Les foules du roi

Publié le 6 Avril 2008

Carla Bruni-Sarkozy s'est aujourd'hui officiellement émue du sort d'Ingrid Bétancourt: son mari ne renoncera pas, a-t-elle susurré devant les caméras. Notre nouvelle "première dame" sera-t-elle la nouvelle envoyée spéciale de l'Elysée au moment de la libération des otages ? Vendrons-nous ensuite des armes nucléaires aux FARC ? Accueillerons-nous, en échange, les guérilleros dans nos hôtels de luxe ?

On sent confusément que toute cette médiatisation, et communication par médias interposés, s'apparente de plus en plus à une grosse mascarade; les populations mobilisées, et battant le pavé parisien, étant sans nul doute manipulées pour servir des fins politiques bien éloignées de la seule survie des prisonniers de la jungle. Vous me direz que c'est le principe même de ce type d'action politique, l'utilisation de l'opinion publique comme force de pression, comme lame à double tranchant. Vous me direz que toute manifestation porte en soi une forme de chantage. Les familles des victimes se sentent elles aussi forcées d'adhérer à cette vague... seul moyen qui leur reste de sauver leurs proches.

Nous nous retrouvons, une fois encore, face à nos illusions nécessaires...  les grands médias nous donnent à croire que telle ou telle cause est essentielle, nous disent dans quel sens la penser, fabriquant ainsi notre consentement. Nous qui sommes foule sentimentale, nous gobons... sans même plus nous rendre compte que nous sommes leurs otages.

Mais nous, qui viendra nous délivrer ?

Ce nouvel outil, internet, ce nouveau médium des blogs, semble ouvrir quelques portes... ou tout du moins quelques fenêtres. Nous qui sommes enfermés derrière un nouveau rideau de fer, entourés par des murs de fumée, qui nous ont fait oublier que chaque jour "tout est possible", qui nous ont fait reléguer nos vies au second plan. Je songe à cet événement relaté par Grégory sur son blog, l'atterrissage en 1987 de Mathias Rust à Moscou, sur la Place Rouge : voir ici. L'aspect numineux (au sens que lui donne Jung) de son acte l'a dépassé lui-même. Nous pouvons à l'instar de Mathias Rust, à notre petite échelle, donner des ailes à notre vie et, malgré nous, participer à changer le monde.

C'est, par exemple, quand nous créons un blog... ou que, grâce à lui, nous parvenons à nous dégager d'un lourd poids de chagrin, comme Choléra qui a décidé de transformer son fado (fatum) en chant de liberté : voir ici.

Alors, cessons pour un instant, pour un instant seulement, d'être des foules sentimentales...




 

Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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luciamel 07/04/2008 22:31

hé oué (comme dirait Sév'), c'est avec les vieilles souches qu'on fait de bonnes... flambées.

Beatrice 07/04/2008 08:57

Vive Souchon, quand même. Un Souchon et pas de cochon.