Publié le 28 Février 2008

Quand vous chantez des trucs comme : ooooooooooo viirgo !!! spleeeeeendeeeeeeeens hic, iiinnnn moooooonte ceeelso, miraaculiis serraaaaaaaaato (Livre Vermeil de Montserrat, du grégorien quoi..., des chants de pélerins du XIV) vous avez intérêt à profiter de tous les moments pour réussir à ingurgiter la mélodie... le métro, avec le dictaphone à l'oreille c'est idéal (non je n'ai pas encore pu m'offrir le lecteur MP3 dernier modèle, car je fais partie d'une certaine classe moyenne archi-fauchée...).

Aujourd'hui, jeudi (ave Jupiter!!!), j'ai bien senti qu'une drôle d'énergie flottait dans l'air de ma ligne 11, déjà sur le quai, assis sur un banc, un homme à la tenue "correcte" exigée, installé confortablement de façon à faire un somme, une écharpe autour du cou, un pan rejeté vers l'arrière, lui recouvrant tout le visage, tel un voile, comme un paravent devant ses yeux... Jeudi, me dis-je... 

Au changement avec la ligne 2, je me demandai ce qui allait pouvoir se passer... Deux hommes, l'un harnaché d'un accordéon, l'autre un micro à la main, se sont mis à entonner à tue-tête des airs sud-américains tout aussi connus les uns que les autres, mais dont j'ai oublié le nom... Adieu "virgo", adieu Montserrat, je n'avais plus qu'à ranger ma cassette, et mes partitions... là, j'en avais pour 6 minutes... eh, non ! au bout de 3 minutes à peine, les voilà qui passaient la bourse à la main, pour demander leur juste rétribution... Bien sûr, Jupiter, le gain, le profit... l'expansion... 

A  La Chapelle, la pluie tombait doucement sur la vitre, quelques gouttes même sont entrées et ont mouillé mon visage, c'est alors que je me suis mise à penser à Ingrid Betancourt, dont j'avais lu le matin qu'elle allait très mal, qu'elle agonisait probablement quelque part dans la jungle.

Je me suis dit, nous sommes là, à nous amuser... nos vies telles des croisières bien huilées, avec nos distractions de Parisiens, nos angoisses de Parisiens, nos SDF, nos culpabilités, nos frustrations, nos quotidiens... 

Elle, elle est là-bas. 

Elle agonise.

Pour un idéal, la démocratie.

Parce qu'elle a voulu dialoguer avec eux, avec les guérilleros.

Jusqu'à présent j'avais plutôt été indifférente... ou plutôt agacée par tout ce tapage... ses enfants aux allures de petits bourgeois bien rangés, bien "seizième",  venant à tout bout de champ nous demander de nous révolter pour le sort de leur maman. Même Renaud me saoulait... avec sa cause...

Et là... Ingrid m'a touchée.

Cette femme, comme Florence Aubenas l'avait été, m'est devenue intime. Son enfermement, sa souffrance, sa peine pour tout ça... un moment je les ai ressentis. 

Femme qui se voulait libre. Femme de liberté. Femme à l'agonie. 


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Femme libre !!!

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Publié le 27 Février 2008

Si vous avez lu ci-dessous l'extrait du Gardeur de troupeaux de Pessoa, il ne vous aura sans doute pas échappé une certaine... similitude avec le personnage du Petit Prince de Saint Exupéry... jusqu'aux moutons, dont le berger nous dit être le gardeur... Rappelons que Pessoa/Caeiro (son hétéronyme) écrivait ce texte en 1914, qu'il donne comme fondateur de son oeuvre, immense, à venir. De son vivant, seul Message a été publié, en 1934, un an avant la mort du poète, on ne pourrait donc accuser Saint-Exupéry de plagiat... lui, qui écrivit Le Petit Prince en 1942 ou 1943, ne pouvait connaître le "gardeur de troupeaux" de Pessoa.

Ce monument de la littérature portugaise, et mondiale, a fait publier un seul ouvrage... le reste il l'a entreposé dans une malle, laissant bien classée à la postérité son oeuvre colossale. Il se savait génial, il se savait grand... il se voulait petit durant sa vie. Il participa en 1915 à la création de la revue Orfeu, "moderniste" et "futuriste", où il (son hétéronyme Alvaro de Campos) publia un poème l'Ode maritime, il fut actif intellectuellement, écrivit des articles, initia le mouvement futuriste au Portugal, avec son ami le poète homosexuel Mario de Sa Carneiro, qui se suicida à Paris... en 1916, autre figure importante de la poésie de l'époque, et dont Fernando Pessoa disait "il n'eut pas de biographie, il n'eut que du génie". 

Les grands esprits se rencontrent, dit-on. Les illuminations aussi.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Février 2008

Fernando Pessoa 

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Lettre à Adolfo Casais Monteiro du 13 janvier 1935  :

« Un jour où j'avais finalement renoncé — c'était le 8 mars 1914 — je m'approchai d'une haute commode et, prenant une feuille de papier, je me mis à écrire, debout, comme je le fais chaque fois que je peux. Et j'ai écrit trente et quelques poèmes d'affilée, dans une sorte d'extase dont je ne saurai saisir la nature. Ce fut le jour triomphal de ma vie et je ne pourrai en connaître d'autres comme celui-là. Je débutai par un titre : O Guardador de Rebanhos (Le Gardeur de troupeaux). Et ce qui suivit fut l'apparition en moi de quelqu'un, à qui j'ai tout de suite donné le nom d'Alberto Caeiro. Excusez l'absurdité de la phrase : mon maître avait surgi en moi » (lettre reproduite dans Pessoa en personne, José Blanco éd., La différence, 1986, p. 302).




Le gardeur de troupeaux 
(ma traduction)


Je n'ai jamais gardé de troupeaux,
Mais c'est comme si je les gardais.
Mon âme est un berger,
Elle connaît le vent et le soleil
Entre les mains des saisons
Qu'elle suit et regarde.
(...)


Un midi à la fin du printemps
Je fis un rêve comme une photographie.
Je vis Jésus Christ descendre sur terre.

Il arriva par le versant d'une colline
Redevenu enfant,
Il courait et il se roulait dans l'herbe
Il arrachait  les fleurs et les jetait
Il riait pour qu'on l'entende au loin

Il avait fui le ciel.
Il était nôtre, tant ! qu'il ne pouvait faire semblant
D'être la deuxième personne de la Trinité.
Au ciel tout était faux, tout était en désaccord
Avec les fleurs, les arbres et les pierres.
Au ciel il lui fallait toujours être sérieux
Et de temps à autre redevenir homme
Et monter sur la croix, et être toujours en train de mourir
Avec une couronne tout entourée d'épines
Et les pieds percés de clous,
Avec même un chiffon autour de la ceinture
Comme les noirs sur les illustrations.
On ne le laissait même pas avoir un père et une mère
Comme les autres enfants.
Son père c'était deux personnes -
Un vieux appelé Joseph, qui était charpentier,
Et qui n'était pas son père;
Et son autre père était une colombe stupide
L'unique colombe laide au monde
Parce qu'elle n'appartenait ni au monde ni n'était colombe.
Et sa mère n'avait pas aimé avant de l'avoir.
Elle n'était pas femme : c'était une valise
Dans laquelle il était venu du ciel.
Et on voulait que lui, qui n'était né que de sa mère,
Et n'avait jamais eu de père à aimer et respecter, 
Prêchât la bonté et la justice !

Un jour que Dieu était en train de dormir
Et que le Saint Esprit était en train de voler,
Il s'approcha de la boîte à miracles et en vola trois.
Avec le premier il fit que personne ne sût qu'il avait fui.
Avec le deuxième il se créa éternellement humain et enfant.
Avec le troisième il créa un Christ éternellement sur la croix
Et le laissa cloué sur la croix qui est au ciel
Et sert de modèle aux autres.
Ensuite il s'est enfui vers le Soleil
Et il est descendu par le premier rayon qu'il attrapa.
Aujourd'hui il vit dans mon village avec moi.
C'est un bel enfant joyeux et spontané.
Il essuie son nez à son bras droit,
Il saute sur les flaques d'eau,
Cueille les fleurs, il les aime et il les oublie.
Il jette des pierres aux ânes,
Il vole les fruits dans les vergers
Il s'enfuit devant les chiens en criant.
Et parce qu'il sait qu'elles n'aiment pas ça,
Et que tout le monde trouve ça amusant,
Il court après les filles
Qui vont en bandes par les chemins
Avec des pots de terre sur la tête
Et il fait voler leurs jupes.

A moi il m'a tout appris.
Il m'a appris à regarder les choses.
Il me signale toutes les choses qu'il y a dans les fleurs.
Il me montre comme les pierres sont drôles
Quand on les tient dans la main
Et qu'on les regarde doucement.

Il me dit beaucoup de mal de Dieu.
Il me dit que c'est un vieux malade et stupide,
Toujours à cracher par terre
Et à dire des obscénités.
La Vierge Marie passe les après-midi d'éternité à  tricoter.
Et le Saint Esprit se gratte le nez
Il se perche sur les chaises et il les salit.
Tout au ciel est aussi stupide que l'église catholique.
Il me dit que Dieu ne comprend rien
Des choses qu'il a créées -
"Si tant est qu'il les ait créées, ce dont je doute." -
"Il dit, par exemple, que les créatures chantent sa gloire, 
Mais les créatures ne chantent pas.
Si elles chantaient, elles seraient chanteurs.
Les créatures existent, rien de plus, 
Et pour cela on les nomme créatures."
Après cela, fatigué de dire du mal de Dieu,
L'enfant Jésus s'endort dans mes bras
Et je le porte ainsi dans mes bras jusqu'à ma maison.

Il habite chez moi à mi-hauteur de la colline,
Il est l'éternel enfant, le dieu qui nous manquait.
Il est l'humain naturel,
Il est le divin qui rit et qui joue.
Et pour cela je sais avec certitude
Qu'il est le véritable enfant Jésus.

C'est un enfant si humain qu'il est divin
C'est cela mon quotidien de poète,
Et c'est parce qu'il est toujours avec moi
Que je suis toujours poète.
Et que mon moindre regard
Me remplit de sensations,
Et le plus petit son, quel qu'il soit,
Semble me parler.

L'Enfant Nouveau qui habite où je vis
Me donne une main à moi
Et l'autre à tout ce qui existe
Et ainsi nous allons tous trois par les chemins,
Sautillant, chantant et riant
En profitant de notre secret commun
Qui est de savoir de toutes parts
Qu'il n'y a pas de mystère au monde
Et que tout vaut la peine.

L'Enfant Eternel m'accompagne toujours.
Mon regard suit la direction pointée par son doigt,
(...)

Nous nous entendons si bien l'un avec l'autre
Et en compagnie de toute chose
Que nous ne pensons jamais l'un à l'autre,
Mais nous vivons ensemble et à deux
En un accord intime 
Comme la main droite et la main gauche.
(...)

Après il s'endort et je le couche.
Je le porte dans mes bras jusqu'à ma maison
Et je le couche, le déshabillant doucement
Et comme en suivant un rituel très pur
Et très maternel jusqu'à ce qu'il soit nu.

Il dort à l'intérieur de mon âme
Et parfois il se réveille la nuit
Et joue avec mes rêves.
Il les met sens dessus-dessous,
Les uns par dessus les autres
Et il applaudit seul dans son coin
Souriant dans mon sommeil.

Quand je mourrai, cher fils de mon coeur,
Que je sois moi l'enfant, le plus petit.
Prends-moi toi dans tes bras
Et emmène-moi dans ta maison.
Déshabille mon être fatigué et humain
Et couche-moi dans ton lit.
Raconte-moi des histoires, si je me réveillais,
Afin que je me rendorme.
Et donne-moi tes rêves pour que je joue
Jusqu'à ce que naisse le jour
Dont tu sais ce qu'il est.
(...)

*******************************************************************

voir aussi le texte en portugais : Poema do Menino Jesus

mon précédent billet avec la vidéo de Bethânia

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Février 2008

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... Paris en ce temps-là avait ce lieu-là...

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Il y a vingt ans, à cet endroit, rue des Halles, se trouvait un restaurant... Les bouchons, lieu magique où nous allions le dimanche midi découvrir cette nouvelle mode arrivée des Etats-Unis, le brunch, et où le soir nous nous attardions parfois pour écouter des standards de jazz chantés par de délicieuses jeunes femmes, sobrement accompagnées au piano.

Nous, et notre insouciance de 20, 25 ans... Nous étudiants fauchés, nous jeunes en quête de liberté, de beauté, d'allégresse, nous qui rêvions de conquérir la vie...

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Quel intérêt y a-t-il à se retourner sur ce passé-là ? me direz-vous... Aucun, si ce n'est celui de rappeler le souvenir d'une époque, d'une légèreté perdue, transformée en plomb, celui des années Sida... 

A partir de 1987, rien ne fut plus tout à fait pareil. Amis, proches, contaminés; la lutte que nous dûmes mener ! celle des premières années... véritable athanor dans lequel nous  fûmes plongés, et qui pour beaucoup ne transmua pas le plomb en or... ils nous quittèrent avant.

Tout cela m'est revenu au milieu de la nuit  avec, allez savoir pourquoi,  le nom de ce film d'Altman de 1987, Beyond Therapy. Je l'avais vu à sa sortie avec beaucoup d'amusement, car, contrairement à la synopsis qui en situe l'action en partie dans un restaurant français de New York, il avait été tourné à Paris et aux Bouchons. Ce fut un échec commercial retentissant, et la critique fut loin d'être élogieuse, mais pour nous il avait le goût de nos brunchs du dimanche, de la musique new yorkaise, de l'humour à la Woody Allen qui nous emmenait à Manhattan. L'intrigue amoureuse, mêlée de psychanalyse, de délire, de quiproquos, avait tout pour nous plaire, et Jeff Goldblum, contrairement à son rôle dans La Mouche, était tout à fait réjouissant.

En souvenir de ceux, qui peut-être dans la nuit sont venus murmurer à mon oreille ce nom "beyond therapy"...  un fado (ça faisait longtemps !) celui d'Amalia :
Cansaço

Lassitude

Qui est de l'autre côté du miroir
les yeux fixés sur les miens
quelqu'un est passé par là
avant de s'en remettre à Dieu
laissant ses yeux dans les miens

Qui dort dans mon lit
et tente rêver mes rêves ?
quelqu'un est mort dans ce lit
et de là-bas au loin il m'appelle
ses rêves entremêlés aux miens

Tout ce que je fais ou ne fais pas
d'autres l'ont fait comme moi
d'où cette lassitude qui est mienne
de sentir que ce que je fais
n'est pas fait seulement par moi


http://fr.youtube.com/watch?v=2nkxmFJAxA4
 

Mais celui à qui je pense n'aimait pas trop le "fado", la mélancolie, il appréciait Maria Bethânia, Caetano Veloso, alors à toi, cher Bruno, ce poème de Fernando Pessoa/Alberto Caeiro, ("Poema do menino Jesus") dit par elle, et la chanson ("O doce mistério da vida") qui suit (patience, c'est un peu long...) :


http://fr.youtube.com/watch?v=HakV--x6LXM&feature=related


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Rédigé par Luciamel

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Publié le 25 Février 2008

"Dans votre nudité, il n'y a pas de peur, car la peur est quelque chose qui vous est ajouté - la peur est créée par la honte. De nombreuses religions ont créé la culpabilité, vous ont rendu coupable. Ayez honte et alors vous prenez peur. Ainsi naît la névrose, et puis vous allez chez ceux-là mêmes qui ont créé en vous la culpabilité et la peur, vous allez chez eux pour apprendre comment surmonter tout cela ! Ils ne peuvent vous être d'aucun secours, ils sont les créateurs de la peur. Ils vous diront : "Priez Dieu et ayez peur de Lui".

Soyez vrai et faites confiance à la réalité, ne luttez pas contre elle. Si le sexe est là, il est là, acceptez-le. Si la colère est là, elle est là, acceptez-la. Ne tentez pas de créer l'opposé : "Je suis en colère, ce n'est pas bien, je ne peux pas me mettre en colère, je dois pardonner. Je suis sexuel, cela ne peut être, je dois être chaste." Ne créez pas l'opposé, car si vous le créez, vous devrez créer des masques. La colère continuera, votre pardon ne sera qu'un faux visage; le sexe sera là, agissant de plus en plus profondément dans l'inconscient, et sur votre visage, il y aura un masque de brahmacharya, d'ascète. Cela n'arrangera rien. 

Ceux qui ne cessent de vivre dans le monde du sexe en ont l'esprit rempli, regardez donc dans les monastères, où se trouvent ceux qui sont allés à l'autre extrême, ils pensent continuellement au sexe, tout leur mental n'est que sexe.

Qu'est votre amour ? Car, à travers l'amour vous pouvez comprendre ce qui arrive dans la prière. Vous aimez une personne - l'aimez-vous vraiment ? L'aimez-vous ou bien est-ce autre chose, une gratification mutuelle ? (...) Vous vous servez de l'autre au nom de l'amour. Cela peut être sexuel, cela peut être pour autre chose, mais vous vous servez de l'autre. (...) C'est de l'exploitation mutuelle - vous l'appelez amour.

Regardez autour de vous : ceux que vous croyez bons sont presque toujours ceux qui sont faibles. Leur bonté ne vient pas de leur force, elle vient de leur faiblesse. Ils sont bons parce qu'ils n'osent pas être méchants. Mais quelle sorte de bonté est celle qui vient de la faiblesse ? La bonté doit venir d'une force débordante; alors là seulement elle est vraie, car elle a de la vie, une vie qui vous inonde.

Les pécheurs sont les gens les plus merveilleux du monde - qui ont mal tourné bien sûr. Ils peuvent à tout moment devenir des saints. Les saints sont beaux, les pécheurs sont beaux, mais ceux qui sont juste entre les deux sont laids. Car la faiblesse est la seule laideur...

Vous ne cessez de prier Dieu, mais il n'est pas à votre recherche, c'est pourquoi vous ne le trouvez pas. Devenez d'abord vous-même, alors il se mettra à vous chercher. Il n'est pas besoin de chercher Dieu - et comment pourriez-vous faire pour le chercher ? Vous ne connaissez ni son adresse, ni sa demeure. Vous ne savez que des mots et des théories qui ne veulent rien dire et qui ne serviront à rien. (...) Et la première étape, c'est de devenir un individu, de se perdre.

Vous pouvez vivre dans l'illusion que vous possédez cette maison, cette femme, ce mari, ces enfants, mais c'est une illusion; tôt ou tard le rêve disparaîtra. Vous ne pouvez posséder que vous-même, car cela ne disparaîtra jamais.

Un homme n'est pas seulement homme, il est aussi femme; une femme n'est pas seulement femme, elle est aussi homme - car l'un et l'autre sont nés de deux. (...) Vous êtes deux, comment pouvez-vous être à l'aise ? Si vous êtes deux, il va y avoir un conflit constant.

Jusqu'à présent nous n'avons pas été capables de découvrir un alcool plus fort que le sexe, une drogue supérieure au sexe : il change tout immédiatement. 

C'est pourquoi le sexe est si attirant, c'est pourquoi l'orgasme provoque un tel plaisir - parce que pour un instant vous devenez Un, le deux disparaît. Et au moment de l'orgasme? il n'y a pas de mental. (...) Vous êtes mais sans pensées. (...) Cela ne dure qu'un instant tellement court que vous pouvez facilement le manquer.

Une femme, c'est magnifique; un homme, c'est magnifique. L'amour est une bonne chose, cela n'a rien de mauvais, c'est sain et bon pour la santé. Il n'est pas nécessaire de l'abandonner, mais vous pouvez l'abandonner et vous n'en serez plus dépendant."

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Spiritualités - astro

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Publié le 24 Février 2008

Et, pourquoi les Français n'auront bientôt plus droit qu'aux expressos...
 

Réception élyséenne, tableau du nouveau Prince et de sa Princesse : tous deux assis sur un canapé Louis XV, Louis XVI... Empire ? (l'avenir nous le dira...)  face à la famille Betancourt (ici) (notez aussi M. Kouchner sur un fauteuil...). Naturellement, cette image contraste grandement avec la vidéo de Sarkozy au salon de l'agriculture, qui a déjà provoqué d'innombrables commentaires (dont celui-ci).

Oublions pour un temps le Prince, et tournons-nous plutôt vers la Princesse... Cette femme, de noir vêtue, les bras ramenés sur le plexus, la tête légèrement penchée, comme intimidée, soudain, elle m'a fait penser à l'infante portugaise Catherine de Bragance. Fraîchement débarquée à la Cour d'Angleterre pour épouser en 1662 Charles II, et devenir pendant 23 ans la Reine qu'on a surnommée la "Drinking Tea Queen".

En effet, la jeune portugaise apportait dans ses bagages, une dot de choix : Bombay! mais aussi, une habitude qu'elle institua à la Cour d'Angleterre : la consommation quotidienne du thé. C'est aussi par elle, et à compter de son règne, que le thé devint ce breuvage précieux apprécié des aristocrates du vieux continent. Elle est la reine dont le nom a été donné, en 1682, à l'un des quartiers d'origine de New York : le Queens.


cathbraganza.jpg
portrait de l'Infante Catherine de Bragance trouvé sur ce site


Pour terminer, cette question cruciale : quelle nouvelle mode... Mme Carla Bruni Tedeschi, lancera-t-elle en terre de France ?

(au Portugal une femme ne porte jamais le nom de son mari, mais garde son nom de naissance : celui de son père précédé de celui de sa mère; permettez donc que je suive la coutume lusitanienne, plutôt que le code Napoléon... qui fait d'une femme la propriété de son mari.)

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 23 Février 2008

Le voilà donc ce fameux jour de Saturne... Et ne vous attendez pas aux Saturnales romaines (qui lui étaient pourtant consacrées et célébraient au début de l'hiver, en une sorte de "carnaval", l'inversion des rôles sociaux, la liberté, la licence, la ripaille...), non, car ce Dieu-là, Saturne, n'est pas un rigolo. 

Après la douce Vénus et son goût des arts,  son harmonie,  son plaisir des sens... c'est au tour du vieillard, l'Ermite du Tarot de Marseille, de nous parler de rigueur, et de limiter nos débordements. L'ascèse commence, le recueillement, le silence; c'est l'oeuvre au noir des alchimistes, cf. la gravure Melancolia (1514) de Dürer qui l'illustre très précisément. 

Si le "sabado" portugais, dérive sans nul doute du seul "chabbat" juif, le "samedi" français, porte quant à lui, en plus, la marque du dieu Saturne romain (comme le "saturday" anglais encore plus explicitement), complétant ainsi la trace mythologique, et probablement astrologique, sur le cours de nos jours (Lune, Mars, Mercure, Vénus, Saturne, et Soleil).

C'est le jour où nous distinguons bien nos cheveux blancs, c'est le jour où nous faisons nos comptes, c'est le jour où nous prenons conscience, après une pléthore de photos et de clips insérés dans notre blog, que... tout cela est certainement réglementé (Saturne, Saturne!!!), et strictement limité. C'est le jour où nous allons voir pour en avoir confirmation, c'est le jour où nous comprenons : "je garantis que mes photos sont libres de droits". C'est le jour où nous perdons notre innocence.

Non, le samedi n'est pas jour à danser !

Alors, jusqu'à plus ample information sur les risques réels encourus, et avant de probablement me résoudre à éliminer de mes articles toute trace visuelle et sonore pouvant donner lieu à poursuites... il n'y aura aucun fado aujourd'hui, ni photo, ni vidéo... Seule l'ossature demeure : l'écrit.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 23 Février 2008

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Sylvia Kristel aujourd'hui

vous faites quoi le vendredi soir ? vendredi, soirée de Vénus; je vous rappelle que tous les jours de la semaine se rapportent à une planète... lundi, c'est la lune, mardi, mars, mercredi, mercure, jeudi, jupiter et vendredi... VENUS!!! samedi, ça se complique c'est saturne (je vous expliquerai une autre fois) et dimanche, sunday, le jour du soleil...


Alors, j'ai décidé de vous la faire vénusienne ce soir... érotique !!! oh, la, la... qu'ES ACO ? c'est Vénus, Mars, Neptune , Pluton... tout ça se mélange...

Erotisme c'est quoi ? ça fait quoi exactement ?

rodin-kissers-big.jpg 


Et puis, tu fais quoi dans ton lit ? moi je regarde "Gabriela cravo e canela",
http://fr.youtube.com/watch?v=3QISdp9_9QM&feature=related 




et pour les initiés... "Dona Flor et ses deux maris"... 
http://fr.youtube.com/watch?v=_S-fx7QG3A0&feature=related


 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 22 Février 2008

Belle Cristina!!! sublime voix, beaux textes... qu'il est doux de souffrir au son de ta voix...

Tive um coraçao, perdi-o

'j'ai eu un coeur, je l'ai perdu, 
ah, comme j'aimerais le retrouver, 
j'ai eu un coeur, je l'ai perdu,
ah, comme j'aimerais le retrouver...
prisonnier du fleuve,
ou noyé au fond de la mer,

comme j'aimerais partir,
partir et ne plus revenir,
comme j'aimerais partir...

la mort qui me courtise
peut déjà venir me chercher...

prisonnier du fleuve,
ou noyé au fond de la mer."


Cristina Branco : "Tive um coraçao, perdi-o"  http://fr.youtube.com/watch?v=W9X8_gycTUY



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Publié le 22 Février 2008

*Il vaut mieux être gai qu'être triste


Samba da benção

(Vinícius de Moraes)

É melhor ser alegre que ser triste
Alegria é a melhor coisa que existe
É assim como a luz no coração
Mas pra fazer um samba um samba com beleza
É preciso um bocado de tristeza
Senão não se faz um samba, não

Senão é como amar uma mulher só linda; e daí?
Uma mulher tem que ter qualquer coisa além da beleza
Qualquer coisa de triste, qualquer coisa que chora
Qualquer coisa que sente saudade
Um molejo de amor machucado,
Uma beleza que vem da tristeza de se saber mulher,
Feita apenas para amar, para sofrer pelo seu amor
E para ser só perdão

Il vaut mieux être gai qu'être triste
La gaieté est la meilleure chose qui existe
C'est un peu comme la lumière dans notre coeur
Mais pour faire un samba de toute beauté
Il faut aussi un peu de tristesse
Sinon ce n'est pas un samba, non

Sinon, c'est comme d'aimer une femme seulement belle; et alors ?
Une femme doit avoir quelque chose au-delà de la beauté
Quelque chose de triste, quelque chose qui pleure
Quelque chose qui sent la saudade
La paresse de l'amour blessé
Une beauté qui provient de la tristesse de se savoir femme,
Faite seulement pour aimer, pour souffrir pour son amour
E pour être seulement pardon

(QUEL MACHISME!!!)

Par Bebel Gilberto :
http://fr.youtube.com/watch?v=QfLCHQHndRo&feature=related
(elle a supprimé le passage délicat... "sinon c'est comme d'aimer une femme seulement belle...")






Ce soir je vous invite au bal... je vous invite à vous métisser, à oublier votre culture, votre "sang", vos origines, laissez-vous porter par l'Afrique, le sol de nos ancêtres, Maria Joao, chanteuse portugaise, née à Lisbonne, star (elle fait partie du jury de la StarAc locale), de père portugais et de mère mozambicaine (voyez aussi ici)




Parce que nous sommes vendredi, je vous invite à la révolution de Lénine... "Jack Soul Brasileiro", "jà que sou brasileiro..." : puisque je suis déjà brésilien, c'est toute "l'âme de Jack brésilien"..





Oui, rions!!! à gorge déployée car tout nous y porte, l'actualité... (française surtout), l'absurdité de la vie, la tristesse (ouiiiiiiiiiiiii, encore la tristeeeeeeeessssse) de nos coeurs, de nos âmes, tout ça nous donne envie de DANSER!!!!

Et, ne me dites pas que je vous ai (encore!!!!) plombés, et que, même, vous préféreriez un fado... ah, bon ? vous préféreriez ?... allez, pour vous faire plaisir, la belle, la très nouvelle... Ana Moura... ("Mapa do coraçao", la carte de notre coeur...).


 

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