Les tweets me gonflent... messages égocentriques sans aucun intérêt, si ce n'est
celui de se maintenir au top dans le réseau dans lequel on se trouve déjà... Twitter... j'y vais par moments, mais je sens bien que ça ne sert qu'à servir... une
certaine idée de mon propre égo... ça ne sert qu'à l'entretenir... ça ne sert à rien.
FaceBook... je poste mes photos, j'y vois celles de mes "amis"... et certains de leurs messages, mais à part ça ? du point de vue du contact, du point de
vue de la relation, qu'en est-il ? c'est encore du "je me fais voir sous mon meilleur angle (ou, tout du moins, j'essaie), regardez-moi, moi, moi, moi...". Où est le véritable échange ? on se le
demande.
Mon blog... j'ai l'impression d'être sincère, de poster ce qui me tient vraiment à coeur, pourtant, je suis comme vous autres, je suis sensible aux commentaires, je
regarde le nombre de mes visiteurs, je regrette, parfois, d'avoir écrit ça ou ça.
Internet me désespère, autant qu'il me fascine car il me semble porteur de la seule vraie liberté du futur : l'expression de l'esprit.
Petit à petit, il faudra encore 50 ans, nous parviendrons à une liberté indivuelle sur toute la planète (liberté d'expression, égalité de droits, liées à un égalitarisme du
niveau de vie) inimaginable pour nous aujourd'hui. Internet nous en donne un avant goût : tous écrivains, tous journalistes, tous... omni-humains, face à notre écran nous ne sommes
plus le journaliste frustré, l'écrivain raté, l'universitaire brisé, l'artiste sans public... nous recréons notre vie.
Je vois, toutefois, que les milieux sociaux se reproduisent... sur la toile (ah... ce cher Bourdieu), et que, sur le Net, les
privilégiés d'hier sont toujours ceux qui décrochent la timbale (les blogueurs ayant du succès sont souvent issus des classes favorisées, même s'ils sont frustrés socialement parlant,
car n'ayant pas la célébrité qu'ils pensent mériter, le Web leur donne une revanche). J'entends que ça se débat dans les grandes écoles, on ne voudrait pas que des "boursiers" (issus
forcément de milieux défavorisés) aient des privilèges ! car comment, alors, distinguer les privilégiés naturels, des privilégies "artificiels" ? si les favorisés, "naturellement" par les siècles
des siècles, et un système qui marchait très bien, ne le sont plus... si d'autres peuvent se voir "protégés"... c'est la fin des haricots. Si d'être née Laura Smet, ou Jean Sarkozy,
ou De Lamordmoilenoeud... ne sert plus à rien, à quoi bon continuer à défendre sa position ? autant se suicider. Le Web va de plus en plus pousser les privilégiés à vouloir se
suicider... surtout dans un pays comme la France où tout n'est qu'affaire de castes. Prenez garde à vous et à votre sang bleu... bientôt votre distinction risque d'exploser.
Je lis que ça buzze... on essaie de lancer un jour sans Sarkozy... un lobby internet, un groupe d'intérêt comme un autre, des gens (des hommes pour la
plupart) qui souvent sont issus d'un même milieu (d'intellectuels, ou intellos, sans influence médiatique mais qui aimeraient beaucoup en avoir) essaient de se faire valoir... de se
faire entendre par les médias, et, surtout, par (leur maître) Sarkozy. Je dirais que ce sont juste des rapports de force, de ceux que Sarkozy
arrive à mettre dans sa poche sans difficulté... qu'il leur offre un portefeuille, à ces Messieurs qui le contestent, et soudain les voici tout radoucis... tout serviles.
J'en vois qui ferment leur blog... par moments j'aurais envie de les suivre, mais je me dis que mon blog existe malgré moi, c'est Lucia qui un jour a voulu lui donner vie. Une petite fille,
croisée sur une route, en rêve, qui se tournant vers moi m'a annoncé : "je m'appelle Lucie".
Mon passage chez toi, me fait penser à mes visites chez mes soeurs,
je ne frappe pas,,j'entre ,te fais la bise,,une petite discussion sur tout et sur rien,,,et un petit aurevoir..
J'apprécie ces petits moments qui font un petit sourire au fond de la vie.
Quant aux castes entretenues soigneusement par de soi disant "élites", j'aime bien l'idée de foutre un bon coup de pied dedans !
Par rapport à Twitter, l'outil est finalement plus simple que prévu mais il s'agit d'un endroit assez élitaire et sur lequel tu n'as pas droit à l'erreur puisque c'est chacun pour soi et chacun ses petits followers (qui sont d'ailleurs affichés noir sur blanc en haut, pour que chacun puisse voir à quel point tu n'intéresses personne ou si au contraire, tu es un véritable netocrate archi suivi - qu'il s'agisse d'une tricherie bidouillée à l'aide d'un robot ou non, ça ne change rien à l'affaire)... Facebook est un peu plus "intelligent" socialement parlant puisqu'il permet "d'aider" les amis qui n'ont pas assez d'amis, etc... de plus il reprend un peu le principe du "statut" de Twitter mais comme Nina Testut l'explique dans son "Facebook - Et moi ! Et moi ! Et moi!", ce site ne permet aucun "miracle social" ni même la moindre "mixité" entre groupes sociaux incompatibles.
Si tu n'as aucune "intelligence sociale", si tu ne fais partie d'aucune association réelle, si tu as peu d'amis dans la vraie vie, si ton avatar, ta gueule ou ton design sont moches et si en plus tu es angoissé, névrosé et co... je ne vois pas en quoi le web 2.0 arrangerait les choses, sauf 'transfiguration' particulière (comme ça peut arriver chez certains geeks ou nerds peut être, qui compensent ainsi leur timidité par une maestria impressionnante en informatique).
Tout comme toi, Internet me désespère et je pourrais reprendre exactement et au mot près tes réflexions sur la façon dont tu perçois ton blog, ta sensibilité aux commentaires, etc... et surtout la phrase suivante : "les blogueurs ayant du succès sont souvent issus des classes favorisées, même s'ils sont frustrés socialement parlant, car n'ayant pas la célébrité qu'ils pensent mériter, le Web leur donne une revanche". Il faudrait vraiment un bouquin fouillé là dessus ! il me parait plus qu'évident que les "netocrates" qui maîtrisent le mieux les réseaux aujourd'hui sont en très grande partie les intellos précaires dépeints par Anne Rambach et Marine Rambach. Entièrement d'accord également par rapport à ton avant dernier paragraphe ! ces nétocrates ne sont pas autre chose que des dominants-dominés qui aimeraient bien devenir dominants-dominants en réalité . C'est pour ça d'ailleurs que contrairement à Alexander Bard et Jan Söderqvist, je ne crois pas réellement que l'âge de l'informationnisme se substituera réellement au capitalisme, je crois au contraire qu'il s'agit d'une évolution mais qu'elle ne changera absolument pas les structures sociaux-culturelles qui font perdurer ces dominations. Sur le net, le capital culturel et relationnel est certes plus important que le capital économique mais bien souvent ils se cumulent entre eux, d'autant plus qu'en matière de blogging culturel, les livres, CD, MP3 légaux, etc... ont un coût bien réel...
Si on s'attarde sur les blogs musicaux (pour prendre l'exemple que je connais le mieux) ça crève absolument les yeux : les netocrates qui détiennent les blogs musicaux les plus courus sont souvent des journalistes amateurs ou non, ou dans le cas contraire des "grands amateurs" qui cumulent les capitaux : culturels, relationnels, économiques et scolaires, ou si ce n'est pas le cas ce sont au minimum des gens qui dépendent des sommes folles ou une énergie colossale à écouter des tonnes de choses (au détriment de la famille, etc...). Comme je l'ai dit déjà chez moi, il n'existe plus réellement de "juste milieu" en matière de mélomanie ou de n'importe quoi d'autre d'ailleurs. Le web 2.0 et Google en particulier favorise l'élitisme absolu.
Tu n'intéresseras un netocrates ou un internaute averti que si tu proposes un contenu réellement inédit et à forte valeur ajouté, sinon tu finira à la "poubelle" virtuelle comme une sorte de "déchet" que l'on va trier sans aucun état d'âme (exactement comme Zygmunt Bauman l'a expliqué dans ses bouquins)
Je vais être égoïste (je m'en excuse) mais si je prend mon cas personnel, je sais pertinemment que je n'aurais jamais les facilités de langue que possède un type qui a fait des études universitaires ou qui a des prétentions littéraires ou journalistiques (sans parler de la "skholé" qu'il faut avoir pour pondre un très long article archi fouillé nécessitant 10 écoutes, des tas de recherche à droite à gauche, etc...). On m'a d'ailleurs le reproche d'avoir grosso modo un site "ringard", c'est à dire trop "années 90". Je suis donc condamné à avoir 30 visiteurs par jour à tout casser, alors que quand tu ouvres un site musical et que tu sais que les "netocrates" connaissent bien souvent les artistes dont je parles, tu as les crocs ! surtout si tu as été suffisamment naïf pour croire les zigotos qui ont fait miroiter au monde entier que le web 2.0, ça allait être génial, que n'importe quel écrivain ou journaliste amateur allait pouvoir trouver des amis et agrandir son réseau, tu parles Charles ! Sans parler du nombre incalculable de bloggeurs qui ne font même pas l'effort de répondre à leurs commentaires, ou d'avoir la politesse de répondre en retour sur le blog du commentateur, etc... Revenons sur terre ! s'il y a bien une anarque absolue dans les années 2000, c'est bien le web 2.0 ! ou alors il faut faire dans le super racoleur : cul, avatar avec une super belle gueule, cinéma le plus mainstream, téléréalité, etc... mais si jamais tu sors de ça, l'élitisme revient au grand galop...
Comment pouvez-vous être aussi naïve ? L'uniformisation du monde, sa "touristification" massive et l'égalitarisme forcené qui est aujourd'hui celui des Européens (mais seulement d'eux, heureusement) ne peut conduire qu'à un asservissement général d'autant plus pernicieux qu'il se fera indétectable, se parant pour cela des couleurs de la fête, de la tolérance, etc. Avec, en point de mire, pour finir : la guerre de tous contre tous.
Je ne sais pas si il faudra effectivement 50 ans, le mouvement me semble en marche de nous approprier le web 2.0, mais il est évident que pour l'instant, il répend surtout aux mouvements de la mode et du buzz.
Oui, Sur ton blog, tu es sincère - et passionnante, qui plus est. Tu ne devrais pas regretter un mot de ce que tu as écris.
FB, comme toi, je m'en passerais volontiers. Quant à Twitter... je n'y ai jamais mis les pieds (finalement, je ne dois pas être aussi geek que je le pensais ;-) ).
Beijinhos.
O passàrinho
@Anne : oui, une maison, comme la tienne entourée de ces paysages du Berry, je crois qu'une certaine magie peut relier nos blogs les uns aux autres, ça arrive par moments, et ça nous réconcilie avec la vie (quand la vie nous pèse, quand le découragement voudrait prendre les devants... un mot, un commentaire, peut nous éclairer tant...). Merci.
@Christian : je suis entièrement d'accord avec toi, théoriquement parlant, et j'avais, bien sûr, lu et grandement apprécié ton billet sur le web.2, je crois simplement qu'une autre dimension est prête à émerger, à submerger le système, une logique qui va le dépasser. Les dominants-dominants, ou dominants-dominés, c'est l'image d'un monde qui est en train de mourir (oh, il va agoniser pendant un temps assez long), nous le retrouvons naturellement avec sa logique implacable dans le web comme ailleurs, de toute éternité ? Est-ce le "meilleur des mondes", ou "1984", qui nous attend ? non, je ne le crois pas, autre chose, d'inouï, d'invisible encore. Ou alors, la fin.
@Didier : dans 50 ans... oui, je suis peut-être un peu optimiste, entre 50 et 100 ans, pour être plus raisonnable. Il est clair que ou ce monde change du tout au tout (genre communisme, ou christianisme... modernisés, ou ère du Verseau, comme disaient les hippies) ou nous allons droit dans le mur (oui, les guerres, oui, les épidémies, la misère, l'anarchie... c'est le facteur qui sera content !!!). Alors, comme Pascal, pour le futur, je fais le pari du meilleur, histoire de ne pas trop me gâcher le présent.
@L'oiseau : ah !!! enfin, te voilà revenu de ta migration vers les pays chauds... oui, à l'heure actuelle le web est presque l'exacte reproduction de la société avec ses castes, ses privilégiés, ses coteries (tout ce que je déteste), mais il me semble que le web va finir par tuer tout ça (car il sera incontrôlable, on le voit surtout dans les pays totalitaires, même en s'alliant à Yahoo ou Google, les dictateurs ont du mal à vraiment gérer et empêcher le mouvement de "libération" de la parole, et d'exigence d'égalité). Le web me semble porteur d'une sorte de "parole divine" (bon, vous allez croire que je perds la tête) : ce qui dépasse l'égo, ce qui dépasse Adam et le serpent, un certain Jésus avait déjà fait le premier pas, l'esprit... peut désormais s'étendre librement (bon, ok, encore faut-il être connecté... ça ne saurait tarder, 50 ans... pour toute l'humanité).
Moi j'aime bien, et je n'en fais pas l'usage que tu dis. le soir c'est franche rigolade entre blogueuses (les mecs eux restent sérieux)
finalement tu souscrits à la thèse de Bard et Soderqvist qui voudrait que le capitalisme soit remplacé à terme par "l'informationnisme" ou alors à autre chose que tu sens de façon purement instinctive ?
@Christian : merci, car à te lire je m'instruis. Oui, c'est quelque chose d'intuitif (plus que d'instinctif) qui me fait dire cela, ça renvoie à ce qu'autrefois les "hippies" appelaient, le "new age", ou "l'ère du verseau"... Le Verseau, comme tu le sais, signe les nouvelles technologies, la communication, la vie en communauté, l'amitié, l'amour libre, l'astrologie, la liberté, la Révolution, et, détail intéressant, Uranus, sa planète maîtresse, a été découverte au moment de la Révolution Française (par Herschel, en mars 1781).
Et très bonne Année 2010 à toi.
Petite résolution personnelle en ce début d'année et que je viens de mettre en pratique :
- Désinscription Wikio : C'est fait !
Twitter et Facebook ; même constat que toi, donc je ne me suis pas inscrite pour l'un et me suis désinscrite pour l'autre.
Toujours ravie de lire tes billets même si le temps me manque actuellement.
Très bonne continuation.
en effet mais le verseau fait également partie des signes parmi les plus individualistes du zodiaque ! au contraire du poisson, un peu plus grégaire, enfin je crois car ça fait un moment que je ne me suis pas replongé dans les livres d'astro.
@Christian : le Verseau n'est pas individualiste, ou alors il l'est au sens des révolutionnaires de 1789, il serait plutôt idéaliste, n'hésistant pas, parfois, à couper des têtes pour imposer ses vues, plus qu'individualiste, je dirais qu'il est collectiviste (mais pas au sens "communiste/chrétien" des Poissons) et avantgardiste... union libre, frontières floues entre amour et amitié, il a un grand besoin de l'amitié, de la fraternité, ç'en est même la représentation. Les Poissons ont un côté "confrérie" au sens monastique, ils se tourneraient plus vers l'ascèse mystique ou la dissolution des poètes (dans les drogues et l'alcool), ils croient au retour du Messie... ils sont mal barrés...
Même si je suis balance, je reconnais que je suis plus proche des "communistes-chrétien" (donc poissons) que "verseau" ;) du coup je perd un peu au change avec les "révolutionnaires" actuels qui se basent essentiellement sur le seul réseau, or tout le monde n'a pas forcement une intelligence de réseau et la maitrise (technique) du web ne change rien à l'affaire...
- Pourquoi avons-nous le droit de nous balader, voire installer partout et pas eux ???
- Pot de fer contre pot de terre. Que cela me rend triste.
De retour, en passant...
Vois-tu Lucia, le problème avec toi est que tu en donnes tellement qu'à la fin je ne sais plus quoi te dire, quoi commenter, quoi ajouter,...
C'est riche, c'est étayé, c'est, parfois, béton, parfois "électrique" mais toujours bourré de bon sens...
Alors, je te laisse ici ce commentaire. Ca aurait pu être sur une autre de tes pages, ici, là mais ça a été maintenant.
Extrait perso...
...
Fui amigo da saudade
Transformada em nascente
Fugi dela quando em verdade
Percebi que era corrente...
Je suis un peu en “sommeil” en ce moment. Toi, tu es bien (r)éveillée...
@J. : tu me flattes (et j'aime être flattée... une faiblesse... bien humaine), c'est gentil de passer de temps en temps, moi, je t'ai mis sur mes flux RSS, (j'avoue que je lis l'ensemble des blogs d'un oeil distrait, mais toi, comme tu publies peu, je te lis in extenso...).
Je fus ami de la nostalgie
Que transformée en source, j'ai fuie
Avant que, finalement, j'eusse compris
Qu'elle était le courant de la vie.
(ma traduction libre).