métro, voyages

Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 23:05





Le creux de la vague, le reflux du chagrin. Nous vivons par cycles, certains les ont répertoriés (bio-rythmes les ont-ils appelés), tantôt en haut, tantôt en bas... et ainsi nous naviguons de bas en haut et vice versa.

Je croise une femme tous les jours dans le métro, à Belleville, elle semble folle, elle l'est sûrement, suivant les critères de la "normalité"... assise sur le même siège, à la même heure, elle conspue les étrangers, les noirs, les pas Français dont elle ne se lasse pas de dénoncer les "tares".

Elle ferme les yeux et elle vocifère, comme une litanie, une prière.

Puis, certains jours, et de plus en plus fréquemment, de jeunes femmes bien habillées, très  douces, s'approchent d'elle pour lui parler, elle les reconnaît, cesse son délire, les salue : "oh, comme vous êtes belle aujourd'hui". L'autre se penche, lui prend la main, lui demande si elle va bien. Ca dure 3 minutes, le temps que le métro arrive. Et, soudain, la folle devient une femme raisonnable, et sympathique au demeurant.

Qui est-elle ? ce banc de métro où elle vient chaque jour à 8h30, combien de temps y reste-t-elle ? que fait-elle après ? d'où vient-elle ?

Hommes et femmes égarés, abandonnés. Aujourd'hui, j'ai vu aussi, pour la première fois, un retraité (il avait plus de 60 ans) s'entraîner à distribuer Direct Matin à la sortie du métro. Sa chef, une jeune, l'encourageait à en donner même aux voitures stationnées au feu rouge, juste à côté. Je connaissais les personnes âgées qui font les poubelles pour arrondir leurs fins de mois, certains disant que c'est ce qui leur permet de partir en vacances... Je découvre les nouveaux travailleurs de plus de 60 ans, qui font des petits boulots pour pouvoir bouffer...

Dans le métro aujourd'hui, âmes grises, tristes mines... Des hommes à moitié endormis, somnolant pour rattraper les moments perdus de la nuit, attendrissants. Un jeune, un plus vieux... tous deux aussi fatigués qu'un enfant triste devant aller à l'école.

Mon vague à l'âme, les vagues qui toujours me bercent.

Je vous regarde, vous qui flottez comme moi dans l'air du temps, et je pagaie, je pagaie... pour avancer, pour atteindre... l'île, le pays, le continent... du renouveau.

Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 19:54

Mais comment, ne dis-tu rien de l'émerveillement ? N'as-tu rien vu en Amérique qui vaille la peine ? qui t'ait transportée au-delà de tout...

Bien sûr, j'ai cherché Woody Allen sur la 5e Avenue, j'ai vu sortir d'un collège super chic, des petites filles en jupe plissée, attendues par leur nurse en bas de l'escalier. J'y ai admiré l'architecture du Guggenheim, J. s'est faufilée dans le "tire-bouchon" intérieur du musée, où se tenait l'expo sur Louise Bourgeois, j'ai préféré l'attendre à l'extérieur.

Le soleil nous a accompagnées toute la semaine, à l'exception du dernier jour qui a vu un ouragan se lever sur la ville...

 



Brooklyn, à la recherche des petites maisons rouges du passé... J. s'en souvenait bien, mais où étaient-elles ces petites maisons rouges ? Après le pont, dans le parc Cadman Plaza, une dame noire questionnée n'avait pas la moindre idée de ce que nous voulions dire... les petites maisons... ça lui semblait incongru. On les a quand même trouvées ! à deux pas de là...



Sur la 6e avenue, celle dite des Amériques, j'ai appris à prononcer le nom du Village : "grèniche", et de Houston (hauston). J'ai vu le resto pour les enfants : Jekyll and Hyde (très coté par les ados, d'après la dame du New Jersey rencontrée dans le bus). Et Columbus Circle, là où Oliveira s'était posé pour son film.


On a vu Harlem, et ses stands pro-Obama, on a mangé de la "soul food" avec les habitants du lieu. Pas fait de photos à Harlem, comme à Ground Zero, ou Ellis Island... les impressions ne pouvaient se traduire en images (je les garde en moi).

J'ai retenu le côté "bon enfant", la bienveillance de la plupart des gens croisés, je dirai que New York m'a semblé un immense village... Toutefois, à la Tour Rockfeller, et dans le premier "deli" où nous avons essayé de commander un "bagel" (notre prononciation était à ch...), nous avons pu voir l'impatience des natifs, leur irritabilité face à notre "english" et face à nos interrogations de "Frenchies"... un peu plus et on se faisait jeter. Restez dans le moule "folks" !

Le retour par le pont de Brooklyn, quelle merveille ! rien que pour ça il faut aller à New York. A la sortie du pont, ces immeubles si... flagrants.



On a mis un certain temps à trouver un café (ils ont un déficit de ce côté là, flagrant lui aussi...), ouf, enfin, on peut se poser et déguster un "expresso" (J. a goûté une limonade à la menthe glacée).



Little Italy, le Routard vous le dit, le quartier a été bouffé par Chinatown, Soho et Nolita quelle fraîcheur ! c'est là où on comprend que nous Français sommes d'un prétentieux avec notre Marais, notre 19e même, notre branchitude, nos "artistes"... ici, vous vous sentez en province, à la campagne, comme si d'être connu, ou artiste, n'était pas plus que d'être... vendeur de cacahuètes. Pour ça, bravo les Ricains !




Et les poètes rencontrés dans la rue, lui, ici qui vendait ses poèmes... il est sur youtube, il a des articles dans les journaux, il parle si bien... J. a quand même été gênée d'être serrée de si près pour la photo.




Chelsea, et le super resto payé par nos amis américains... Gramercy Tavern, 42 East 20... Gramercy chers amis. Ca c'est américain, jamais ô grand jamais, un Français friqué ne se serait "abaissé" à inviter ses profs dans un resto de cette classe-là.






Alors, les Amerloques, je vous le dis : vous êtes la survivance du Nouveau Monde.



Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 23:10

Vous dire, avant que l'impression ne meure, ce que fut Ellis Island, et la Statue de la Liberté...

A l'arrivée dans l'appart', 16e étage (en fait 15e car, par superstition, le 13e a disparu), à Greenwich village (prononcez Grèniche). Orientation Ouest ça :







et Est ça :




Le choc ! à l'arrivée, dans la nuit, dans les oreilles Gershwin sur les images de Woody Allen. La lune apparaissait entre l'Empire State Building et la Tour Chrysler. Y a pas, mon cher Clarence, je te donne raison, le luxe, quelle élégance ! (mais s'agit pas de tomber du mauvais côté de la pièce), merci à ceux à qui la vie l'a offert d'en avoir fait profiter si généreusement, deux malheureuses frenchies, profs de french, que dis-je, formatrices ! C'est peut-être ça être de gauche aujourd'hui, être plein aux as et le partager avec les autres.

Au matin, 6h30, le silence revient sur Manhattan, on n'entend plus que le chant des oiseaux et la soufflerie d'un immeuble en face; au lever du jour, tout le monde se tait ! La nuit fut lumineuse et bruyante : samedi soir, ça cause dans la ville ! C'est le moment de découvrir tous ces toits d'immeubles du Village, avec de belles terrasses aménagées : certains se la coulent douce à NYC.








Ca y est je suis dans le rêve !

Dimanche : visite de Central Park, tour de la ville à pied. Persistance de cette impression d'un monde conçu pour des enfants (un immense Disney World). Candeur et douceur de ses habitants.

Lundi : Manhattan sud ! Ellis Island et d'abord la Statue au nom français : Liberty. Tiens, quand ils étaient fâchés avec nous, ils ne l'ont pas rebaptisée : Statue of freedom...

Comme les "freedom fries", la "Freedom Tower" devra remplacer les Twin Towers et symbolisera en tant que "tour forteresse" la vulnérabilité et le repli sur soi du peuple sans passé. Près du Ground Zero, un couple de Japonais. Oui, en voyant cet énorme trou, on ne peut s'empêcher de songer à Hiroshima, en se disant que c'était un million de fois pire, Hiroshima... J. me raconte sa visite au mémorial japonais et la dispute à laquelle elle a assisté : entre un Américain et une Japonaise, lui s'obstinant "non, je ne demanderai pas pardon", elle répétant, les larmes aux yeux, "vous devez demander pardon".  Pas de photos. Trop d'horreur en ce lieu.

La statue, on en a fait le tour, et je puis vous dire qu'elle est belle, ô mortels, la Liberty !





 
Mais pour l'atteindre que d'humiliations encore. Le bétail que nous sommes, "folks !" , devait faire vite, s'engoufrer dans le ferry, sortir du ferry, faire le tour, vite fait bien fait, et repartir vers Ellis Island... l'île où les ancêtres de la plupart des Américains sont passés.

Ellis Island, c'est un chapitre en soi, il faudra revenir dessus, je n'y ai fait aucune photo, tant cela m'a choquée. J'ai vu sur mon Guide du Routard que
Georges Pérec avait écrit quelque chose sur le sujet... j'en reparlerai sûrement. C'est une sorte de camp de concentration "soft"... les émigrants étaient traités comme des bestiaux... avant de pouvoir rejoindre l'Eldorado, leur terre promise...















Et
Souchon dans tout ça ? non, rien... juste que de l'avoir lu ce matin, son interview dans Telerama où il parle de sa fidélité à sa femme, où il regrette nos illusions perdues de mai 68... et le "grand truc libéral" qu'il craint. Et ben ça me fait chaud au coeur, et en plus, en prime, dans le même numéro, j'apprends que Gérard Manset sort un nouveau disque génial, je découvre que Van Gogh avait un maître... Bref, je suis heureuse d'être en France, d'être française (si, si...) et de vous aimer vous les Frenchies !!!

 

  


Gérard Manset - Royaume de Siam
Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
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Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /Sep /2008 23:31

 

 

Dans toute histoire il y a une fin, celui qui la raconte forcément se tient à un bout... car l'histoire n'a de sens que pour lui, et pour ceux qui l'écoutent. Je vous dirai donc tout d'abord la fin de ce voyage, puis je le reprendrai à ses débuts, quand je m'envolai pour New York.

Samedi 27 septembre, Roissy Charles de Gaulle, ça râle dans la queue vers le contrôle douane, et qui râle ? je vous le donne en mille... deux Français, et en re-mille je parie que ce sont des profs, ou des fonctionnaires ! Les employés des douanes sont souriants, prêts à plaisanter même... tiens, on a quitté les States, ça sourit, bienvenue à Paris ! J'adore rentrer, j'aime voyager, découvrir, m'envoler, m'enfuir, mais rien ne vaut le retour, la sensation de rentrer au pays. A chaque fois je repense à ma grand-mère Custodia, si étonnée que je sois partie vers d'autres contrées,
"tu vois, moi je n'y suis jamais allée dans ces pays étrangers, et je me demande finalement à quoi ça sert, on naît, on meurt, sur la terre de notre Seigneur, pourquoi se perdre et s'éloigner de ce qu'on est, après tout, à quoi ça sert de s'en aller ?"

Nuit plus courte au retour, nous parcourons en sens inverse la course du soleil (oui, je sais, la rotation de la Terre), nous le rattrapons car à 1h30 du matin (milieu de la nuit à New York) il est déjà 7h30 à Paris. Nous sommes simplement allés vers le futur, qui vraiment s'en aperçoit ?

Retour du Nouveau Monde, je dirai ce qu'il a été... retour au vieux monde... quel soulagement ! 


                                             Roissy Charles de Gaulle


Retrouver mes marques, acheter Le Monde : hein ? c'est la fin du monde aux Etats Unis ? et nous qui n'avions rien vu... Faillite bancaire, réunion au sommet : Bush, Obama, McCain à la Maison Blanche, plan de sauvetage du système bancaire, de l'économie américaine... euh... pardon, j'étais en vacances près de Wall Street, à deux pas de là... j'ai rien su de tout ça. 
 

Comment ? Sarkozy joue à Spiderman à Toulon ? il a voulu faire de la varappe sur le mont Faro...

Bon, comment tout cela a-t-il commencé ?

Samedi dernier, le 20 septembre, départ de Roissy : interrogatoire, regards et questions soupçonneuses de l'agent d'American Airlines, tout à coup je me suis demandé si vraiment je n'avais rien à cacher...

Dans l'avion déjà un peu d'Amérique, avec les stewards et les hôtesses : pas de doute, ils ne sont pas français, plus calmes, plus posés, moins souriants aussi.

A l'atterrissage, voix lénifiante du commandant nous annonçant une avarie de "quelque chose", nous devrions être remorqués, mais "don't worry, no problem !" Les hauts-parleurs en cabine diffusent de la musique exclusivement, of course, américaine, avec Cyndi Lauper reprise en choeur par les deux Latinos assises derrière moi : "time after time".

A la douane, le traditionnel questionnaire (cf. la scène du film d'Oliveira, Christophe Colomb, l'énigme, où les deux protagonistes se font interroger en 1945 ou 47 à Long Island, l'un d'eux se faisant confisquer ses partitions de musique, des compositions originales, sous prétexte qu'elles pourraient contenir des messages codés...) agrémenté de systèmes électroniques bien plus sophistiqués permettant de ficher tout nouvel arrivant, empreintes digitales des dix doigts, et photo numérisée. Sous peu sur la planète entière : l'humanité sera tracée et fichée dans le Grand Ordinateur. 

N'oublions pas que nous arrivons au pays qui est un monde à lui tout seul, Nouveau il le fut, le Centre il l'est devenu, du Monde qu'il dit Libre.

C'est précisément ce que dénonce le président de la CNIL, Alex Türk, estimant que le fichier Edvige, contre les abus duquel il s'était néanmoins prononcé, était de la gnognotte auprès de ce qui nous menace : la traçabilité de chaque humain électroniquement, et numériquement (carte bleue, téléphones portables, internet, blogs...) : tout concourt à nous traiter comme du bétail et à limiter notre liberté.

Ici, à Roissy-American Airlines et JFK, c'est déjà comme un ennemi ou un criminel potentiel qu'on vous considère.

Quand j'ai dû apposer mes pouces, puis les autres quatre phalanges de chaque main sur ce boîtier électronique, relié au Grand Ordinateur, j'ai presque regretté d'être venue au pays de la "liberté" (avec en prime ma tronche numérisée pour l'éternité...). Mes premières "freedom fries", ai-je pensé, sont dures à avaler.

Pourtant, c'est pour toi que j'avais traversé l'Atlantique... 


                                                        Liberty...





Découvrez Cyndi Lauper!



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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 20:17

Regardez ce clip, vous comprendrez l'émotion qui va me saisir à 20h (2h du matin à Paris) demain.

Oui, je sais ça va vous sembler banal (vous les "bobos" du Net...) vous êtes blasés (il n'est qu'à voir tous les blogs centrés sur New York, tout le monde va à New York, tout le monde connaît New York...). Bon, je vais encore faire ma plouc, c'est la première fois que j'y vais, non, je ne vais pas aller dans tous les bars, les musées, les quartiers branchés, en une semaine, je vais juste me contenter d'encaisser le choc...

Vous verrez bien... si tel est votre bon vouloir que de venir me rendre visite (merci ! car ça me fait très plaisir).

A vous revoir, bientôt.

Lucia in the sky (bon, là, il faut quand même, que je m'occupe de ma valise...).




Manhattan - Woody Allen

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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 21:21






Une journée, ce n'est pas grand chose, ça passe, ça nous laisse sur le bord du chemin, et on en retient deux ou trois images seulement, quelques sensations, des regrets, des plaisirs, des envies.

Le basilic, ce soir frotté de la main, au moment où j'ai arrosé les plantations de mon balcon. Plus avant, en rentrant à la maison, ce billet de 5 euros tombé, ramassé et, courant pour le rattraper, redonné à ce garçon rue Richer. Son sourire, sa surprise, et puis mon doute, aurais-je fait pareil s'il s'était agi de 50 euros ? et pourquoi ne pas l'avoir plutôt laissé, ce billet, au SDF croisé en chemin ?

La lune monte, est-ce que vous la sentez monter ? Oh, les plaisanteries grivoises... oui, ça fait passer un certain temps, qui passe...

Et, je m'interroge sur des sujets qui n'intéressent personne... voyons donc plutôt la Géorgie, l'Ossétie du Sud... Ah, pas des sujets de fille ça... faudrait laisser ça aux garçons. Pourtant, l'après-midi, je l'ai passée à en discuter avec une future diplomate espagnole, qui voulait à tout prix comprendre pourquoi les Russes avaient attaqué l'armée géorgienne, parce que ça lui semblait être le point crucial. Oui, des filles sont sur la brèche, et se penchent sur la question aussi, mais... ce sont les garçons (Messieurs Kouchner et bientôt Sarkozy, après Messieurs Bush et Poutine, Medvedev) qui vont régler la question. Madame Carla-Bruni-Sarkozy ira se prosterner devant le Dalaï Lama, comme Madame Cécilia Sarkozy avait délivré des infirmières bulgares, et Madame Ingrid Betancourt avait été séquestrée par des FARC. Les femmes toujours à nous la jouer "romantique"...


Ah... pour en parler de l'Ossétie du Sud, il faudrait être spécialiste ? informé, journaliste... c'est-à-dire, de préférence, garçon... parce que les filles, de toute façon, c'est un sujet qui les barbe (et pourtant elles n'en ont pas... de la barbe, ah ah...).

Je continue à causer... avec les personnes, filles ou garçons, qui croisent mon chemin... et laissent parfois tomber un billet de 5 euros.

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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 20:59

L'âge est une mauvaise excuse, il est retraité, il a 63 ans. Je prends des photos des ipomées, des cosmos, lui, des paysages chinois, des gens. Il est parti voici un an, il a parcouru 14000 km, à pied. Wouah ! Parti de Lyon, il va arriver demain à Pékin.

Le site de Robert Membré

Je songe à Alexandra David Néel, elle avait en son temps été la première Parisienne à Lhassa, Philiberte... est sa disciple.

Quand traverserai-je le monde (un monde, mon monde...) à pied ?

Alexandra avait plus de 40 ans, en 1911, quand elle s'est mise à "marcher"... (elle atteint Lhassa, après avoir traversé la Chine d'Est en Ouest, je le répète... à pied, à l'âge de 56 ans, en 1924), Robert Membré à plus de 60... Aller loin, un jour.




Alexandra David Néel

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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 19:16

La 'pataphysique' est une « science des solutions imaginaires». Le terme est créé par l’écrivain Alfred Jarry qui la définit comme une « science qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité. » (Wikipédia)

Pendant que le monde fête la musique, moi j'ai eu envie de me poser des questions. Vous savez, du style de celles qu'on sert aux lycéens, pour leur bac philo, les questions qui disent plus en elles-mêmes que la réponse qu'on pourrait leur apporter.

Du style :
"peut-on être libre et heureux ?"

Voilà donc, au fil de mes pérégrinations du samedi celles qui ont volé dans mon esprit.

Jeune femme croisée, elle accompagnée de deux jeunes hommes, moi traînant mon caddie (celui des pérégrinations du samedi), elle se retourne, pas sur moi, pas sur un homme, non, sur une moto stationnée sur le trottoir, elle s'arrête et prend le temps de bien l'admirer... C'est alors que la première question a surgi :

Les femmes aiment-elles les motos pour les mêmes raisons que les hommes ?

Puis, j'ai poursuivi mon chemin dans la chaleur bienvenue de ce premier jour d'été. Déjà à la caisse du supermarché ça m'avait turlupinée... mais là, au fur et à mesure de mes déambulations dans Paris, (Marais, France), ça se précisait, devenait une évidence, l'interrogation grossissait telle un volcan... Une cliente du magasin exhibant, dans un décolleté plus que plongeant, une poitrine plus que généreuse (il paraît que le poulet aux hormones y est pour quelque chose... dixit une vendeuse du rayon lingerie du BHV, les jeunes filles ont ces dernières années les seins qui ont étrangement triplé de volume... donc, il n'y a pas que les poissons qui sont touchés, les hommes qui ont les seins qui poussent... les filles aussi... et elles les montrent "parce qu'elles le valent bien"). J'ai donc été sidérée (comme dirait Pascal Quignard) par tous ces seins au balcon, ces mises en avant explicites. Une étude (forcément scientifique) a montré que de voir, et de regarder des seins une fois par jour pouvait augmenter l'espérance de vie... Donc, toutes ces femmes font preuve de charité humaine. La question suivante m'est alors apparue :

Les femmes peuvent voir leurs seins dans leur miroir, tous les jours et tout au long de leur vie, est-ce pour cette raison qu'elles vivent plus longtemps que les hommes ?

C'est à ce moment-là que j'ai eu envie de m'amuser... de me poser toutes sortes de questions... complètement à la Pérec... et
oulipiennes...

Pourquoi le désir s'arrête-t-il ?

Ca rejoint ma lecture de Tarun J Tejpal, Loin de Chandigarh, dont la réflexion sur ce thème me fascine : "Mais le désir est une chose curieuse. S'il n'est pas là, il n'est pas là, et rien ne peut le faire apparaître. Pis : quand le désir commence à faire naufrage, tel un bateau qui a chaviré, il emporte à peu près tout avec lui."

Joey Starr à la terrasse d'un café... près d'une jolie femme, rue Oberkampf, au métro Filles du Calvaire... question, question... soudain, j'ai eu envie d'envoyer un sms à Aurélie, tu sais, tu sais... et... impossible de me rappeler son nom... ouais, le chanteur de NTM, celui qui est sorti avec Béatrice Dalle, son vrai prénom c'est Didier... Heu, mes synapses, au secours !!!

Pourquoi la célébrité, la notoriété, nous attire-t-elle, tels des mouches, des moustiques, piégés par la lumière... ou la... "merde" ?

Et me voilà, revenue chez moi... que de bruit dehors... quelle tranquillité chez moi...

La ville bruisse, vos vies bruissent... Moi, je m'étale dans mon transit... Saturne sur Pluton, trigone Jupiter, et, Jupiter sur Saturne : c'est tout dire... Ben, oui... la limitation me sied bien en ce moment. Apprendre la valeur des limites, de la restriction. Que d'enseignement ! Le jeûne. Je l'accepte, plus que je ne le subis.

Je vous parlerai, plus tard, du transit d'Uranus sur le Soleil... et de celui de Neptune sur Vénus... En attendant :

Pourquoi veut-on d'un autre, alors qu'on est si bien seul(e) ?

Et, pour terminer, mes dernières questions :

que fait la police ?

viande ou poisson ?

Vénus ou Mars ?

le dernier CD de Carla Bruni est-il à la hauteur des ambitions de son mari ?

fera-t-il beau demain ? et y aura-t-il de la neige à Noël ?

est-ce qu'ILS se foutent de nous ?

la fête de la musique vous fait-elle apprécier le silence ?

                                                                 Georges Pérec



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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 21:08

en chantant à pleine voix : "ça ira, ça ira... toute la vie" (Michel Delpech)


                                                                     Grenoble


C'est la deuxième fois qu'elle s'immisce dans mon quotidien... Il y a deux semaines déjà, sur la ligne 2, entre Stalingrad et Blanche, je l'avais remarquée... Elle, femme noire, bien habillée, la trentaine, plutôt "employée de bureau", soudain, dans la rame bondée, à 9h15, la voilà qui se met à sussurrer :

"Bonjour à tous ! Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous. Gloire à Jésus."

Et, comme la fois précédente, après avoir fait face à son public pour déclamer, à la fin de son "discours", elle se retourne vers le quai du métro, le visage fermé, attend l'ouverture des portes et descend. Cette fois-ci j'ai eu le temps de sortir le carnet et de noter les mots exacts... Bon, j'étais un peu concentrée sur autre chose, un roman que je viens juste de commencer (oh, la la... il fait chaud sous les tropiques...) et dont je vous copie les premières lignes :

"L'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe. (...) Certes, il existe des êtres purement spirituels, comme existe le rhinocéros à une corne, mais ils sont rares et aisément identifiables. Pour le reste d'entre nous, le corps est le temple."  Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh (The alchemy of desire, 2005).

Cette femme toute contrite dans sa clameur étouffée... n'a sûrement pas bien saisi que le corps est un temple... car elle fait, sans doute, partie des rhinocéros à une corne...

Le roman de Tarun J. Tejpal est hautement sensuel; j'en suis à la page 30 et il y en a 692, de quoi me tenir en haleine un certain temps (les trajets en métro pour aller au boulot ne vont pas avoir la même tiédeur... ils vont être plus épicés : "quoi ? déjà, la Place Clichy ? que le temps passe vite...").

Le récit d'un homme qui après 15 années d'amour très très passionné, physiquement, avec une femme (la sienne...) se réveille un matin sans plus aucun désir... Il y a même Mazarine Pingeot (c'est pour vous dire...) qui s'est fendue d'un commentaire en quatrième de couverture.

Je continue ma lecture... et vous tiens au courant de la suite.



African Queen


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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 22:07

Sur mon chemin aujourd'hui, sont passés des hommes... comme des images habitées de vie, ou chargées de désespoir.

Pour commencer, ce matin à 10h30 en allant à mon cours de chant, pour une fois je serai à l'heure, me dis-je. Que nenni ! arrivée aux tourniquets, barrage de contrôleuse paniquée, non, non vous ne pouvez pas entrer ! Ah, mais pourquoi ? Elle, le regard hagard, comme saoule d'une émotion trop forte : "un jeune homme qui... enfin, c'était entre Châtelet et Hôtel de Ville, vous ne pouvez pas y aller, ça fait une heure que c'est bloqué". On redoute les vendredis 13... il faut croire que les samedis 14 peuvent être encore plus néfastes. Pauvre enfant... mort dans l'horreur.

Il m'a fallu changer de direction, me rabattre sur la 4... pour aller à Montparnasse. Là, sur l'interminable tapis roulant, juste devant moi, un père donnant la main à sa fille, de 6 ou 7 ans. Elle, blonde poupée vêtue de rose, lui, géant tout aussi blond. Non, mais c'est pas vrai, ils ne vont pas se pousser... je suis en retard moi... Non, ils continuent à bloquer toute la largeur du tapis, lui se sentant le devoir de la protéger et d'occuper tout le territoire. Alors, j'ai commencé à les observer... Un père, sa fille, elle tournant de temps à autre son minois vers lui, lui, trifouillant quelque chose sur son téléphone portable, puis lui caressant tendrement le haut du bras, comme pour la rassurer... Image forte, ce rose, ce visage tendu, cette protection, cette tendresse. Enfin, nous arrivons au bout, et je peux les doubler.

Correspondance pour la 13, deux hommes, la trentaine, traînant des valises à roulettes, l'un d'eux, le plus nerveux, assène : "Ben, tu vois, moi, je n'hésiterais pas à lever la main sur une femme. Dans ma vie j'ai tout vu". Je n'en crois pas mes oreilles, il a l'air de vouloir en rajouter, je les dépasse et file vers le quai.

Le chant. Nous avons recréé le coeur des baleines... Improvisation, sourires avec notre amphitryon, qui nous permet de répéter dans sa galerie; un homme, bercé depuis des mois par les voix des femmes.

Retour chez moi, courses, problème déjà de fin de mois... et dire qu'on n'est pas encore le 15... jongler, calculer, se limiter.

Aller-retour à pied dans le Marais, et là... lui sans doute croisé plusieurs fois... à cet endroit-là, trouvé l'annonce pour cet homme qui s'en est allé... Un choc. Toi disparu, ici quelqu'un a voulu te rendre hommage.



Soirée, sortie du métro, sur l'escalator devant moi, un homme le visage penché, sur celui de son enfant, un garçon d'environ 8 ans, il fait comme les chevaux... il frotte son crâne à celui de son fils, par ce geste il lui indique son affection, sa complicité... et lui transmet aussi sa virilité.

Demain c'est la fête des pères, je les aperçois et je suis intriguée par ces hommes, certains disent féminins, ou "deuxième mère"... Ne seraient-ils pas plutôt un nouveau genre ? au sein d'une mixité de genres, hommes aimant leurs enfants, femmes plus libres, ne portant plus seules cette charge (ce pouvoir) de l'amour... et de la nourriture affective. Sont-ils des bobos ? les bobos de la société... Ils sont tout simplement des mutants.

Je suis attendrie par cette douceur de l'homme... enfin assumée, au su et au vu de la société. Espérons simplement qu'un jour prochain, nous la retrouverons dans nos couples.

Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
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