arts, livres, films,spectacles

Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 21:10

Je propose à mes étudiants (en langue française) un jeu : cherchez dans le journal, où se trouve Sarkozy aujourd'hui.

Mais, moi, ça me lasse... de le suivre à la trace. De ne lire et voir commenter que ses faits et gestes, dans la presse, et dans les blogs.

Autre sujet qui me barbe, à force, l'identité nationale. Puis, aussi, la chute du mur... ou ses fils (à Sarko), sa Carla, ou son salaire, son nouveau conseiller, le copain de Jean-Marie Le Pen, un certain Patrick Buisson (ben oui, comme vous, je lis Télérama, Le Monde et le Canard enchaîné).

La barbe ! de trouver la même chose partout...

A croire que la vie ne tourne qu'autour d'un même nombril...

Le pompon revenant à celui qui aura pu s'en saisir... le premier.

Quelle soupe nous sert-on aujourd'hui ? après le 11 novembre et Nicolas Sarkozy, la Syrie et Nicolas Sarkozy, demain nous aurons...

Et moi, quelle soupe pourrais-je vous offrir en échange ?

Mon blues ? mon fado ?

Mes amours ? mes emmerdes ?

Il faudrait plutôt opter pour la dernière interrogation.

Alors parlons (car pourquoi tenez-vous un blog, si ce n'est pour "parler" ? ne me dites pas que vous vous targuez de littérature, voyons ! ne me faites pas sourire... mais... sur un blog, personne ne vous lit !).

Hier, j'ai assisté à un spectacle, celui de Ludovic Boivin, un Québécois, j'ai un ami là-bas (au Québec), Roger Tabra, un grand artiste, un parolier, assez connu  je crois... alors, l'accent de Ludo, ça m'a fait penser à Roger, parti dans le grand nord... surtout que Ludo a rappelé que dans ce grand nord le matriarcat... régnait.  J'ai mieux compris le masculinisme des Québécois (les gars, ils sont totalement dépassés... ils perdent totalement la boule... ils ne savent plus quoi leur répondre aux filles...) j'ai mieux compris que Roger soit sur les dents... Bref, je vous plains (les filles autant que les gars).





Aujourd'hui, j'ai vu une expo à l'Art de rien, un jeune, Benjamin Lacombe, ça m'a rappelé Nicoletta Ceccoli... Zoridae la connaît bien, elle en illustre parfois ses billets.

Demain, je vais chanter... heureusement... des chants sacrés, en arabe, en latin, en hébreu, en araméen.

Pour oublier... 

que les jours se suivent...

et se ressemblent...






Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 21:06


                                                photo du film Gilda, pour les fans cliquez ici



"Plus tard je serai aussi célèbre que lui !"

"Je ne te le souhaite pas, tu as vu le prix qu'il a dû payer pour tout ça?" ai-je répondu à mon neveu, quand il est sorti, enthousiasmé, de This is it, et après sa toute première remarque : "je veux le revoir !".

Il faut dire que pendant environ 1h30 nous sommes restés plaqués sur notre siège, par l'émotion. Dans la salle du forum des Halles, bondée un dimanche matin, aucun délire de fans pendant la projection, un certain recueillement même. A la fin, simplement, des applaudissements reconnaissants sans trop grande effusion.

Il semble clair, en voyant les répétitions, que ce show aurait été l'un des plus grandioses depuis longtemps, si et si et si...

M.J. (prononcez "Dgé"), comme on l'appelle parfois dans le film, avait, en dépit de son grand professionnalisme, et de ce qui a fait son génie (un Mozart de la pop), par moments, comme une fragilité qui transparaissait. Non, que l'énergie manquât... mais son physique semblait un peu... sur la corde. On sait aujourd'hui qu'il devait, pour trouver le sommeil et, simplement, pour continuer à exister, être drogué aux antalgiques, et à des doses de "cheval"... La douleur, qui, depuis toujours, avait été sa compagne... la hyène hurlant dans sa tête, l'a finalement  vaincu; lui, dont l'apparence, la douceur... était toujours celle d'un enfant cherchant l'apaisement.

Comme si tout le spectacle, joué devant un public virtuel, celui des caméras, celui des professionnels l'entourant, il le savait donné pour la dernière fois.

Sa voix qu'il ménageait, ses effets (le moon walk attendu désespérément par Lucas...), n'en furent que plus troublants, comme si nous nous retrouvions dans son intimité et, non, dans le méga-show de Londres. Lui, le chef d'orchestre, se plaignant que ça cognait dans son oreille interne, comme avec des coups de poing, quand l'enregistrement du morceau avec ses frères passait trop fort dans son oreillette.

Le film en noir et blanc, effets spéciaux intégrant M.J. au film Gilda, avec Rita Hayworth, mais aussi à d'autres films noirs, avec Humphrey Bogart.

Une nouvelle version de Thriller : époustouflante.

Une complainte, et un plaidoyer très militant, pour alerter et demander l'implication de chacun dans la préservation de la planète.

Des musiciens, des danseurs, une équipe engagée de toute son âme dans ce qui pouvait être l'aventure de leur vie. Je pense à eux, à ce qu'ils ont dû ressentir quand tout s'est écroulé l'après-midi du 25 juin 2009. A toutes ces semaines, ces mois, ces années, de travail.

Avec ce film il a, sans nul doute, remboursé sa dette... que son âme repose en paix... et, comme il le répétait à tout bout de champ : que Dieu nous protège, et nous bénisse.

Nous qui continuons le combat.

Je me rappelle... ou, comme le disait Pérec, je me souviens...

Un soir où j'ai écouté... I just can't stop loving you...

Une nuit bercée par Liberian girl...

Et... récemment, découvert pour Lucas, ce clip... de la rencontre du mime Marceau et de Michael Jackson, le second étant un profond admirateur du premier, il lui avait demandé l'autorisation d'utiliser ses pas, et sa technique, pour le Moon Walk...

Le mime Marceau, qui est couché... au Père Lachaise, juste à côté de ma petite soeur, leurs corps dansant maintenant dans un au-delà de la nuit... Je rêve qu'ils mèlent leurs pas et tapent du pied pour nous réveiller, nous les vivants, nous les plus morts qu'eux... par moments.



Mime Marceau Speak About Michael Jackson
envoyé par sweetyluv. -




Vous pouvez lire sur le même sujet, le très bon billet de Miguel  (un Michael côté Orléans, un Michael côté portugais...)


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 21:04

Je connais des artistes...

Qu'est-ce qu'être artiste ? nous le sommes tous, sans l'être vraiment. Alors, qui l'est tout à fait ? 

                              Henri Wisley, expo à La terrasse de Gutenberg, 9, rue Emilio Castelar, Paris 12e
                                                                                  (jusqu'au 28 octobre).
                                                                                    Photo (c) Luciamel.


Mon ami Henri, qui expose en ce moment à deux endroits parisiens, l'est, vernissage de sa deuxième expo mercredi prochain. Mon ami Zoltan l'est. Mon ami Simon l'est. Et Lucas, mon neveu, l'est aussi.


                                                                        Photo (c) Luciamel, Lucas chez Zoltan.


Pourtant, moi je ne le suis pas... en fait, je pourrais l'être, j'ai gribouillé voici bien longtemps, mais je ne suis pas possédée, pas habitée, par cette nécessité qu'est le peindre, le dessiner. Possédée plus par le besoin d'écrire... ça oui.

J'aime vous regarder, vous lire, dans vos dé-lires, vos... récits imagés.

Je vous comprends.

Voici les coordonnées pour l'expo d'Henri Wisley :  vous pourrez y voir mon portrait, qui aura changé...

Espace Tristan Bernard
64, rue du Rocher
75008 Paris
(du 27 octobre au 28 novembre 2009)


                                    La lettre volée, Henri Wisley, photo envoyée par l'artiste

Pour l'artiste en devenir, Lucas mon neveu, voici les photos (prises chez le maître Zoltan) :




Voici, Mesdames et Messieurs, le tableau réalisé par Lucas ce 24 octobre 2009, Femme nue, en cadeau à Zoltan. Il le vend (en même temps qu'il en fait cadeau) 500 euros.


                                                   Photos (c) Luciamel, l'oeuvre de Lucas : Femme nue
 





Barco negro

(David Mourão Ferreira / Piratini / Caco Velho)
Amalia Rodrigues
.........................................
De manhã, temendo
Que me achasses feia,
Acordei tremendo
Deitada na areia.

mas logo os teus olhos
Disseram que não
E o sol penetrou
No meu coração ( bis )

Vi depois, numa rocha
Uma cruz
E o teu barco negro
Dançava na luz,
Vi o teu braço assenando
Entre as velas já soltas
Dizem as velhas na praia...
« Que não voltas... ! »
_ São loucas... ! ?
São loucas...

Eu sei meu amor
Que não chegaste a partir
Pois tudo em meu redor me diz
Que estás sempre comigo

No vento que lança
A areia nos vidros
Na àgua que canta
No fogo mortiço.

No calor do leito
Dos bancos vazios
Dentro do meu peito
Estás sempre comigo

************************************************

Ce matin, quelle frayeur,
me réveillant sur le sable,
que tu me trouves laide,
soudain m'a fait trembler.

mais à l'instant tes yeux
me dirent que non
et le soleil est entré au fond
de mon coeur (bis).

J'ai vu l'après, sur la roche,
une croix
et ton bateau noir dançait
dans la lumière,
j'ai vu ton bras faisant signe
au milieu des voiles déployées.
Les vieilles de la plage
disaient
que "tu ne reviendrais
pas..."
Elles sont folles, folles.

Je sais, mon amour,
que tu n'es pas parti,
car tout alentour me dit
que tu es toujours  ici.

Le vent qui lance du sable
sur les fenêtres.
L'eau qui chante
sur le feu alangui.

La chaleur de notre lit,
le vide de notre table, mais
à l'intérieur de mon coeur
tu es toujours près de moi.

(Traduction (c) Luciamel)

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 22:48
                                                                      photo flickr 



Allez-y, c'est rue St Maur, allez-y c'est dans la rue à Paris, mais aussi à New York, ou Barcelone, ou... en bas de chez vous, l'art de rue. Je ne dis pas art "urbain"... car "urbain" renvoie à architecture, ou à "bien élevé"... il est urbain, elle est urbaine... (moi non plus je ne connaissais pas cet emploi avant qu'une collègue ne se targue, à l'heure du déjeuner, de l'employer à bon escient).

Lui, je l'arbore depuis un bout de temps à la bannière de mon blog, il a l'habitude, faut dire, de s'exprimer dans mon quartier... lui c'est
FKDL.

Ce soir je l'ai rencontré, j'ai même failli le prendre en photo (mais trop de journalistes m'ont fait de l'ombre, et j'ai raté l'occasion). 

Vous pourrez contempler la minutie de ses collages et l'homme-âge... qu'il rend aux années 50-60, lui le jeune-homme d'une toute petite quarantaine d'années (je prends des précautions ne connaissant pas son âge).

C'est souvent la femme, cette femme, qui l'inspire, celle qui telle Ingrid Bergman jouant Jeanne d'Arc, s'agenouille devant son destin, et devant Dieu... tout en faisant face aux hommes.










                                    Photos (c) Luciamel (avec l'autorisation de l'artiste)



Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 20:44

 

  


Photo, empruntée ici. Agustina Bessa Luis :

"Je ne me prends pas trop au sérieux.
C'est la meilleure façon de vivre.
Celui qui se prend trop au sérieux se retrouve toujours
 dans une position d'infériorité face à la vie."


***




- Oui, j'ai bien aimé.
- Ah bon ? t'as bien aimé ?
- C'est toujours comme ça le rythme de ses films, je savais.
- Tu t'es laissé prendre ?!...
- A la fin moins qu'au début, mais oui...

Vous l'avez naturellement deviné, c'est du dernier film de Manoel de Oliveira dont il était question. Devant Le latina, un soir de la semaine passée.

Il vient d'adapter, comme à l'accoutumée (rappelez-vous La princesse de Clèves... : La lettre), une oeuvre littéraire, un grand nom de la littérature portugaise, presque toujours. Cette fois-ci il s'agissait de Eça de Queiros (mais au Portugal, quand on aime on ne dit plus le nom de famille, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme, on dit
"Eça", comme on dirait "Arthur" pour Rimbaud, sauf que ça ne marche pas pour Pessoa, ou Camões, ou Garrett, ou Torga... ou Saramago, ou Lobo Antunes, là, pas de Fernando, de Luis, d'Almeida ou de Miguel, de José, ou d'Antonio qui tienne... compliqué, finalement, cette histoire de prénoms : on le fait seulement pour ceux qui en ont un hors du commun).

Une nouvelle, avant d'être
un film : Singularités d'une jeune fille blonde.

Au début du film (car je n'ai pas lu la nouvelle), ça m'a fait penser à celui (trait pour trait : la fenêtre, l'homme fasciné, la blondeur de la fille, le magasin de tissus... à croire qu'Eça l'avait lu avant...) de La maison du Chat-qui-pelote, vous savez.... la nouvelle de Balzac, celle qui ouvre La Comédie humaine.

Eça était féru de littérature française et on a souvent dit de lui qu'il imitait Zola, son réalisme, mais Zola est naturaliste plus que réaliste... Moi, je le rapprocherais plus de Balzac, dans son côté "père du réalisme"... et sa fascination pour la bourgeoisie. Cette intrigue, en tout cas, me semble hautement balzacienne, ou peut-être, par la chute, non sans lien avec Flaubert (qu'il admirait beaucoup) et L'éducation sentimentale.

Vous n'y verrez pas décrit le Paris de la rue Saint Denis, en 1811 et les bourgeois qui y vivent du commerce textile (la famille de Balzac). Non, c'est de Lisbonne dont Eça nous parle ici.

Lui qui sera Consul du Portugal en France, à partir de 1886, et mourra dans sa maison de Neuilly, le 16 août 1900, a toujours admiré la culture française.

N'oublions pas, tout de même, qu'il s'agit de l'un des plus grands écrivains de langue portugaise (je le rapprocherais d'un Machado de Assis, brésilien, lisez les sublimes Mémoires posthumes de Bràs Cubas ! publiées en 1880). Et je ne vais pas vous faire la blague de vous affirmer qu'il était un écrivain femme... (comme, dans mon précédent billet, je l'avais soutenu de Pessoa et de Rimbaud). Allez le lire et vous verrez.

Mais... je voulais vous parler, avant toute chose (pour vous convaincre qu'une grande écrivaine est de la même trempe qu'un grand écrivain...) de celle qui, pour nous Portugais, est une fierté.

Elle qui a été une grande inspiratrice de Manoel de Oliveira. Elle qui comme lui est originaire de Porto, elle qui est une grande dame de la littérature portugaise : Agustina Bessa Luis. Mais on dit
"Agustina".

Sa trilogie : Le principe de l'incertitude, dont Bijou de famille (2001), L'âme des riches (2002), et Les espaces en blanc (2003) est une référence, pour Manoel de Oliveira mais aussi pour tout le monde de la lusophonie.

"Eu sou quem sou" / "Je suis qui je suis", c'est l'admirable expression d'une transcendance éternelle à l'ombre de laquelle la femme se protège. Ils sont nombreux les noms de la femme, mais elle se réserve à elle-même un symbole plus intime que personne ne connaît"
in. couverture de L'âme des riches (traduction (c) Luciamel).





Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles - Communauté : luso-francophones inspirés
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 22:44



Je ne sais pas vous, mais moi, c'est toujours le dimanche soir que je retrouve ma vie à l'envers, le verlan de ma vie...

J'essaie de la comprendre, de la prendre par un bout, par l'autre... et c'est là qu'elle me file entre les doigts, tagada... et même pas de fraises...

En général... je m'y prends dès 16h... mes ami(e)s le savent (surtout mes amies), c'est pas la peine de m'inviter à quoi que ce soit après 19h (même le dernier Oliveira... on a dû le reporter à mercredi), pourtant avant, du temps que j'étais... dans le vent... dans le mood for love... j'adorais sortir le dimanche soir... va savoir, va comprendre, toi...

Ben, non... maintenant c'est plus ça... c'est la tête en bas.

Heureusement, par moments mes mains se tendent vers l'étoile, vers le ciel, vers... l'uni... vers.




En plus, si je consulte mes flux RSS (c'est l'union soviétique ce truc-là !), je désespère... soit je râle intérieurement, ça m'énerve, je suis prête à laisser des com's méchants... (cf. mes deux précédents billets : je suis méchante, dans le fond...), qu'est-ce qu'ils racontent ? j'en ai marre de voir reprendre tous les poncifs de l'actualité : allez, je fais un billet, je mets des liens... ça me fera peut-être monter au classement... "Lamentable !!!" me dis-je, dans ma méchanceté. Soit je m'emballe... et je laisse des com's hyper-longs, et très philosophico-psycho-lyrico-pseudos... comme si l'avenir du monde en dépendait. Laisse béton... et bois un verre (comme le chantait déjà Renaud en son temps).

Alors, je regarde un film débile (Urgences c'est fini, pas de James Bond... donc n'importe quoi, mais surtout pas Zone Interdite (au fait, zavez vu la copine de Jamel ? que dis-je ? sa femme ! ben, elle m'a épatée la petite, découvert ça sur Yahoo aujourd'hui)), ou plutôt Capital, le dimanche...

Mais laissez-moi ma tête retournée, mon futur, mon passé... que vous importe ?

J'étais à la messe ce matin, je ne suis jamais autant allée à la messe dans ma vie que depuis le décès de ma soeur le 1er mai dernier... Des gens avaient laissé un pécule pour faire dire trois messes en sa mémoire, l'une d'elles c'était aujourd'hui. Le prêtre a parlé de la surdité, de l'incapacité à parler... du miracle de Jésus qui a guéri le sourd et redonné la parole au muet (c'était le même... il était sourd-muet).

Ecouter les autres... savoir parler, dire ce qui essentiel.

Et je rentre... et je consulte mes flux... ah ??? tiens...

Alors, je regarde le film débile.

Puis, soudain... quelque chose, une envie de dire, je tombe sur les photos prises l'après-midi, je songe à la balade avec Francine le long du canal... je me dis, mais c'est chouette ça ! la tête à l'envers... et si j'écrivais un billet à partir de là ?



Photos (c) Luciamel (oeuvres de Nemo et de Mesnager, le long du canal St Martin, près de l'Hôtel du Nord)


Le grand Hôtel du Nord... et son atmosphère.





Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /Juil /2009 19:47

                                                                         Arthur Miller et Marilyn Monroe (ici)


Ca fait quelques jours que le sujet me trotte dans... la tête. Qu'est-ce donc que tous ces gens qui nous pètent à la figure ? sans doute des malotrus, des mal élevés, des Narcisse du pot de chambre. Ne l'avez-vous remarqué vous aussi (mais, peut-être l'êtes-vous... un révolté du pet !), dans le métro, sur le trottoir devant vous, dans la voiture, et parfois chez eux (ou chez vous) vos amis ?

Ce gaz (oui, nous sommes comme les vaches, nous polluons l'atmosphère, car nous sommes vivants !) que nous devons relâcher dans l'atmosphère, ma grand-mère m'avait enseigné, alors que je n'avais que 7 ans, qu'il nous fallait éviter de le faire en présence d'autrui, elle m'a programmée... en me recommandant d'aller aux toilettes pour me soulager.

Or, depuis l'enfance, les aléas de la vie m'ont fait constater que le "ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse" se retourne souvent contre le pauvre benêt (pas de féminin) qui s'y tient. J'ai compris que la haine et la noirceur étaient tout autant de ce monde que l'amour et l'angélisme de ma grand-mère.

C'est pourquoi m'intrigue depuis quelque temps cette tendance qui pousse un humain à péter en public... Il fera l'innocent, dira même si on le soupçonne, "ah non, ce n'est pas moi", ou se taira, comme si ce sujet était anodin, et ne le concernait aucunement. Péter, être un pseudo-révolté, celui qui dit "merde !", "tu me fais ch...", en envoyant seulement le fumet !

Mais c'est aussi dans la pièce Kvetch (revue avec grand plaisir), le personnage de la vieille dame, la mère... celle qui ne se retient plus, elle pète et rote à tout va, c'est sa révolte à elle, sa façon de dire qu'elle va crever et qu'elle emmerde tout le monde, en attendant. Les conventions, l'éducation donnée par sa mère grand, elle l'envoie valser par dessus les moulins à vent...

Marilyn ? Pessoa ?

Ce soir, un documentaire sur la belle Marilyn (suivi de 7 ans de réflexion). En Avignon une mise-en-scène d'une pièce de l'hétéronyme de F. Pessoa, Alvaro de Campos. Enfin, je comprends pourquoi cet été tout le monde en terre de France se prend de passion pour notre grand poète... c'est dans l'air du temps, la brise du large... celle qui nous conte l'Ode maritime...

"Marilyn n'existe pas", dit Norma Jeane.

"On devrait dire à toutes les petites filles qu'elles sont jolies, même si elles ne le sont pas", Norma Jeane...

"Etre en retard, c'est s'assurer que les autres vous attendent, vous, et personne d'autre", Norma Jeane.

"C'est toujours celui qui aime qui attend l'autre", dit Norma-Marilyn.

"Mais peu de gens peuvent et veulent être aimés", dit son psychanalyste.


Fernando Pessoa (ici)


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 22:20

Et soudain, alors que vous rentrez d'un cocktail chez Ladies Room... que vous avez bu quelques coupes de champagne (des flûtes plus exactement) mais point trop (3... 4...), il est 23h et une voiture s'arrête près de vous juste après la Fontaine aux Innocents.

- Pardon, excusez-moi...

Je regarde à l'intérieur, des hommes jeunes, assez élégants, origine, comme moi, "métissée" (mélangée de cultures). Je leur réponds.


- Oui ?
- Dites... vous ne seriez pas une femme Barbara Gould ?
- Ah, très bon !!!

Je leur souris et leur fais un signe d'au-revoir en fermant la paume de la main.


Ca c'était hier. Ce soir, l'ambiance était tout autre. Je sentais vaguement que le blues me gagnait. Je sors, je vais au théâtre, je pense à toi qui l'aimais tant... le théâtre. Bon, je ne vais pleurer, je vais vivre, pour toi... aussi.

Dans le métro, tous m'horripilent, l'hypocrisie suinte de partout, les vies que les gens portent sur leurs visages, leurs vies si apprêtées... ce couple d'homos par exemple, fraîchement débarqués d'un voyage en Amérique latine, des Narcisse en goguette, et ce couple d'hétéros... qui ont l'air de tout faire pour cacher qu'ils ne se supportent plus. Bref, j'étais d'une humeur de chien et tout, autour de moi, prenait une coloration grise et triste...



Dans le wagon, pourtant, deux personnes ont fait palpiter mon coeur, une femme enturbannée, le crâne chauve en dessous... une chimio probablement, près d'elle son compagnon. Et, assis sur un strapontin, un clochard, noir de surcroît... faisant le vide autour de lui (or il ne sentait pas mauvais). Soudain, je vis ses pieds... comme les tiens par moments, ils étaient enflés par des oedèmes, l'empêchant de chausser ses souliers. Alors j'ai pleuré d'amour, de compassion, pour cet homme, cet humain, cet être vrai près de moi... j'ai pleuré discrètement.



Puis j'ai assisté au Lucernaire au spectacle conseillé par MyaMya, Marianne : Kvetch.

Et là, j'ai plongé dans la vraie vie... la nôtre, celle où les hypocrisies seraient dévoilées. Etonnant spectacle de pantomime immobile (scènes figées) et de jeu d'acteurs hyper-réglé et très libéré. Là aussi, des couples, des âmes rabougries dans leurs coquilles... mais avec une tendresse tout humaine pour ces personnages à notre image.

Autant le dire : j'ai adoré ! et je vais certainement y retourner. Pour l'humour, la truculence (des enfants près de moi riaient de bon coeur aux gros mots dits sur scène, c'était une sorte d'avant-première et ces enfants étaient sans doute des proches des acteurs...) et comme dans Oxu et Xu (vus récemment au Théâtre du Rond Point, invitée par une amie actrice), il semblerait qu'un amour désabusé de la vie, à la fois ironique et tendre, inspire le choix des metteurs-en-scène actuels.

Ca m'a fait tellement de bien. Au retour, dans le métro, mes larmes (qui décidément ne voulaient pas me quitter) étaient celles de la peine que tu n'aies pas pu assister à une aussi belle pièce, que tu ne puisses pas être là pour admirer ce beau coucher de soleil sur les toits de Paris... Allez, je me dis que là où tu es c'est bien plus... serein, et que tu es tout aussi peinée de me voir encore souffrir de cette vie...

Voici ces chansons surgies de mon blues et interprétées par ton nouveau copain, ton voisin de tombe... Alain Bashung (tous les deux, je le sens, vous devez bien vous amuser de l'autre côté; vous et vos "mots bleus"... vous l'avez bien cherché, vous êtes tous les deux enterrés à la "division romantique"). Alain et Elisa... qui s'éclatent au Père Lachaise... "On est loin... des amours de loin... on est loin..."









Textes et photos (c) Luciamel
Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 20:59

- Abritez-vous près de moi, il va pleuvoir.
- C'est gentil, mais j'ai besoin de m'asseoir.

- Au vent mauvais, disait Verlaine.
- Non, je vous assure, je ne peux pas.

- Vous souvenez-vous, Villa Amalia ?
- Oui, j'avais adoré le roman.

- Une femme trompée...
- Une femme libérée.

- Vous aimerez le film.
- Sans doute, la lumière.

- Vous aviez lu et joué le début.
- Oui, tous l'avaient trouvé ennuyeux.

- On l'a adapté pourtant...
- Oui, mais ce n'est pas moi.

- Vous pleurez.
- Non, la pluie sur moi.

- Puis-je m'asseoir près de vous ?
- Je veux bien, j'ai un peu froid.


Sur un banc, dans un jardin, semaine sainte. Un homme tient la main d'une femme, ils sont seuls, la pluie doucement ruisselle sur leurs visages.


*******************************************************************************************************************

écrit au souvenir de :



"J'avais envie de pleurer. Je le suivais. J'étais malheureuse à désirer mourir. (...)

Elle s'approcha.

Elle toucha avec son front les barreaux de fer rouillé.

Elle avait du mal à voir au travers des feuilles du laurier dans la nuit.

Alors elle aperçut Thomas : une jeune femme lui avait pris les mains sous la lanterne allumée, devant l'entrée de la maison." (incipit)


"La souffrance, la nage, l'amour, la musique, la faim avaient fait d'elle une femme intense".

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /Nov /2008 21:49

Une remarque de May m'a fait réfléchir, je résume : elle me demandait si je ne savais pas être  un peu positive de temps en temps. Depuis cette question me trotte dans la tête. C'est vrai que mon côté "fado", ça lasse (même moi). Hier, je me retrouve nez à nez avec un passage de Jacques le fataliste de Diderot : mais pessimisme et fatalisme sont-ils vraiment la même chose ? on peut se sentir libre (ne pas croire que notre destin est écrit à l'avance, déterminé socialement, historiquement, psychologiquement, astrologiquement : c'est ma conviction, le seul sens à notre vie terrestre est de tenter nous libérer de tout ça) et ne pas être optimiste pour autant.

La "positive attitude", de la chanteuse Lorie, (prônée voici quelque temps par J.-P. Raffarin, et maintenant listée dans les "raffarinades") devrait un peu plus guider mes pensées, me dis-je.

C'est un peu ce que nous servent les publicitaires à longueur de temps, pour nous faire "rêver", et surtout consommer, nous, "foule sentimentale"...

Allez, ça fait si longtemps que tu veux le voir le dernier Woody Allen, fais-toi plaisir, pousse-toi un peu, adopte la "positive attitude" (YOU CAN), me répété-je. Et, donc, j'y allai au cinéma. Oh, ce n'est pas l'astronomique prix de la place (9,50 euros) qui allait gâcher mon plaisir ! (j'ai quand même râlé à la caisse : "ben, ça ne m'étonne pas que je n'y aille plus au cinéma !"  la caissière, elle s'en fout ! me rétorqué-je aussitôt, en mon for intérieur, et retrouvai le bon esprit qui n'allait plus me quitter de la soirée...).

Je m'installai donc bien confortablement dans mon fauteuil (j'adore les salles de ciné du samedi soir, et m'efforçai de ne pas prêter attention au discours misanthrope de mon voisin : comme nous étions dérangés par deux personnes voulant s'installer tout au bout de la rangée aux deux places encore libres : "je n'aime pas les humains", lança-t-il à sa "compagne", je faillis lui dire : "contentez-vous de ne pas vous aimer vous, ça suffira amplement", mais je n'en fis rien : positive, positive. D'ailleurs, il abandonna lâchement son amie au bout de 30 minutes, en quittant la salle).

De plus, dans cette salle (MK2 Beaubourg) pas de pub pour d'autres produits que les films... quel repos ! Donc je savourai les promotions des films à venir... et là ! qu'ouïs-je ? que vis-je ? que lis-je ? Le 26 novembre en salles nous aurons : L'art de la pensée négative, film aux vertus roboratives si j'ai bien ouï. Ci-dessous, la bande annonce (faites pas attention à la traduction, les sous-titres, les impératifs... pas de "s" aux verbes en "er" ! il faut lire : "les trouducs qui croient que la vie est belle, emmerde-les, emmerde-toi, emmerde-moi") :





Mais, le film de Woody Allen ? Alors lui, je trouve qu'il devrait écouter un peu plus Lorie... J'avais pris Match Point comme un uppercut dans l'estomac (vu que c'était déjà le portrait du pervers narcissique que notre époque est en train de fabriquer en série, Rastignac à côté c'est de la gnognotte, et que j'avais fait les frais d'un de ces spécimens), là, ça m'a plutôt détendue... Vicky, Christina, Barcelona, est l'exemple même du film désespéré qui peut nous redonner goût à la vie... (nous donner envie de la goûter) car la lucidité est peut-être la seule clé du bonheur, le désespoir en étant la serrure.

Ma chère May, merci de m'avoir fait barjoter... tu sais que j'aime ça, et qu'il ne m'en faut pas beaucoup... De toute façon, quand j'ai envie (besoin) de sourire je vais sur ton blog, où j'admire ton esprit (si, si !!!), et rien que pour ta trouvaille d' "Obamassalor", ou du "fesse bouc", ce lieu (ton blog) est à recommander, comme hautement positif car contrebalançant la négativité (tristesse, morosité) ambiante.

 

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés