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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 17:38
Cette belle chanson de Barbara... qui trotte sous mes pas, à mes prunelles ça :


                                                     Vers la République ce midi


                                                    Vers la rue Jean-Pierre Timbaud


                                               Automne rousse au Portugal, me dis-je 
                                               en attendant des sashimis rue St Maur


                                               Coucou à Roswitha et à Villeglé, 
                                                   angle Oberkampf, St Maur



Et ce livre que je lis... et qui remue tant de choses en moi... C'est J. qui me l'a offert, notre dialogue sur le sacré, sur la féminité, les mystiques, Kristeva... Le féminin et le sacré, la correspondance entre C. Clément et J. Kristeva, en 1996-97, j'en suis au début... En attendant mes plats à emporter (menu sashimis, et brochettes) que je vais déguster avec ma petite soeur... je souligne quelques passages :

"Puisque la vie est devenue la valeur refuge de nos démocraties avancées, chrétiennes ou post-chrétiennes, comme tu voudras, nous oublions que cette sacralité de la vie a une histoire; et que cette histoire dépend de la place que les religions et les sociétés ont accordée aux femmes. J'aimerais qu'on revienne un jour à la Vierge : désérotisée, dit-on, trop facilement peut-être; mais sans corps, sûrement pas; et sur cet extraordinaire équilibrage entre, d'une part, le culte de la naissance qu'instaure Marie, mère de Dieu, et, d'autre part, le "contrôle des taux de natalité" (comme on dit maintenant) qu'elle aurait permis d'instaurer !"

Entre temps on m'a servi un thé vert, je me dis : oh, ça (car je pense à vous en lisant) ça risque de coincer... et c'est long, je ne peux quand même pas tout recopier... et puis je dévore cette lettre (il s'agit de correspondance) que Kristeva a écrite à son retour de New York.

Il faudrait tout citer, tellement c'est dense... alors juste ceci :

"Après deux mille ans d'histoire mondiale dominée par ce sacré qu'est l'Enfant Jésus, les femmes ne seraient-elles pas en position de donner une autre coloration à ce sacré ultime qu'est le miracle de la vie humaine : non pas de la vie pour elle-même, mais de la vie porteuse de sens, à la formulation duquel les femmes sont appelées à apporter leur désir et leur parole ?"

Je vous en fais part en même temps que je le digère... alors, ça amène des choses parfois chaotiques (mon précédent post), ça me modifie aussi, mais n'est-ce pas le propre de la vie ?

On a savouré, E. et moi, notre repas japonais, j'ai bu un peu (pas trop), j'ai parlé à ma tante, elle a une étrange maladie, la fibromyalgie... la maladie de la douleur sur tout le corps... combien d'entraves, quels étranges chemins de traverse la vie nous fait emprunter... 

Nous avons vu Kouchner à la télé, chez Drucker, avec Madame Bruni... venant faire croire que tout va bien... son visage pourtant semblait nous dire l'inverse... vivrait-elle déjà ce que Cécilia a subi ? quelques mini-chaussons aux pommes pour terminer et me voilà en route vers chez moi...



                                                        Plaisir... quel programme !



                                                       Prenons du recul


                                             Ah, un nouveau (?) visage, galerie Jamault



                                                                Ca y est, je suis arrivée...



Bonsoir...

 


Découvrez Mathieu Rosaz!



(chanson de Barbara... pas trouvé sa version à elle, mais c'est pas mal Mathieu Rosaz, non ?)

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 22:25

Rien lu d'elle, même pas Bonjour tristesse, mais Aimez-vous Brahms ? me plaît mieux, le titre... Comme vous, peut-être, je viens de voir le film sur F2... quelle découverte, et Sylvie Testud, splendide dans la retenue. Quelle leçon de vie, quelle aventure, quelle liberté, je l'admire a posteriori cette femme. Et puis la relation à l'écriture, oui, finalement, elle a tant exploré. Femme libre, femme éperdue de liberté.

Alors, pour répondre à Clarence qui regrettait de ne pas avoir vu de symbole flagrant de l'Amérique dans mon mini-reportage sur New York, je voudrais relever ceci : cet homme déjà photographié, enlaçant mon amie J., et nous contant si simplement son amour de la littérature, de la poésie, "Le Bateau ivre et Rimbaud, nous disait-il, c'est un Français, le connaissez-vous ?".

L'Amérique c'est Donald Green, vendant à la criée ses poèmes près de Soho, venu de sa banlieue, en métro, traînant son caddie et, à la différence de Françoise Sagan, sobre et pauvre, mais tout aussi libre et "fou de littérature"  et au même génie littéraire.





Il n'a sans doute pas le talent, ou la chance, la naissance... de Françoise, il en a la flamme, en tout cas.

Et puis pour compléter le portrait de New York, ce que la ville a symbolisé pour moi, quelques images, non pas Wall Street, car ça c'est une abstraction, mais quelques idéaux ou idées "force".

                                                                    L'ONU à New York



                                                         L'ONU sur la première avenue



                                                                  Ses gardes...



                                                           Son Empire State...




                                                             Son havre de paix




                                                                        Sa gastronomie



                                                                Ses valeurs




                                                              Ses poètes...

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 21:58

Certains font le tour du monde (Magellan, il était portugais bien qu'au service des Espagnols, mais après tout quelle importance ?), d'autres rejoignent l'Amérique (Christophe Colon, qui, suivant la thèse reprise par Oliveira dans son dernier film, pourrait être portugais, mais quelle importance ?), d'autres encore vont aux Indes (Vasco de Gama, il était... mais quelle importance ?), ou au Japon, en Chine... mais quelle importance ?

Nous (pas les Portugais !) sommes allés sur la lune... mais...

Le monde reste à découvrir. Celui de l'autre, lui et son univers si différent du nôtre. Notre voisin de palier par exemple.




C'est Clarence en expédition chez Lolo, rat des villes et rat des champs, mais surtout, l'histoire de deux mecs qui se sont rencontrés pour de vrai. Quelle aventure !

Je viens de rentrer de ma séance de cinéma, Christophe Colomb, l'énigme, on a un peu discuté après avec A. ("luso descendant" comme moi, et je sais qu'il n'aime pas cette "appellation d'origine contrôlée"...) : on s'est demandé si on devait le prendre au premier degré ce cher Oliveira. Bon, tout dans le film semble nous indiquer une sorte de jeu, de théâtralisation exagérée qui nous paraissait comme un clin d'oeil, un jeu de miroirs (tous les plans sont des tableaux, des mise-en-scènes étudiées, des cadres, des poses de nous face à notre passé - ça c'est surtout la perception d'A., la mienne restant dans l'entre-deux, Oliveira ne se prend pas au sérieux, mais il y croit quand même). J'ai aimé la coïncidence de cette arrivée à New York des immigrants après la seconde guerre, de l'apologie de la Liberté, à l'accueil de tous les proscrits, les bannis (aujourd'hui... faut quand même montrer patte blanche pour y entrer aux States, t'as intérêt à pas être contaminé ni par le Sida, ni par le communisme (ah bon, ça n'existe plus ?), ni par...).

Coïncidence avec ma prochaine découverte de l'Amérique ! Moi, qui, depuis de longues années en rêve, ai habité dans un immeuble aux briques rouges (de Greenwich village peut-être), ai parcouru les rues de cette ville à la recherche de la statue de la Liberté (ben oui, elle est sur une île, pas étonnant que dans mon rêve ce fût difficile d'y arriver...), y ai pris le métro, le train qui menait à la banlieue, qui ai rêvé que ce n'était pas un rêve et que j'y étais vraiment arrivée... et voici un an (mon dernier rêve de New York) me suis vue au bord de l'Océan, à contempler cette eau dont l'aspect vivant me fascinait, me disant que ses molécules étaient celles qui baignaient la terre qui m'avait vue naître (à la même latitude exactement) juste de l'autre côté. Souvent je l'ai vu se coucher le soleil sur mon horizon portugais, près d'Aveiro, en me disant que là-bas juste au bout de mon regard, c'était New York.

Ce matin, un étudiant génois me confirmait que plus personne dans sa ville ne croyait que Colomb en était originaire. Le monde est petit me suis-je dit... (je savais que j'allais voir le film).

Ce soir, moi installée derrière mon écran interplanétaire, qui m'ouvre sur le web, sur le world, sur... la nouvelle dimension, l'ultra-communication, j'entends toquer à ma porte.

Depuis quelque temps sur ma porte de drôles de choses apparaissaient... D'abord une pochette en plastique skotchée avec des biscuits dedans... (la même pochette sur toutes les portes de la cage d'escalier, une pub, ai-je pensé). Puis un mot sur un post-it, "si vous voulez, j'ai de la tarte, c'est juste à côté", le même mot sur la porte face à la mienne...

Je me dis, l'ayant entendue avant d'aller au cinéma, que c'était ma voisine portugaise (oui, Paris est la deuxième capitale du Portugal) qui voulait me saluer... Euh, je me recoiffe ? non, pas la peine, j'ouvre direct, petit haut super décolleté (je suis décontractée à la maison) sur pantalon relax, genre caleçon long.

En face, un petit jeune homme tout timide.

- Bonsoir, je suis votre voisin.
- Ah, c'est vous qui m'avez laissé un mot l'autre jour ?
- Oui, je parle pas beaucoup français...
- Ah, c'est drôle moi je suis prof de français pour étrangers. (je souris ayant le sentiment d'avoir dit quelque chose de TRES amusant).

(sourire du jeune homme un peu "ben, tant mieux, mais là j'essaie juste de communiquer et de te transmettre un message simple, pas besoin d'épiloguer...").

- Voilà, je suis étudiant au Cordon bleu.
 
(il me tend un sac plastique, comme celui que j'avais jeté croyant que c'était une m...* industrielle, avec une part de gâteau, fait par ses petites mains...)

- C'est vous qui aviez laissé le sac sur la porte avec les petits gâteaux ?
- Oui, j'ai toujours beaucoup de choses à manger, alors n'hésitez pas à venir frapper à ma porte, je pourrai vous en donner (j'ai transcrit son "français").
- Oh, merci beaucoup ! (soudain, une intuition !). Mais vous venez de quel pays ?
- Je suis américain.
- Oh, comme c'est amusant ! je pars justement samedi pour New York... mais vous êtes là pour longtemps ?
- Ah, mes cousins habitent New York. (même sourire : "euh, tu vas pas me raconter ta vie, non plus, je suis juste venu pour établir le contact, et c'est comme ça qu'on fait dans mon pays quand on arrive dans un immeuble on se fait connaître de ses voisins").
- Ah, c'est amusant... merci beaucoup en tout cas pour le gâteau. Bonsoir.
- Bonsoir.

Les différences culturelles. Aller vers le nouveau monde, celui qui est juste sur votre palier. Découvrir l'autre, cet univers si différent, lui parler (essayer tout du moins). Ben, nous Portugais... euh, mais quelle importance ?

Il s'appelle Steve, moi c'est ... lui ai-je répondu.



Christophe Colomb, l'énigme - Manoel de Oliveira


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /Sep /2008 22:48

Je l'avais découvert dans le précédent film de Christophe Honoré, et déjà il m'avait fascinée, sa voix m'avait semblé si veloutée, si bouleversante... son personnage fragile et déchiré, et pourtant si entier... Non, je ne vais pas vous faire la énième apologie de Louis Garrel !

Là encore, dans La belle personne, c'est sa voix... qui m'a enchantée, et, comment vous dire... même si son personnage semblait falot, c'est bien sa prestation que j'ai retenue. 


Les chansons d'amour - As-tu déjà aimé ?


Et, déjà pour les Les chansons d'amour il m'avait bluffée, perché sur le rebord de son balcon, à chanter sa romance à son amoureux !!!

Là, face à Nemours, et à la princesse de Clèves... il est Otto, celui qui sera éconduit, malheureux en amour, c'est pas lui le joli coeur, le beau Narcisse c'est Louis Garrel... dans Les chansons d'amour il était ce jeune homme homosexuel... dont s'amourachait épisodiquement le jeune Garrel (le bel Hidalgo, la "belle gueule", le bourreau des coeurs).


Je le trouve vraiment très craquant Grégoire (sa voix surtout), et puis son suicide (enfin, celui du prince de Clèves) : quelle classe ! quelle claque aussi pour les deux petits pervers narcissiques que sont Junie et Nemours... et qui ne s'en remettront pas vraiment... Grégoire Leprince-Ringuet (quel nom !!!).

Sauf que dans la vie réelle... les princes ne se suicident pas, ils se retirent du devant de la scène, et en vrai les Junie et les Nemours se marient et s'installent à l'Elysée... où ils reçoivent le pape...

 

La belle personne


"Comme la nuit nous manque, parfois comme elle tarde à venir...", chante Otto avant de se tuer.


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 22:26

Je vous avais prévenus... j'allais vous en citer des passages au fur et à mesure de ma lecture... alors voici, ce qui aujourd'hui m'a éblouie... au sens où une écriture peut être fulgurante, dire en peu de mots, et de façon parfois simple, ce qui se trouve caché au plus profond de nous.

"Nous nous berçons d'illusions sur la belle ordonnance de la vie. En vérité, aucune vie n'est bien ordonnée. Celles qui s'offrent à nos yeux, ou dont nous lisons le récit, nous semblent claires et nettes parce que nous en connaissons peu de chose. La partie cachée derrière le visage qui apparaît à la porte des voisins est insondable. Toute vie est assaillie par ses démons invisibles - avarice, jalousie, tromperie, luxure, violence, paranoïa.
Aucune vie, grande ou petite, n'est bien ordonnée. Ce n'est qu'une illusion follement poursuivie par les hommes. Le visage aperçu à la porte n'est rien d'autre que cela : un visage à la porte.
Toutes les vies vécues sont une pagaille.
(...)
Pour la première fois, je commençai à percevoir combien la netteté est superficielle.
Combien elle entrave et limite.
Pour la première fois, je compris que les vies bien ordonnées sont des vies comateuses."

Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh.

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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 21:16



La misogynie est lovée dans nos cerveaux reptiliens, c'est elle qui a fait assassiner Benazir Butho, c'est elle qui a fait traiter Ingrid Betancourt de sainte nitouche allumée, c'est elle qui a fait perdre la meilleure candidate aux élections américaines (vous verrez...), c'est elle qui fait dénigrer Ségolène Royal, et la présente comme une bécassine, ou une parano (concernant les visites de son appartement). C'est elle qui toujours fera peser un doute sur les qualifications de Rachida Dati. C'est elle qui avait fait de Martine Aubry (avant qu'elle ne se fasse récupérer pour parachever le sale boulot qui consiste à démolir l'autre femme...) la mégère, la caractérielle ne pouvant décidément pas être présidente...

La misogynie c'est celle qui fait dire à une femme, en parlant d'une autre : "il ne suffit pas de porter de jolis tailleurs pour gagner"...

La misogynie c'est celle qui fait dire à une femme, en parlant à une autre : "tu es agressive, tu n'es pas assez douce avec les hommes, ils sont fragiles tu sais..."

La misogynie c'est celle qui fait dire à un homme : "je veux te voir une fois, je ne sais si je voudrai revenir, je me connais je risque de disparaître dans la nature, de t'ignorer après."

La misogynie c'est celle qui fait dire à un homme : "je, je, je... ma vie... tout pour mon travail... ma réussite... mon plaisir... mes vacances... ma maison... ma voiture".

Alors, pour ne pas paraître partiale je vais laisser la parole à un homme...

"Les femmes qui affrontent les hommes de face, assurait la mère de Sheila, ne vont nulle part; ou, plus exactement, elles perdent coeur et foyer. Les femmes qui traitent les hommes comme de rampantes créatures des ténèbres qu'il faut soumettre par la ruse, dirigent le monde.
Traite les hommes comme des serpents. Leur mythe dépasse de loin leur réalité.
(...) Aucun homme, jamais, n'est l'égal d'une femme forte.
Il a fallu la mort d'Indira Gandhi pour que les hommes forts de l'Inde retrouvent leurs couilles.
L'histoire regorge d'exemples similaires. Chaque famille. Regardez autour de vous."
Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh.


Oui, il vous faut une "femme de fer" pour vous plier... pour que vous acceptiez qu'elle assume les responsabilités... sinon vous la "tuez" la femme... ou lui demandez d'être douce... d'être compréhensive... d'écrire des choses gentilles sur son blog... et surtout de ne pas trop agresser les garçons (ça donnerait une mauvaise image des femmes).

Alors... serait-ce que je n'aime pas les hommes ?

Que je ne pense qu'à les agresser ?

Je n'ai pas besoin d'aimer "les" hommes (ou "les" femmes). J'ai besoin de comprendre le monde dans lequel je vis. J'ai besoin de savoir qui je suis, ce qui me limite, ce qui me conditionne, ce qui me donne des clés pour exister.

Quelqu'un qui me dit : "Le porte-bonheur n'est pas dans le trèfle à quatre feuilles, mais dans le désir de le trouver", ou : "On est allés en boîte rue Oberkampf. Mes copines se sont fait brancher par des mecs venant mater des "étrangères". Un gars m'a pris la tête parce qu'il n'avait trouvé aucune fille à draguer. Je me suis retrouvé avec un groupe de filles moches. Ce qui m'a consolé c'est qu'en fin de nuit je n'ai pas été le seul à rentrer sans baiser." Ca vaut tous les discours; ces deux étudiants (un homme, une femme) m'ont plus transmis, m'ont plus attendrie... avec leurs mots "étrangers" que Pangloss et toutes ses philosophies sur un monde parfait (cultivons notre jardin mon cher Candide).

La stupidité n'a pas de sexe, la méchanceté non plus, la misogynie non plus...

C'est contre une certaine bêtise qu'il faut se battre... (la nôtre avant tout, ça va de soi).

Deux femmes en avant première : Mariza et Concha Buika dans Terra


Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 21:41

Je lis Tarun J. Tejpal, je me régale (dans le métro surtout...), Loin de Chandigarh... je l'ai déjà dit... là, je voudrais citer un passage important... mais, je suis gênée... par un mot... qui commence par "s"... quand vous l'écrivez sur votre blog, ça vous squeeze du contrôle parental (j'ai vérifié chez mon neveu... les parents ils l'avaient mis le contrôle... donc, quand ce mot apparaît dans mes post... et bien, tout disparaît...). Alors, quand j'écrirai "s...*" vous saurez ce que ça veut dire...




"Parfois, elle revenait impatiente de repartir à l'assaut d'un autre pic. Parfois, elle revenait affaiblie et je devais la préparer à nouveau. Je tentais de la suivre, de rester à la hauteur, mais ce n'était pas toujours possible. Il n'y a pas de doute : dans le s...*, les hommes stationnent au camp de base. Ils peuvent jouir de nombreux plaisirs de la moyenne montagne, mais les sommets vertigineux leur sont refusés. Il leur manque le souffle, l'imagination, l'abandon, l'anatomie. Leur tâche consiste à préparer les vrais grimpeurs : les femmes, artistes des hautes cimes. Ces chamois capables de sauter d'arête en arête, de sommet en sommet, jusqu'à la vastitude de l'éternité.
Depuis des millénaires, les hommes luttent contre cette certitude. Ils connaissent l'existence des altitudes inaccessibles. Il n'est pas facile d'être inférieur.
Il n'est pas facile pour un sanglier de vivre parmi les gazelles.
Les hommes rusés attendent et jouissent par procuration. Ils inventent pornographie et plaisirs de substitution. Ils encouragent les alpinistes, les admirent de loin , et en tirent du bonheur.
Les hommes stupides mettent les chamois aux fers. Ils serrent les rangs, inventent la religion, la moralité, les lois, érigent des palissades et interdisent les montagnes. Nul n'ira où ils ne peuvent aller. Les hauteurs sont perdues à jamais."



Qu'un homme ait écrit cela... quel bonheur... quelle paix...

Qu'un homme l'ait vécu... quelle joie, quel espoir...

C'est où le chemin pour les Indes ? De tels hommes existent donc ?

L'illustration musicale n'a rien à voir avec le s...* mais c'est encore pour le plaisir... c'est pour moi et ma petite soeur... on aime ça... ce clip... ça nous fait "jubiler" (ça, c'est pas censuré par le contrôle parental...), surtout après le lynchage du jeune juif dans le 19e... surtout à cause de tous ces communautarismes qui veulent nous la rejouer "West Side story"... Alors, MC... Solaar... fais-nous... fusionner, fais éclater nos différences !




MC. Solaar. Rabbi muffin



Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 21:32

"La plupart du temps, la télévision était allumée, et les voix faussement dramatiques des journalistes me parvenaient. Toutes nos conversations tournant court, Fizz était rapidement devenue une droguée de l'information. Elle semblait combler les vides soudains de sa vie avec les incommensurables déchets de l'univers. Les chaînes d'information ont le pouvoir étrange de nous procurer un sentiment d'adéquation avec le monde moderne. Un tremblement de terre à Porto Rico donne un sens à notre vie. Un Américain fou qui abat des enfants dans une ville du Texas lui donne un contexte. De pitoyables politiciens s'insultent devant une caméra, nous nous sentons concernés." (Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh)

Tarun J. Tejpal, journaliste, critique, essayiste, indien. Loin de Chandigarh est son premier roman (2005). C'est une amie qui me l'a passé, en me disant que ça l'avait captivée; dimanche, une autre amie, me voyant le lire, m'en fit un éloge dithyrambique, elle l'avait offert à plusieurs collègues, tant ça l'avait emballée. Elle (fonctionnaire au ministère du travail et militante au parti socialiste), elle en avait entendu parler par Martine Aubry. J'ai du mal à imaginer Martine Aubry appréciant les passages "érotiques" du roman... et ça ne me semblerait moins étonnant concernant Ségolène Royal... va savoir pourquoi...

Il a mon âge Tarun J. Tejpal... je me sens bien dans son univers, dans sa thématique, son questionnement. Son regard même, sur la nature, sur le désir, sur les êtres... semble traverser les cultures et m'atteint.

Nul n'est prophète en son pays... ce sont souvent vos proches qui vous trahissent. La nature humaine est complexe, en elle toujours coexistent : je t'aime, je veux te détruire... La relation parent-enfant n'en est pas exempte, bien au contraire.

Serai-je toute ma vie aussi méfiante et peu encline à me laisser conter des sornètes ? Et pourquoi suis-je si souvent bernée, moi qui me targue de ne pas m'en laisser conter ?

Parfois ma cuirasse s'entrouvre et laisse passer votre chaleur... quelle claque alors... et bien vite je la referme, le temps de cicatriser mes blessures.

Musica nuda, être à nu... mais savoir se protéger... des autres.





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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 14:02

Vanitas vanitatum et omnia vanitas  nous dit L'Ecclésiaste... bref rappel de cette cruciale question ici et là sur cette vidéo (au sujet de l'exposition "Our body" qui se tient en ce moment à Lyon, et autour de laquelle déjà la polémique enfle).





Déjà en son temps Ronsard essayait de convaincre Cassandre, la jeune mignonne... de bien vite cueillir sa jeunesse (et surtout d'accepter les avances du poète) avant que vieillesse ne lui échoît... Il la rencontra en 1545, elle avait 13 ans, lui 20, l'année suivante elle se maria mais avec un autre... il restera inconsolé et d'amour transi, jusqu'à ce qu'en 1555 la jeune... Marie (une "vieille" de 15 ans) lui fasse oublier en ses bras de paysanne... la mignonne bien née. Il n'est jamais trop tard pour bien faire et c'est elle, Marie, qui aurait pu répéter les fameux vers... à son "mignon" :

"Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté." 

(Mignonne, allons voir si la rose - A Cassandre, 1552)


Vanités des vanités... tout est vanité... et Corneille lui aussi s'y connaissait en "avertissements" aux jolies jeunes femmes... Alors, chantons avec Brassens et sa belle Marquise et répondons-lui : je vieillis et vais probablement me ratatiner... mais je t'emmerde en attendant...

Pauvre Corneille, qui à 52 ans, malgré ses stances, fut éconduit par la belle Marquise du Parc,  La Du Parc, danseuse et comédienne, qui de passage à Rouen avec la troupe de Molière illumina le dramaturge et son frère. Elle fit par la suite chavirer le coeur de Racine avant de devenir son Andromaque... et sa maîtresse, provoquant par là, d'ailleurs, la brouille entre les deux amis (Corneille et Racine). Sa vie a été portée à l'écran dans le film Marquise (1996) de Véra Belmont (la réalisatrice malheureuse de Survivre avec les loups, 2007), avec Sophie Marceau dans le rôle titre.

"Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise.
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise,
Quand il est fait comme moi."

(Marquise si mon visage - Stances à Marquise, 1658)



free music


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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 21:14

je te dirai qui tu es...

Karen Blixen a vécu en Afrique, elle y eut une ferme... puis retourna chez elle au Danemark, non pas perclue de rhumatismes, mais ruinée et rongée par la syphilis (merci le mari !), ce qui ne l'empêchera pas de vivre assez vieille et d'écrire des choses admirables...

Elle fut l'auteure du Festin de Babeth, (adaptation d'une nouvelle du recueil Anecdotes du destin) sorte de métaphore sur le choc des cultures... Elle nous y conte comment l'Afrique et son pays du nord ont pu se frotter l'un à l'autre... Ici le sud est représenté par une Française... l'admirable Stéphane Audran.... il symbolise le plaisir des sens, la jouissance de l'instant présent, le don... ainsi que le partage.

Dis-moi ce qui te nourrit... Simone de Beauvoir pensait qu'on n'appréhende une culture que si on en connaît la cuisine... elle écrivit aussi qu'on ne naît pas femme mais qu'on le devient...

Karen Blixen fut libre à sa façon, Babeth aussi... se libéra d'un carcan. Simone de Beauvoir dont Le Nouvel Observateur a récemment fêté (en la moquant...) la liberté... a elle aussi essayé de dégager la voie des femmes... Que de ronces pourtant... encore... sur le chemin. Nos amis, les hommes... ne lâcheront pas si facilement leur bout de gras...

Quelques extraits du film Le festin de Babeth (impossible de le trouver en français...) :










Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
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