Recherche homme... à admirer, désespérément

Publié le 18 Février 2008

Soudain, sous la douche (ça peut arriver n'importe où), la prise de conscience, la révélation implacable : je pourrais citer le nom de tant de femmes admirables, mais d'hommes... combien ?

Tout d'abord, cela a-t-il une quelconque importance d'admirer un être humain et, en quoi, son genre, homme ou femme, intervient-il dans la valorisation que nous en faisons ? Oui, qu'il s'agisse de femmes d'exception comme Alexandra David Néel (cf. l'article de
Philiberte) ou Sabina Spielrein (ici), leur exemple nous éclaire sur les montagnes à gravir, ou les profondeurs à apprivoiser. Elles deviennent nos initiatrices, nos éducatrices. Elles libérées, sont un repère pour notre humanité. Est-ce plus simple de se projeter dans la vie de quelqu'un de même sexe que le sien ? Probablement.

Admiration au sens (je cite Le Petit Robert) : "Sentiment de joie et d'épanouissement devant ce qu'on juge supérieurement beau ou grand (...) "Il y a dans l'admiration on ne sait quoi de fortifiant (HUGO)". Il ne s'agit ni de l'idôlatrie amoureuse, ni de la soumission sociale que certaines femmes ont besoin d'éprouver pour choisir leur compagnon. 

Ainsi que le rappelle très justement Marcela Iacub dans cette interview accordée au Figaro.fr "Selon les démographes, encore à l’heure actuelle plus de 90% des femmes se mettent en couple avec des hommes plus âgés et plus diplômés qu’elles. C’est-à-dire qu’elles continuent encore à considérer que leur réussite personnelle, leur promotion sociale va passer par le compagnon et par l’enfant. Elles sont toujours, comme le disait Beauvoir, dans l’immanence".

Cherche désespérément hommes à admirer, comme modèles, comme éclaireurs...

Avant de prendre ma douche, j'avais lu
ceci sur le blog de Véro. Dès lors, j'avais éprouvé un "sentiment de joie et d'épanouissement" face à l'humanité "supérieurement belle et grande" qui nous y est relatée, le même qu'au moment de ma lecture de cet article du Monde.fr sur l'engagement de Daniel Barenboim auprès du peuple palestinien. 

La révélation descendit chaude et humide sur ma peau, elle me doucha littéralement : cet homme était admirable ! son courage, sa force, sa ténacité en faisaient un éveilleur de consciences, un exemple à suivre. Je me souvins de mon émotion première à la découverte de son engagement, des larmes qui étaient montées à mes yeux. Que d'eau, que d'eau...

Je ne pouvais m'arrêter en si bon chemin, il m'en fallait d'autres... des figures exemplaires. 

Je pensai alors à mon article de la Saint Valentin (ici) où Leonard Cohen apparaissait en moine bouddhiste-zen : "you have loved enough"... un peu déprimant peut-être, alors voici, le plus entraînant "here it is"  euh... oui, c'est sûr, faire zazen ça calme...




Puis, presqu'en superposition m'apparut (toujours dans la salle de bains!!!) la silhouette de Grand Corps Malade, oui, me dis-je, en voilà un homme bien ! une personne que je respecte profondément, grâce à lui j'ai eu la révélation (encore une!) du slam. Je dois l'avouer, cela me fait tout drôle de l'écouter, entre l'émerveillement et la tendresse... C'est un grand! 

Et puis, je songe à tous ces hommes que je côtoie, qui, par leur courage face à la maladie, la leur ou celle de leurs proches, nous fortifient et nous incitent à aimer la vie. Lui, par exemple, qui est en train de perdre la vue mais qui continue à s'émerveiller d'une expression sur un visage, d'un geste, d'un sourire... Lui, et lui... et lui... et lui...

Est-ce dans l'épreuve et la maladie, qu'on devient admirable ? pas toujours sans doute, pas seulement... 

Hmm, ça fait du bien d'admirer.

Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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luciamel 19/02/2008 11:23

Merci d'être venu!!! j'admire !!! tu as, en partie, raison... (et ça me donne à réfléchir) mais pas complètement, Daniel Barenboim est, de fait, l'exemple même de l'homme que j'admire, mais des comme lui... t'en connais beaucoup ? Même en me forçant, j'arrive pas à ressembler à Carla ;)) ! les hommes de pouvoir, niet, ça ne me bouleverse aucunement, les artistes perdus dans leur égo (d'où Cohen qui a, peut-être, surmonté ce piège-là), ça me rend très prudente. Quant à la maladie... c'est qu'elle s'amuse à fréquenter la vie de mes proches... alors ceux (et celles!) qui transforment l'épreuve en lumière, m'éclairent. Mais, ma quête ne fait que commencer... ;-)))

grégory 19/02/2008 03:55

En gros tu ne peux admirer que des hommes déprimés (cohen en chanson) ou malades (Grand Corps Malade)...bref lorsqu'ils sont affaiblis. Complexe d'infériorité de genre ? ;)