Poésies, musiques

Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /Avr /2009 10:47

Hier, en promenade dominicale dans mon quartier, et passant comme à l'accoutumée rue Vieille du Temple, j'ai croisé, à l'aller, ces étranges animaux enlacés (tiens, faudra demander à Roswitha qui est JB). Au retour, quelques heures plus tard, sur le trottoir venant vers moi, deux jeunes gens (un homme et une femme), d'environ 25 ans. Dialogue :

- Moi, je sais pas attendre. Disait-elle, en souriant vivement.
- Les filles, normalement, elles se font pas désirer, machin..? Lui aussi était tout sourire.
- Oui, mais moi, je sais pas atteeeendre ! répéta-t-elle, au bord du rire.


Puis, de retour en mon jardin, j'ai songé aux doux printemps passés, aux cerises cueillies, aux impatiences coquines. Plus tôt dans la journée, sur FIP, Cristina Branco me l'avait déjà rappelé, avec son fado emprunt de sensualité, son Longe do Sul (Loin du sud).




"Longe do Sul  
Longe do Tejo    
E bem melhor o amor   
Perto de ti, beijos de côr  
(...)
Basta-me o compasso do rouxinol
(...)
O teu corpo é uma espada,
Largo ao incerto
E baixo a guarda". 

Loin du Sud
Loin du Tage
L'amour est bien meilleur
Près de toi, baisers en couleurs
Le compas du rossignol me suffit
Ton corps est une épée
Je m'embarque vers l'inconnu
Et je baisse la garde
(Cristina Branco, traduction libre)





Et Barbara, avait renchéri avec sa mélodie des corps mêlés...

"A peine le temps s'est posé,
Printemps, hiver, automne, été.
Tu t'en souviens ? C'était hier,
Printemps, été, automne, hiver.
A peine tu m'avais entrevue,
Déjà, tu m'avais reconnue.
A peine tu m'avais souri
Que déjà, je t'avais choisi.
(...)
Et je m'enroule au creux de toi
Et tu t'enroules au creux de moi".
(A peine, Barbara)




Un heureux hasard, vient de me faire entendre à l'instant Camille :

"Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre
sur le nombre de jours qui
jonchent le sol
d'octobre

Mâle si tendre
au début de novembre
devint sourd aux avances de l'amour
mais quel mal me prit
de m'éprendre de lui ?

Sale décembre
comme il est lourd le ciel
sais-tu que les statues de sel
ont cessé de t'attendre ?

Pâle septembre
Entends-tu le glas que je sonne ?

Je t'aime toujours d'amour
je sème l'amour"





Photos (c) Luciamel
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 19:55

celle que j'ai essayé de numériser... mais tout s'y est opposé.

Elle est du 16 mai 1966. J'ai 6 ans. Le décor du photographe en fond, des colonnes en enfilade, un peu surréalistes, d'où nous surgissons. Mon grand-père assis sur une chaise pliante, fier dans son costume, en même temps si "cool", le regard tranquille et amusé, à la fête de la ville, la foire de l'année, nous à côté, ma soeur sur le zèbre à bascule, moi debout près d'elle, tenant les rênes de la main droite, et nos deux sacs à main blancs de la main gauche. Robes courtes plissées, chaussettes et souliers blancs.

Ce fut la photo envoyée à mes parents : eux repartis en France, et nous ayant laissées depuis janvier. On ne les reverrait qu'une révolution plus tard, en août 68.

Déjà à cette époque-là, nous faisions tout pas comme les autres... elle et moi. La montre (qui n'était pas "vraie", juste une décoration, une fantaisie pour la photo...) nous la portions toutes deux au bras droit. Or, je n'ai jamais changé depuis, et mes montres c'est toujours à ce poignet-là que je les ai mises.

Je plisse les yeux, comme éblouie par une trop forte lumière, pourtant ni mon grand-père ni ma soeur n'en semblent gênés. Qui regardions-nous avec tant d'attention ? les destinataires de la photo, l'appareil, ou le photographe ?

Et qu'avons-nous fait après ? nous a-t-il offert une friandise (en ce temps-là, c'était un grand luxe) ? Nous qui avions l'habitude de porter des souliers en bois - attention, rien à voir avec les gros sabots de paysans -, ou de marcher pieds nus, avons-nous bien honoré toute cette blancheur ?

Est-ce lui, dont j'ai hérité le regard à la fois fier et serein, qui vient ce soir m'empêcher de "numériser", et de mettre en ligne le passé ?

Miguel, image si positive et noble d'un homme d'honneur, lui qui était un "cantonnier", en ces temps-là portant uniforme comme un officier, et dont le numéro sur le chapeau à jamais pour nous restera gravé : "le 27", c'est ainsi que mon père l'avait surnommé.

Mon grand-père au regard d'Indien, dont le mystère se cache aujourd'hui encore sous les pierres des chemins, celle dont il me disait : attention à ne pas la renverser car un génie y vit caché. Lui, qui m'a enseigné le secret des abeilles, dont il m'offrait le miel à chaque nouvelle année; lui qui m'a appris à faire sécher les raisins pour Noël; lui qui mettait son chapeau de cantonnier sur la serrure de la porte, pour empêcher les mauvais esprits de rentrer; lui qui m'avait prêté sa montre de gousset parce que moi la "Française", et la révolutionnaire,  je m'habillais désormais de chemises de grand-père... et la lui avais demandée.

Lui, il est toujours là, près de moi sur le chemin, à me prévenir quand une pierre est la demeure d'un esprit malin.





Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 19:37

Il est en ce moment deux fleurs de saison, inévitables et primordiales. Pas besoin d'aller bien loin, Vincennes ou les rebords des chemins y suffiront.

La première est la Véronique, qu'on confond souvent avec le Myosotis, il faudra pour les distinguer bien observer les feuilles, rondes pour la première, longues et effilées pour le second.

La Véronique petit chêne a ma préférence, délicate, et si étoilée... elle illumine les sous-bois, elle me chante les commencements : amour, joie ou tendresse, fraîcheur des premiers temps. Mais comment choisir ? entre la Véronique de Perse, celle à feuilles de lierre, celle des champs ou la germandrée... mon coeur balance.

Le Lierre terrestre, si commun apparemment, nous conte les temps anciens : ceux de l'enfance, à butiner ses fleurs sucrées, ceux de la terre qu'il n'a jamais quittée.

Alors, je laisse les Magnolias, comme les Narcisses, à leur "culture" et leur éclat... pour me pencher vers ces merveilles de simplicité.

Je dirai longtemps les chemins, les talus, les sous-bois, les ronces et autres Compagnons blancs... de mes promenades enchantées.






Que de fois, votre simple vue, votre apparition, a suffi à effacer les peines, à dire un autre langage que celui des humains.

Je redeviens oiseau, je redeviens eau, je redeviens sable, je redeviens ciel, je redeviens lumière... près de vous.



Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 21:25

Ô fil de nos manteaux de laine,
Au coeur de nos frilosités,
Bien au fond de la haine,
Se cachent ces fleurs d'amitié.

Délicates et souveraines,
Elles sont blanches, ou rosées,
Tendrement reçois-les,
Toi, le prince de mes pensées.

Toi, l'amie enfermée.
Toi, la soeur alitée.
Toi, l'enfant-miel.
Ces fleurs venues du ciel.





 
Au cirque de l'hiver,
Accrochée à la pierre,
Dans la rue Amelot,
S'étale la vie, notre lot.

Simple et entière,
La plante a ouvert
Son chemin vers
La terre.

Comme elle, renaissons,
Et en elle soyons.
Simple et entière,
Chantons la lumière.





Photos (c) Luciamel
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 23:42

Je vous aime.

Criez-vous, à tout bout de champ.

Vous aimez, vous m'aimez.... à quoi bon ?

Regardez-moi, regardez-nous.

Je suis au bout de vos fusils...

Je suis au bout de nous.

Ne me demandez pas de vous donner
l'exonération de tout.




Je m'ennuie de vous,
Je me confronte à votre loi.

Que me voulez-vous ?

Que je me soumette ?

Que je sois toute à vous ?

Imaginez que vous soyez...

Moi...







Ben voilà ! qu'on ne sait pas.

Qui a tué le chat ?

C'est toi ?

L'homme a tué l'homme...

et la femme est restée sans voix...

Elle a juste... observé... sans plus...








Tout cela m'ennuie..

Tout ce conflit...

Je vous en prie, soyons amis.

Voyez-vous, ne le voyez-vous pas ?

le ciel s'enquiert de tout ça...








On m'a dit : sois heureuse !

Pardon ? vous trouvez que je chante faux ?

On m'a dit : souris !

On m'a dit : love is... god is... (je mélange les deux)

J'ai répondu : soit ! et sois.









Surtout : merci Isabelle ! pour cette extraordinaire expo !


Le peintre s'appelle Gutter, il a réalisé cette fresque qu'Isabelle Lebre, la galeriste, m'a permis de prendre en photo et de poster sur mon blog, elle sera effacée à la fin de l'expo, le 13 avril. L'artiste invité est le sculpteur Fabrice Delaunay. Ca se passe à l'Art de rien... 48, rue d'Orsel, dans le 18e à Paris (ouvert du mardi au dimanche, de 13h30 à 19h30).


Photos (c) Luciamel

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires
Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 20:56

Un jour nous partirons,
Un jour nous mourirons,

Ta plus belle chanson,
Ton cantique, à son nom.

Mourir, quelle délivrance,
Mourir, retrouver l'enfance.

Souvent, je ferme les yeux.
Souvent, j'appelle les cieux.

Dis, l'ange, emmène-moi,
Dis, ça finit quand tout ça ?

Seule ta lumière m'éclaire,
Seule ta liberté m'enserre.

Joie de s'envoler,
Joie d'enfin aimer.

Mes doigts aux tiens,
je les joins.
Mon coeur pleure,
et se souvient.

Nous serons unis,
Nous... elle, lui, et puis...

On ne sait rien,
On fredonne ce refrain.




Tu es parti, toi, qui m'inspirais  ceci...

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 13:32

Le salon du livre, je n'irai pas, c'est la folie... Le thème d'actualité (à la mode !) : les blogs d'écrivains, les écrivains de blogs. Qui est qui ? qui écrit quoi ? Croiser un écrivain, en vrai... Le toucher du regard, lui demander de vous laisser sa trace (sa dédicace) sur un livre.

Chez
Ladies Room, pour le pot n° 2, champagne et rencontres humaines... Voir "en vrai" les avatars fantasmés. L'humain si rassurant par rapport à la froide apparence (souvent) des mots. Au commencement était le Verbe... Magie, car le Verbe est "la vraie lumière". Magie, car par le Verbe se fait la création du monde. Je sais que le monde existe car je peux le nommer, ma propre existence n'est prouvée que par les mots, la pensée... (cogito ergo sum).

Ce soir-là, jeudi, j'ai ainsi rencontré plusieurs avatars... certains dont j'avais déjà eu l'occasion de voir la matérialité (très incarnée, et christique ma foi...), d'autres qui se matérialisèrent sous mes yeux pour la première fois...
Olympe de Gouges par exemple; j'ai pu me rendre compte que j'avais assimilé deux pseudos (Olympe et Olympe) alors qu'il s'agissait de deux personnes différentes. L'une est libraire et d'origine portugaise et féministe et écrit sur Ladies Room. L'autre est cadre sup, mère de cinq enfants, et est féministe, mais sans nul doute pas portugaise... Avouez que c'est "confusant", comme dirait François Pignon.

Vous dirai-je qu'ensuite nous avons parcouru
Le ventre de Paris (merci pour la référence chère libraire, car je ne l'avais pas lu celui-là)  ? Olympe, Mya et moi.

Sachez seulement qu'il fut question de ventres... les nôtres, mais aussi celui des femmes en général.

Le lendemain se traîna un peu... porté pourtant par cette lumière... celle qui à aucun moment ne nous avait fait défaut. Car le Verbe, dans ce bar si banal, s'était fait chair encore une fois.

Pour décrire ce qui par moments traverse nos "réalités", cette musique (bouleversante au plus haut point) proposée par A.F. Garréta sur France Musique, où elle était interviewée à l'occasion de la sortie de son livre
Eros mélancolique, écrit en collaboration avec J. Roubaud : il s'agit de leur réécriture d'un texte téléchargé sur internet... Elle y a énoncé d'une voix aux accents monocordes... l'émotion, la palpitation des mots, l'origine rythmique de l'écriture, je dirais l'origine musicale de la pensée... et de la vie.



Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 20:39


Il a mis le doigt dans la rose,
j'ai tourné sept fois la langue
dans la bouche,
puis autour du pot...

Vous dire la couleur de nos joues,
la chaleur de nos reins,
ou son regard dans le mien,
au moment où la porte du ciel,
la présence de l'éternel,
se faisait en nous.

Les doigts se nouent,
les souffles courts,
le halètement
qui ressemble
à notre fin de vie.

Toi, qui te perds
en moi, toi,
qui ne sais plus,
où tu es en moi.

Toi que je suis,
et qui me fuis...

Brûlure de nous,
gouffre sans fin.

Encore, encore,
je t'appartiens.

Femme, homme,
ce ne sont que des mots.
Nous sommes l'un,
à jamais.




Photos (c) Luciamel, Beaubourg, oeuvre de FKDL.

Ce texte va être publié (ici, je l'ai déjà un peu modifié) à minuit sur le site Ladies Room, pour la journée à thème "Fesse cachée", un partenariat avec un site... olé, olé... (mais tout à fait correct ! enfin, de ce que j'en ai lu). Normalement, on ne saura pas que j'en suis l'auteure (car c'est anonyme), mais on le devinera sûrement... d'autant que je sème des indices partout.

Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 23:31
Fadaises,
Je vous en conjure,
Revenez à d'autres sentiments.

Je vois Rousseau, vous êtes Voltaire.
Soyez raisonnable.
N'essayez pas de me convaincre.

Je m'enfouis, dites-vous.
Je m'enfuis... surtout.
Comprenez-moi, vous.

Non, nous ne pouvons pas.
Vous êtes, je suis...
Vous ne sauriez pas...

M'aimer.
Je crois.




photo (c) Luciamel
Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 00:04


Par Luciamel - Publié dans : Poésies, musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés