Poésies, musiques

Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /Mars /2008 20:34

J'ai lu voici quelque temps cet article de Philiberte sur la supercherie, la mythomanie, ou la fantaisie... qui a guidé Misha Defonseca à écrire son livre (adapté récemment au cinéma) Survivre avec les loups... Depuis, la question ne cessait de me trotter dans l'esprit... sans réponse venue à sa rescousse. 

pianoman.jpg Or, hier je suis retombée, par hasard, sur cette histoire, déjà vieille de 3 ans, de celui qu'on avait surnommé  "Piano man". Vous vous souvenez ? Ce jeune homme blond, mystérieux, échoué sur une plage britannique, muet, hagard, ne pouvant s'exprimer qu'au moyen d'un piano... Son visage, sa silhouette, son mystère, romantique à souhait, avaient fait le tour de la terre... avant que tout, soudain, ne retombe comme un soufflé. Après quatre mois de battage médiatique, il a finalement parlé : il avait 20 ans, était allemand, avait voulu se suicider dans la mer, par dépit amoureux, et quand les policiers l'avaient repêché vivant, c'est spontanément, sans calcul, que tout lui était venu... Le mutisme, le jeu avec ses infirmiers, lui-même ayant travaillé avec des malades mentaux, la communication grâce au piano, lui, assez piètre musicien, il s'était laissé porter...

Pour moi, ces deux histoires n'en font qu'une au bout du compte.

Le traumatisme. Celui de Misha, dont les parents furent déportés, dont la vie pendant la guerre fut terrible souffrance, lutte contre l'atrocité. Celui du jeune "pianiste" allemand, vivant l'une des pires douleurs de l'âme qui soit, celle du mal d'amour. Les deux ont trouvé le même baume : la fiction; transformer la réalité, la sublimer, s'enfuir, s'enfouir dans un monde protecteur, celui des loups, celui du silence, celui de la musique. En fuyant le monde des hommes. 

18845773_w434_h_q80-copie-1.jpg Le scandale. Des deux côtés l'emballement médiatique, l'émotion, les sous générés (pour les télévisions, la presse, les médias...), la projection du public, le besoin de rêver, de croire, d'espérer... et, tout d'un coup, avec le dénouement, le dévoilement... soudain, la déception, la colère, le lynchage... On en veut à ceux qui nous ont fait rêver, quand on découvre qu'ils n'étaient pas plus merveilleux que nous. Qu'ils n'étaient pas des princes, pas des princesses au bois dormant... Non, ils n'étaient que nous. 

On leur en veut terriblement. Pour lui, c'est l'hôpital qui demande des dommages-intérêts. Pour elle, c'est le déchaînement de passions parfois extrémistes (on parle de shoah, de notre monde dévoyé, de valeurs dégénérées, de journalistes miteux...). 

Je vous en conjure toi Misha, toi "Piano man", continuez à rêver... à nous ouvrir les portes d'un monde magnifié. Continuez à SURVIVRE AVEC LES LOUPS.

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 20:20

la baie de Rio, la couleur du ciel, le long du Corcovado... ni New York (pourtant je n'y suis jamais allée), quand je regarde "Manhattan" de Woody Allen, j'ai l'impression de rentrer à la maison... Certains lieux me font cet effet-là, pour New York c'est très intense, je rêve régulièrement que je m'y rends, je prends le métro en rêve, je m'approche de la Statue de la Liberté, et chaque fois c'est la même force : le sentiment de me retrouver chez moi. 


Nino Ferrer, la rua Madureira





C'est la même sensation face aux images du désert, au Moyen Orient, au grand Nord, "le paradis blanc" de Michel Berger. 

Quand je chante le "Notre Père" en araméen, "Abwoun", j'y crois ! je m'y crois... Je voyage aussi facilement aux origines de nos civilisations, Sumer, le début de l'écriture (le film d'Yves Coppens, il y a 12.000 ans le début de la civilisation : "Le sacre de l'homme"), je m'y retrouve, je m'y vois.



Yves Coppens, "Le sacre de l'homme"








terre-europe.jpg Qui sommes-nous ? Qui suis-je ? éternelle question...

Parfois, par moments, je reconnais le lieu, je me reconnais... ce sont des mots qui le déclenchent, des images, des sons, un visage, le souffle du vent dans les feuilles au printemps... 

 

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /Mars /2008 16:02
J'ai réussi !!! voici donc : 



free music




Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /Mars /2008 14:12

En attendant de maîtriser l'outil "Deezer"... voici une vidéo de Marcio Faraco... "Je t'aime et me souviens".  Lucas Santtana et son "Mensagem de amor"  viendra plus tard... 

 

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 19:11

"J'ai senti que quelqu'un que je connaissais s'approchait, c'est bizarre, hein ?", entendu dans la rue, dit par un inconnu, derrière moi... je ne me suis pas retournée, j'ai juste voyagé dans la vie de ce quelqu'un d'autre... 

J'adore saisir au vol, en chemin, ces bribes... non de comptoir mais de rue... ces mini-dialogues échangés qui ouvrent sur des mondes parallèles.

De la même façon, je suis transportée quand je vois dans le métro (Porte de Montreuil) assis côte à côte, le lecteur trentenaire et "bobo" du Monde (écharpe à carreaux, blouson en jean, clean...) et les deux immigrés slaves, trentenaires aussi, arrivant des "puces" deux grands sacs transparents à la main, contenant deux très belles couvertures identiques. Ces mondes qui viennent se joindre ici, ces vases qui communiquent et entremêlent leurs valeurs, leurs modes de vie si différents. Ces miroirs de notre planète.

Alors, grâce à ces inconnus, et à la rêverie dans laquelle j'ai été bercée, j'ai revu les images d'un pays lointain, d'un temps lointain, celles d'un film iranien : Où est la maison de mon ami ? de 1987, j'ai revu le petit garçon dans le "patio" de la maison, avec sa mère étendant des draps blancs sur un fil, le petit garçon partant, dans un paysage étrangement ouvert aux quatre vents, libre terriblement, rendre son cahier à son ami, pour que celui-ci puisse faire ses devoirs et lui éviter d'être puni le lendemain à l'école. Le film raconte sa pérégrination pour trouver la maison de son ami.  

J'avais découvert ce film en 1997, j'étais alors prof de FLE  (français langue étrangère) remplaçante dans une classe d'accueil de collège pour jeunes immigrés, nous avions la chance de bénéficier de l'intervention d'un acteur dans la classe, qui venait, une ou deux fois par semaine, initier les enfants à l'art du jeu, au théâtre... Ces jeunes Chinois, Sud-américains, ou Européens... parfois débutants en français, ont ainsi appris une scène de Bérénice (qu'ils ont jouée en fin d'année, quelle fierté pour nous tous !). J'étais prof débutante à l'époque, ma voix a tremblé quand j'ai dû les présenter au spectacle de fin d'année, eux ont été magnifiques : 

" Je n'écoute plus rien, et pour jamais, adieu.
Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L'ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts. "

                                      Bérénice (Acte IV, scène 5) ; Jean Racine 


C'est aussi grâce à cet homme dont j'ai oublié le nom... que j'ai découvert, que tous ces enfants ont découvert : "Où est la maison de mon ami ?". Aujourd'hui ça continue à vivre à l'intérieur de moi, ces images, cette émotion d'autrefois. 


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Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 11:07
dawn_landes_0920.jpg

Non, la mélancolie n'est pas l'apanage des Lusitaniens ou des Slaves... Dawn Landes le prouve dans cette ballade "Tired of this life"






Je vais lui conseiller de prendre le métro, car sur la ligne 11 on oit de bien belles choses...
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 11:38

Soudain, sous la douche (ça peut arriver n'importe où), la prise de conscience, la révélation implacable : je pourrais citer le nom de tant de femmes admirables, mais d'hommes... combien ?

Tout d'abord, cela a-t-il une quelconque importance d'admirer un être humain et, en quoi, son genre, homme ou femme, intervient-il dans la valorisation que nous en faisons ? Oui, qu'il s'agisse de femmes d'exception comme Alexandra David Néel (cf. l'article de
Philiberte) ou Sabina Spielrein (ici), leur exemple nous éclaire sur les montagnes à gravir, ou les profondeurs à apprivoiser. Elles deviennent nos initiatrices, nos éducatrices. Elles libérées, sont un repère pour notre humanité. Est-ce plus simple de se projeter dans la vie de quelqu'un de même sexe que le sien ? Probablement.

Admiration au sens (je cite Le Petit Robert) : "Sentiment de joie et d'épanouissement devant ce qu'on juge supérieurement beau ou grand (...) "Il y a dans l'admiration on ne sait quoi de fortifiant (HUGO)". Il ne s'agit ni de l'idôlatrie amoureuse, ni de la soumission sociale que certaines femmes ont besoin d'éprouver pour choisir leur compagnon. 

Ainsi que le rappelle très justement Marcela Iacub dans cette interview accordée au Figaro.fr "Selon les démographes, encore à l’heure actuelle plus de 90% des femmes se mettent en couple avec des hommes plus âgés et plus diplômés qu’elles. C’est-à-dire qu’elles continuent encore à considérer que leur réussite personnelle, leur promotion sociale va passer par le compagnon et par l’enfant. Elles sont toujours, comme le disait Beauvoir, dans l’immanence".

Cherche désespérément hommes à admirer, comme modèles, comme éclaireurs...

Avant de prendre ma douche, j'avais lu
ceci sur le blog de Véro. Dès lors, j'avais éprouvé un "sentiment de joie et d'épanouissement" face à l'humanité "supérieurement belle et grande" qui nous y est relatée, le même qu'au moment de ma lecture de cet article du Monde.fr sur l'engagement de Daniel Barenboim auprès du peuple palestinien. 

La révélation descendit chaude et humide sur ma peau, elle me doucha littéralement : cet homme était admirable ! son courage, sa force, sa ténacité en faisaient un éveilleur de consciences, un exemple à suivre. Je me souvins de mon émotion première à la découverte de son engagement, des larmes qui étaient montées à mes yeux. Que d'eau, que d'eau...

Je ne pouvais m'arrêter en si bon chemin, il m'en fallait d'autres... des figures exemplaires. 

Je pensai alors à mon article de la Saint Valentin (ici) où Leonard Cohen apparaissait en moine bouddhiste-zen : "you have loved enough"... un peu déprimant peut-être, alors voici, le plus entraînant "here it is"  euh... oui, c'est sûr, faire zazen ça calme...




Puis, presqu'en superposition m'apparut (toujours dans la salle de bains!!!) la silhouette de Grand Corps Malade, oui, me dis-je, en voilà un homme bien ! une personne que je respecte profondément, grâce à lui j'ai eu la révélation (encore une!) du slam. Je dois l'avouer, cela me fait tout drôle de l'écouter, entre l'émerveillement et la tendresse... C'est un grand! 

Et puis, je songe à tous ces hommes que je côtoie, qui, par leur courage face à la maladie, la leur ou celle de leurs proches, nous fortifient et nous incitent à aimer la vie. Lui, par exemple, qui est en train de perdre la vue mais qui continue à s'émerveiller d'une expression sur un visage, d'un geste, d'un sourire... Lui, et lui... et lui... et lui...

Est-ce dans l'épreuve et la maladie, qu'on devient admirable ? pas toujours sans doute, pas seulement... 

Hmm, ça fait du bien d'admirer.

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
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