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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 22:44



Je ne sais pas vous, mais moi, c'est toujours le dimanche soir que je retrouve ma vie à l'envers, le verlan de ma vie...

J'essaie de la comprendre, de la prendre par un bout, par l'autre... et c'est là qu'elle me file entre les doigts, tagada... et même pas de fraises...

En général... je m'y prends dès 16h... mes ami(e)s le savent (surtout mes amies), c'est pas la peine de m'inviter à quoi que ce soit après 19h (même le dernier Oliveira... on a dû le reporter à mercredi), pourtant avant, du temps que j'étais... dans le vent... dans le mood for love... j'adorais sortir le dimanche soir... va savoir, va comprendre, toi...

Ben, non... maintenant c'est plus ça... c'est la tête en bas.

Heureusement, par moments mes mains se tendent vers l'étoile, vers le ciel, vers... l'uni... vers.




En plus, si je consulte mes flux RSS (c'est l'union soviétique ce truc-là !), je désespère... soit je râle intérieurement, ça m'énerve, je suis prête à laisser des com's méchants... (cf. mes deux précédents billets : je suis méchante, dans le fond...), qu'est-ce qu'ils racontent ? j'en ai marre de voir reprendre tous les poncifs de l'actualité : allez, je fais un billet, je mets des liens... ça me fera peut-être monter au classement... "Lamentable !!!" me dis-je, dans ma méchanceté. Soit je m'emballe... et je laisse des com's hyper-longs, et très philosophico-psycho-lyrico-pseudos... comme si l'avenir du monde en dépendait. Laisse béton... et bois un verre (comme le chantait déjà Renaud en son temps).

Alors, je regarde un film débile (Urgences c'est fini, pas de James Bond... donc n'importe quoi, mais surtout pas Zone Interdite (au fait, zavez vu la copine de Jamel ? que dis-je ? sa femme ! ben, elle m'a épatée la petite, découvert ça sur Yahoo aujourd'hui)), ou plutôt Capital, le dimanche...

Mais laissez-moi ma tête retournée, mon futur, mon passé... que vous importe ?

J'étais à la messe ce matin, je ne suis jamais autant allée à la messe dans ma vie que depuis le décès de ma soeur le 1er mai dernier... Des gens avaient laissé un pécule pour faire dire trois messes en sa mémoire, l'une d'elles c'était aujourd'hui. Le prêtre a parlé de la surdité, de l'incapacité à parler... du miracle de Jésus qui a guéri le sourd et redonné la parole au muet (c'était le même... il était sourd-muet).

Ecouter les autres... savoir parler, dire ce qui essentiel.

Et je rentre... et je consulte mes flux... ah ??? tiens...

Alors, je regarde le film débile.

Puis, soudain... quelque chose, une envie de dire, je tombe sur les photos prises l'après-midi, je songe à la balade avec Francine le long du canal... je me dis, mais c'est chouette ça ! la tête à l'envers... et si j'écrivais un billet à partir de là ?



Photos (c) Luciamel (oeuvres de Nemo et de Mesnager, le long du canal St Martin, près de l'Hôtel du Nord)


Le grand Hôtel du Nord... et son atmosphère.





Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /2009 19:47

                                                                         Arthur Miller et Marilyn Monroe (ici)


Ca fait quelques jours que le sujet me trotte dans... la tête. Qu'est-ce donc que tous ces gens qui nous pètent à la figure ? sans doute des malotrus, des mal élevés, des Narcisse du pot de chambre. Ne l'avez-vous remarqué vous aussi (mais, peut-être l'êtes-vous... un révolté du pet !), dans le métro, sur le trottoir devant vous, dans la voiture, et parfois chez eux (ou chez vous) vos amis ?

Ce gaz (oui, nous sommes comme les vaches, nous polluons l'atmosphère, car nous sommes vivants !) que nous devons relâcher dans l'atmosphère, ma grand-mère m'avait enseigné, alors que je n'avais que 7 ans, qu'il nous fallait éviter de le faire en présence d'autrui, elle m'a programmée... en me recommandant d'aller aux toilettes pour me soulager.

Or, depuis l'enfance, les aléas de la vie m'ont fait constater que le "ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse" se retourne souvent contre le pauvre benêt (pas de féminin) qui s'y tient. J'ai compris que la haine et la noirceur étaient tout autant de ce monde que l'amour et l'angélisme de ma grand-mère.

C'est pourquoi m'intrigue depuis quelque temps cette tendance qui pousse un humain à péter en public... Il fera l'innocent, dira même si on le soupçonne, "ah non, ce n'est pas moi", ou se taira, comme si ce sujet était anodin, et ne le concernait aucunement. Péter, être un pseudo-révolté, celui qui dit "merde !", "tu me fais ch...", en envoyant seulement le fumet !

Mais c'est aussi dans la pièce Kvetch (revue avec grand plaisir), le personnage de la vieille dame, la mère... celle qui ne se retient plus, elle pète et rote à tout va, c'est sa révolte à elle, sa façon de dire qu'elle va crever et qu'elle emmerde tout le monde, en attendant. Les conventions, l'éducation donnée par sa mère grand, elle l'envoie valser par dessus les moulins à vent...

Marilyn ? Pessoa ?

Ce soir, un documentaire sur la belle Marilyn (suivi de 7 ans de réflexion). En Avignon une mise-en-scène d'une pièce de l'hétéronyme de F. Pessoa, Alvaro de Campos. Enfin, je comprends pourquoi cet été tout le monde en terre de France se prend de passion pour notre grand poète... c'est dans l'air du temps, la brise du large... celle qui nous conte l'Ode maritime...

"Marilyn n'existe pas", dit Norma Jeane.

"On devrait dire à toutes les petites filles qu'elles sont jolies, même si elles ne le sont pas", Norma Jeane...

"Etre en retard, c'est s'assurer que les autres vous attendent, vous, et personne d'autre", Norma Jeane.

"C'est toujours celui qui aime qui attend l'autre", dit Norma-Marilyn.

"Mais peu de gens peuvent et veulent être aimés", dit son psychanalyste.


Fernando Pessoa (ici)


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /2009 22:20

Et soudain, alors que vous rentrez d'un cocktail chez Ladies Room... que vous avez bu quelques coupes de champagne (des flûtes plus exactement) mais point trop (3... 4...), il est 23h et une voiture s'arrête près de vous juste après la Fontaine aux Innocents.

- Pardon, excusez-moi...

Je regarde à l'intérieur, des hommes jeunes, assez élégants, origine, comme moi, "métissée" (mélangée de cultures). Je leur réponds.


- Oui ?
- Dites... vous ne seriez pas une femme Barbara Gould ?
- Ah, très bon !!!

Je leur souris et leur fais un signe d'au-revoir en fermant la paume de la main.


Ca c'était hier. Ce soir, l'ambiance était tout autre. Je sentais vaguement que le blues me gagnait. Je sors, je vais au théâtre, je pense à toi qui l'aimais tant... le théâtre. Bon, je ne vais pleurer, je vais vivre, pour toi... aussi.

Dans le métro, tous m'horripilent, l'hypocrisie suinte de partout, les vies que les gens portent sur leurs visages, leurs vies si apprêtées... ce couple d'homos par exemple, fraîchement débarqués d'un voyage en Amérique latine, des Narcisse en goguette, et ce couple d'hétéros... qui ont l'air de tout faire pour cacher qu'ils ne se supportent plus. Bref, j'étais d'une humeur de chien et tout, autour de moi, prenait une coloration grise et triste...



Dans le wagon, pourtant, deux personnes ont fait palpiter mon coeur, une femme enturbannée, le crâne chauve en dessous... une chimio probablement, près d'elle son compagnon. Et, assis sur un strapontin, un clochard, noir de surcroît... faisant le vide autour de lui (or il ne sentait pas mauvais). Soudain, je vis ses pieds... comme les tiens par moments, ils étaient enflés par des oedèmes, l'empêchant de chausser ses souliers. Alors j'ai pleuré d'amour, de compassion, pour cet homme, cet humain, cet être vrai près de moi... j'ai pleuré discrètement.



Puis j'ai assisté au Lucernaire au spectacle conseillé par MyaMya, Marianne : Kvetch.

Et là, j'ai plongé dans la vraie vie... la nôtre, celle où les hypocrisies seraient dévoilées. Etonnant spectacle de pantomime immobile (scènes figées) et de jeu d'acteurs hyper-réglé et très libéré. Là aussi, des couples, des âmes rabougries dans leurs coquilles... mais avec une tendresse tout humaine pour ces personnages à notre image.

Autant le dire : j'ai adoré ! et je vais certainement y retourner. Pour l'humour, la truculence (des enfants près de moi riaient de bon coeur aux gros mots dits sur scène, c'était une sorte d'avant-première et ces enfants étaient sans doute des proches des acteurs...) et comme dans Oxu et Xu (vus récemment au Théâtre du Rond Point, invitée par une amie actrice), il semblerait qu'un amour désabusé de la vie, à la fois ironique et tendre, inspire le choix des metteurs-en-scène actuels.

Ca m'a fait tellement de bien. Au retour, dans le métro, mes larmes (qui décidément ne voulaient pas me quitter) étaient celles de la peine que tu n'aies pas pu assister à une aussi belle pièce, que tu ne puisses pas être là pour admirer ce beau coucher de soleil sur les toits de Paris... Allez, je me dis que là où tu es c'est bien plus... serein, et que tu es tout aussi peinée de me voir encore souffrir de cette vie...

Voici ces chansons surgies de mon blues et interprétées par ton nouveau copain, ton voisin de tombe... Alain Bashung (tous les deux, je le sens, vous devez bien vous amuser de l'autre côté; vous et vos "mots bleus"... vous l'avez bien cherché, vous êtes tous les deux enterrés à la "division romantique"). Alain et Elisa... qui s'éclatent au Père Lachaise... "On est loin... des amours de loin... on est loin..."









Textes et photos (c) Luciamel
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 20:59

- Abritez-vous près de moi, il va pleuvoir.
- C'est gentil, mais j'ai besoin de m'asseoir.

- Au vent mauvais, disait Verlaine.
- Non, je vous assure, je ne peux pas.

- Vous souvenez-vous, Villa Amalia ?
- Oui, j'avais adoré le roman.

- Une femme trompée...
- Une femme libérée.

- Vous aimerez le film.
- Sans doute, la lumière.

- Vous aviez lu et joué le début.
- Oui, tous l'avaient trouvé ennuyeux.

- On l'a adapté pourtant...
- Oui, mais ce n'est pas moi.

- Vous pleurez.
- Non, la pluie sur moi.

- Puis-je m'asseoir près de vous ?
- Je veux bien, j'ai un peu froid.


Sur un banc, dans un jardin, semaine sainte. Un homme tient la main d'une femme, ils sont seuls, la pluie doucement ruisselle sur leurs visages.


*******************************************************************************************************************

écrit au souvenir de :



"J'avais envie de pleurer. Je le suivais. J'étais malheureuse à désirer mourir. (...)

Elle s'approcha.

Elle toucha avec son front les barreaux de fer rouillé.

Elle avait du mal à voir au travers des feuilles du laurier dans la nuit.

Alors elle aperçut Thomas : une jeune femme lui avait pris les mains sous la lanterne allumée, devant l'entrée de la maison." (incipit)


"La souffrance, la nage, l'amour, la musique, la faim avaient fait d'elle une femme intense".

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /2008 21:49

Une remarque de May m'a fait réfléchir, je résume : elle me demandait si je ne savais pas être  un peu positive de temps en temps. Depuis cette question me trotte dans la tête. C'est vrai que mon côté "fado", ça lasse (même moi). Hier, je me retrouve nez à nez avec un passage de Jacques le fataliste de Diderot : mais pessimisme et fatalisme sont-ils vraiment la même chose ? on peut se sentir libre (ne pas croire que notre destin est écrit à l'avance, déterminé socialement, historiquement, psychologiquement, astrologiquement : c'est ma conviction, le seul sens à notre vie terrestre est de tenter nous libérer de tout ça) et ne pas être optimiste pour autant.

La "positive attitude", de la chanteuse Lorie, (prônée voici quelque temps par J.-P. Raffarin, et maintenant listée dans les "raffarinades") devrait un peu plus guider mes pensées, me dis-je.

C'est un peu ce que nous servent les publicitaires à longueur de temps, pour nous faire "rêver", et surtout consommer, nous, "foule sentimentale"...

Allez, ça fait si longtemps que tu veux le voir le dernier Woody Allen, fais-toi plaisir, pousse-toi un peu, adopte la "positive attitude" (YOU CAN), me répété-je. Et, donc, j'y allai au cinéma. Oh, ce n'est pas l'astronomique prix de la place (9,50 euros) qui allait gâcher mon plaisir ! (j'ai quand même râlé à la caisse : "ben, ça ne m'étonne pas que je n'y aille plus au cinéma !"  la caissière, elle s'en fout ! me rétorqué-je aussitôt, en mon for intérieur, et retrouvai le bon esprit qui n'allait plus me quitter de la soirée...).

Je m'installai donc bien confortablement dans mon fauteuil (j'adore les salles de ciné du samedi soir, et m'efforçai de ne pas prêter attention au discours misanthrope de mon voisin : comme nous étions dérangés par deux personnes voulant s'installer tout au bout de la rangée aux deux places encore libres : "je n'aime pas les humains", lança-t-il à sa "compagne", je faillis lui dire : "contentez-vous de ne pas vous aimer vous, ça suffira amplement", mais je n'en fis rien : positive, positive. D'ailleurs, il abandonna lâchement son amie au bout de 30 minutes, en quittant la salle).

De plus, dans cette salle (MK2 Beaubourg) pas de pub pour d'autres produits que les films... quel repos ! Donc je savourai les promotions des films à venir... et là ! qu'ouïs-je ? que vis-je ? que lis-je ? Le 26 novembre en salles nous aurons : L'art de la pensée négative, film aux vertus roboratives si j'ai bien ouï. Ci-dessous, la bande annonce (faites pas attention à la traduction, les sous-titres, les impératifs... pas de "s" aux verbes en "er" ! il faut lire : "les trouducs qui croient que la vie est belle, emmerde-les, emmerde-toi, emmerde-moi") :





Mais, le film de Woody Allen ? Alors lui, je trouve qu'il devrait écouter un peu plus Lorie... J'avais pris Match Point comme un uppercut dans l'estomac (vu que c'était déjà le portrait du pervers narcissique que notre époque est en train de fabriquer en série, Rastignac à côté c'est de la gnognotte, et que j'avais fait les frais d'un de ces spécimens), là, ça m'a plutôt détendue... Vicky, Christina, Barcelona, est l'exemple même du film désespéré qui peut nous redonner goût à la vie... (nous donner envie de la goûter) car la lucidité est peut-être la seule clé du bonheur, le désespoir en étant la serrure.

Ma chère May, merci de m'avoir fait barjoter... tu sais que j'aime ça, et qu'il ne m'en faut pas beaucoup... De toute façon, quand j'ai envie (besoin) de sourire je vais sur ton blog, où j'admire ton esprit (si, si !!!), et rien que pour ta trouvaille d' "Obamassalor", ou du "fesse bouc", ce lieu (ton blog) est à recommander, comme hautement positif car contrebalançant la négativité (tristesse, morosité) ambiante.

 

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 17:38
Cette belle chanson de Barbara... qui trotte sous mes pas, à mes prunelles ça :


                                                     Vers la République ce midi


                                                    Vers la rue Jean-Pierre Timbaud


                                               Automne rousse au Portugal, me dis-je 
                                               en attendant des sashimis rue St Maur


                                               Coucou à Roswitha et à Villeglé, 
                                                   angle Oberkampf, St Maur



Et ce livre que je lis... et qui remue tant de choses en moi... C'est J. qui me l'a offert, notre dialogue sur le sacré, sur la féminité, les mystiques, Kristeva... Le féminin et le sacré, la correspondance entre C. Clément et J. Kristeva, en 1996-97, j'en suis au début... En attendant mes plats à emporter (menu sashimis, et brochettes) que je vais déguster avec ma petite soeur... je souligne quelques passages :

"Puisque la vie est devenue la valeur refuge de nos démocraties avancées, chrétiennes ou post-chrétiennes, comme tu voudras, nous oublions que cette sacralité de la vie a une histoire; et que cette histoire dépend de la place que les religions et les sociétés ont accordée aux femmes. J'aimerais qu'on revienne un jour à la Vierge : désérotisée, dit-on, trop facilement peut-être; mais sans corps, sûrement pas; et sur cet extraordinaire équilibrage entre, d'une part, le culte de la naissance qu'instaure Marie, mère de Dieu, et, d'autre part, le "contrôle des taux de natalité" (comme on dit maintenant) qu'elle aurait permis d'instaurer !"

Entre temps on m'a servi un thé vert, je me dis : oh, ça (car je pense à vous en lisant) ça risque de coincer... et c'est long, je ne peux quand même pas tout recopier... et puis je dévore cette lettre (il s'agit de correspondance) que Kristeva a écrite à son retour de New York.

Il faudrait tout citer, tellement c'est dense... alors juste ceci :

"Après deux mille ans d'histoire mondiale dominée par ce sacré qu'est l'Enfant Jésus, les femmes ne seraient-elles pas en position de donner une autre coloration à ce sacré ultime qu'est le miracle de la vie humaine : non pas de la vie pour elle-même, mais de la vie porteuse de sens, à la formulation duquel les femmes sont appelées à apporter leur désir et leur parole ?"

Je vous en fais part en même temps que je le digère... alors, ça amène des choses parfois chaotiques (mon précédent post), ça me modifie aussi, mais n'est-ce pas le propre de la vie ?

On a savouré, E. et moi, notre repas japonais, j'ai bu un peu (pas trop), j'ai parlé à ma tante, elle a une étrange maladie, la fibromyalgie... la maladie de la douleur sur tout le corps... combien d'entraves, quels étranges chemins de traverse la vie nous fait emprunter... 

Nous avons vu Kouchner à la télé, chez Drucker, avec Madame Bruni... venant faire croire que tout va bien... son visage pourtant semblait nous dire l'inverse... vivrait-elle déjà ce que Cécilia a subi ? quelques mini-chaussons aux pommes pour terminer et me voilà en route vers chez moi...



                                                        Plaisir... quel programme !



                                                       Prenons du recul


                                             Ah, un nouveau (?) visage, galerie Jamault



                                                                Ca y est, je suis arrivée...



Bonsoir...

 


Découvrez Mathieu Rosaz!



(chanson de Barbara... pas trouvé sa version à elle, mais c'est pas mal Mathieu Rosaz, non ?)

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 22:25

Rien lu d'elle, même pas Bonjour tristesse, mais Aimez-vous Brahms ? me plaît mieux, le titre... Comme vous, peut-être, je viens de voir le film sur F2... quelle découverte, et Sylvie Testud, splendide dans la retenue. Quelle leçon de vie, quelle aventure, quelle liberté, je l'admire a posteriori cette femme. Et puis la relation à l'écriture, oui, finalement, elle a tant exploré. Femme libre, femme éperdue de liberté.

Alors, pour répondre à Clarence qui regrettait de ne pas avoir vu de symbole flagrant de l'Amérique dans mon mini-reportage sur New York, je voudrais relever ceci : cet homme déjà photographié, enlaçant mon amie J., et nous contant si simplement son amour de la littérature, de la poésie, "Le Bateau ivre et Rimbaud, nous disait-il, c'est un Français, le connaissez-vous ?".

L'Amérique c'est Donald Green, vendant à la criée ses poèmes près de Soho, venu de sa banlieue, en métro, traînant son caddie et, à la différence de Françoise Sagan, sobre et pauvre, mais tout aussi libre et "fou de littérature"  et au même génie littéraire.





Il n'a sans doute pas le talent, ou la chance, la naissance... de Françoise, il en a la flamme, en tout cas.

Et puis pour compléter le portrait de New York, ce que la ville a symbolisé pour moi, quelques images, non pas Wall Street, car ça c'est une abstraction, mais quelques idéaux ou idées "force".

                                                                    L'ONU à New York



                                                         L'ONU sur la première avenue



                                                                  Ses gardes...



                                                           Son Empire State...




                                                             Son havre de paix




                                                                        Sa gastronomie



                                                                Ses valeurs




                                                              Ses poètes...

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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 21:58

Certains font le tour du monde (Magellan, il était portugais bien qu'au service des Espagnols, mais après tout quelle importance ?), d'autres rejoignent l'Amérique (Christophe Colon, qui, suivant la thèse reprise par Oliveira dans son dernier film, pourrait être portugais, mais quelle importance ?), d'autres encore vont aux Indes (Vasco de Gama, il était... mais quelle importance ?), ou au Japon, en Chine... mais quelle importance ?

Nous (pas les Portugais !) sommes allés sur la lune... mais...

Le monde reste à découvrir. Celui de l'autre, lui et son univers si différent du nôtre. Notre voisin de palier par exemple.




C'est Clarence en expédition chez Lolo, rat des villes et rat des champs, mais surtout, l'histoire de deux mecs qui se sont rencontrés pour de vrai. Quelle aventure !

Je viens de rentrer de ma séance de cinéma, Christophe Colomb, l'énigme, on a un peu discuté après avec A. ("luso descendant" comme moi, et je sais qu'il n'aime pas cette "appellation d'origine contrôlée"...) : on s'est demandé si on devait le prendre au premier degré ce cher Oliveira. Bon, tout dans le film semble nous indiquer une sorte de jeu, de théâtralisation exagérée qui nous paraissait comme un clin d'oeil, un jeu de miroirs (tous les plans sont des tableaux, des mise-en-scènes étudiées, des cadres, des poses de nous face à notre passé - ça c'est surtout la perception d'A., la mienne restant dans l'entre-deux, Oliveira ne se prend pas au sérieux, mais il y croit quand même). J'ai aimé la coïncidence de cette arrivée à New York des immigrants après la seconde guerre, de l'apologie de la Liberté, à l'accueil de tous les proscrits, les bannis (aujourd'hui... faut quand même montrer patte blanche pour y entrer aux States, t'as intérêt à pas être contaminé ni par le Sida, ni par le communisme (ah bon, ça n'existe plus ?), ni par...).

Coïncidence avec ma prochaine découverte de l'Amérique ! Moi, qui, depuis de longues années en rêve, ai habité dans un immeuble aux briques rouges (de Greenwich village peut-être), ai parcouru les rues de cette ville à la recherche de la statue de la Liberté (ben oui, elle est sur une île, pas étonnant que dans mon rêve ce fût difficile d'y arriver...), y ai pris le métro, le train qui menait à la banlieue, qui ai rêvé que ce n'était pas un rêve et que j'y étais vraiment arrivée... et voici un an (mon dernier rêve de New York) me suis vue au bord de l'Océan, à contempler cette eau dont l'aspect vivant me fascinait, me disant que ses molécules étaient celles qui baignaient la terre qui m'avait vue naître (à la même latitude exactement) juste de l'autre côté. Souvent je l'ai vu se coucher le soleil sur mon horizon portugais, près d'Aveiro, en me disant que là-bas juste au bout de mon regard, c'était New York.

Ce matin, un étudiant génois me confirmait que plus personne dans sa ville ne croyait que Colomb en était originaire. Le monde est petit me suis-je dit... (je savais que j'allais voir le film).

Ce soir, moi installée derrière mon écran interplanétaire, qui m'ouvre sur le web, sur le world, sur... la nouvelle dimension, l'ultra-communication, j'entends toquer à ma porte.

Depuis quelque temps sur ma porte de drôles de choses apparaissaient... D'abord une pochette en plastique skotchée avec des biscuits dedans... (la même pochette sur toutes les portes de la cage d'escalier, une pub, ai-je pensé). Puis un mot sur un post-it, "si vous voulez, j'ai de la tarte, c'est juste à côté", le même mot sur la porte face à la mienne...

Je me dis, l'ayant entendue avant d'aller au cinéma, que c'était ma voisine portugaise (oui, Paris est la deuxième capitale du Portugal) qui voulait me saluer... Euh, je me recoiffe ? non, pas la peine, j'ouvre direct, petit haut super décolleté (je suis décontractée à la maison) sur pantalon relax, genre caleçon long.

En face, un petit jeune homme tout timide.

- Bonsoir, je suis votre voisin.
- Ah, c'est vous qui m'avez laissé un mot l'autre jour ?
- Oui, je parle pas beaucoup français...
- Ah, c'est drôle moi je suis prof de français pour étrangers. (je souris ayant le sentiment d'avoir dit quelque chose de TRES amusant).

(sourire du jeune homme un peu "ben, tant mieux, mais là j'essaie juste de communiquer et de te transmettre un message simple, pas besoin d'épiloguer...").

- Voilà, je suis étudiant au Cordon bleu.
 
(il me tend un sac plastique, comme celui que j'avais jeté croyant que c'était une m...* industrielle, avec une part de gâteau, fait par ses petites mains...)

- C'est vous qui aviez laissé le sac sur la porte avec les petits gâteaux ?
- Oui, j'ai toujours beaucoup de choses à manger, alors n'hésitez pas à venir frapper à ma porte, je pourrai vous en donner (j'ai transcrit son "français").
- Oh, merci beaucoup ! (soudain, une intuition !). Mais vous venez de quel pays ?
- Je suis américain.
- Oh, comme c'est amusant ! je pars justement samedi pour New York... mais vous êtes là pour longtemps ?
- Ah, mes cousins habitent New York. (même sourire : "euh, tu vas pas me raconter ta vie, non plus, je suis juste venu pour établir le contact, et c'est comme ça qu'on fait dans mon pays quand on arrive dans un immeuble on se fait connaître de ses voisins").
- Ah, c'est amusant... merci beaucoup en tout cas pour le gâteau. Bonsoir.
- Bonsoir.

Les différences culturelles. Aller vers le nouveau monde, celui qui est juste sur votre palier. Découvrir l'autre, cet univers si différent, lui parler (essayer tout du moins). Ben, nous Portugais... euh, mais quelle importance ?

Il s'appelle Steve, moi c'est ... lui ai-je répondu.



Christophe Colomb, l'énigme - Manoel de Oliveira


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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 22:48

Je l'avais découvert dans le précédent film de Christophe Honoré, et déjà il m'avait fascinée, sa voix m'avait semblé si veloutée, si bouleversante... son personnage fragile et déchiré, et pourtant si entier... Non, je ne vais pas vous faire la énième apologie de Louis Garrel !

Là encore, dans La belle personne, c'est sa voix... qui m'a enchantée, et, comment vous dire... même si son personnage semblait falot, c'est bien sa prestation que j'ai retenue. 


Les chansons d'amour - As-tu déjà aimé ?


Et, déjà pour les Les chansons d'amour il m'avait bluffée, perché sur le rebord de son balcon, à chanter sa romance à son amoureux !!!

Là, face à Nemours, et à la princesse de Clèves... il est Otto, celui qui sera éconduit, malheureux en amour, c'est pas lui le joli coeur, le beau Narcisse c'est Louis Garrel... dans Les chansons d'amour il était ce jeune homme homosexuel... dont s'amourachait épisodiquement le jeune Garrel (le bel Hidalgo, la "belle gueule", le bourreau des coeurs).


Je le trouve vraiment très craquant Grégoire (sa voix surtout), et puis son suicide (enfin, celui du prince de Clèves) : quelle classe ! quelle claque aussi pour les deux petits pervers narcissiques que sont Junie et Nemours... et qui ne s'en remettront pas vraiment... Grégoire Leprince-Ringuet (quel nom !!!).

Sauf que dans la vie réelle... les princes ne se suicident pas, ils se retirent du devant de la scène, et en vrai les Junie et les Nemours se marient et s'installent à l'Elysée... où ils reçoivent le pape...

 

La belle personne


"Comme la nuit nous manque, parfois comme elle tarde à venir...", chante Otto avant de se tuer.


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /2008 22:26

Je vous avais prévenus... j'allais vous en citer des passages au fur et à mesure de ma lecture... alors voici, ce qui aujourd'hui m'a éblouie... au sens où une écriture peut être fulgurante, dire en peu de mots, et de façon parfois simple, ce qui se trouve caché au plus profond de nous.

"Nous nous berçons d'illusions sur la belle ordonnance de la vie. En vérité, aucune vie n'est bien ordonnée. Celles qui s'offrent à nos yeux, ou dont nous lisons le récit, nous semblent claires et nettes parce que nous en connaissons peu de chose. La partie cachée derrière le visage qui apparaît à la porte des voisins est insondable. Toute vie est assaillie par ses démons invisibles - avarice, jalousie, tromperie, luxure, violence, paranoïa.
Aucune vie, grande ou petite, n'est bien ordonnée. Ce n'est qu'une illusion follement poursuivie par les hommes. Le visage aperçu à la porte n'est rien d'autre que cela : un visage à la porte.
Toutes les vies vécues sont une pagaille.
(...)
Pour la première fois, je commençai à percevoir combien la netteté est superficielle.
Combien elle entrave et limite.
Pour la première fois, je compris que les vies bien ordonnées sont des vies comateuses."

Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh.

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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