Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 11:57

Et, pourquoi les Français n'auront bientôt plus droit qu'aux expressos...
 

Réception élyséenne, tableau du nouveau Prince et de sa Princesse : tous deux assis sur un canapé Louis XV, Louis XVI... Empire ? (l'avenir nous le dira...)  face à la famille Betancourt (ici) (notez aussi M. Kouchner sur un fauteuil...). Naturellement, cette image contraste grandement avec la vidéo de Sarkozy au salon de l'agriculture, qui a déjà provoqué d'innombrables commentaires (dont celui-ci).

Oublions pour un temps le Prince, et tournons-nous plutôt vers la Princesse... Cette femme, de noir vêtue, les bras ramenés sur le plexus, la tête légèrement penchée, comme intimidée, soudain, elle m'a fait penser à l'infante portugaise Catherine de Bragance. Fraîchement débarquée à la Cour d'Angleterre pour épouser en 1662 Charles II, et devenir pendant 23 ans la Reine qu'on a surnommée la "Drinking Tea Queen".

En effet, la jeune portugaise apportait dans ses bagages, une dot de choix : Bombay! mais aussi, une habitude qu'elle institua à la Cour d'Angleterre : la consommation quotidienne du thé. C'est aussi par elle, et à compter de son règne, que le thé devint ce breuvage précieux apprécié des aristocrates du vieux continent. Elle est la reine dont le nom a été donné, en 1682, à l'un des quartiers d'origine de New York : le Queens.


cathbraganza.jpg
portrait de l'Infante Catherine de Bragance trouvé sur ce site


Pour terminer, cette question cruciale : quelle nouvelle mode... Mme Carla Bruni Tedeschi, lancera-t-elle en terre de France ?

(au Portugal une femme ne porte jamais le nom de son mari, mais garde son nom de naissance : celui de son père précédé de celui de sa mère; permettez donc que je suive la coutume lusitanienne, plutôt que le code Napoléon... qui fait d'une femme la propriété de son mari.)

Par Luciamel - Publié dans : Portugal
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /Fév /2008 12:33

Le voilà donc ce fameux jour de Saturne... Et ne vous attendez pas aux Saturnales romaines (qui lui étaient pourtant consacrées et célébraient au début de l'hiver, en une sorte de "carnaval", l'inversion des rôles sociaux, la liberté, la licence, la ripaille...), non, car ce Dieu-là, Saturne, n'est pas un rigolo. 

Après la douce Vénus et son goût des arts,  son harmonie,  son plaisir des sens... c'est au tour du vieillard, l'Ermite du Tarot de Marseille, de nous parler de rigueur, et de limiter nos débordements. L'ascèse commence, le recueillement, le silence; c'est l'oeuvre au noir des alchimistes, cf. la gravure Melancolia (1514) de Dürer qui l'illustre très précisément. 

Si le "sabado" portugais, dérive sans nul doute du seul "chabbat" juif, le "samedi" français, porte quant à lui, en plus, la marque du dieu Saturne romain (comme le "saturday" anglais encore plus explicitement), complétant ainsi la trace mythologique, et probablement astrologique, sur le cours de nos jours (Lune, Mars, Mercure, Vénus, Saturne, et Soleil).

C'est le jour où nous distinguons bien nos cheveux blancs, c'est le jour où nous faisons nos comptes, c'est le jour où nous prenons conscience, après une pléthore de photos et de clips insérés dans notre blog, que... tout cela est certainement réglementé (Saturne, Saturne!!!), et strictement limité. C'est le jour où nous allons voir pour en avoir confirmation, c'est le jour où nous comprenons : "je garantis que mes photos sont libres de droits". C'est le jour où nous perdons notre innocence.

Non, le samedi n'est pas jour à danser !

Alors, jusqu'à plus ample information sur les risques réels encourus, et avant de probablement me résoudre à éliminer de mes articles toute trace visuelle et sonore pouvant donner lieu à poursuites... il n'y aura aucun fado aujourd'hui, ni photo, ni vidéo... Seule l'ossature demeure : l'écrit.

Par Luciamel - Publié dans : Spiritualités, astro
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /Fév /2008 03:24

dates_1194784987.jpg 
Sylvia Kristel aujourd'hui

vous faites quoi le vendredi soir ? vendredi, soirée de Vénus; je vous rappelle que tous les jours de la semaine se rapportent à une planète... lundi, c'est la lune, mardi, mars, mercredi, mercure, jeudi, jupiter et vendredi... VENUS!!! samedi, ça se complique c'est saturne (je vous expliquerai une autre fois) et dimanche, sunday, le jour du soleil...


Alors, j'ai décidé de vous la faire vénusienne ce soir... érotique !!! oh, la, la... qu'ES ACO ? c'est Vénus, Mars, Neptune , Pluton... tout ça se mélange...

Erotisme c'est quoi ? ça fait quoi exactement ?

rodin-kissers-big.jpg 


Et puis, tu fais quoi dans ton lit ? moi je regarde "Gabriela cravo e canela",
http://fr.youtube.com/watch?v=3QISdp9_9QM&feature=related 




et pour les initiés... "Dona Flor et ses deux maris"... 
http://fr.youtube.com/watch?v=_S-fx7QG3A0&feature=related


 

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /Fév /2008 00:22

Belle Cristina!!! sublime voix, beaux textes... qu'il est doux de souffrir au son de ta voix...

Tive um coraçao, perdi-o

'j'ai eu un coeur, je l'ai perdu, 
ah, comme j'aimerais le retrouver, 
j'ai eu un coeur, je l'ai perdu,
ah, comme j'aimerais le retrouver...
prisonnier du fleuve,
ou noyé au fond de la mer,

comme j'aimerais partir,
partir et ne plus revenir,
comme j'aimerais partir...

la mort qui me courtise
peut déjà venir me chercher...

prisonnier du fleuve,
ou noyé au fond de la mer."


Cristina Branco : "Tive um coraçao, perdi-o"  http://fr.youtube.com/watch?v=W9X8_gycTUY



Par Luciamel - Publié dans : Portugal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /Fév /2008 21:44
*Il vaut mieux être gai qu'être triste


Samba da benção

(Vinícius de Moraes)

É melhor ser alegre que ser triste
Alegria é a melhor coisa que existe
É assim como a luz no coração
Mas pra fazer um samba um samba com beleza
É preciso um bocado de tristeza
Senão não se faz um samba, não

Senão é como amar uma mulher só linda; e daí?
Uma mulher tem que ter qualquer coisa além da beleza
Qualquer coisa de triste, qualquer coisa que chora
Qualquer coisa que sente saudade
Um molejo de amor machucado,
Uma beleza que vem da tristeza de se saber mulher,
Feita apenas para amar, para sofrer pelo seu amor
E para ser só perdão

Il vaut mieux être gai qu'être triste
La gaieté est la meilleure chose qui existe
C'est un peu comme la lumière dans notre coeur
Mais pour faire un samba de toute beauté
Il faut aussi un peu de tristesse
Sinon ce n'est pas un samba, non

Sinon, c'est comme d'aimer une femme seulement belle; et alors ?
Une femme doit avoir quelque chose au-delà de la beauté
Quelque chose de triste, quelque chose qui pleure
Quelque chose qui sent la saudade
La paresse de l'amour blessé
Une beauté qui provient de la tristesse de se savoir femme,
Faite seulement pour aimer, pour souffrir pour son amour
E pour être seulement pardon

(QUEL MACHISME!!!)

Par Bebel Gilberto :
http://fr.youtube.com/watch?v=QfLCHQHndRo&feature=related
(elle a supprimé le passage délicat... "sinon c'est comme d'aimer une femme seulement belle...")






Ce soir je vous invite au bal... je vous invite à vous métisser, à oublier votre culture, votre "sang", vos origines, laissez-vous porter par l'Afrique, le sol de nos ancêtres, Maria Joao, chanteuse portugaise, née à Lisbonne, star (elle fait partie du jury de la StarAc locale), de père portugais et de mère mozambicaine (voyez aussi ici)




Parce que nous sommes vendredi, je vous invite à la révolution de Lénine... "Jack Soul Brasileiro", "jà que sou brasileiro..." : puisque je suis déjà brésilien, c'est toute "l'âme de Jack brésilien"..





Oui, rions!!! à gorge déployée car tout nous y porte, l'actualité... (française surtout), l'absurdité de la vie, la tristesse (ouiiiiiiiiiiiii, encore la tristeeeeeeeessssse) de nos coeurs, de nos âmes, tout ça nous donne envie de DANSER!!!!

Et, ne me dites pas que je vous ai (encore!!!!) plombés, et que, même, vous préféreriez un fado... ah, bon ? vous préféreriez ?... allez, pour vous faire plaisir, la belle, la très nouvelle... Ana Moura... ("Mapa do coraçao", la carte de notre coeur...).


 

Par Luciamel - Publié dans : Portugal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 23:55
article d'abord publié sur LadiesRoom le 30/12/2007 sous le titre "Une femme est morte au Pakistan"  (j'ai coupé le début...)

1980242_15de5c65d0_m.jpg file_227004_41730.jpg
Femmes et bravitude...



J’ai bien sûr dans la rétine l’image de cette femme au voile blanc, juste avant de se faire abattre. Et je me souviens de cette autre femme vétue de blanc sur la muraille de Chine dont on a tant raillé la tenue : “comment peut-on oser dans ce pays se vêtir de la couleur qui symbolise le deuil, quel manque de… quelle bévue!”. Le blanc en Orient!!! Pourquoi Benazir Bhutto, ou Ségolène Royal avant elle, ont-elles fait ce choix de se recouvrir de cette couleur si forte, ici comme là-bas ?

Le blanc est la couleur du deuil en Orient, en Chine, en Inde, dans la Grèce antique il l’était déjà. Toutefois, n’oublions pas qu’il y symbolise, comme chez nous… l’unité, la pureté, la purification, la noblesse du coeur et des sentiments, parfois même la… liberté. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes Chinoises sacrifient au rituel occidental et c’est de blanc qu’elles vont se marier (je le constate régulièrement dans ma ville, tout à fait française). Alors, raillons, raillez… notre sport national!

Ces deux femmes vétues de blanc. L’une tuée par son parti. L’autre par ses ennemis (ça revient parfois au même…). Les deux assassinées par des hommes (avec la complaisante complicité de nombreuses femmes…).

Ce symbole, cette femme, cette couleur, ce courage… cette vigueur nouvelle dans notre monde en décrépitude. Je voudrais lui rendre hommage.

Benazir, le nuage blanc dont tu as enveloppé tes cheveux avant de mourir, ce nuage était celui de la liberté, de la justice, de la force et de… l’avenir.

Benazir, ton flambeau blanc, celui que des Français ont, jadis, porté en terre d’Amérique, je voudrais le voir briller ici et maintenant, mais surtout “chez toi et très vite”.

Benazir, à bientôt au ciel… et, à plus vite sur la terre!

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 21:08

Je m'avance tout doucement sur des charbons ardents...  polémique hautement dangereuse dans l'actualité... les sectes en France... Attention, je vais me faire lyncher. Au départ, le feu aux poudres déclenché par la déclaration de Mme Mignon, directrice de cabinet de M. Sarkosy : les sectes on en fait tout un pataquès en France, ailleurs c'est pas comme ça! 

Entendons-nous bien. Je ne suis ni pro-sarkoziste (ou sarkozienne, va savoir...), ni pro-mignon (ou mignonne, va savoir...). Seulement quand je vois tout le monde monter sur ses grands chevaux (au galop, naturellement!), dès qu'on aborde le bout du bout d'un sujet un peu... spiritualiste, ça se déchaîne, ça hurle illico ! Même notre (ma!) chère Ségolène Royal, et même si je suis, sur le fond, d'accord avec elle (comme d'hab' de toute façon, moi, je la défendrai jusqu'au bout Ségo, touSégo!, oui, je sais, je sais...) se lance dans cette bataille (d'un point de vue politique elle a sans doute bien fait, c'est une faiblesse de l'adversaire).

Mais, ce que dit Mme Mignon est, soit! "terrible", mais pas inaudible  (in. Le Monde). Invoquant la "liberté de conscience", la directrice de cabinet du président de la République estime qu'à partir du moment où un mouvement "ne crée pas de trouble à l'ordre public" et qu'"il n'est pas à l'origine d'abus de faiblesse de gens, notre législation ne permet pas de l'interdire"

Je tiens à dire que je suis d'accord avec ces propos (pas avec l'ensemble, pas avec l'intention, seulement avec ces mots-là).

La question n'est pas de savoir si une secte est dangereuse... et qu'est-ce qu'une secte d'abord ? "un groupe organisé de personnes qui ont la même doctrine", ça en fait un paquet ça...  "au sein d'une religion", ça restreint un peu. La question est de connaître celles qui sont dangereuses, abusives ou délirantes.

En France, sous prétexte que vous êtes anthroposophe, on vous taxe de sectaire! Les écoles
Steiner ont dû batailler (ont-elles eu gain de cause d'ailleurs ?) pour ne pas figurer sur la liste qui vous cloue au pilori du sectarisme.

Alors, admettons ! il y a les mots (je lis, j'adhère à certains propos...) et puis il y a la manipulation des mots : dits à un moment précis, d'une certaine façon, en sachant l'effet que ça va produire. C'est "l'effet" qui importe pas le "contenu"... On peut s'amuser ainsi à dresser ses adversaires les uns contre les autres, en maniant à souhait
le double langage. Le voilà le danger, celui dans lequel est plongé notre République depuis déjà quelques mois et le sera encore pendant tout le reste de ce quinquennat.

Ces gens-là sont en train de nous embobiner... Qu'ils sachent qu'ils font l'erreur de leurs prédécesseurs, celle de nous prendre pour des c... 

Pour sourire, un hommage mélancolique... à cette dame... à cet homme... c'est gratuit... c'est sans rapport avec le reste.. c'est pour mon plaisir... "même si, même si tu disparaissais je serais près de toi"... 



Les Rita Mitsouko : http://fr.youtube.com/watch?v=KmFwJIHX8gs

Par Luciamel - Publié dans : blogs et blogueurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 11:07
dawn_landes_0920.jpg

Non, la mélancolie n'est pas l'apanage des Lusitaniens ou des Slaves... Dawn Landes le prouve dans cette ballade "Tired of this life"






Je vais lui conseiller de prendre le métro, car sur la ligne 11 on oit de bien belles choses...
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 01:35

vanitas1.jpg


Ce tableau fait partie du tryptique "Vanitas" de Paula Rego, née à Lisbonne en 1935, citoyenne de Londres depuis 1976, elle y est considérée comme l'un des plus grands peintres contemporains... Elle dit de son oeuvre : "je peins pour affronter la mort".  











vanitas2.jpg




Ses thèmes de prédilection : raconter l'humain, en y mêlant autobiographie et symbolique, amour et domination, elle crée un univers qui ne peut que fasciner, intriguer ou irriter.














Vanitas 1, 2 et 3...

undefined

Premiers mots de l'Écclésiaste : Vanitas vanitatum, et omnia vanitas, vanité des vanités, et tout est vanité.

« J'ai élevé des ouvrages magnifiques, j'ai bâti des maisons et j'ai planté des vignes. J'ai possédé des serviteurs et une nombreuse famille, et de grands troupeaux de boeufs et de brebis. J'ai entassé l'argent et l'or, le revenu des rois et des provinces ; j'ai eu des musiciens et des musiciennes... En tout cela je n'ai vu que vanité, affliction d'esprit ; rien de stable sous le soleil. »

 

 

 

 




http://www.youtube.com/watch?v=s0gKK6TeJOA

Par Luciamel - Publié dans : Portugal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 22:45

Je vous surprendrai sans doute en vous disant qu'au XIXe siècle l'image des Portugais était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui...

Saviez-vous, en effet, qu'une opérette de Charles Lecocq "Le jour et la nuit", entonnait la suivante rengaine ?

Les Portugais sont toujours gais
Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid !
Les Portugais sont toujours gais


Dans la même veine, Alphonse Allais aimait à rappeler que
"Ce n'est pas parce que les malais sont laids, les portugais gais, les colombiens biens que les espagnols sont gnols."

Aujourd'hui, et est-ce une nouvelle mode ? est-ce une identité ? c'est la saudade qui tend à les caractériser. Aujourd'hui, c'est la tristesse, la mélancolie, qui représente les descendants du peuple de Lusitanie.

Pour vous en convaincre quelques fados, bien sûr, mais aussi "un" samba et pour terminer une
morna !

Ce beau samba (en portugais le mot est masculin!)
réinterprétré, et traduit en français, par Stacey Kent, dans "Samba saravah" nous rappelle que si la samba (on est en France... donc respectons-en la grammaire) "est blanche de formes et de rimes, elle est nègre, bien nègre dans son coeur" :

"Je n'empêche pas les gens qui sont bien d'être joyeux, 
pourtant, s'il est une samba sans tristesse, 
c'est un vin qui ne donne pas l'ivresse,
non, ce n'est pas la samba que je veux"

Fado, mélancolie, tristesse... vous Portugais, quelle saudade coule dans vos veines, qui fait que vous avez contaminé tous les peuples avec lesquels vous vous êtes métissés ? Mariza le chante si bien, elle comme tant d'autres, au sang de fado mêlé : 

"sempre que se ouve um gemido,  dès lors qu'on entend la plainte
numa guitarra a cantar,                 d'une guitare qui chante,
o gente da minha terra,                 ô peuple de mon pays
agora é que eu percebi,                maintenant je l''ai compris
esta tristeza que trago,                 cette tristesse que je porte
foi de vos que a recebi."                  c'est de vous que je l'ai reçue



Et, pour clore le tableau, on n'oubliera pas Cesaria Evora et sa "sodade", sa morna... ici avec la Brésilienne Marisa Monte; elles chantent le "mar azul", cet océan que parcoururent leurs ancêtres marins .



On me dit parfois que je me complais dans la tristesse, que je me perds dans la mélancolie... 
J'aime à me remémorer la voix des voyageurs, j'aime à me rappeler que cette tristesse qui m'habite c'est d'eux qu'elle me provient.

Mais, mais... mais, mais, mais
, mais, Mai, Paris!!!

Ma vie n'est pas faite que de blues, que de déprime, la preuve :

aujourd'hui sur la ligne 11, en allant au boulot... je vois entrer... un... un... personnage de fiction, jeune, élancé, assez bien habillé;  il sort un livre, et  se met à déclamer :

"Une chose étrange quand vous connaissez la langue française, ce sont les verbes irréguliers, le verbe ouïr par exemple..." 

Je le regarde, d'abord intriguée puis très vite fascinée; il dit son texte, il s'élance, il joue avec les mots, il s'en délecte, il les machouille, il jubile et je jubile de tant d'audace, de tant de liberté. Je note le titre du livre qu'il tient à la main et qu'il consulte de temps à autre... Oh, que c'est bête, je suis déjà arrivée à Belleville, je le salue un peu maladroitement, il me salue en me disant que le texte n'était pas extrait de ce livre mais de Matière à rire de Raymond Devos. Je pars, réjouie d'avoir ouï de si belles choses.

  

Moi aussi métissée, car la culture française est un terreau qui me nourrit; la culture de Devos, celle du Canard Enchaîné, celle de l'ironie, du sarcasme aussi, celle de l'auto-dérision, celle qui chante à tue-tête :

"les Portugais sont toujours gais toujours gais..."

et qui se moque de trop de fado...

Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 21:39

marienbad.gif  

Henri Salvador est parti un 13 février, Alain Robbe Grillet un 18 février.


Du premier j'aimais "Une chanson douce" ou “Maladie d’amour” chantée à Rio en 1942… il y retourna pour enregistrer son dernier album “Révérence” en 2006.

D’Alain Robbe Grillet j’avais lu en terminale La modification, j’en ai un souvenir studieux et ennuyé… Puis, j’avais découvert, voici quelque temps, un personnage étrange et  énigmatique… sa femme Catherine. Lui, impuissant, elle, maîtresse d’orchestre de soirées sado-masochistes hautes en couleur, pour lui et sa libido. Preuve d’amour, ou lien névrotique… Quelle importance, après tout ?

Ce n’est pas tant que l’on se vive comme sexuellement différent, ça chacun s’en débrouille à sa façon, mais qu’on éprouve le besoin de le raconter, et de le rendre public, qui m’étonne grandement.

Maladie d’amour, maladie de la jeunesse, si tu n’aimes que moi, reste tout près de moi… et “L’année dernière à Marienbad” (film d’Alain Resnais de 1961, dont Alain Robbe Grillet avait écrit le scénario) se marient si bien dans cette sublime bande annonce :

“Je me souviens de vous, et de vos yeux de jade, là-bas à Marienbad, là-bas à Marienbad…” (Barbara)

Par Luciamel - Publié dans : arts, livres, films,spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 11:38

Soudain, sous la douche (ça peut arriver n'importe où), la prise de conscience, la révélation implacable : je pourrais citer le nom de tant de femmes admirables, mais d'hommes... combien ?

Tout d'abord, cela a-t-il une quelconque importance d'admirer un être humain et, en quoi, son genre, homme ou femme, intervient-il dans la valorisation que nous en faisons ? Oui, qu'il s'agisse de femmes d'exception comme Alexandra David Néel (cf. l'article de
Philiberte) ou Sabina Spielrein (ici), leur exemple nous éclaire sur les montagnes à gravir, ou les profondeurs à apprivoiser. Elles deviennent nos initiatrices, nos éducatrices. Elles libérées, sont un repère pour notre humanité. Est-ce plus simple de se projeter dans la vie de quelqu'un de même sexe que le sien ? Probablement.

Admiration au sens (je cite Le Petit Robert) : "Sentiment de joie et d'épanouissement devant ce qu'on juge supérieurement beau ou grand (...) "Il y a dans l'admiration on ne sait quoi de fortifiant (HUGO)". Il ne s'agit ni de l'idôlatrie amoureuse, ni de la soumission sociale que certaines femmes ont besoin d'éprouver pour choisir leur compagnon. 

Ainsi que le rappelle très justement Marcela Iacub dans cette interview accordée au Figaro.fr "Selon les démographes, encore à l’heure actuelle plus de 90% des femmes se mettent en couple avec des hommes plus âgés et plus diplômés qu’elles. C’est-à-dire qu’elles continuent encore à considérer que leur réussite personnelle, leur promotion sociale va passer par le compagnon et par l’enfant. Elles sont toujours, comme le disait Beauvoir, dans l’immanence".

Cherche désespérément hommes à admirer, comme modèles, comme éclaireurs...

Avant de prendre ma douche, j'avais lu
ceci sur le blog de Véro. Dès lors, j'avais éprouvé un "sentiment de joie et d'épanouissement" face à l'humanité "supérieurement belle et grande" qui nous y est relatée, le même qu'au moment de ma lecture de cet article du Monde.fr sur l'engagement de Daniel Barenboim auprès du peuple palestinien. 

La révélation descendit chaude et humide sur ma peau, elle me doucha littéralement : cet homme était admirable ! son courage, sa force, sa ténacité en faisaient un éveilleur de consciences, un exemple à suivre. Je me souvins de mon émotion première à la découverte de son engagement, des larmes qui étaient montées à mes yeux. Que d'eau, que d'eau...

Je ne pouvais m'arrêter en si bon chemin, il m'en fallait d'autres... des figures exemplaires. 

Je pensai alors à mon article de la Saint Valentin (ici) où Leonard Cohen apparaissait en moine bouddhiste-zen : "you have loved enough"... un peu déprimant peut-être, alors voici, le plus entraînant "here it is"  euh... oui, c'est sûr, faire zazen ça calme...




Puis, presqu'en superposition m'apparut (toujours dans la salle de bains!!!) la silhouette de Grand Corps Malade, oui, me dis-je, en voilà un homme bien ! une personne que je respecte profondément, grâce à lui j'ai eu la révélation (encore une!) du slam. Je dois l'avouer, cela me fait tout drôle de l'écouter, entre l'émerveillement et la tendresse... C'est un grand! 

Et puis, je songe à tous ces hommes que je côtoie, qui, par leur courage face à la maladie, la leur ou celle de leurs proches, nous fortifient et nous incitent à aimer la vie. Lui, par exemple, qui est en train de perdre la vue mais qui continue à s'émerveiller d'une expression sur un visage, d'un geste, d'un sourire... Lui, et lui... et lui... et lui...

Est-ce dans l'épreuve et la maladie, qu'on devient admirable ? pas toujours sans doute, pas seulement... 

Hmm, ça fait du bien d'admirer.

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 15:06

L'amour est chose délicate, l'amitié l'est tout autant... si ce n'est plus. Vous aimez quelqu'un, vous voulez le lui dire, et vous voulez qu'il vous aime en retour... Quoi de plus... naturel ?

Seulement, vous n'êtes pas toujours tel qu'on vous désire. Vous avez des aspérités. Vous décevez. Vous faites des efforts, et de temps à autre, rien n'y fait, vous déplaisez à certains ! 

La solution, la "pente naturelle" (est-ce "la pente douce" ?) consiste à ne pas fréquenter, à ne pas se frotter à celui qui est différent :

"Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arrache-toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse-toi tu pues, et marche à l'ombre !"
(Renaud)

L'autre solution, l'autre pente, consiste à se conformer à ce qu'on attend de vous; à ceux que vous appréciez qui vous veulent tels qu'eux. Alors, vous leur faites plaisir, vous les singez, vous avez les mêmes idées qu'eux. En somme, vous vous flattez mutuellement ! C'est l'une des particularités de l'amitié, de la bonne entente sociale. C'est la base de la sociabilité, de la politesse... cela l'est tout autant des sectarismes, ou, tout du moins, des communautarismes qui fleurissent partout et même en ces jardins que sont les blogs. 

J'ai eu l'occasion de m'accrocher à certaines blogueuses, sur leur site, leur jardin, leur terre d'élection... j'ai eu le malheur d'irriter leur superbe, leur image d'elles-mêmes, et de déclencher leur courroux. Aucune insulte, à aucun moment, de ma part, juste une opposition d'idées, de point de vue. Eh bien, c'est le pouvoir suprême que vous offre votre site, vous pouvez couper le sifflet à celui qui dérange votre train-train, votre auto-satisfaction ! on m'a laissée commenter, en ne se privant pas d'aller jusqu'à l'insulte verbale pour répondre à mes propos jugés dérangeants, on a même indiqué que mes commentaires, par honnêteté, ne seraient pas effacés ! Mais, au bout d'un certain compte... on a bloqué mon accès au site en question, ainsi qu'au site d'un "ami" blogueur. Lui a-t-on fait comprendre (et comment ?) l'intérêt qu'il y avait à me bannir ?

Drôle de monde.

Je ne sais, décidément, que croire... préférant me dire que "la vérité est ailleurs", forcément dans la complexité.

Mais, pourquoi être si amère ? En fait, je ne leur en veux pas... J'ai depuis un certain temps épuisé mon animosité, en d'autres bras... Il ne me reste que le désir de me faire comprendre, que le désir de comprendre. Alors, j'y suis retournée sur le site, juste pour voir. C'est là où j'ai vu que mon adresse avait été bloquée.

Pour détendre l'atmosphère j'aimerais écouter, et vous proposer Brasil (c'est un clin d'oeil à ces dames...)





et Ana Moura, fadiste, pour mon plaisir à moi...

Par Luciamel - Publié dans : blogs et blogueurs
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 17:21

Le matin à 9h, les visages tout juste débarqués de leur voyage de la nuit. Un homme habillé simplement, et rasé de près, fait la manche, il doit parler. 

"Excusez-moi de vous déranger... nous vivons en République. Dans une grande démocratie, personne ne devrait avoir à faire ce que je fais, personne ne devrait être un laissé pour compte... mais comme nous vivons dans une grande démocratie bientôt ça va s'arranger... En attendant, est-ce vous pourriez m'aider d'une petite pièce ou d'un ticket restaurant, d'un sourire ?"

Un homme cherche une pièce dans son porte-monnaie, n'en trouve pas... L'autre lui dit : "c'est rien, merci quand même" et s'éloigne.

Annie Ernaux écrit des livres que je n'ai pas lus. Dans le dernier numéro de Télérama, le contraste du visage de cette femme de 67 ans,  avec certains des propos de la journaliste : "ses amours violemment charnelles ou humiliantes". Elle parle de révolution, de politique, de Bourdieu. Cette femme m'intrigue et m'attire.

A la sortie du métro, un homme assis en haut des marches, près de lui une boîte en carton découpée, des pièces qu'il y a posées, pour bien indiquer où, et combien, on peut donner, il sort de sa poche une autre petite pièce jaune qu'il ajoute à celles déjà assemblées, il prend soin de bien placer l'ensemble de façon à rendre l'étal attractif. Une jeune femme revient sur ses pas, pour apporter sa contribution à l'édifice. 

Dehors, l'air est frais, froid même. C'est un matin de la mi-février.

Ensuite, G. me parle de Mercedes Sosa et d'Ariel Ramirez... d'Alfonsina y el mar. Je connais la chanson... de Mercedes, la reprise de Cristina Branco, il me raconte l'histoire... de cette poétesse, du début du XXe siècle, née en Suisse, dans le Tessin, émigrée à l'âge de 4 ans en Argentine, féministe, amie des plus grands poètes, de Borgès entre autre. Ses thèmes, la mer, la mort, le suicide. Elle est une véritable légende en Argentine : Alfonsina Storni, qui, à 40 ans, atteinte d'un cancer, et après avoir écrit un dernier poème d'adieu ("je vais dormir") s'avance vers la mer pour s'y plonger à jamais. 


Te vas Alfonsina con tu soledad
¿ Qué poemas nuevos fuiste a buscar ?
Y una voz antigua de viento y de sal
Te requiebra el alma
Y la está llamando
Y te vas, hacia allá como en sueños,
Dormida Alfonsina, vestida de mar.


Je dirai, comme Mercedes Sosa : "gracias a la vida" car, aujourd'hui, elle m'a fait cadeau de... tout ça. Que la nuit nous porte jusqu'à demain.

Par Luciamel - Publié dans : métro, voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Pour m'écrire

Vous pouvez m'envoyer un message personnel
en cliquant sur  contact 

Présentation

Recherche

Images Aléatoires

  • img327
  • 20110526 Roses, FKDL 006
  • 20111402 Art de rue, Père Lachaise, février 2011 018
  • 20111402 Art de rue, Père Lachaise, février 2011 007
  • 20111402 Art de rue, Père Lachaise, février 2011 009
  • img332

Derniers Commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés