Avant d'aller dormir... avant de partir au-delà de la saudade... (para além da saudade), Ana Moura... pour le plaisir :
Avant d'aller dormir... avant de partir au-delà de la saudade... (para além da saudade), Ana Moura... pour le plaisir :
Non mais ! voilà que mon blog devient un lieu de franche rigolade... ça va pas ça ! vous avez lu, en haut à droite, c'est marqué
"fado", vous savez ce que ça veut dire "fado" ? (les Portugais non plus à vrai dire... mais on va faire comme si). "Fado", c'est "fatum", fatalité, destin, tu
crois que tout va bien ? mais tu ferais mieux d'y regarder à deux fois... parce que ça risque de pas durer... prépare-toi au pire (ça seradéjà ça de fait... après tu ne peux plus être
qu'agréablement surpris,en fait les Portugais sont des jouisseurs invétérés... si, si !). Les optimistes sont des niais... qui ne savent pas jouir de la vie !!!
A quoi rime tout ça, me direz-vous ? et vous avez bien raison... vers quelles contrées lointaines vais-je encore m'embarquer ? Qu'à cela ne tienne, votre curiosité va être satisfaite.
A l'occasion de mes navigations sur le web (euh... nous les Portugais savons nous adapter à l'évolution des technologies... et après la route des Indes, l'Europe... nous nous tournons vers ce
nouvel univers qui s'ouvre à nous, et sommes prêts à en explorer des terres encore inconnues : avis à la population mondiale !), je disais que, pendant mes lectures inter-sidérales, j'ai eu
l'occasion de voir le reportage au Père Lachaise (le célèbre cimetière parisien, avec célébrités enterrées, je le rappelle à mes lecteurs étrangers) d'un très cher ami blogueur (vous
mettez deux "g" si vous voulez, moi je le francise le mot). Les photos, le montage, sont fantastiques, alors ça m'a donné une idée (bon, elle me trottait déjà dans la tête depuis vendredi
dernier,quand j'ai montré à mon "unique" étudiant de portugais cette carte postale de ce lieu si particulier au Portugal).
Certains (que je nommerai ici : Grégory !) vont passer leurs vacances dans l'Algarve (ça signifie en arabe (oui, ils sont arrivés au Portugal en l'an 700 environ, et ont été chassés,
beaucoup plus vite qu'en Espagne, en 1240, chez nos voisins ce ne fut que 1420...) ça signifie, donc, (j'ai un problème avec le traitement de texte d'OverBlog... je ne peux plus effacer... alors,
ça m'oblige... à divaguer...) : el ghrab, ouest... l'extrême ouest de l'Europe. Les arabes et les Portugais, longtemps amis, puis ennemis.C'est comme tous les Anglais (vous savez les
parents de la petite Mady... partis en vacances sur la "praia da luz"), les Allemands, les Portugais même, tout le monde va sur la Côte d'Azur portugaise : l'Algarve... Ca semble sublime
(c'est le seul endroit du Portugal où je n'ai jamais mis les pieds), mais j'ai jusqu'à présent préféré d'autres lieux...
Par exemple (j'y arrive, j'y arrive...) : l'Alentejo (au-delà du Tejo, au sud de Lisbonne...), région à nulle autre pareille... Dulce Pontes la chante si bien... Et bien là il y a une ville :
Evora (d'origine romaine, avec un temple de Diane), une nature qui essouffle, et ce monument-là qui nous remue au-delà du Tejo... bien au-delà de nous :
Il s'agit de la "Chapelle des os", qui, comme son nom l'indique est tapissée de fémurs, de crânes, de squelettes... Sommes-nous dans le morbide
? l'expérience que j'en ai faite est tout autre... et étonnamment en pénétrant dans ce lieu c'est plus l'abandon, l'acceptation, une sorte de sérénité que j'ai ressentis.
Elle date du XVIIe siècle et fut construite par trois moines, leur intention était, bien évidemment de faire prendre conscience au visiteur de son impermanence, à l'entrée on peut lire :
"Nous, os qui ici sommes, les vôtres attendons"
Un poème de la chapelle :
Alentejo
Paris
Voici une nouvelle voix du Cap Vert, après Cesaria qu'on ne présente plus... Elle est sublime, sa voix tout autant, elle chante à Meudon demain
dans un centre culturel (voici son site : Mayra Andrade), alors si vous habitez dans le coin... foncez !
En français :
Ils sont beaux, cet amour est sublime... irréel peut-être... je les écoute et j'ai les larmes aux yeux : la "saudade", le sentiment de ce
quelque chose qui a été perdu et qu'on aimait tant...
Elle vient de sortir un nouvel album "Abril" : hommage à la révolution des oeillets, celle du 25 avril 1974 et à Zeca Afonso, dont elle reprend
les chansons. Voici Zeca (le grand nom d'Avril, le grand poète) dans "Grandola vila morena" (c'est ce chant passé à la radio qui a donné le signal aux
forces armées du déclenchement de la révolution).
voici, juste pour que vous vous y sensibilisiez... la candidate portugaise à l'Eurovision : Vânia Fernandes, Senhora do mar, qui en appelle à la mer, pour le retour de son
amour disparu dans les ondes... (une autre version...) :
ISHTAR du Moyen orient, déesse de l'amour physique et de la guerre, déesse de la culture, hermaphrodite, mère d'Aphrodite, de Vénus...
Toi, Ishtar, tu représentes la Belgique au prochain concours de l'Eurovision, je comprends, dès lors, que Véro ne jure que par toi.
Te voici en vrai, dans "O Julini Na Jalini" :
Et chaque fois c'est
pareil...
Pour la Coupe d'Europe, ou du Monde, l'Eurovision, ou les J.O., je suis partagée... entre mes deux pays de coeur. Ce n'est pas "Le choix de Sophie" : il ne faut quand même pas exagérer,
mais c'est un dilemne.
Je dois avouer, quand les deux sont face à face, que le meilleur (ce jour-là) est pénalisé par une erreur d'arbitrage, et éliminé par des tirs au but (je pense, bien entendu, à la Coupe du
Monde), je me tords (traduction littérale de "eu torço", je soutiens, ou l'anglicisme "je supporte") pour le Portugal !!! c'est ancestral, viscéral.
En revanche, quand la France démontre sa classe, sa grande richesse (cinéma, chanson, littérature, philosophie, politique... mais, non, non, non... pas sa conception de l'amour!!!) là, je dois
dire que je m'incline et toute ma luséitude (pardon, je suis royaliste..., je devrais dire mon "âme portugaise") rend hommage à la culture française.
Dans le cas de figure qui va suivre je suis plus que dubitative, mes tripes se tordent... rechignent à applaudir, et ma culture se sent insultée...
J'explique, le prochain Concours de l'Eurovision (non, il ne s'agit pas du résultat des municipales/cantonales, je vous réserve ça pour dimanche prochain...) voit, d'un côté, une Portugaise,
mi-fadiste, mi-chanteuse lyrique, mi-variété, mi-figue, mi-raisin (et c'est bien ça que je lui reprocherais, "nem carne nem peixe", ni viande ni poisson ), de l'autre côté
un Français (inspiré tout de même par "Homem Cristo" de Daft Punk, c'est du portugais ça veut dire, ah, ah... "homme-Christ") qui chante en anglais : la honte !!! Jacques Chirac doit se
retourner dans sa tombe (ah, j'ai dit une bêtise ???) lui qui a tant défendu NOTRE belle langue française partout dans le monde.
Bon, pour faire plaisir à un de mes visiteurs (non du soir mais du dimanche midi...) : Sinblancaporelmundo (sans blé de par le monde), je
pencherais même plus pour l'Espagnol, le problème comme IL le dit si bien dans son blog, c'est que ce charmant zozo est un farouche indépendantiste catalan, qu'il crache dans la soupe de
"l'hispanéitude" (ah, bon, vous trouvez que j'insiste, que ça devient trop politique ?) et que, quand ça l'arrange, en effet, ce chanteur ne rechigne pas à en porter les couleurs...
Vous êtes tout impatients à en ouïr plus, donc voici, donc voilà :
d'abord le Portugal :
la France :
Quando Lisboa acordar do sonho antigo que é seu, hei de ser eu a cantar, que eu tenho um recado que é meu : céu da Mouraria ouve, vai chegar o dia novo... e o sol das madrugadas
todas, névoa de um povo a sonhar... Os teus mistérios, Lisboa, sao as pombas que ainda ha.... os teus mistérios Lisboa...
Quand Lisbonne s'éveillera du somme ancien qui est le sien, c'est moi qui vais chanter ce message qui est le mien : ciel de Mouraria écoute, le jour nouveau va se
lever... et le soleil de toutes les aurores, brume d'un peuple qui rêve... Tes mystères, Lisbonne, sont les colombes qui sont encore là... tes mystères Lisbonne...
Si vous avez lu ci-dessous l'extrait du Gardeur de
troupeaux de Pessoa, il ne vous aura sans doute pas échappé une certaine... similitude avec le personnage du Petit Prince de Saint Exupéry... jusqu'aux moutons,
dont le berger nous dit être le gardeur... Rappelons que Pessoa/Caeiro (son hétéronyme) écrivait ce texte en 1914, qu'il donne comme fondateur de son oeuvre, immense, à venir. De
son vivant, seul Message a été publié, en 1934, un an avant la mort du poète, on ne pourrait donc accuser Saint-Exupéry de plagiat... lui, qui
écrivit Le Petit Prince en 1942 ou 1943, ne pouvait connaître le "gardeur de troupeaux" de Pessoa.
Ce monument de la littérature portugaise, et mondiale, a fait publier un seul ouvrage... le reste il l'a entreposé dans une malle, laissant bien classée à la postérité son oeuvre colossale.
Il se savait génial, il se savait grand... il se voulait petit durant sa vie. Il participa en 1915 à la création de la revue Orfeu, "moderniste" et
"futuriste", où il (son hétéronyme Alvaro de Campos) publia un poème l'Ode maritime, il fut actif intellectuellement, écrivit des articles, initia le mouvement
futuriste au Portugal, avec son ami le poète homosexuel Mario de Sa Carneiro, qui se suicida à Paris... en 1916, autre figure importante de la poésie de l'époque, et dont Fernando Pessoa
disait "il n'eut pas de biographie, il n'eut que du génie".
Les grands esprits se rencontrent, dit-on. Les illuminations aussi.
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