Politique, société

Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 20:38






Amnesty manifestait devant Beaubourg, "JO Pékin 2008 - Quelle médaille pour les droits humains ?", dans un bus londonien. Une toute jeune femme a expliqué patiemment à Lucas et Antoine (mon neveu et son copain, près de 11 ans tous deux) ce qu'était le respect des droits humains, le problème de la peine de mort, la liberté d'expression. J'ai, pour illustrer, dit à Lucas : "Tu vois, là-bas si tu écris que le président, bon ici c'est Sarkozy, alors si tu dis l'équivalent de "Sarkozy, c'est un abruti" et bien tu peux finir en prison..." Ce à quoi Lucas a répondu : "Mais c'est vrai, Sarkozy c'est un abruti." C'est ça la liberté d'expression... lui ai-je suggéré, pouvoir dire : Sarkozy, c'est un abruti. En même temps je me suis demandé quelle était la liberté de cet enfant de 11 ans... dont la pensée est le reflet de celle de son milieu, de sa famille.






Ne sommes-nous pas que des enfants qui répétons, croyant en notre liberté, les formules qui satisferont notre bonne conscience, et notre famille de pensée ?



Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 19:40

Face à l'enthousiasme général... wouah!!! un article sur Noam Chomsky... sur les médias et la fabrication du consentement (et les liens sur l'intégralité d'un documentaire exceptionnel démontrant comment le principe de liberté de parole est baffoué en démocratie...), j'ai décidé de vous en remettre une couche : Qui est Noam Chomsky ?

Je l'ai croisé (pas lui... hein ? ses textes...) en année de D.E.A. (aujourd'hui on dit Master), j'ai lu, et me suis passionnée, pour sa discussion avec Dell Hymes... sur la définition de l'objet de la linguistique : "doit-on s'attacher à analyser le langage en tant que code (la langue) en dehors de son utilisation par les individus (la parole) ? (ce sera la position défendue par N. Chomsky, qui déconnectera sa recherche de l'idée même de communication) ; doit-on, plutôt, étudier l'utilisation ordinaire que les sujets parlants font d'une langue ?" (je cite mon mémoire de D.E.A.). Et aujourd'hui encore la polémique perdure... en effet deux écoles se font face (c'est toujours la même histoire, celle de l'oeuf et de la poule...) : sa grammaire générative transformationnelle pose qu'il y a une grammaire universelle (comme une pensée de base), des structures universelles, face à une linguistique qui dirait que tout ça (le langage) n'est qu'apprentissage et conditionnement (des ordinateurs aujourd'hui pourraient créer du langage). C'est l'inné et l'acquis. Bref, cet homme est un génie.

Mais, Chomsky, pour moi, c'est aussi... et avant tout ? le militant, le socialiste "libertaire" américain, engagé contre la guerre du Viêt Nam, c'est celui qui s'oppose au soutien des Etats-Unis à Israël contre les Palestiniens, celui qui a dénoncé le pouvoir et la manipulation des médias, celui qui s'est exprimé sur les attentats du 11 septembre, celui qui contribue régulièrement au Monde diplomatique, celui qui s'est fait huer, et "ostraciser", en France pour sa défense à la liberté d'expression de Faurisson, celui qui a un site officiel que voici que voilà : Noam Chomsky.

Et, pour mieux vous le faire connaître, voici le premier extrait (le plus intéressant peut-être) du documentaire, Les médias et les illusions nécessaires - la fabrication du consentement :

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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /2008 22:24

N1GE02A_20080211_px_470__w_ouestfrance_-copie-2.jpg Il y a quelques années, en France, personne ne parlait du Timor oriental, personne mis à part Danielle Mitterrand et  Paul Moreira sur Canal +, ce n'était pas à la mode... en ce temps-là...  Les journaux, de droite et de gauche... n'avaient que peu à faire de ce petit pays, perdu près de la lointaine Indonésie sous la coupe du dictateur Suharto, cette ancienne colonie portugaise où depuis un quart de siècle tout un peuple se faisait trucider sous les yeux, complaisamment, clos de la communauté internationale. 

 

Xanana Gusmao, le Premier ministre (à gauche) et José Ramos Horta, le chef de l'État timorais (photographiés ici en août 2007), ont été victimes d'une attaque rebelle. Le second a été grièvement blessé. : AFP, le 12 fév. 2008


Ils se sont fait massacrer au vu et au su du monde entier... sans que presqu'aucune ligne ne soit publiée dans notre pays de liberté de parole... de liberté d'expression... de liberté de pensée, de liberté de la presse, dit-on...

Pourquoi ? quels censeurs nous ont empêchés de nous exprimer ? L'Indonésie, à cette époque-là, ne s'était pas encore débarrassée de son dictateur, Suharto, et les Etats-Unis, l'Australie, la France, y avaient de très gros intérêts économiques... Alors, on a fermé les yeux, l'encre de nos stylos s'est asséchée d'elle-même, car nos journaux sont financés par nos multinationales implantées sur ces terres d'inhumanité... Pas besoin de leur interdire de parler, aux journalistes, ils le font d'eux-mêmes... ils l'ont fait pendant 25 ans... et 200 000 Timorais sont morts de par la complicité du monde occidental avec la dictature de Djakarta.

Puis, un jour, en 1998, Suharto est tombé, parce que les Etats-Unis, l'Australie y avaient finalement vu leur intérêt, aussi, peu avant, en 1996, on avait décidé d'attribuer le prix Nobel de la Paix aux opposants timorais... José-Ramos Horta et à l'Evêque Belo.  On a libéré Xanana Gusmao (lui resté dans les geôles indonésiennes de 1992 à 1999, dans l'indifférence totale de la communauté internationale) lui l'opposant de la première heure, lors de l'invasion du Timor oriental par l'Indonésie, le 7 décembre 1975, lui qui est devenu son premier Président en 2002. C'est alors que ce petit pays est devenu une cause à la mode...

Pendant près de 30 ans, personne dans nos pays de liberté, personne n'a rien dit... ou, presque personne... les grands médias se sont tus de concert. Quelques voix se sont élevées, pourtant. Parmi elles : Paul Moreira, Danielle Mitterrand et sa Fondation, le Dalaï Lama qui avait pris fait et cause pour le Timor (il comparait la situation de son peuple à celle des Timorais massacrés dans l'indifférence des nations), et surtout... celui qui pour moi toujours représentera la clairvoyance dans ces brumes médiatiques : Noam Chomsky. 

Dans Les médias et les illusions nécessaires, documentaire de 1993, il dénonce inlassablement et de façon implacable, ce système qui nous rend aveugles, complices, croyant que nous sommes libres et bien informés : "nos illusions nécessaires"... L'illusion de la liberté de la presse... l'illusion de se croire informé de tout... Il y déplorait, déjà, cette grande dissimulation aux yeux du monde : celle du massacre du peuple timorais...

Aujourd'hui Lhassa (Alexandra David Néel, toi qui fus la première femme occidentale à y pénétrer, je songe à toi... et je renvoie à l'article de Philiberte...) je te dis :

Lhassa brisée ! Lhassa martyrisée ! Lhassa libérée !

Maintenant, si vous avez un peu de temps... deux extraits du documentaire de Chomsky  (l'intégralité se trouve tout en bas sous forme de liens) :









Part. 1/9: http://www.dailymotion.com/video/x2fv3m_chomsky-manufacturing-consent
Part. 2/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2fwsi_chomskymanufacturing-consent
Part. 3/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2g7zr_chomsky-manufacturing-consent
Part. 4/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2gp8t_chomsky-manufacturing-consent
Part. 5/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2gqhi_chomsky-manufacturing-consent
Part. 6/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2gypw_chomsky-manufacturing-consent
Part. 7/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2gzv8_chomsky-manufacturing-consent
Part. 8/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2h19x_chomsky-manufacturing-consent
Part. 9/9:
http://www.dailymotion.com/video/x2h2ex_chomsky-manufacturing-consent

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Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /2008 20:56

  (chabada.blog.free)
commune-copie-3.jpg Ce matin une conversation avec Béatrice, je lui parlai de déconsommation, de mon envie d'écrire quelque chose sur le sujet... organiser une résistance, arrêter d'engraisser les sociétés du CAC 40, privilégier les produits "vertueux" (ceux qui nous sortent du cercle vicieux... celui du profit de certains au détriment du plus grand nombre). Commencer à développer une activité hors circuit, constituer des communautés "résistantes", pour obliger les grands groupes (si nous ne consommons plus leurs produits, leurs profits forcément s'effrondreront) à modifier leur politique.

Mon amie me confia avoir été très émue un peu plus tôt par une émission de France Inter, il s'agissait du témoignage de carmélites, dans un monastère de l'Yonne, qui dénonçaient la valorisation systématique dans notre société de la "réussite socio-économique", et ce même dans les magazines religieux, faisant peu de cas d'une autre forme de réussite, elle, sans espèces sonnantes et trébuchantes. Réussite personnelle, intérieure, réalisation plus que "réussite". Je retrouvai quelques heures plus tard une référence à cette émission dans mon programme télé/radio : "Nous, carmélites, sommes intégrées dans cette société, mais d'une manière différente. En ce sens, et parce qu'on dit stop à l'excès, nous sommes des révolutionnaires. Souvent dans ma prière, je demande au Seigneur de bien vouloir demander aux hommes d'arrêter cette boulimie de consommation."

Révolution au Carmel, oui, mes soeurs soulevons-nous : "Consommer, c'est faire l'expérience d'une certaine solitude, d'une carence affective. On a tous des envies. Mais une fois satisfaites, elles grandissent et rebondissent. Le tissu social est malheureusement en train de s'abîmer. Il est difficile de lutter contre le matraquage publicitaire lorsqu'on est isolé. Pour nous qui vivons en communauté, c'est plus facile." (Télérama, n° 3036)

Je suis moins sereine qu'elles, car c'est maintenant la colère qui, par moments et de plus en plus souvent, m'étreint quand je vois mon travail ne pas suffire à seulement me nourrir... quand chaque fois en fin de mois, je dois jongler pour réussir à payer les charges diverses qui pèsent sur mon pouvoir d'achat... J'ai déjà dit avoir renoncé aux sorties (la semaine prochaine j'ai la chance de bénéficier d'une place de théâtre à 10 euros : quelle chance !), j'ai dû choisir entre un traitement homéopathique non remboursé (30 euros non pris en charge ni par la sécurité sociale, ni par la mutuelle, auxquelles je cotise chaque mois) et un autre "luxe"... J'en suis arrivée à rationner mon shampooing, je me dis : mets-en moins à chaque fois, il durera plus longtemps... Le resto, ça fait belle lurette que je n'y vais plus qu'avec mes tickets-resto du midi... (et j'apporte ma "gamelle" sur mon lieu de travail).

Je ne supporte plus de voir que mon travail n'est pas estimé à sa juste valeur. J'ai onze ans d'expérience dans la même société, une qualification bac + 5 (celle qui est requise pour mon poste est de bac + 4), je suis payée 1600 euros net par mois (sans aucune prime, sans treizième mois, et j'ai 5 semaines de congés payés).

J'attends avec impatience que passe la nouvelle loi sur la "rupture du contrat de travail par consentement mutuel" avec assurance chômage à la clé... je serai parmi les premières à demander à mon employeur de rompre. Je me mettrai au chômage, avec minima sociaux, et aides sociales diverses, je ne paierai plus plein pot pour tout... et qui sait, j'arriverai peut-être à dégager un profit !!!

Je vous le demande : quel est ce pays où il vaut mieux être au SMIC (c'est à peu près ce que je toucherai au chômage) que de travailler avec bac + 5 (c'est-à-dire un Master et une expérience professionnelle de 10 ans) ?

Un point que je dois préciser : je suis une femme... et dans mon secteur d'activité, il y a une majorité de femmes (dans mon entreprise : 100% des salariées), donc avec dévalorisation du statut de la profession et des salaires, il faut dire aussi que ce sont souvent des femmes qui y exploitent sciemment d'autres femmes. Vivement le Carmel !

La chanson du dimanche : "Cash Cash Money Money"


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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /2008 21:20

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Mozart

Ras-le-bol de devoir compter qu'un sou est un sou : plus moyen d'aller chez le coiffeur, trop cher ! plus moyen de boire un café au café, trop cher ! plus moyen d'acheter un vrai journal en papier, trop cher ! plus moyen de faire les soldes, trop cher ! plus moyen de trop manger, trop cher ! (ça c'est pas mal pour le régime, j'ai déjà perdu 3 kilos...). 

Ras-le-bol des hommes, trop cher payé ! vous donnez votre coeur et on vous le rend d'un air dédaigneux... de pas assez bonne qualité votre coeur... c'est votre cul seulement qu'on voulait ? c'est votre âme peut-être, votre soumission, que sais-je ? vous n'étiez pas assez dominatrice... pas assez soumise... aujourd'hui c'est la norme, pour être aimé, frappez fort!!! soyez bien méprisant et vous aurez Paris à vos pieds. 

Ras-le-bol des femmes, parfois trop dures, souvent dans la jalousie, dans l'invective, qui vous tuent d'un mot... N'attaquez pas une femme verbalement ou vous vous en mordrez les doigts. Leur arme, fourbie pendant les millénaires de domination masculine, est le langage. 

Ras-le-bol des microbes, des virus, de la maladie, du corps qui vieillit : quand ça touche ceux que j'aime, quand ça me fait mal, m'inquiète, me rend moins désirable... 

Ras-le-bol des guerres, des attentats, des génocides...

Ras-le-bol des jours qui ne sont pas dans ta lumière...
 
Ta lumière...

Toi, qui es-tu ? 

Pas Sarkozy, c'est sûr ! Pas Ségolène, non plus. Aide-toi, et le ciel t'aidera, dit-on. Moi, je m'aide beaucoup et le ciel il ne fait pas grand chose... 

Que se passe-t-il Lucia ? hier, la révolution, aujourd'hui le ras-le-bol...

Je vous le dis : écoutez-nous, tant qu'il en est encore temps... Nous n'en pouvons plus de vous voir dans l'aisance, dans le luxe, et de nous voir dans le besoin, dans l'expulsion, la limitation, LA RUE... 

Chaque être humain que je vois mendier... voler, trimer, se cacher, tricher, mentir, insulter, détruire... me fait mal. Bon, je parle de détresse... je ne m'aventurerai pas sur les terres de la folie... de la perversion... (celui qui jouit du mal qu'il fait à l'autre...) ça c'est hors sujet. 

J'ai besoin d'une note joyeuse... d'un moment d'émerveillement... de faire briller mes yeux... de sourire... 

J'ai besoin de Mozart.

Moi, qui n'y connais rien (ou presque)... pas née dans le bon milieu social... j'ai trouvé un jour, sur mon chemin de tristesse, cette consolation, par hasard, la musique dite classique, elle seule parvenait à atténuer la douleur. J'écoutais sans discernement France Musique, j'allumais le poste... et soudain... la paix survenait. Je ne savais pas exactement de qui, de quoi, il s'agissait, j'écoutais, je ressentais seulement l'appel... la résonance quelque part en moi.  




free music



 

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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 23:40

"Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même. Aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement et dans la pensée de l'avenir ?
Mais ôtez leur divertissement vous les verrez se sécher d'ennui. Ils sentent alors leur néant sans le connaître, car c'est bien être malheureux que d'être dans une tristesse insupportable, aussitôt qu'on est réduit à se considérer, et à n'en être point diverti." Pascal, Pensées. 



Un ami blogueur m'a suggéré d'écrire un "billet", (moi je dis encore  un "article"), sur cette spécificité bien française du sarcasme. 

Je suis presque née ici, je veux dire en France, je l'ai raté d'à peine 8 ans et demi... Par la même occasion j'ai loupé mai à Paris (mai, mai, mai, mai, mai, mai, mai... Paris!), eh oui, je suis arrivée pour la rentrée scolaire de septembre, juste après les événements... Depuis, j'ai pas bougé !!! 

Alors, ça fait un bail que j'observe... les différences, les ressemblances. 

Et celle-là, celle du trait d'esprit, souvent n'a de spirituel que l'appellation d'origine contrôlée, bien franchouillarde... et, parfois, ne s'apparente qu'à de la méchanceté gratuite : si j'ai réussi à dénigrer l'autre, à bien faire rire mon auditoire, c'est gagné, car j'ai montré le brio de mon intelligence et, dès lors, mérite admiration. Bien sûr ça me fait penser au très pertinent et très mordant (pour cela j'apprécie aussi cette capacité à l'autodérision qu'ont les Français, et je m'évertue à l'expliquer aux étrangers qui ne voient que la seule arrogance et agressivité verbale) film de Patrice Leconte : 

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"Versailles, 1780. Le jeune baron Grégoire de Malavoy tente de convaincre les ministres de Louis XVI d'assécher les marais de sa province infestée par les fièvres. Mais avant d'arriver jusqu'au Roi, il devra se faire un nom dans les salons de la Comtesse de Blayac, véritable antichambre du pouvoir, où le bel esprit peut faire une carrière alors qu'un "ridicule" la brise à jamais..."

Oui, ce goût de l'ironie, où l'on tue son adversaire avec un bon mot, qu'on retrouve dans Charlie Hebdo, dans le Canard enchaîné, est bien une  particularité française. Ce besoin d'épingler l'autre verbalement, le plaisir de le "ridiculiser" par une belle formule, cet art est sans nul doute né en France. 

Respecter l'autre, ne pas le rabaisser pour le seul plaisir de briller... comme ça semble ringard ! Vous imaginez une soirée électorale (même des échanges au sein du même parti...) où les gens se parleraient avec considération ? Oh, comme ça serait déplacé. Que dirait-on d'un Olivier Besancenot (je prends son exemple au hasard... je trouve d'ailleurs qu'il n'est pas parmi les plus sarcastiques) qui ne tirerait pas à boulets rouges... sur tout ce qui ne s'apparente pas au bout du bout de ses 5, allez, 8 % ?

Pour paraître intelligent, on dit en France : "avoir de l'esprit", on doit montrer qu'on est capable (apte) à abattre l'autre d'un mot, d'une phrase bien placée, et à le faire de façon standardisée : en effet, il faut suivre certaines règles, ne pas être sensible aux arguments de l'adversaire et ne pas démordre de sa position; RIDICULE tu es, RIDICULE tu resteras.

"Je t'ai tué avec mes mots, mes 'amis' en sont témoins, je suis au pinacle, que fais-je ensuite ? je me cherche des alliés, des complices, car demain c'est moi qu'on viendra... dénigrer" : quel est donc ce penchant ?

Martin Niemöller (1892-1984) à Dachau

Quand ils sont venus
chercher les communistes,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas communiste.
 
Quand ils sont venus
chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas syndicaliste.
 
Quand ils sont venus
chercher les juifs,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas juif.
 
Quand ils sont venus
chercher les catholiques,
je n’ai rien dit :
je n’étais pas catholique.
 
Puis ils sont venus me chercher
et il ne restait plus personne
pour protester.


Douce France, doux pays de mon enfance... je chéris tes Lumières, tes philosophes, ta devise, toi qui a réussi à laïciser la spiritualité, toi qui a donné au monde ces trois mots : "liberté, égalité, fraternité". C'est d'elle, de la fraternité, dont je voulais, au départ, parler. L'ironie, c'est déjà Voltaire contre Rousseau. Lui Voltaire le bel esprit railleur, cinglant, mordant... lui Rousseau (est-il totalement français d'ailleurs ? né à Genève, orphelin de mère, abandonné par son père... élevé par son oncle, fugueur dans l'âme) inspirateur de la Déclaration des Droits de l'Homme (par son Contrat social). Même tes polémistes, tes Voltaire... je les lis et apprends beaucoup à leur contact (parfois épineux), je les aime aussi car ils sont de ceux qui toujours parleront du tremblement de terre à Lisbonne de 1755. Ces irrévérencieux, ces railleurs, ces polémistes, ces parfois sectaires, parfois superficiels, sont aussi ceux qui, un jour, dénonceront les injustices, et défendront le beau nom de LIBERTE.

Pour l'heure je voulais célébrer la  FRATERNITE (mais sans oublier pour le Tibet : la LIBERTE !!!)


Toi le frère que je n'ai jamais eu... sais-tu, si tu avais vécu, ce que nous aurions fait ensemble ? je suis moins seul de t'avoir fait, pour un instant... pour une fille... ici quand tout vous abandonne on se fabrique une famille.

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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 21:17

Je redis les termes repris par Fabius ce soir, mais je les dis au présent... "je fais un rêve" : celui que la gauche arrête de se déchirer, qu'elle suive ce que Martine Aubry vient, elle aussi, d'appeler de ses voeux, celui d'une certaine union... En ce soir de "victoire", ou plutôt de satisfaction (pour ce qui me concerne...), je fais le rêve que tous ces gens de bonne volonté pensent collectif, soient fidèles à une personne, la défendent, la soutiennent, à l'avenir...

J'ai déjà dit plusieurs fois ma sympathie pour Ségolène Royal; Martine Aubry est une femme essentielle à gauche, même si j'ai été peinée par ses remarques misogynes à l'encontre de sa consoeur... François Hollande devrait désormais se retirer de l'avant-scène... Fabius aurait intérêt à accepter le verdict des urnes (interne au parti socialiste, ou à niveau national... il ne porte pas l'espoir !). DSK... aura du mal à nous convaincre de son socialisme le moment venu... Manuel Valls aurait tout à gagner à mûrir... 

Je suis désolée d'entendre la droite se fourvoyer, mais comment pourrait-elle faire autrement ? 

François Bayrou, espérons-le, a compris la leçon.

Je ne suis pas sûre que l'information essentielle du 16 mars soit celle des élections municipales en France...

Les Tibétains sont en danger, les Tibétains ont manifesté aujourd'hui, les Tibétains ont été réprimés ces jours derniers... et aussi depuis bien trop longtemps... voyez ceci. N'oublions pas le reste du monde, soyons vigilants... 


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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 01:21

Vous femmes si vivantes, si libres, si emprisonnées, si maltraitées, si sublimes... vous êtes des exemples, vous êtes humaines... vous me donnez espoir en l'avenir, et m'en désespérez à la fois : votre martyre est révoltant. 

Je suis fière d'être femme car j'aimerais l'être à votre image. 

Combattantes, souveraines, vous exaltez le meilleur de nous, vous nous donnez la force de croire qu'encore nous pouvons changer le monde. 

Ingrid, dans la jungle, l'étau se resserre, ton corps doit lutter encore, pour toi mais aussi pour nous... 

Que cette journée enfante un nouveau monde !


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Benazir tu as été tuée, Florence et Ingrid continuez le combat !

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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 01:05

"La question reste ouverte : lequel des deux côtés de la médaille a contribué le plus à faire du réseau électronique et de ses instruments d'entrée et de sortie une monnaie d'interaction humaine si populaire et utilisée avec tant d'avidité ? Est-ce la nouvelle facilité avec laquelle on se connecte ? Ou la nouvelle facilité avec laquelle on rompt la connexion ? (...)

Les contacts demandent moins de temps et d'efforts pour s'y engager, moins de temps et d'efforts pour les briser. La distance ne fait pas obstacle au contact - mais entrer en contact ne fait pas obstacle à l'éloignement. (...)

Contrairement à l'ancienne proximité topographique, [la proximité virtuelle] ne demande pas plus que les liens soient établis à l'avance que de réussir à les établir en conséquence. "Etre connecté" coûte moins qu'"être engagé" - mais c'est également moins productif en termes de construction et d'entretien de liens."

Zygmunt Bauman, L'amour liquide - De la fragilité des liens entre les hommes

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Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /2008 21:23

Voltaire et Rousseau s'opposaient, leur dialectique nous a éclairés... Dans nos choix sociaux, nos valeurs même, pour appréhender le monde nous avons besoin de penseurs. Ils sont nos "lumières", notre ancrage dans le réel, l'horizon que nous suivons. Un certain Beaumarchais et son Figaro ont, en leur temps, incendié les esprits, exalté les ardeurs révolutionnaires du peuple.

undefined Aujourd'hui je doute... Résultat des élections en Russie, un certain Kasparov, joueur d'échecs, réduit au silence... Est-ce toute l'opposition qu'on trouve dans ce grand pays ? (loin de moi l'idée de dénigrer cet homme au courage exemplaire). Ici, un samedi soir en France, sur une chaîne du service public un philosophe et son fils emberlificotés dans leur habit de "philosophe" : la famille Glucksmann. Qui ces gens-là peuvent-ils guider ? Où est la pensée ? Un journaliste, Eric Nolo, avait presque pitié de pouvoir si facilement la démonter.

Je ne me réjouis pas plus de voir ces nouvelles aristocraties (ah... la France et sa Révolution... qui n'a eu de cesse que de toujours se trouver des monarques, une cour, des courtisans...) : des Mazarine Pingeot, des Jean Sarkozy, des fils et filles de... en veux-tu en voilà... (ces deux exemples n'étant là que pour le symbole).

Où se trouve en France l'opposition à cette élite ? à ces nobles auto-proclamés... 

Comme toujours, c'est par le peuple, les petits, les affamés (et, de plus en plus, ce terme est approprié, car quand pour faire des économies, et joindre les deux bouts, les gens en sont réduits à économiser sur leur nourriture, c'est bien de cela dont il s'agit) qu'elle nous viendra.

Alors, Messieurs les nantis, et vous, nouvelle Marie Antoinette en votre Palais de l'Elysée, ne nous contez pas : "s'ils n'ont plus de pain qu'ils mangent donc de la brioche", vous risqueriez d'y perdre la tête.

Ecoutez notre plainte, car bientôt un certain Figaro pourrait venir vous la re-chanter!!!

Zygmunt Bauman, génial philosophe et sociologue anglais d'origine polonaise, déjà il nous avait prévenus sur les dangers de l'Amour liquide... aujourd'hui il nous avertit :

"Les intellectuels ont renoncé à transformer le monde. Pourtant, ils nous sont indispensables pour comprendre les dangers qui nous menacent." Télérama

"Mais, pour être capables de réformer et de lutter, nous avons ­besoin de mieux comprendre où se situent les origines de tout ce mal et quels sont ses mécanismes de production"

"Nous avons donc besoin d'intellectuels pour nous faire prendre conscience de la réalité de certains dangers invisibles à l'oeil nu, mais aussi pour nous mettre en garde contre les menaces imaginaires ­inventées à des fins politiques ou commerciales." (ibid)

Et maintenant une femme, Joni Mitchell, à "la colère intacte contre l'égoïsme contemporain" (encore Télérama), revenue à la charge contre "l'état dramatique du monde dans lequel on vit", pour dire : "Shine"


free music



 

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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