Partager l'article ! Au creux de soi: Quoi d'autre ? que le creux ? Le plein, me direz-vous... Vous parlerez du masculin, du féminin ...
Quoi d'autre ? que le creux ?
Le plein, me direz-vous...
Vous parlerez du masculin, du féminin, du maternel... le rempli de diverses façons.
Alors qu'en est-il de ceux qui ne voient que vide, qui s'intéressent non à la maternité, à la paternité... mais à l'absence du "face à soi"... à l'interrogation primordiale (l'est-elle ?) :
pourquoi suis-je là ? que sont-ils devenus ceux-là, avec la religion de la procréation (aimons nos enfants, et que nos enfants nous aiment, se complaisant dans un narcissisme "incestueux" de bon
aloi, préservé de l'infâme terme de "pédophilie"...) ? Vous parents, aujourd'hui, tranquilles pédophiles... pouvez-vous vous abstraire de la triste relation à l'autre...
Ceux-là seront proscrits, en terre de France où la procréation est la panacée, où cette valeur est une référence... ne soyez pas sans enfant... ou, vous serez stigmatisé.
J'irai plutôt en Italie, au Portugal, ou au Japon... où avoir un enfant est quelque chose de l'ordre de l'exploit, comme un dévouement... un sacrifice. On vous regarde comme un héros :
wouah... ils ont eu le courage d'affronter tout ça ! Ils seront les responsables de la névrose de cet être venu au monde, et ils ont quand même voulu tenter le coup : bravo !
En France, c'est devenu une religion... un dogme : procréez ! surtout, soyez parent, sinon on vous regarde comme le handicapé, de coeur, de famille (car on ne voit pas le bien que vous
auriez pu faire à la société en ne reproduisant pas un processus débilitant, voire névrotique...)
Délivrons-nous de nos parents ! en ne les reproduisant pas dans nos enfants.
Je me vis en creux... dans l'absence de ces anges... qui ne vinrent pas et que (humaine je suis !) je désirai au plus profond de moi. Ils se nomment, je les ai nommés, Lucie et Jonaz. Ils ne sont
pas nés. Et pourtant ils s'incarnent dans une réalité qui exige plus de moi. Ils ne sont pas MES enfants, ils ne sont pas INCARNES, et pourtant ils SONT... Cette relation m'interroge au-delà de
la filiation.
Ils vivent hors de l'incarné.
Je vis hors et près d'eux aussi.
On l'appelle le domaine des anges, je le verrais comme le lieu de transition entre ici et l'au-delà... c'est précisément à cet endroit où par moments je me tiens.
Pourtant, suis-je vraiment dans l'innaccompli ? ou, suis-je dans l'accompli autrement ? (j'ai raté ma vie en n'ayant pas d'enfant, ou je me suis réalisée autrement...) vous me direz,
complaisamment, la seconde option, tout en pensant la première...
Quoi qu'il en soit : soyons... ce que nous sommes, parent, tata, fils, fille, frère, soeur, père, mère, grand-père, grand-mère, cousin, cousine... ami, amie... camarade, nous sommes tous quelque
chose et QUELQU'UN pour quelqu'un.
10 ans depuis juin, que je suis père.
frère aîné de trois soeurs et deux frères... spécialiste de la Petite Enfance et de l'Enfance scolarisées... père de deux filles.
je regarde ma compagne.
être mère lui va comme un gant. mais c'est la femme qu'elle est devenue, avec la maternité, qui m'enchante.
je me regarde.
c'est sans nul doute la paternité qui m'a précipité dans l'homme adulte que je suis aujourd'hui. je me serais sans doute contenté de mon précédent statut : un homme pas tout à fait plein... mais, au contact de mes enfants, je suis heureux d'avoir pris du poid.
vivre sans ? sans enfants ?
ben, maintenant que c'est fait, je ne ferais pas machine arrière.
de pression aucune.
pas celle des autres, en tout cas.
l'enfant grandissant me rappelle à une certitude, celle dont Pascal dit que l'on cherche à s'affranchir dans un perpétuel Divertissement : la mort est au bout. jouir du présent, c'est la leçon de l'enfant.
alors, renaît avec bonheur, au quotidien, en moi, l'enfant que je n'ai jamais cessé d'être.
Par contre tu es erudite, tu as de l'esprit et meme du charme malgre cette absence de sourire et je pense que ton jeune neveu doit t'adorer. La preuve il cherche lui aussi a te caser.
Tu connais deja ma situation , un fils de 22 ans qui vit toujours avec nous et une petite morte il y a 18 ans. Bah, faut faire avec.
J'ai explique sur mon blog que qque part j'aurais souhaite attendre un peu plus avant que naisse mon fils mais d'un autre cote si j'avais attendu je n'aurais peut etre plus eu envie.
Je pense que qque part tout est ecrit et chaque chose arrive pour une raison que l'on n'est pas toujours capable de comprendre et / ou d'expliquer
Merci à vous d'être là.
Mais aussi, je vous invite à visionner le clip de Zeca Afonso, et à regarder le petit film (ce que moi-même hier je n'avais pas pris le temps de faire, je l'avais choisi pour Zeca et pour la musique, les paroles...) : je suis époustouflée par la coïncidence !
Toutefois, socialement parlant cette fois, un homme n'atteint-il la plénitude, la complétude qu'en ayant des enfants ? Une femme n'est-elle vraiment femme qu'à cette condition qu'elle a enfanté ? C'est ainsi que la société nous éduque, et nous persuade de procréer.
Pardon de t'avoir (vous avoir) choqué(s) avec mes propos un peu acerbes, sur le "narcissisme incestueux" supposé des parents... je le voyais plutôt socialement (les rôles qui sont distribués à chacun et comment nous les remplissons) et non individuellement.
@Loïc : merci pour ta visite, je vais aller faire un tour sur ton blog.
@ Bea : oui, la vie de parent n'est pas drôle tous les jours (je sais que j'ai échappé à pas mal d'inquiétudes, voire d'angoisses). Je crois qu'effectivement, et fondamentalement, on se ressemble quand même tous...
Embrasse bien fort Mathieu pour moi, c'était sans doute déjà ça son terrible mal de ventre... de la rentrée. Dis donc, en ce moment les astres semblent agités par chez toi... Bon courage et bisous.
Un mot pour te dire que le lien de ton nom quand tu laisses un commentaire sur mon blog est invalide et ne "propulse " plus sur ton blog comme avant, c'est dommage
il faudrait que tu refasses ta liaison
A++
voici le lien:
http://frenchi971.over-blog.com/article-24083086.html
je t'embrasse de ton mon coeur et te fait un enorme chaste(?) calin
Je n'ai pas l'impression que la maternité soit à ce point magnifiée dans notre société. ( il faut entendre certains discourir sur la natalité jugée irréaliste de certains pays ou même familles pauvres). Je pense davantage que l'enfant donne un statut social normatif. La norme rassure...
Mais tu as raison, on est toujours "quelqu'un pour quelqu'un"..et on se fout de la norme!
Quel succes ce billet polémique!
Ma plus grande peur fut celle d'avoir un fils ,
heureusement j'ai eu 2 filles, je n'aurais pas voulu revivre, même à l'envers, un oedipe ou un parricide intelectuel
@Yaëlle : bien sûr l'image générale et officielle, celle que la société se donne d'elle-même (l'enfant qu'on voit dans les publicités, l'enfant-roi, l'enfant qui a la charge d'apporter le bonheur à ses parents... puisque ce n'est plus au conjoint, ou à la famille de le faire) : "l'enfant-bonheur", ne correscond pas à l'enfant réel... ni à la relation réelle, mais il y a le rêve qui est derrière.
Je viens de trouver sur le blog de Loïc la référence à un film tout à fait éclairante, "Le papillon", avec Michel Serrault, la relation entre la petite fille et ce vieil homme, qui n'est pas son grand-père, ainsi que la maternité douloureuse de cette toute jeune femme. C'est magnifique ("Magique" est le nouveau film de ce réalisateur) : ça illustre parfaitement mon billet... Ces deux-là se sont trouvés... (un fils mort, un père absent, une mère dépassée : alors, ils se sont "enfantés" l'un l'autre).
@Simon : oui, j'en fus moi-même très étonnée. Et si tu regardes la vidéo qui "par hasard" est venue - je ne l'avais pas visionnée avant - s'incruster comme un aimant... à la fin de mon écriture, tu pourras deviner quelle fut mon émotion à la découvrir ce matin.
@vous tous : Merci d'être venus ici pour dire votre quotidien de parent, votre joie et votre responsabilité.
Je t'ai aussi mis une reponse a ton dernier post chez moi et meme si je deviens un peu cabotin, je vais repeter le lien que j'indiquais la-bas:
http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=154&n1=1&n2=8&n3=23
Pour ce qui est du calin ou hug(en anglais) c'est un moyen formidable de reconforter sans mots en permettant un intense echange d'energie.
Donc a defaut de pouvoir les prodiguer en personne je te les envoie de tout mon coeur
j'en croyais pas mes yeux, les visites ont double! la gloire effectivement.
Sinon j'ai tres hate de lire ta reponse a mon dernier mp car j'avoue ne pas me sentir trop bien.
J'espere aussi que tu appreciers la video.