Publié le 30 Décembre 2008

Atterrissage en douceur. Au départ 16°C, à l'arrivée 0° : même pas froid ! Attente des bagages, un jeune couple franco-portugais (elle portugaise), qu'ils sont mignons ces deux-là à s'embrasser... elle l'enlace avec insistance, je remarque qu'il semble distant (ah, les hommes quand ils se ferment...), puis il se lance dans d'interminables (jusqu'à ce que j'ai récupéré ma valise et m'éloigne d'eux) récriminations : "Non, vraiment, je ne ne les supporte plus, c'est un état d'esprit trop différent. Ce que j'ai subi pendant ces 15 jours, c'est la dernière fois. Et toi, ils te prennent pour leur femme de ménage, ce sont tes parents, mais ils t'ont traitée comme une bonne ! Non, je n'en peux plus, sache-le, je ne pourrai pas l'admettre plus longtemps."

Je vous passe les détails.

C'est vrai que je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez, et n'entends pas plus que ne portent mes oreilles. Alors, pardon, si ce que je vais vous conter vous paraît vu par le petit bout de ma lorgnette : qu'y puis-je ?

Au pays où les arbres de Noël ressemblent à ça, où les maisons sont celles où on est née, où les puits ont été creusés par son arrière-grand-père : 

 




 


 

 

Où l'on entend de drôles d'histoires, que, si vous le permettez, je m'en vais vous raconter. Pour ce soir, laissez-moi, simplement, vous en donner le sommaire :

Où l'on se pend sur fond de crise économique; où l'on dit comment se calcule la durée de l'année; où les femmes battues se défendent; où l'on apprend que l'auteure d'Harry Potter a enseigné à Porto et s'y est mariée à un Portugais; où l'on s'initie aux nouveaux horaires de travail imposés par les Espagnols; où l'on prend note de la recette des gâteaux aux haricots; où l'on découvre un auteur anglo-indien; où Lucia nous parle de son arrière grand-mère...

Je vous dis : à demain (peut-être... car c'est la fin de l'année et qu'il me faudrait aller bien la fêter, nous disons : "bonnes sorties et bonnes entrées dans l'année nouvelle").




En attendant, voici par Fado em si bemol, un fado enlevé et relevé... (cliquez, vous ne le regretterez pas).




Photos (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 17 Décembre 2008

une morue...

 


Bon, je n'allais pas vous laisser comme ça... avec un clip hyper-déprimant de SDF. Tout à l'heure en retirant au distributeur les sous que je n'ai plus pour payer mon billet de RER, et le train à Porto, le métro... et  "on ne sait jamais", un SDF à côté de la machine m'a sollicitée : "vous auriez pas une pièce pour boire ?"

- ben non, j'ai plus de pièces...
- je veux bien un billet...
- ben, pour moi non plus ça n'est pas facile, là, pour finir l'année, c'est dur.
- c'est pas grave, merci quand même, et bonnes fêtes.
- merci, vous aussi, si j'avais eu une pièce... mais là...
- excusez-moi de vous avoir dérangée.
- mais non, je suis désolée...

Je vais vous parler d'amour pour terminer l'année... Celui qu'on donne avec ses yeux (on le sait, on n'a pas besoin de l'exprimer, de le prouver, nos yeux, notre sourire; au boulot, on n'a pas le même âge, on n'a pas le même profil...  pourtant on sait... qu'on s'est aimés, spirituellement parlant, sans qu'un mot n'ait été dit). Toi, tu as dans le regard, dans le sourire, la tendresse, la douceur d'une maman. Alors, pas besoin, souvent, d'ailleurs, vaut mieux pas, le dire. Qu'on s'aime. Il vaut mieux l'exprimer avec sa seule âme. Les mots sont des leurres... Souvent.

En fermant les yeux ce soir, après ma journée de travail si longue, c'est cette image qui vient m'éclairer. Toi, ton coeur était si lumineux que j'ai dû parfois fermer les yeux...

Ton nom est comme celui d'un Jésus...

Alors... Noir Désir chante dans mon dos, et me poursuit : "Le vent l'emportera"...





Et moi je vois Marie... là sur le sable... et je vous pleure.


Je m'envole, envole-toi...

Tout disparaîtra, tout l'emportera... Quel disque ! et dire que Marie (Trintignant)  y a succombé...

Pour Noël, et pour terminer, une image "noyeuse" !!! la morue traditionnelle du 24 décembre au Portugal. Ben oui, nous, le 24, on ne se réjouit pas, on compatit aux douleurs de l'accouchement de Marie !!! alors, on fait maigre : morue bouillie, choux cuit à l'eau, patates... avec ail, et huille d'olive (quand même). C'est ça le repas traditionnel du 24. (OK, vous savez que de manger de la morue ça ne nous prive pas trop, vu qu'on ne fait que ça tout au long de l'année, il en existe 365 recettes, et que c'est notre aliment préféré... mais bon ! c'es un sacrifice !)

L'amour est-il ce poisson bouilli ? l'amour est-il plutôt cette réjouissance qui nous vient le 25 :  agneau, dinde, sauces, desserts, cadeaux, gâteau des rois ?

Je vous laisse vous situer.

A bientôt, réjouissons-nous, la lumière a vaincu les ténèbres !!!

La morue, le poisson... nous a enseigné...





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Rédigé par Luciamel

Publié dans #émotions artistiques

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Publié le 16 Décembre 2008

Sa chanson m'agace, d'abord je l'avais vue sans le son... problème de réglage de l'ordinateur... alors j'ai recopié tout le texte, à la main... Bon, là je viens de trouver les paroles toutes répertoriées en portugais, et si j'ai de la chance, il y aura même la traduction, sinon... il faudra que je m'y colle (je m'y suis collée...).

Puis, ça m'a irritée : ce chanteur célèbre, avec sa tournure/ "fourrure", ses dorures, son "bling bling", sa voix (oui, j'ai réussi à remettre le son) encore plus énervante : il se gargarise, "qu'est-ce que toute cette misère ?", que c'en est indécent. Pourtant je l'avais apprécié dans La lettre de Manoel de Oliveira (c'était lui le rocker), mais là, sa voix... m'énerve. Voilà ce que je ne supporte pas chez les Portugais... : le côté provincial, déjà Eça de Queiros (si j'ai bonne mémoire) s'en plaignait. Y a pas... je préfère, malgré son énorme passif, Bertrand Cantat et Noir Désir (j'ai honte...).

Je voudrais, quand même, remercier Lusina, chez qui j'ai trouvé le clip : les images m'avaient abasourdie (je vous rappelle que je n'avais pas la voix), les paroles (les sous-titres) me semblaient sidérantes et géniales, mais dès que je les ai eues écoutées, j'ai déchanté... Non, pas ça, pas cette récupération si... tranquille.

 

Pourtant, j'y avais vu quelque chose de "génial"... il fallait bien que ça corrresponde (correspondît pour les puristes) à quelque chose.

 

Alors, tout d'abord les voici, sans image et sans musique, après si vous en avez vraiment envie... vous les écouterez.


Quem me leva os meus fantasmas ?                             Qui me délivrera de mes fantômes ?

(Pedro Abrunhosa) 

Aquele era o tempo                                                     C'était le temps
Em que as mãos se fechavam                                 Où les mains se refermaient
E nas noites brilhantes as palavras voavam,        Où, les nuits lumineuses, les paroles s'envolaient,
E eu via que o céu me nascia dos dedos               Où je voyais le ciel naître entre mes doigts
E a Ursa Maior eram ferros acesos.                         Où la Grande Ourse était de fer incandescent.
Marinheiros perdidos em portos distantes,             Marins perdus en des ports éloignés,
Em bares escondidos,                                                En des bars perdus,
Em sonhos gigantes.                                                 En des rêves éperdus,
E a cidade vazia,                                                          Et dans la ville désertée,
Da cor do asfalto,                                                         De la couleur de l'asphalte,
E alguém me pedia que cantasse mais alto.        Quelqu'un me demandait que je chante plus haut.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                          Et me dira où est le chemin.

Aquele era o tempo                                                      C'était le temps où
Em que as sombras se abriam,                               Les ombres s'ouvraient,
Em que homens negavam                                         Où les hommes niaient
O que outros erguiam.                                                 Ce que d'autres érigeaient.
E eu bebia da vida em goles pequenos,                 Et je buvais la vie à petites gorgées,
Tropeçava no riso, abraçava venenos.                 Trébuchant sur les rires, embrassant les venins.
De costas voltadas não se vê o futuro                  Le dos tourné on ne voit pas le futur.
Nem o rumo da bala                                                 Ni la trajectoire de la balle
Nem a falha no muro.                                                Ni la fissure dans le mur.
E alguém me gritava                                                   Et quelqu'un me criait
Com voz de profeta                                                      Avec une voix de prophète
Que o caminho se faz                                                  Que le chemin se fait
Entre o alvo e a seta.                                                      Entre la cible et la flèche.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                        Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                           Et me dira où est le chemin.


De que serve ter o mapa                                          Que me sert d'avoir la carte
Se o fim está traçado,                                                 Si la fin est toute tracée,
De que serve a terra à vista                                       A quoi sert la terre visible
Se o barco está parado,                                              Si le bateau est arrêté,
De que serve ter a chave                                             A quoi sert d'avoir la clé
Se a porta está aberta,                                                 Si la porte est ouverte,
De que servem as palavras                                        A quoi servent les mots
Se a casa está deserta?                                              Si la maison est déserte ?


Quem me leva os meus fantasmas?                    Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                             Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                        Et me dira où est le chemin.

(traduction Luciamel)


Les images représentent des SDF de Porto, la légende dit  :

"Au Portugal 9000 personnes dorment dans la rue. Et, seulement à Porto, elles sont 685"

J'atterris à Porto jeudi, au-revoir Paris, bonjour... cher pays ! Et "Joyeux Noël"  à tous : je vous promets de faire un petit reportage... retour le 30 décembre.




Pedro Abrunhosa - Quem me leva os meus fantasmas ?


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 14 Décembre 2008

Je me promenais chez Thierry, dont le blog tout en poésie et en douceur nous chante l'amour serein, et dans son dernier poème "l'amour parfait" : wouah ! sur le coup, je n'ai pas réussi à commenter.

Me venaient à l'esprit des images de conjugaison, prétérit parfait (notre passé simple), le plus-que-parfait, l'imparfait, le passé composé (pas d'avenir là-dedans, vous remarquerez bien).

Puis, tout à coup, rebondissant sur son image de la "cerise sur le gâteau", je me suis mise à fredonner "le temps des cerises", et à lui en recopier quelques lignes. Tiens, je vais aller vérifier les paroles exactes, me dis-je, bêtement... Et je me prends
ça sur le coin de la tête. Déjà, j'apprends que ce chant de 1866, et ensuite dédié à une infirmière tombée pendant la "semaine sanglante" qui mit fin à la Commune, était un chant révolutionnaire et fut longtemps l'emblême de la gauche.

Enfin, je découvre cette version de Noir Désir (mise en ligne en novembre 2008), j'hésite à écouter. La mort de Marie Trintignant, les circonstances, le battage médiatique, l'été de la canicule, 2003, ce à quoi ça renvoie dans ma propre vie, ça me semblait trop risqué. Déjà qu'hier soir chez Ruquier, Serge Lama présentant sa chanson de "soutien" à Cantat ça m'avait plutôt mise mal à l'aise... J'avais donné raison à Lio quand elle s'était déchaînée contre Muriel Cerf, chez le même Ruquier, en 2006. Elle, l'amie de Marie, et aussi ex-femme battue, ne pouvait tolérer que l'écrivaine, reconnaissant elle-même être battue par son compagnon, ait voulu, dans un livre d'échanges avec le chanteur, le déculpabiliser !

Mais, vous me connaissez un peu maintenant, impossible de résister très longtemps. Et, la voix de Cantat, me semble-t-il, mais pas seulement la sienne, et la tragédie, l'amour tragique, m'ont submergée de leur souvenir.

J'écoute la douleur de cet homme, lui, condamné à l'endurer jusqu'à la fin, jusqu'au jour où, je le lui souhaite, il pourra vérifier que Marie lui a pardonné (car elle seule le peut).

 

Très très belle reprise !!! (à vous couper le souffle, attention).


 


Noir Désir - Le temps des cerises (2008)




"Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jean-Baptiste CLEMENT (né le 31 mai 1836, à Boulogne). Communard et auteur de la célèbre chanson "Le temps des Cerises". Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets "Les Carmagnoles", "89", etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu'après l'amnistie de 1879. Il devient socialiste, et s'engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats, etc.
Le "Temps des Cerises" fut écrit en 1866. Mais c'est en 1885 qu'il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris."

citation de ce site.

Le temps des cerises

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant
Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d’amour
J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur


*************************************************************************************************************************************************************************


Dans ma rue aujourd'hui, cette femme venue me saluer... Louise ou Marie, soyez sûres que vous nous manquez.


"copie conforme - 25, rue de la gare", le Marais, 14 décembre, (c) Luciamel

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 13 Décembre 2008

En allant faire mes courses, pleine d'espoir de retrouver la femme porteuse de lumière de FKDL, j'ai croisé en chemin un groupe de personnes mobilisées contre les abus psychiatriques dont sont victimes de plus en plus d'enfants, leur magazine, Le déchaîné -  La gazette de la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme, annonce d'emblée la couleur :

"Tous drogués dès la naissance, peut-être même avant - Le recours systématique aux médicaments psychotropes pour résoudre toutes les difficultés de la vie, même les plus anodines, est un phénomène qui touche toutes les générations. Même les tout jeunes bébés sont parfois accoutumés aux drogues psychiatriques."


Beaubourg, 13 décembre. (c) photo Luciamel


Arrivée près de la Luce, la femme de la nuit, je fus toute dépitée de voir qu'encore une fois une voiture était garée devant. Mais n'est-ce pas ça aussi l'art de rue ? ça n'est pas tout bien rangé dans son espace réservé, dans un musée, avec en dessous l'explication, et même, à l'occasion, l'indication de ce qu'il nous faut en penser. Là, il y a une voiture...


Beaubourg, 13 décembre, FKDL, (c) photo Luciamel

 


Mais, ô quelle belle surprise, que vois-je en bas à gauche ? on dirait que FKDL a de la visite, Monsieur le Chat est venu lui tenir compagnie, le fantôme, lui, je l'avais déjà vu la dernière fois :



Beaubourg, 13 décembre, CATWALK (merci Roswitha), (c) photo Luciamel


Beaubourg, 13 décembre, fantôme, (c) photo Luciamel


Et autre merveille, découverte à deux pas de là, cette main dont Roswitha nous a parlé récemment dans son blog, et dont je trouve la référence chez elle,  GLC pour Gabrielle aka Gabri le Cabri aka Djabrial El-Kebch, artiste qui semble s'entourer de poissons, ainsi que du symbole même du signe astrologique :


Beaubourg, 13 décembre, GLC, (c) photo Luciamel


Beaubourg, 13 décembre, (c) photo Luciamel




J'ai fait provision de si belles oeuvres... que ça me donne envie de chanter, comme les Suédois le font partout aujourd'hui : "santa Luuuuciiiiaaa, santa Luciiiiiiia", et bonne fête à la lumière !!!


"Sul mare luccia l'astro d'argento,
Placida è l'onda, prospero è il vento  
Venite all'agile barchetta mia...
Santa Lucia! Santa Lucia!
...
Mare sì placido, vento sì caro
Scordar fa i triboli al marinaro,
E va gridando con allegria,
Santa Lucia! Santa Lucia!
..."


Découvrez Luciano Manacore!



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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Joie

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Publié le 12 Décembre 2008


(texte légèrement modifié samedi matin après une bonne nuit de sommeil, le titre est extrait d'une pièce de théâtre, vue quand j'étais au lycée, dont j'ai oublié le nom, mais dont la litanie tout du long  "cours, cours ! Elisa, cours..." m'est restée en mémoire)

ajout du samedi matin :



Chanson pour l'Auvergnat
(...)

Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui, sans façon,
D'un air malheureux m'a souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris.

Toi qui n'a pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmené.

Ce n'était rien qu'un peu de miel
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme, il brûle encore
À la manière d'un grand soleil...

Toi, l'étranger quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel.

Brassens (à réécouter d'urgence !)


******************************************************************************************************************************

Ce qui m'étonne le plus dans le fait d'écrire un blog est de voir l'image que cela produit, comment on semble me percevoir... l'ombre projetée.

Mtislav a joliment croqué une dominatrice au fouet replié et j'ai ri de bon coeur en découvrant l'illustration. Certains me soupçonnent de "féminisme échevelé" (d'un autre âge...), ou me taquinent sur ma susceptibilité exacerbée, d'autres se hérissent de mes humeurs syndicalistes (surtout à mon boulot), certaines sont agacées par ma non-féminité, ou ma féminité pas comme il faudrait... bref, tous, vous m'aimez !!! non ? allez, "laissez-vous aller, je vais vous aimer", chante Berry.

Voici, comment je me sens (n'oubliez pas que cette nuit la Lune est pleine, que Soleil/Mars/Lilith et accessoirement Pluton lui sont opposés... et, si j'avais un conseil à vous donner... ce serait de rester au calme ! tant que faire se peut), Mtislav, pour l'avatar de Dorham... le représentant dominé par une femme (en image inversée de la photo qui illustrait son très bon article, et dont le personnage principal était le Père Noël), si tu pouvais plutôt choisir Uma Thurman, c'est une sorte d'Indiana Jones au féminin, sauf que le fouet a été remplacé par un sabre, cette photo de Kill Bill, par exemple :


Kill Bill (2) - Uma Thurman

 


Parce que les femmes vont devenir des "Kill Bill", parce que le monde va devenir "Kill Bill", parce que vous dormez et qu'il ne faut pas trop crier, pour ne pas vous réveiller.
 

Euh... c'est internet, c'est un blog... c'est vendredi soir, c'est Paris, cool, dans le 4e arrondissement. Euh... Lucia, ça te fait quoi de savoir qu'il y a 4 milliards de personnes qui vivent avec 2 dollars par jour, vu que toi tu fais partie des 2 milliards qui exploitent le reste du monde (toi, qui dois, quand même, pour t'en sortir à la fin du mois aller faire tes courses avec tes tickets resto économisés...) ???

Ben, je crois à l'humain, mais pas à l'individu... mon frère, mon ami n'hésitera pas à me planter un couteau dans le dos s'il sent que c'est son intérêt, ou que son sort en dépend (dans les cas les plus extrêmes donc).

Alors, je les aime en secret... mes amis, mes collègues, mes frères et soeurs, mes parents, mes cousins, mes oncles et tantes, mes étudiants, les inconnu(e)s dans le métro, les enfants qui se retournent devant moi et me sourient... sans rien leur en dire... même s'ils ne le savent pas,  JE LES AIME... Dieu est amour... euh... ne soyez pas choqués, j'essayais d'être en phase avec "les cool blogueurs de mon quartier".

N'oubliez pas que l'avant-dernière scène de Kill Bill 2... fut ce duel entre Elle et Lui... et...que Lui s'effrondra. Va savoir pourquoi... son coeur l'a lâché.

Kill personne, vous Bill je vous aime... sauf si vous avez voulu (si vous voulez) me tuer... lui disait Uma.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 10 Décembre 2008

Ces derniers temps tout le monde fête ses 100 ans (ou les rate de peu) : Soeur Emmanuelle (que Dieu ait son âme), Lévi Strauss, Olivier Messiaen (bon, lui on lui fête même s'il n'est plus là) et Manoel de Oliveira, 100 ans aujourd'hui (on rappelle qu'en 1985 on lui offrait déjà un Lion d'Or à Venise pour l'ensemble de son oeuvre, cette année à Cannes on s'est dépêché aussi de lui rendre hommage, on ne sait jamais... qu'il nous fasse le coup d'Emmanuelle...), mais le "vieux" cinéaste a déjà en chantier deux nouveaux films : un pour Venise et un pour Cannes...

Au Portugal il passe pour le réalisateur le plus ennuyeux qui soit... personne ou presque (dans ma famille en tout cas) n'a vu un de ses films, c'est le Godard local si vous voulez (c'est vrai qu'il faut quand même s'accrocher, ou avoir bien dormi la veille :
"Amour de perdition", 4h20, est assez.... lent, adaptation d'un roman éponyme de Camilo Castelo Branco, grand succès populaire, dont mon père m'a révélé qu'il était le seul livre qu'il ait lu). Son dernier film, de 2008... Christophe Colomb, l'énigme, étant déjà ici sur mon blog.

Mais Oliveira c'est
Aniki Bobo, 1942, c'est Porto de mon enfance, c'est La lettre (adaptatation de La princesse de Clèves avec Chiara Mastroiani et le chanteur de rock portugais Pedro Abrunhosa, la famille Deneuve-Mastroiani étant d'ailleurs assez fidèle au cinéaste). Alors, pour vous donner envie... d'aller à la découverte, un extrait d'Aniki Bobo, mais regardez aussi son adaptation de la Princesse de Clèves, et sentez-vous "vieux", vous les jeunes, face à cet éternel créateur, cet homme libre qu'est Oliveira :




Aniki Bobo, Manoel de Oliveira, Porto, 1942.



La lettre, Manoel de Oliveira (adaptation de la Princesse de Clèves), 1999.


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 9 Décembre 2008

Laissez-moi vous conter la belle histoire, que FKDL imprime sur les murs de nos villes, sur les murs de notre planète : oyez, oyez... vous qui dormez.

Lui, mais aussi d'autres illuminent nos rues, on le dit "street art", art de rue... moi, je me laisse séduire par leurs créations. Franck Duval,
FKLD, m'a bien précisé que chacun de ses personnages (toujours des femmes, Franck ? ou presque toujours... pourquoi ?) était créé totalement, il ne s'agit pas de pochoir, pas de reproduction, mais bien d'une création originale, à base de collages, de peinture, à chaque fois.

Ce soir, croisée (je l'avais déjà aperçue dimanche, mais, malheureusement, un camion me bouchait la vue), cette femme, cette Lucia... (bientôt sa fête, je vous le rappelle, le 13 décembre), cette lumière qui parcourt le monde.... Nous nous approchons de la pleine lune qui tombera juste pour la Sainte Luce, la lumière, où les jours ne font que le saut d'une puce...

Merci FKDL... elle est belle, elle s'en vient nous annoncer une nouvelle (la bonne ?).

 


Femme dans la nuit, déc. 2008, Beaubourg, Paris (c) Luciamel - FKDL


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #émotions artistiques

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Publié le 8 Décembre 2008

Publié pour la première fois in Presença, n° 41-42, Coimbra mai 1934.

"La citation, épigraphe à mon poème "Eros et Psyché", d'un fragment (traduit, en effet le Rituel est écrit en latin) d'un Rituel du Troisième Degré de l'Ordre des Templiers du Portugal, indique simplement - ce qui est un fait - qu'il m'a été permis de feuilleter les Rituels des trois premiers degrés de cet Ordre, disparu, ou en sommeil depuis environ 1888 [année de naissance du poète]; S'il n'était pas endormi, je ne citerais pas l'extrait du Rituel, en effet, on ne doit pas citer (indiquant leur origine) les passages de Rituels qui font partie d'un travail" 



Et ainsi voyez-vous, mon Frère, que les vérités
qui vous furent données au Degré de Néophyte, et
celle qui vous furent données au Degré d'Adepte
Mineur, sont, bien qu'opposées, la même vérité.

(Du Rituel de Grand Maître de l'Atrium
De l'Ordre des Templiers du Portugal)


Eros e Psique

La légende nous conte qu'endormie
Une princesse était enchantée.
Que seul un Prince réveillerait,
Venant de l'autre côté du mur,
Qui sur le chemin est mis.

Il lui fallait, tenté,
Vaincre le mal et le bien,
Avant que d'être libéré,
Et laisser le chemin erroné,
Pour celui qui à la Princesse vient.

La Princesse Endormie
Attend, endormie elle espère,
Dans la mort, elle rêve sa vie,
Posé sur son front d'oubli
Une verte guirlande de lierre.

Au loin, le valeureux Prince,
Ne sachant quel but est le sien,
Ouvre le chemin ensorcelé,
Lui d'elle est ignoré,
Elle pour lui n'est rien.

Mais tous deux vivent leur Destin,
Elle dormant enchantée,
Lui la cherchant en vain
Par le processus divin
Qui fait exister le chemin

Et, même si tout est obscur
Le long de la route, et illusoire,
Il s'avance d'un pas sûr,
Et, surmontant route et mur,
Parvient là où en songe elle demeure.

Et encore tout étourdi,
A sa tête ivre il porte la main,
Et touchant du lierre,
Il comprend que c'était lui
La Princesse endormie.

Fernando Pessoa


(traduction de Luciamel, pour le texte original allez sur ce site qui m'a inspirée :  lien).



Eros e Psique, Fernando Pessoa - Maria Bethânia.


Revenons à nos moutons !!! en effet, revenons à l'essentiel pour moi...

Que m'importe de vous irriter (certains), de ne pas entrer dans votre coterie, ou communauté... je vous apprécie, mais n'en suis pas moins agacée par certains côtés : une langue commune, la vôtre, une sensibilité qui vous rapproche (la culture française ?), vous n'aimez pas mes particularités, trop râpeuse (oui, c'est vrai j'aime les rappeurs, souvent des immigrés comme moi...), comment dire trop... étrangère, trop "fadiste" à votre goût (c'est-à-dire "pessimiste" dans votre langage),
trop épicée... mais ne vous en faites pas on me dit l'inverse de l'autre côté : trop rationnelle, trop intello, trop française...

M'est égal, j'ai créé ma propre communauté, et pas grave si je suis la seule à y évoluer... j'y ai des membres d'honneur, des membres de coeur (ils sont déjà sur la liste de mes blogs "amis") :

Mya, première à venir ici (en fait, elle ne vient pas pas très souvent, mais elle est présente), amoureuse du Portugal (et du Japon) ;

Arlindo, avec ces deux très beaux blogs, et son art si époustouflant du "collage", ici, et ici;

Olympe, découverte si tard (je t'en demande encore pardon, toi si essentielle en ce monde inhumain), ici et ici;

Lusina, la surprise, le cadeau... ses beaux textes, sa lusopholie !!!

Alors, joignez-vous, soyez membres d'honneur ou de coeur, mais surtout après avoir fait preuve de votre si précieux esprit critique... écoutez votre âme qui bat.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 7 Décembre 2008

... il n'y a qu'un pas.

Je réfléchis depuis quelques jours, depuis qu'ici et là, des remous se sont faits autour de propos que j'ai tenus (si banals, mes propos, que j'ai d'abord été étonnée de l'intérêt qu'on y a porté).

Alors, voici où ça a débouché... à votre santé !!!

Pourquoi écrit-on un blog ? pourquoi, moi, écris-je le mien (je fais l'inversion, parce que je sais maintenant que j'ai des lecteurs super érudits...) ? J'y cherche quoi (je ne fais plus l'inversion, verbe-sujet, pour la question, dans la langue soutenue, parce que ça me gonfle) ? quelle gloire, quelle affection ou compensation, quelle reconnaissance, quel plaisir ? Pourquoi, depuis que je m'y adonne, suis-je, aussi, devenue plus accro à une autre drogue... celle du vin (rouge, bio, je vous rassure, et ne m'empêchant pas de mener une vie "normale") ?

J'en ai parlé à quelqu'un que je tiens pour une sorte de guide... et écouté le lien qu'il établissait avec son fils presque accro, lui, aux jeux vidéo, à qui il a voulu montrer l'effet de cette "drogue" en le plaçant devant un miroir : "tu t'es vu quand tu joues ?", il m'a aussi raconté la mésaventure d'un jeune de 18 ans, brillantissime,("il tournait à 19 de moyenne") découvrant ce monde des jeux vidéo, peu avant le bac, et devenant un vrai junkie, du jour au lendemain, arrêtant de travailler, incapable de passer le bac, finissant en HP.

Le jour même sur  "yahoo", synchronicité oblige, ou coïncidence comme vous voudrez, cet article sur des jeunes filmés face à leur écran quand ils jouent...

Alors, quel plaisir a-t-on ? quel but recherche-t-on ? est-ce du narcissisme ? oui, quand on me laisse un compliment (comme celui de Thierry Nogier), ça me fait, on ne peut plus, plaisir. Quand on me descend en flèche (tels certains), ça me fait mal, en même temps ça m'émoustille, je vais leur montrer de quel bois je me chauffe à ceux-là !!!

Le plaisir d'écrire surtout... Comme Machado de Assis... (lien dans mon post précédent) le disait. Vous me lisez, ou pas, mais sensuellement, biologiquement, hormonalement, il se passe quelque chose quand j'imprime sur cette page, non pas blanche, car connectée au reste de l'humanité, mes humeurs, mon ressenti, mes peurs.

Et ça c'est du plaisir.

Alors, comme tout drogué qui a goûté au plaisir... on essaie de le répéter.

Sauf que, là, c'est du texte, de l'écriture, de l'échange, de la communication : de la communion, comme disaient les spécialistes de Palo Alto, le
collège invisible, Goffmann, Bateson, Hall, ou Watzlawick, mes maîtres. Je me nourris depuis eux, de l'analyse de Chomsky, et de nos "Illusions nécessaires", ou de celle de Bourdieu.

Je m'interroge.

Pourquoi, est-ce si gênant ?

En quoi cela vous blesse-t-il ?


A nu nous sommes (presque)... sur nos blogs.
http://vargen57.unblog.fr/files/2007/06/arletty.jpg

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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