas idéales) qu'elle ait eu lieu.


Photos (c) Luciamel
********************************************************
texte légèrement modifié, (Lucia un peu adoucie... par le miel...) jeudi matin

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 23:40


Il serait temps que nous, femmes, fassions entendre nos voix un peu plus sur la place publique (la res publica).


Il serait temps qu'à la République au si beau nom, pour honorer la statue de femme la symbolisant, nous soyons un peu plus présentes, avec nos jolies trombines, que sur les couvertures glacées des magazines.


Je m'y suis rendue lors de la dernière session (Michel Barnier en était l'invité), je fus la seule femme à intervenir. Venez nombreuses, car la République, la société, a besoin que nous la représentions. Il s'agit de la République des blogs.


Le lieu est fort sympathique : café Le pachyderme, 2, bis bd St Martin, Métro République... mercredi 29 avril à partir de 19h (on peut dîner et papoter après avec les blogueurs, majoritaires... la dernière fois à près de 90%, et les blogueuses... peu nombreuses donc).


L'invité, dans le cadre des élections européennes, étant cette fois-ci Jean-François Kahn (tête de liste Modem).


J'y serai. Vous me reconnaîtrez au rouge que j'aurai arboré, en attendant que vous commandiez le vôtre : bleu ou blanc ou rouge.



D'abord publié sur Ladies Room, ce jour.
Photo (c) Luciamel

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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