Publié le 30 Novembre 2008

Pessoa... en portugais : une personne... en personne. Le français nous le rend plus ambigu : personne est à la fois quelqu'un et la négation de ce quelqu'un... zéro quelqu'un = personne. Rien de tout cela en portugais. Jamais Pessoa n'a voulu dire "personne" au sens de "zéro quelqu'un"... il a toujours signifié une personne (même plusieurs en ce qui concerne le poète).

 

Je vous invite à mêler les sens, à démêler les malentendus... à vous joindre à cette recherche à la fois linguistique, poétique, ludique... entre luso et franco...  pholies, poly-pholies.

 

Je suis née là-bas, près de Leiria... près de Coimbra... et ces noms seuls évoquent mon passé, et l'Histoire de ce pays... Je songe à Isabel la Reine magicienne, celle qui transformait ses pains en roses...  pour ne pas être découverte lorsqu'elle voulait faire la charité aux pauvres... le roi s'approchant, le miracle s'opérait et de ses jupes surgissaient des roses... une socialiste avant l'heure ? vous croyez ?

 

 Alors de ce blog faisons des roses... mais surtout donnons à manger à ceux qui ont faim.

 

 

 

Mario de Sa Carneiro (le poète, l'ami de Pessoa, mort à Paris, où il s'est suicidé en 1916, en se jetant sous le métro), belle présentation de son oeuvre dans ce blog-ci.

 

 

"Eu não sou eu nem sou o outro                                       Moi, je ne suis ni moi ni l'autre

Sou qualquer coisa de intermédio :                                 Je suis quelque chose entre les deux :

Pilar da ponte de tédio                                                         Pilier du pont de l'ennui

Que vai de mim para o Outro                                             Qui va de moi à Autrui"

 

Poème de Mario de Sa Carneiro (traduction Luciamel), chanté par Adriana Calcanhotto.

 

   

Corrigeant la première version de cet article, je navigue sur le net pour trouver une illustration à Isabel... des dates, quelques explications... et je tombe sur ce blog, et je vous assure que je le découvre ce matin de dimanche : Lusopholie, j'en suis encore tout estomaquée, l'article s'intitule "Du pain ou des roses".

 

Puis, cet article de Dulce Rodrigues, publié dans le Bulletin de l'OTAN en 1995, le thème en est l'histoire de Coimbra, et bien sûr un passage nous conte aussi la légende de la Reine Isabel, dite Sainte Isabel :

 

"c'est dans cette même ville de Coimbra qu'a vécu et est morte Santa Isabel, l'une des reines les plus aimées et vénérées des Portugais pour ses énormes vertus, qui a été canonisée par le Pape en 1625. Elle a été mariée au roi Dinis, et sa forte personnalité, pourtant d'une extrême douceur, a joué un rôle important dans la vie religieuse, culturelle et politique du pays"

 

D'origine aragonaise, Isabel (ou comme on l'orthographiait alors Helisabeth) épousa D. Dinis, roi du Portugal, le 11 février 1288 à Barcelone.

 

 

image Ste Isabel - zurbaran

 

article également mis en ligne sur la communauté des luso-francophones inspirés...

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 29 Novembre 2008

  


Découvrez Barbara!

 

 

 

Je me suis créé une communauté... celle des luso-francophones inspirés (c'est ici sur Over-Blog), ça me fait rêver... et pourtant je ne sais pas encore comment ça fonctionne, je sais qu'il y a un forum, qu'on peut y publier des articles sur un thème précis : j'en suis l'animatrice, mais mystère et boule de gomme pour y accéder...

 

T'es luso : t'es Tos' quoi... Portos' si tu préfères : ben quoi, portugais... mais luso, c'est pas portugais vraiment... Moi, je suis française (sur le papier), mais je suis tos' quand même... ma famille est tos'... mais je ne suis pas, moi, totalement portugaise... je suis même très... française... Et la France, ça marque.

 

Mon identité ? Je renvoie au très beau livre de Dominique Rolland : De sang mêlé... je l'ai écoutée hier le dire (extrait de son spectacle à la Cartoucherie de Vincennes...) impressionnante de vérité, j'ai vu revivre son grand-père, j'ai senti la déchirure ancienne, dans son corps, dans son regard... l'appelant. Nous sommes si fragiles, si écartelés, et comme le disait Francine, française et juive : on est tous métèques non ?

 

Vous avez dit métèque ? , Gabriel Matzneff dans son dernier livre se plonge aussi dans ce passé de soi... cette étrangeté en soi, à soi, et pourtant ce sentiment d'appartenance constitutif à tout immigré, par la langue et la culture, à la communauté française.

 

C'est également ce que nous conte Atiq Rahimi dans Syngué Sabour, pierre de patience, cette double appartenance qui fait que maintenant il ne peut plus écrire en persan... la liberté lui venant de sa nouvelle langue-culture française (son nouveau monde).

 

Autres, dédoublés, unis dans la diversité (la devise de l'Union Européenne...), voilà l'intention des Luso-francophones inspirés...

 

J'aimerais que se joignent à cette communauté, à la fois les "luso-descendants", si irritants aux yeux de certains, mais aussi les amoureux du Portugal, du Brésil, de l'Afrique lusophone, de leurs musiques, de leurs poètes, de leurs paysages; les francophones de coeur ou de naissance; tous ceux qui voudraient mêler leurs identités. A la base, il s'agirait de poésie, de musiques, d'art en général... sous forme de créations ou de citations, de partages...

 

Revenir à l'origine, à l'enfant en nous... celui qui connaît le chemin et dessine des coeurs avec ses mains. La démocratie participative, c'était Ségolène, moi, je rêve de poésie et de création participative.

 

Que l'homme retrouve la femme en lui (son anima, la douceur en lui, la sensibilité, la fragilité en lui) et que la femme laisse vivre l'homme en elle (son élan, sa créativité, sa force, sa détermination, son animus), nous sommes tous doubles, incomplets et multiples... unissons-nous dans nos dualités.

 

 

"Du plus loin qu'il m'en souvienne"... (c) Luciamel

 

   

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Novembre 2008

 

                                                   En forêt, mai 2008 (c) Luciamel 

 

 

 

Ouïe, ouïe, ouïe... qu'elle me fatigue cette nouvelle Lune... conjointe à Mars et Mercure à 6° du Sagittaire. Insomnie, il y a deux nuits, et la nuit passée rêves à n'en plus finir, tiens, j'étais arrivée dans la forêt... où je croisais de drôles de zozos, à force de parler du bois de Vincennes... ça m'apprendra !

 

Est-ce le froid ? est-ce la saturation ? Pourtant ma banquière m'a rassurée, c'est une autorisation de découvert dont je bénéficie, pas d'une facilité de caisse, et ça change tout ! dans mon cas pas d'obligation de repasser créditrice, seulement de revenir sous la barre de la limite... (le plus du moins, ou le moins du moins). Hier aussi soulagement, j'ai trouvé un supermarché près de chez moi qui accepte de prendre les tickets restos : ouf, plus besoin de faire un kilomètre à pied à la fin du mois pour aller jusqu'au marché U de la rue Oberkampf (à côté du boucher... qui a un si joli rideau de fer). Deux jours que ça me minait ces histoires de sous... des mois que je me serre la ceinture, mais elle me l'a bien fait remarquer (je la trouve plus humaine la gestionnaire de mon compte, tout d'un coup, avec la crise généralisée, d'ailleurs pendant le rendez-vous elle a reçu un coup de fil personnel, où j'ai compris qu'elle était en train d'investir dans la pierre...) : "Il y a plus malheureux que nous vous savez ? c'est sûr, tout le monde ne va pas aussi mal que nous... certains ne souffrent pas autant... ils sont protégés, mais... quand même, on n'est pas les plus à plaindre, et pour l'année à venir beaucoup vont beaucoup souffrir".

 

Mars, que je vous dise, c'est le guerrier, le Sagittaire c'est l'archer... le feu, l'aventurier... le fougueux, l'archer sur le cheval fougueux... Alors, mettez tout ça dans un contexte guerrier... avec les noces du Soleil et de la Lune : les nuits sans Lune (pendant trois jours chaque mois, ces deux là disparaissent et se font des mamours en cachette... pendant que nous on reste dans le noir : débrouillez-vous sans nous, sans papa et maman, il vous faut être grands maintenant. B...del, mais sans la chaleur du jour, sans le rêve, sans la douceur de la nuit, comment vais-je faire ?).

 

Mercure, mon cher messager, transmets-leur le message, unis le masculin au féminin, le jour à la nuit, le froid au chaud, par le feu du centaure, que sa flèche nous indique le chemin, et s'il le faut toi l'hésitant, le double, le menteur (parfois...) prends conseil et force auprès de notre impétueux et radical Mars, redeviens le vif argent et enflamme-toi.

 

Vous aimeriez savoir où vous vous situez, votre signe, votre moi... vos soucis... vos douleurs... vos attentes... sont-ils touchés par le passage de Soleil/Lune/Mercure/Mercure/Mars en Sagittaire ? Ben, ça dépend... nés fin novembre (c'est votre anniversaire ?), il y a des chances (fortes) que ça vous touche, mais aussi les Gémeaux (de fin mai), et puis les signes en trigone (Lion, Bélier, premier décan), et en carré (Poissons, Vierge, premier décan).

 

Et puis, rassurez-vous, ce n'est qu'une nouvelle Lune, un nouveau cycle de 28 jours qui démarre, un nouvel espoir, un renouveau, à chaque cycle, la vie nous offre une chance de recommencer, de reprendre là où on avait échoué le mois (lunaire) précédent... Si vous ratez, vous pourrez réessayer dans 28 jours...

 

Remettez vos compteurs à zéro, respirez à fond, ouvrez bien vos yeux, votre coeur, et dites-vous que tout est possible : ça arrive une fois par mois... à la nouvelle Lune, soyez l'archer et visez bien !

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Spiritualités - astro

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Publié le 26 Novembre 2008

"Raisons au développement du web profond/ développement de l'enseignement à distance"... (un prof ? un compte rendu professionnel)

 

"Les idées sont-elles condamnées à être déterminées par le milieu culturel ?"... (un étudiant ? Edgar Morin, La méthode 4, Les idées).

 

"L'utilisation de crèmes blanchissantes tend à se développer : dangers"... (une jeune femme noire, 20 minutes).

 

Sur la ligne 2, ce matin, phrases volées par-dessus l'épaule de mes voisins, on était agglutinés comme des sardines, c'est fou ce qu'il y a comme monde qui va bosser en ce moment. Et on dit que le chômage est à la hausse.

 

Pourquoi est-ce que je les aime ces inconnus ? je vois leurs vies, j'imagine, à leur visage, leur lutte quotidienne : les joies, les difficultés. Je me reconnais sans doute en eux. Mais c'est plus, c'est vraiment de l'amour, plus pur qu'il ne l'est parfois pour des gens connus (avec qui on est en relation). Une pensée d'amour qui s'envole de mon esprit au leur. Ici, pas de politesse (celle des blogueurs... on ne se connaît pas, mais on tisse sa toile quand même... un amour très araignée, celui des blogs, non ?), c'est gratuit, c'est non dit, je ne leur envoie pas un commentaire, à ces êtres croisés, à eux qui m'offrent leur présence, l'histoire de leur vie, en quelques instants, attendant reconnaissance en retour. Je les regarde en les aimant : c'est tout.

 

Oui, mais quel en est l'effet ? L'amour ne vaudrait-il pas que par les actes, le "faire" quelque chose... ?

 

Laissez-moi croire que la pensée d'amour (pas positive, hein ! d'amour, c'est différent, ben oui, la pensée positive c'est pragmatique, libéral, "américain", ça veut obtenir un résultat, c'est à but lucratif, c'est souvent du narcissisme : je te flatte (et te laisse un gentil commentaire) pour que tu me le rendes au centuple ! La pensée d'amour, voyez celui qui a été crucifié, c'est parfois beaucoup plus dangereux, et pas toujours positif : 

 

« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu apporter la paix mais l'épée ; car je suis venu séparer l'homme d'avec son père, la fille d'avec sa mère, et la belle-fille d'avec sa belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison. » Jésus selon Matthieu 10, v.34-36

 

aurait-il dit), laissez-moi croire que la pensée d'amour, donc, a un effet sur le monde.

 

Après Pierre Vassiliu et son bois... où il cherche une fille pour un quart d'heure, mais où ne meurent que des SDF... j'ai été séduite par Lily Frost, "You've shaken every part of me"... si doux, si jazzy, et lusophone (Brasil !), ou hispano, par moments... Comme je ne l'ai pas trouvé sur Youtube, je navigue sur d'autres titres, et voici : "Who Am I", moins jazzy, mais je vois qu'elle se balade aux mêmes endroits que moi, le Louvre, le métro... in the métro it's a melancholy day... allez, ok, who am I ?

 

 

Lily Frost

 

 

et... et... voici le SUPER TITRE : "You've shaken every part of me"

 

 


Découvrez Lily Frost!

 

 

 

Ben, là... moi je sens ses pensées d'amour à Lily Frost... Allez, vous aussi, les blogueurs (intéressés par votre audience ! votre... ma...) je vous aime... quand même (comme moi-même).

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Joie

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Publié le 24 Novembre 2008

"Il pleut toujours, il fait froid... tiens une fille seule en jupe longue, tiens c'est bizarre une pute en jupe longue... elle pleure... fille perdue, fille paumée... il fait nuit à Paris, mon amour, au pays des zombies à Paris, il fait nuit pour toujours... je reviendrai vous voir demain... Je cherche encore une fille qui voudrait bien de moi ce soir un quart d'heure."  chante Pierre Vassiliu. Ecoutons-le :

 


Découvrez Pierre Vassiliu!

 

  

Au bois, c'est un homme qui est mort, oh, pas de froid, non, de misère simplement... Le DAL est poursuivi pour assistance à personnes en danger... Le DAL, je sais que chez eux, comme au parti socialiste, comme à la LCR, comme à l'UMP... ça se bagarre en haut lieu, pour le pouvoir, pour décrocher le pompon... c'est la foire d'empoigne, Sarkozy, il l'a pas obtenue comme ça sa place à la présidentielle, il lui a fallu faire un véritable coup d'état à la tête du parti de Chirac : ne l'oubliez pas ! Chez les communistes révolutionnaires, c'est pas mieux, quand il s'agit de défendre sa place, c'est bec et ongles (comme partout ailleurs) que ça se castagne.

 

Le DAL, pour avoir approché des gens qui y sont impliqués, je sais qu'aux directions, c'est comme ailleurs, et partout dans la société... en général ils sont issus de milieux favorisés, bourgeois... (plus tu montes dans la hiérarchie, même chez Emmaüs... plus c'est haut socialement, jusqu'à l'énarchie) c'est la bonne conscience du bourgeois que de s'occuper des pauvres !!!

 

Alors... ne me faites pas rire, ne poussez pas vos grands cris de vierge effarouché(e) (les hommes aussi sont vierges à un moment donné de leur vie !) : non, ce n'est pas parce que ce sont des femmes que c'est le bordel au parti socialiste !!! c'est parce qu'elles sont arrivées A EGALITE !!! et que si ça avait été des hommes, ils se seraient empoignés de la même façon. Mais tout vous est bon pour dénigrer la femme, n'est-ce pas ? "Regardez-les ces furies", dites-vous. "Jamais plus je ne voterai socialiste". "C'est un spectacle pitoyable..."

 

Qui, depuis samedi... s'est étonné de l'extraordinaire résultat ? 50/50 exactement ! personne... on en rajoute dans le : ces femmes qui décidément ne peuvent pas diriger, qui n'ont pas "la"... poigne (?) (c'est-à-dire l'essence du pouvoir) pour ça, trop hystériques pour "ça" : on a sauté à pieds joints sur la bonne occasion offerte par cette émotion exceptionnelle, du 50/50... Non, ces femmes, décidément...

 

Alors, je vous prie, calmez-vous, calmons-nous. La chose est EXTRAORDINAIRE : à 20 ou 40 voix près, on a deux camps qui se sont formés. Ils pourront peut-être s'allier, peut-être pas. Mais il faut partir de là... et réfléchir.

 

Disons que personne n'a gagné, et que personne n'a perdu... et si on faisait une direction collégiale ?

 

Je cherche encore...  qui voudrait bien de moi ce soir un quart d'heure...

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 23 Novembre 2008

Il y a des filles et des garçons... et des boutiques qui ont tiré leur rideau de fer... alors moi j'en profite pour leur  voler quelques images bien sympathiques.

 

 

 

 

Elle c'est la fille qui te salue, Mr Lolo l'a bien croquée... elle te dit "santé !", et s'enivre (avec un "n") allègrement, normal c'est la devanture du marchand de vin !

 

 

 

 

Eux, c'est Blanchette et Firmin qui visitent Paris, représentés sur le rideau de fer du boucher. Blanchette elle est fière car elle arrive à Paris, elle est tout émoustillée.  

 

 

 

 

 

 

Elle s'est même acheté des boucles d'oreille en forme de Tour Eiffel.

 

Mais le pauvre Firmin, lui, est bien triste, car, encore une fois, il va falloir qu'il l'amène à l'abattoir sa belle Blanchette, et c'est là l'éternel dilemne de nos éleveurs : entre l'amour et la mort... leur coeur toujours doit trancher.

 

 

 

 

La déclaration de Firmin est poignante : "mais la pauvre bête innocente ignore encore qu'il s'agit de son ultime transhumance et que jamais plus elle ne reverra sa Normandie... Firmin a le coeur serré car sous ses dehors bourrus, il cache un coeur gros comme une bavette à l'échalotte et de secrètes tendances végétariennes refoulées"

 

Et voici la signature de l'artiste :

 

 

 

 

 

Alors, je vous le dis, la vie est trop courte, et comme on le raconte par chez moi (loin d'ici...) : mange et bois tant que tu es en vie car tu passeras beaucoup de temps mort...

 

 

pochoir (?) signé Mr. Lolo...

photos Luciamel (c)

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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Publié le 23 Novembre 2008

aux milles épines si blessantes... J'aimerais me tourner vers Maria Bethânia et Omara Portuondo, nous chantant "O que serà ?" :

 

qu'est-ce que cela peut-être ? ce qui n'a pas de sens et n'en aura jamais, ce qui n'a pas de taille et n'en aura jamais, ce qui ne peut être gouverné et ne le sera jamais, ce qu'on soupire dans les alcôves, ce qu'on sussurre en vers et en strophes, ce qui n'est jamais sûr, et ne le sera jamais, ce qui n'a pas de cure, et n'en aura jamais, ce qui n'a pas de décence, et n'en aura jamais, ce qui n'a pas de censure, et n'en aura jamais, ce qui n'a aucun sens...

 

qu'est-ce que cela peut-être ? ce qui ne peut être gouverné, ce qui n'a aucune honte, et n'en aura jamais, ce qui n'a aucune raison...

 

(traduction, et adaptation libre (c) Luciamel, du texte de Chico Buarque O que serà ?)

 

 

Maria Bethânia et Omara Portuondo - O que serà ?

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 21 Novembre 2008

 

 

                                            Vieira da Silva  (peintre portugaise)

                                                         Ville au bord de l'eau

 

 

Elle s'appelle C..., elle est japonaise, dans un groupe d'apprenants étrangers de français langue étrangère : deux Allemands, deux Japonaises.

 

Aujourd'hui le thème est le PACS, après la famille recomposée, les relations homme-femme... dans nos sociétés développées.

 

C... nous avait déjà expliqué qu'elle vivait avec un homme plus âgé qu'elle (de 30 ans...), en fait personne ne le lui avait demandé, mais elle avait cru bon de nous garantir (le sujet étant la violence en France, les femmes plus en danger dans leur couple que dans une rue déserte la nuit...) que son ami ne la battait pas. On la rassura, on ne voulait pas connaître sa vie privée, ni son intimité...

 

Deux jours plus tard, le sujet revint sur le tapis... et là, il s'agissait d'infidélité : comprendre que le mot "affaire" en français ne veut pas dire ce qu'il signifie dans toutes les autres langues (qui l'ont emprunté au français), une aventure, une liaison. Ben non, pour les Français, une affaire, ce n'est pas une partie de jambes en l'air, c'est très sérieux, c'est  l'avocat, c'est le financier, c'est le business (en anglais dans le texte). Et là, comme à l'accoutumée, tous mes étudiants s'esclaffent, sont abasourdis, veulent m'informer : mais dans notre langue une "affaire" c'est justement une aventure amoureuse... "oui, oui, je sais..."

 

Je leur explique que le vocabulaire en français est très riche pour décrire ces situations : aventure, liaison, après ça devient vie commune, puis... trahison, séparation, arrangement ... endormissement ???  Heureusement, l'après-midi, je devais m'occuper du "couple" Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir : ouf, on respire ! comment relater à un jeune Britannique de 18 ans que L'invitée (qu'il doit lire) est le compte-rendu de la relation Sartre-Beauvoir avec la jeune élève de Beauvoir (dont elle était la maîtresse et la professeure) et dont Sartre deviendra l'amant, avant que cette dernière n'épouse un homme avec qui Beauvoir aura préalablement couché... La littérature française...

 

On s'était attachés à dire que le nouveau film avec Depardieu et Fanny Ardant reprenait le couple de Francois Truffaut dans La femme d'à côté, que tout cela figurait l'infidélité, la culture française... les liaisons, les aventures...

 

A ce moment-là, C... voulut prendre la parole : elle nous expliqua qu'il n'y avait pas que les cinéastes qui étaient très infidèles, les peintres aussi.

 

Silence.

 

J'essayai de recentrer la discussion (en face de moi, la compatriote japonaise un peu paniquée : quelle image cette femme est-elle en train de donner de notre pays ? elle me regarde un peu inquiète). La seule façon de récupérer le groupe était de les faire rire : "ah... donc, les peintres sont infidèles ? pourrais-tu nous expliquer pourquoi ?"

 

Elle nous conte son expérience, nous dit qu'elle a eu une aventure avec un peintre célèbre, qu'il avait beaucoup de maîtresses, que c'est courant dans ce milieu, que pour une jeune peintre inconnue la façon la plus aisée d'acquérir une certaine notoriété c'est de coucher avec un peintre renommé (C... est styliste et dessinatrice).

 

Silence.

 

J'insiste sur le côté cocasse de la chose... En France, cherchez le peintre connu, couchez avec lui et vous deviendrez célèbre. On pourrait l'étendre, peut-être, à d'autres professions... couchez avec l'homme politique le plus en vue...

 

La jeune femme allemande du groupe intervient : mais je suis peintre ! je ne comprends pas, je ne couche pas avec plein d'hommes. Je demande à C... si sa théorie marche aussi avec des femmes peintres... elle dit que non, c'est seulement avec  les hommes. Nous la regardons admiratifs, tant de candeur nous... consterne.

 

Mais nous la remercions, car elle vient de nous réveler cette vérité : ça ne marche pas avec "la femme"... couchez avec la femme peintre la plus célèbre... avec la femme politique la plus célèbre... ben non, Messieurs... ça ne vous assure, pas encore... la sécurité financière, ni la notoriété.

 

 

 

Vanitas de l'extraordinaire Paula Rego

(peintre portugaise vivant à Londres)

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 20 Novembre 2008

Nos âmes affleurent aux pores,

Et m'enivrent des effluves de nos corps,

Les lampées, les plongées, les douceurs,

Aux milles parcours, aux milles fleurs.

 

Ô prince, ô chevalier de mes pensées,

Toi qui parcours les chemins inexplorés,

Ouvre la demeure de nos passés,

Et enfouis-moi dans ce lieu où je suis née.

 

Sur ma joue coulent des pleurs,

De reconnaissance ou d'erreur.

La nuit me recouvre, elle m'étreint,

Tu sauras retrouver le chemin.

 

Tu t'es perdu pourtant,

Et m'as reniée longtemps,

Devant moi tu es à présent,

Comme l'herbe surgie au firmament.

 

Ecrit par Luciamel (c) en hommage à Fernando Pessoa et son poème Eros et Psyché (traduction à venir)

 

tu tournes à gauche... (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 19 Novembre 2008

Grave question (ben, vous ne croyiez pas que j'allais vous le faire léger, quand même...). Qu'est-ce que l'amour ?

"Ainsi, certains jours paraît,
Une flamme à nos yeux,
A l'église où j'allais,
On l'appelait le bon Dieu..."  (Brel)

Oui, pour certains, c'est le sacré, c'est le divin, c'est le don, l'humanité, le dévouement, Mère Teresa, Soeur Emmanuelle, l'Abbé Pierre, et on s'arrêtera là. Ben oui, les papes, et autres chefs spirituels (mis à part le Dalaï Lama ?) on les mettra dans une autre catégorie : celle du pouvoir, financier, politique, psychologique. Jésus, je suis un peu embêtée... je le classe où ? C'est mon ami Roger Tabra (retourné à Montréal) qui me donne la réponse, lui le poète : "Quand Dieu sera mort, c'est Jésus qui va hériter de tout".

"L'amoureux l'appelle l'amour,
Le mendiant, la charité,
Le soleil l'appelle le jour,
Et le brave homme, la bonté." (Brel)

Notre amour au quotidien :  de nos proches, enfants, parents, amis, voisins, inconnus croisés, détresses aperçues. Nos coeurs s'ouvrent secrètement, et sans en faire état, sans déclaration, ni réclamation. Nous donnons notre amour gratuitement, anonynement. 

 "Sur la place chauffée au soleil,
Une fille s'est mise à danser,
Elle tourne toujours pareil,
Aux danseuses d'antiquité" (Brel)

L'amour qui nous perd, qui nous entraîne au-delà de nous-même, l'amour physique, ce qui nous mêle à l'au-delà du corps, qui nous relie à la mort. Nous sentons, que cette danse est celle de nos cellules, est celle de l'univers. Nous savons que nous sommes issus de cette fusion-là. Nous la recherchons en nous, nous la voulons... à nouveau avec l'autre. Nous nous égarons, nous nous cognons, nous crions. Animaux en peine. Humains en errance, en quête de divinité.

"Sur la place où tout est tranquille
Une fille s'est mise à chanter
Et son chant plane sur la ville
Hymne d'amour et de bonté
Mais sur la ville il fait trop chaud
Et, pour ne point entendre son chant,
Les hommes ferment les carreaux
Comme une porte entre morts et vivants

Ainsi certains jours, paraît
Une flamme en nos cœurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n'aimons point les réveils
De notre cœur déjà vieux." (Sur la Place, Jacques Brel)



Sur la place de Jacques Brel, interprété par Barbara, et avec J. Brel.

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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