Pouvons-nous penser le monde ?

Publié le 3 Mars 2008

Voltaire et Rousseau s'opposaient, leur dialectique nous a éclairés... Dans nos choix sociaux, nos valeurs même, pour appréhender le monde nous avons besoin de penseurs. Ils sont nos "lumières", notre ancrage dans le réel, l'horizon que nous suivons. Un certain Beaumarchais et son Figaro ont, en leur temps, incendié les esprits, exalté les ardeurs révolutionnaires du peuple.

undefinedAujourd'hui je doute... Résultat des élections en Russie, un certain Kasparov, joueur d'échecs, réduit au silence... Est-ce toute l'opposition qu'on trouve dans ce grand pays ? (loin de moi l'idée de dénigrer cet homme au courage exemplaire). Ici, un samedi soir en France, sur une chaîne du service public un philosophe et son fils emberlificotés dans leur habit de "philosophe" : la famille Glucksmann. Qui ces gens-là peuvent-ils guider ? Où est la pensée ? Un journaliste, Eric Nolo, avait presque pitié de pouvoir si facilement la démonter.

Je ne me réjouis pas plus de voir ces nouvelles aristocraties (ah... la France et sa Révolution... qui n'a eu de cesse que de toujours se trouver des monarques, une cour, des courtisans...) : des Mazarine Pingeot, des Jean Sarkozy, des fils et filles de... en veux-tu en voilà... (ces deux exemples n'étant là que pour le symbole).

Où se trouve en France l'opposition à cette élite ? à ces nobles auto-proclamés... 

Comme toujours, c'est par le peuple, les petits, les affamés (et, de plus en plus, ce terme est approprié, car quand pour faire des économies, et joindre les deux bouts, les gens en sont réduits à économiser sur leur nourriture, c'est bien de cela dont il s'agit) qu'elle nous viendra.

Alors, Messieurs les nantis, et vous, nouvelle Marie Antoinette en votre Palais de l'Elysée, ne nous contez pas : "s'ils n'ont plus de pain qu'ils mangent donc de la brioche", vous risqueriez d'y perdre la tête.

Ecoutez notre plainte, car bientôt un certain Figaro pourrait venir vous la re-chanter!!!

Zygmunt Bauman, génial philosophe et sociologue anglais d'origine polonaise, déjà il nous avait prévenus sur les dangers de l'Amour liquide... aujourd'hui il nous avertit :

"Les intellectuels ont renoncé à transformer le monde. Pourtant, ils nous sont indispensables pour comprendre les dangers qui nous menacent." Télérama

"Mais, pour être capables de réformer et de lutter, nous avons ­besoin de mieux comprendre où se situent les origines de tout ce mal et quels sont ses mécanismes de production"

"Nous avons donc besoin d'intellectuels pour nous faire prendre conscience de la réalité de certains dangers invisibles à l'oeil nu, mais aussi pour nous mettre en garde contre les menaces imaginaires ­inventées à des fins politiques ou commerciales." (ibid)

Et maintenant une femme, Joni Mitchell, à "la colère intacte contre l'égoïsme contemporain" (encore Télérama), revenue à la charge contre "l'état dramatique du monde dans lequel on vit", pour dire : "Shine"


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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lucia mel 11/03/2009 19:39

@Kfigaro : ah ! vois-tu, heureusement que tu es venu pour me laisser un commentaire sur cet article-là... qui était bien triste depuis un an... sans personne pour s'y intéresser. Tu as retrouvé Figaro (et Voltaire et Rousseau, et Bauman !)

kfigaro 11/03/2009 18:12

Je l'ai acheté hier, il a l'air plus complexe que ses derniers bouquins mais pas moins passionnants (Edgar Morin avait également écrit par rapport aux intellectuels je crois). Je reviendrais quand je l'aurais lu.