Portugal

Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 22:54
La maison... revenir, pardonner, il y a si longtemps que je voulais changer, que je voulais revenir, me réveiller, laisser le jour revenir lentement, rester comme ça... Sentir de nouveau... cet amour, et peu à peu consoler cette douleur qui fut vécue... revenir à la maison... oublier la douleur sans avoir peur... trouver... pouvoir trouver... tout ce que je n'ai pas su donner... pardonner... savoir pardonner... accepter... laisser que le temps te fasse revenir... savoir t'attendre... (Rodrigo Leao, A casa)





Par Luciamel - Publié dans : Portugal
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /2008 20:13



C'est la maison où je suis née, derrière la petite fenêtre en bas à droite, celle qui est sous la palme... Le palmier n'était pas là à l'époque. C'était un mardi, à la toute fin de l'hiver, en début de matinée. Il paraît que c'était la panique... ma mère seule, avec mon père, la sage femme qui est arrivée après la bataille, ma tante, qui est venue donner un coup de main... Bref, tout le monde en a... "chié"... je suis sortie par les pieds... le cordon autour du cou bien enroulé... toute bleue... ("enfant bleu") je suis restée un certain temps dans une bassine d'eau, sans respirer, mon père a dit : "elle est morte"... c'est alors que je me suis mise à crier.

La maison a 100 ans, c'était celle de ma grand-mère, c'est là où sont nés tous ses enfants... et moi (la seule, je crois, des petits enfants à avoir eu ce "privilège", pas d'hôpital à l'époque, c'était il y a 48 ans).

Sur la gauche, il y a un vieil olivier, dans les champs, des poiriers, et derrière la maison, le verger... avec tous les arbres fruitiers plantés par mon père. Tout d'abord le puits, creusé par le grand-père... un large et immense puits... j'aime tant plonger mon regard dans cette eau surgie de la terre, ce miracle de vie... qui a irrigué les champs aux alentours... pendant des dizaines d'années. Près du puits un figuier, vieux aujourd'hui, planté par le fils aîné, mon père. Les deux, le puits et le figuier, sont comme indissociables... comme greffés l'un à l'autre. Les figues de miel... c'est leur nom... parce qu'en leur extrémité, quand elles sont bien mûres, suinte une goutte de miel...

A chaque retour, je me sens renaître. A chaque départ, je recommence ma vie.

Le chemin qui y mène... est un "beco", une impasse, qui porte aujourd'hui le nom de la famille.

Ces maisons sont ma chair, ces chemins sont mes veines, le ciel est mon air, les ruisseaux et leur verdure qui mousse de rayons... leur cresson, sont mon aliment, mon sang. Les vignes, les fleurs (semées par maman devant la maison, elle aime les camélias, la lavande, les roses, les oeillets), le pain pétri par ma tante et cuit dans le four avec les pommes de terre "à murro" ("au coup de poing"), avec des sardines grillées sur des tuiles, tout ça baigné d'huile d'olive, d'ail... et de joie.

Un jour...si... la vie le veut... je ferai un gîte dans cette maison, j'y accueillerai des voyageurs, des promeneurs. Je leur ferai découvrir les chemins à travers champs, à travers collines, bois de pins, d'eucalyptus, rizières, vergers d'orangers, de citronniers... nous croiserons toutes ces maisons... aux couleurs de l'arc en ciel... aux couleurs de la lumière.





Nous irons à São Jorge, prier la Vierge... ou les lutins... car c'est une région encore assez animiste...





Puis, je vous montrerai l'église où j'ai été baptisée... j'avais 6 mois, et il paraît que je riais beaucoup et battais des mains tant j'étais contente...





Devant l'église il y a un "seixo" (une pierre qui pousse...), à côté du chêne centenaire... On est animiste ou pas... et nous, nous le sommes...  




On nous dit un peu sorciers... nous ne sommes qu'humains... trop humains...


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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /2008 22:25






Il est un temps de déconfiture (d'Euro, ou de Mondial...) où il nous faut nous réconforter... moi, je n'ai rien trouvé de mieux qu'un bon morceau de roquefort au lait cru, avec un bon verre de côtes du rhône...

Je suis désolée... alors ne me parlez pas de... quoi que ce soit...

Votre joie me fait de la peine, votre indifférence ne me vaut rien qui vaille...

Votre peine... ne me console que peu...

Demain j'aurai oublié.





                                                                         Camille Claudel



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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /2008 19:25

Petite chronique musicale, pour changer. Une façon de parler de sa vie, sans trop l'exposer. D'abord, Ronalda... c'est qui celle-là ? Et bien figurez-vous que c'est la soeur (je vous le donne en mille) de Ronaldo (Cristiano !). Noooon ??? vous le saviez déjà... et oui, comme moi, vous êtes des lecteurs (même pas en cachette puisque c'est mon outil de travail quotidien) du Parisien. De son vrai nom (et donc du vrai nom de son frère aussi) Catia Aveiro.

Aveiro, c'est la troisième ville du Portugal, elle fête cette année son millénaire (ou quelque chose comme ça...), connue pour son université, ses canaux, sa lagune, ses "ovos moles" (sorte de confiture au jaune d'oeuf), ses bateaux ramassant le goémon (les "moliceiros"), ses salines..., certains la disent la Venise portugaise. 

Dans la famille Aveiro, je demande la soeur  (avec Nelly Furtado) : 





Certains changent de nom de famille, le francisent, quand ils sont naturalisés... ça c'est pour l'intégration, la dilution, la disparition... ou quand ils se trouvent sous les feux de la rampe, comme les Aveiro, ou les Smet, pour être plus accrocheurs. Voyez moi... c'est pas du tout Mel (le miel) mon nom de famille... c'est tout aussi beau mais je le tairai... c'est pas assez "vendeur"... et puis quand on est blogueur, il faut, tant que faire se peut, préserver son anonymat... Côté anonymat, il y a les Pereira... (Poirier, un grand acteur), en portugais beaucoup de noms en -eira.., comme cette "bananeira"... qui a d'ailleurs donné lieu à une très belle chanson... alors, pour se camoufler, les Maria deviennent Marie, les Pereira des Péreire, les Francisco des François... et les Amadéus des Mozart.



Djavan, Maria das Mercedes

Eu tenho uma namorada viva no interior                        Moi, j'ai une vraie amoureuse dans le centre ville
Maria da Mercedes                                                             Maria Mercedes
Linda como um beija-flor                                                    Belle comme un colibri
Ontem eu recebi carta dela cheirando a fulô                   Hier j'ai reçu une lettre d'elle sentant le "fulô"
Meu nego, estou intacta, pura, volte por favor              Mon nègre, je suis intacte, pure, reviens s'il te plaît
Lá pros quarenta                                                                  Sur les quarante
Lá pros quarenta eu vou                                                     Sur les quarante je vais
Lá pros quarenta                                                                   Sur les quarante
Lá pros quarenta eu vou                                                      Sur les quarante je vais
Eu quis escrever pro velho endereço                                 J'ai voulu écrire à la vieille adresse
Sobre tudo que eu conheço da cidade grande                  Celle que je connais de la grande ville
Como fui infame, esqueci seu sobrenome                          Comme je suis futile, j'oubliai son nom
Se é Pereira, Moreira, Ferreira                                               Est-ce Poirier, Perrier, Charbonnier,
Só sei que acaba com "eira" como aquela bananeira        Je sais que ça se finit en "ier" comme ce bananier






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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /2008 18:20

J'aime écouter la radio, FIP, France Musique aussi... Le samedi, j'alterne les deux... Donc, vers 10h45 ce matin, j'entends ça qui m'immobilise... Ben oui... Orfeu Negro... ça me décoiffe normalement... mais ce matin, à cette heure-là... c'était comme qui dirait particulier... J'ai fermé les yeux, j'ai savouré la "manha"...

 Le matin est propice aux plus belles découvertes, parfois il nous fait des promesses qu'il ne tient pas, et parfois il irradie une douce lumière pastel, ni trop vive, ni trop pâle. C'est souvent le moment de partir en pleine mer, vers l'inconnu, de se dire qu'on ne sait pas ce qu'on va trouver, et de l'accepter. L'océan enfouit ses tourmentes, serein il nous accueille, pour notre joie il nous chante la douce mélodie d'Orfeu  (Luiz Bonfà et Antonio Maria, pour la bo d'Orfeu Negro, le célébrissime film de Marcel Camus,1959) :




Découvrez Orfeo Negro!




Découvrez João Gilberto!




Manhã tão bonita manhã                                 Matin si joli matin
De um dia feliz que chegou                              d'un jour heureux qui est venu
O sol no céu surgiu                                         le soleil dans le ciel a surgi
Em cada cor brilhou                                            de toutes les couleurs il a brillé
Voltou o sonho então ao coração                       le rêve alors au coeur est revenu

Depois deste dia feliz                                          Après ce jour de félicité
Nao sei se outro dia havera                                je ne sais si un autre jour viendra
E nossa manhã,tão bela afinal                          c'est notre matin, si beau il a été
Manhã de carnaval                                              ce matin de Carnaval

Manhã tão bonita manhã                                    Matin si joli matin
Na vida uma nova canção                                 dans la vie une nouvelle mélodie
Cantando so teus olhos                                   ne chantant que tes yeux
Teu riso,tuas mãos                                              ton rire, tes mains
Pois ha de haver um dia em que viras                oui, un jour tu viendras bien

Das cordas de meu violão                                  Des cordes de ma guitare
Que so teu amor procurou                                 qui seul ton amour a cherché
Vem uma voz,                                                    vient une voix,
falar dos beijos perdidos                                    me parler des baisers perdus
Nos labios teus                                                       sur tes lèvres

Canta o meu coração                                           Mon coeur chante
Alegria voltou                                                    car la joie est revenue
Tão feliz a manhã deste amor                            si heureux le matin de cet amour.




Voilà ce que nous chantons avant de vivre ce que nous devons... rien n'est plus beau que l'avant toute chose, le matin de l'amour... l'avant de l'amour. En cela, en cette attente, l'amour toujours nous déçoit, nous trahit. Jamais il ne sera ce matin que nous attendions.

Matin, si joli matin... de juin. Tu fus le préliminaire d'un été inachevé.

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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /2008 23:48



Cristina Branco va nous enchanter encore une fois, "Com que voz" (avec quelle voix), spectacle de l'Ircam, le 11 juin, au théâtre du Châtelet. Des textes de Luis de Camoes (LE poète portugais, avant Pessoa...), des fados d'Amalia... tout ça dans un contexte "Ircam"... Sans nul doute à découvrir si j'en crois cette citation du site du Centre Georges Pompidou :

«La nostalgie mêlée d'utopie, le passé et le futur, l'infini de l'Ouest (l'océan) et l'histoire de l'Est – toute l'Europe se tenant au dos du Portugal.»
Stefano Gervasoni

Mais voici la grande Amalia dans ce poème attribué à Camoes  :


 
Com que voz - Letra (Lyrics)
 
     
  Com que voz chorarei meu triste fado,
que em tão dura paixão me sepultou.
que mor não seja a dor que me deixou
o tempo, de meu bem desenganado.

Mas chorar não estima neste estado
aonde suspirar nunca aproveitou.
triste quero viver, pois se mudou
em tisteza a alegria do passado.

Assim a vida passo descontente,
ao som nesta prisão do grilhão duro
que lastima ao pé que a sofre e sente.

De tanto mal, a causa é amor puro,
devido a quem de mim tenho ausente,
por quem a vida e bens dele aventuro.

____________________________________



Avec quelle voix pleurerai-je mon triste fado,
qui en si dure passion m'enferma.
que pire ne soit la douleur que me laissa
le temps, de mon bien détrompé.
...


(voix et images sont désynchronisées)


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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /2008 10:53

Mais au moins elle, elle ne chante pas en anglais, au moins elle, ses paroles ont un sens... A part ça... c'est pas gagné... De l'avantage d'avoir deux pays et deux cultures : on a deux fois plus de chances d'être heureux ou... malheureux. Sébastien ou Vânia...(et on ne rigole pas dans le fond ! me faites pas la blague c'est pas "in the pocket" car vous seriez les seuls à la comprendre et à en rire).



Vânia Fernandes. Concours Eurovision 2008. Senhora do Mar

 

 

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Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /2008 23:11

... le 11 décembre 2008, mais Cannes rend dès à présent hommage au cinéaste portugais, le plus âgé encore en activité dans le monde.

Son premier film Douro, faina fluvial date de 1931, O quinto império de 2004, et Christophe Colomb - l'énigme a été réalisé en 2007. On le vénère partout, sauf en son pays où on le considère trop abstrait et abscons... et où il est souvent moqué. Il est vrai que même en France son public, quoi qu'on en dise, se limite à un cercle restreint d'intellectuels... J'aime à le voir comme le Woody Allen portugais, tant il est fécond, toutefois il n'a pas le succès grand public du maître new yorkais.

Je dois avouer que je n'ai toujours pas pris le temps de visionner le DVD acheté voici des mois... d'Un film parlé, avec John Malkovich et Catherine Deneuve. Allez savoir pourquoi...

Regardez-le et voyez comme il semble encore alerte !





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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /2008 21:52

pas celle de mai, non ! celle d'avril (abril)... celle qui fut célébrée à mon arrivée "no meu pais" ce 25 avril dernier. D'abord, il faut que je vous parle de Manuel Alegre... un poète. Le Portugal est le pays où les poètes sont aimés, lus, et admirés. C'est un pays d'eau, qui espère tout en chantant la désespérance.

Voici ce que je copie sur lui d'Wikipédia :

Manuel Alegre de Melo Duarte, né le 12 mai 1936 à Águeda, est un poète et homme politique portugais, résistant au régime de Salazar pendant lequel il était exilé en Algérie.

Membre du Parti Socialiste portugais, il s'est pourtant présenté à l'élection présidentielle portugaise en 2006 en tant que candidat indépendant, ce qui ne lui a pas empêché une seconde place surprenante devant son ancien ami et historique socialiste Mario Soares. Il est actuellement député au parlement portugais et récent fondateur d'un mouvement citoyen résultant de sa candidature.

Ceci également volé au Net : "Manuel de Melo Duarte Alegre. Poète, engagé dans le combat contre la dictature, emprisonné, puis exilé à Paris et à Alger, où il dirige la radio Voz da Liberdade. Sa popularité dans les années 1960-70 est très grande au Portugal, notamment grâce à la chanson (Trova do vento que passa). Député et ministre après le 25 avril 1974. « Il a pu apparaître comme le poète officiel de la nouvelle république portugaise. Mais il y a chez lui une ambition intellectuelle différente de celle des néo-réalistes de naguère. Sa poésie est un survol de l'histoire et une interrogation sur le destin de l'homme. Il est significatif que son dernier recueil se situe sous l'invocation de Dante, à la fois le plus “engagé” politiquement et le plus métaphysicien des poètes."


C'est lui qui, pendant son exil, a écrit ce fado (de Coimbra ! un jour je vous expliquerai la différence entre le fado de Coimbra et celui de Lisbonne...) : "trova do vento que passa". Comment traduire ça ? trova, c'est la chanson du troubadour... "o trovador", chanson du vent qui passe... certains ont traduit rime du vent qui passe... car la trova c'est aussi la rime. Cela fut interprété par Adriano Correia de Oliveira (l'un des chanteurs de la révolution avec le grand Zeca Afonso), car en tous pays les révolutions se chantent !

Donc voici :






Vous aimeriez connaître les paroles, le sens... Pour les paroles, c'est facile, nous avons Amalia et son karaoké...







Pour le sens... je vais essayer de vous en approcher (ma traduction reste à améliorer...), ici le texte intégral du poème, dont Adriano Correia de Oliveira chante la première et les 2 dernières strophes, à vous de retrouver celles choisies par Amalia.



Pergunto ao vento que passa              Je demande au vent qui passe
notícias do meu país                          des nouvelles de mon pays
e o vento cala a desgraça                   le vent tait la disgrâce
o vento nada me diz.                          le vent rien ne me dit.

Pergunto aos rios que levam        Je demande aux fleuves qui portent
tanto sonho à flor das águas        tant de rêves à fleur d'eau mais
e os rios não me sossegam         les fleuves ne m'apaisent pas car
levam sonhos deixam mágoas.    portent les rêves laissent des peines.





Levam sonhos deixam mágoas           portent les rêves laissent des peines
ai rios do meu país                            oh fleuves de mon pays
minha pátria à flor das águas              ma patrie à fleur d'eau
para onde vais? Ninguém diz.             où vas-tu ? Personne ne dit.

Se o verde trevo desfolhas                 Si le vert trèfle tu effeuilles
pede notícias e diz                            demande des nouvelles et dis
ao trevo de quatro folhas                    au trèfle à quatre feuilles
que morro por meu país.                    que je meurs pour mon pays.

Pergunto à gente que passa               Je demande aux gens qui passent
por que vai de olhos no chão.              Pourquoi ils vont tête baissée.
Silêncio -- é tudo o que tem                Silence -- c'est ce que répond
quem vive na servidão.                        celui qui vit asservi.

Vi florir os verdes ramos                      J'ai vu fleurir les vertes branches
direitos e ao céu voltados.                   droites et au ciel dressées.
E a quem gosta de ter amos                Et à celui qui aime avoir des maîtres
vi sempre os ombros curvados.             j'ai toujours vu les épaules courbées.

E o vento não me diz nada                   Et le vent ne me dit rien
ninguém diz nada de novo.                   personne ne dit rien de neuf.
Vi minha pátria pregada                       J'ai vu ma patrie clouée
nos braços em cruz do povo.                aux bras en croix de son peuple.

Vi minha pátria na margem                   J'ai vu ma patrie sur la rive
dos rios que vão pró mar                      des fleuves qui vont à la mer
como quem ama a viagem                    comme celui qui aime voyager
mas tem sempre de ficar.                     mais qui toujours à terre doit rester.

Vi navios a partir                                  J'ai vu partir des navires
(minha pátria à flor das águas)              (ma patrie à fleur d'eau)
vi minha pátria florir                              j'ai vu ma patrie fleurir
(verdes folhas verdes mágoas).             (vertes feuilles vertes blessures)

Há quem te queira ignorada                  Il y a qui te veut ignorée
e fale pátria em teu nome.                    et parle en ton nom patrie.
Eu vi-te crucificada                               Moi, je t'ai vue crucifiée
nos braços negros da fome.                  en de sombres bras affamée.

E o vento não me diz nada                    Et le vent ne me dit rien
só o silêncio persiste.                           Seul le silence persiste.
Vi minha pátria parada                          J'ai vu ma patrie arrêtée
à beira de um rio triste.                         au bord d'un fleuve si triste.

Ninguém diz nada de novo                    Personne ne dit rien de neuf
se notícias vou pedindo                        si des nouvelles je demande
nas mãos vazias do povo                      dans les mains vides du peuple
vi minha pátria florindo.                         j'ai vu refleurir ma patrie.

E a noite cresce por dentro                   Et la nuit grandit au dedans
dos homens do meu país.                     des hommes de mon pays.
Peço notícias ao vento                         Je demande des nouvelles au vent
e o vento nada me diz.                         et le vent rien ne me dit.

Mas há sempre uma candeia                Mais il y a toujours une chandelle
dentro da própria desgraça                   au centre de la misère même
há sempre alguém que semeia             il y a toujours quelqu'un qui sème
canções no vento que passa.               des chansons dans le vent qui passe.

Mesmo na noite mais triste                  Même dans la nuit la plus triste
em tempo de servidão                          aux temps de servitude
há sempre alguém que resiste              il y a toujours quelqu'un qui résiste
há sempre alguém que diz não.            il y a toujours quelqu'un qui dit non.


'Manuel Alegre'

Par Luciamel - Publié dans : Portugal
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 00:12

Avant d'aller dormir... avant de partir au-delà de la saudade... (para além da saudade), Ana Moura... pour le plaisir :






Par Luciamel - Publié dans : Portugal
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