Vous avez dit "phobies" ?

Publié le 5 Novembre 2008

                                                                 André Masson



Suite de l'épisode précédent. Satoko, Mayu et Sophia... Mayu étant tombée à l'eau (vu son état psychologique particulier : difficulté à vraiment concevoir la réalité autour d'elle, on a préféré lui convertir ses cours de groupe en cours particuliers, maintenant il n'y a plus que la prof et elle, ça limite la complexité) on a intégré une nouvelle étudiante : Naoko, japonaise elle aussi.

Satoko, visage crispé... elle se demande si elle va aujourd'hui encore souffrir le martyr. Naoko semble comprendre les questions, elle sait d'où elle vient et ce qu'elle fait dans la vie... Ouf ! elle peut même expliquer qu'elle se passionne pour le violon. Bon, je suis rassurée, le cours semble pouvoir se dérouler "normalement".

Je lance Sophia sur le thème d'André Masson, elle dit à la cantonade (elle vient de Canton...) que c'était un sacré coquin, qu'il faisait des tableaux plutôt érotiques. Ah ??? surprise, je me promets de vérifier ça sur le Net le soir venu. Elle dit qu'elle est très curieuse, qu'elle adore observer les us et coutumes des différents pays, et, par exemple, comment les Japonaises réagissent dans certaines situations. Je rebondis, je crains que Satoko ne fonde en larmes... je dis que moi aussi, j'aime observer les différences culturelles et qu'à l'école je suis servie... Sourire complice de Sophia.

Le thème du jour... après les sentiments de lundi, les "phobies".... (c'est pas moi qui décide, c'est le livre). De quoi avez-vous peur ? peur des serpents, des souris, du noir, des araignées ???

On détaille... pour chacune. Satoko nous explique qu'elle craint de voyager en avion, bon, jusque là rien que de normal... puis Sophia rappelle que la veille (ce n'était pas moi leur prof) Satoko avait dit être horrifiée par la "mousse"... Je doute... je demande qu'elle répète, mais, là, Satoko est déjà couchée sur la table, en criant que non, il ne faut pas parler de ça... Je suis de plus en plus perplexe... La mousse... quelle mousse ? Sophia éclaire ma lanterne : la mousse au chocolat ! Cris de dégoût de Satoko : "non, non... arrêtez, beurk... non !", se recouvrant la tête de ses mains (le tableau d'Edvard Munch, "le cri", vu en préambule, et qu'elle connaissait bien, l'avait d'ailleurs beaucoup inspirée).




Poursuivons, me dis-je. Nous arrivons à la phobie des insectes... Satoko, se met à crier, "Non, non, pas les insectes, rien que ce mot me fait horreur".  Elle hurla (ça tombait bien, car on devait aussi travailler le "h" aspiré : je hurle, la haine, le hasard... le Hollandais, et le haut, mais j'habite, à Tokyo ou à Paris...). Nous découvrîmes avec stupeur, quelques dizaines de minutes plus tard, que les cafards ne lui faisaient rien... ça, elle pouvait tout à fait le concevoir.

Entre temps, pour nous détendre, Sophia nous avait conté, avec grand à-propos et beaucoup d'humour, les coutumes culinaires de son pays : on y mangeait les serpents, les chiens et les chats... d'ailleurs un mets très prisé était l'association des trois animaux dans un même plat. Ca parut passionner Satoko, qui voulut savoir comment on les préparait les chats : découpés, rôtis ?

Petit exercice final, prévu par le manuel, décrire des phobies "inventées", drôles... sur le modèle "je suis soupophobe, je n'aime pas la soupe", ou "je suis ménageophobe, je n'aime pas faire le ménage"...

Tour de table : Satoko nous apprit qu'elle était (en plus du reste) "femmophobe", quand elle se trouvait en présence de certaines femmes, et de beaucoup de femmes, elle devenait très nerveuse. Et les hommes, lui demandai-je ? Les hommes, ça allait...

Les Japonaises pleurent... les Japonaises sont mystérieuses... ça intrigue (et passionne) beaucoup Sophia la Chinoise.


Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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L
@Simon : petit reportage ci-après... @Bea : oui, le pire est toujours possible... mais est-ce qu'il console ? @Nina : merci ! oui, je me régale à faire ce métier (et c'est pour ça que j'accepte de continuer à être si peu payée... mais, que pourrais-je faire d'autre que d'accepter ? la révolution ? euh... c'est quoi ce mot ?)
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N
Très passionnante la discussion. Riche  en rebondissements. C'est le côté intéressant de l'enseignement.
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B
et si je te disais que pour plein de bacs ++, c est pas un smic et demi, mais un smic simple pour des boulots de galère. Pense à eux ...et apprécie, je sais d'ailleurs que tu le fais.
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G
Zut,j'ai un empechement de derniere minute, pourrais pas aller à Guy Moquet,c'est partie remise,désoléT6W
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L
@Frenchi : oui, le soir, je n'ai plus trop envie d'entendre parler... ni de faire la causette, donc même la télé je sature, alors musique, oui. Mais aussi, ce besoin d'écrire... de lire.@Bea : bon ça c'était un matin sur deux, mais j'ai aussi, de la littérature (en ce moment L'éducation sentimentale) : Flaubert, Balzac, Zola, Beauvoir et Sagan... dans le texte, au programme du concours d'entrée à Oxford, d'un jeune étudiant britannique. En sus, on allie le cinéma, "Balzac et la petite tailleuse chinoise" ou "L'esquive". Tu as raison, c'est un métier passionnant. Mais, côté pépettes, c'est pas aussi joyeux... ni aucunement gratifiant, un SMIC et demi.
 
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B
Ne change pas de boulot , ça a l'air trop bien !!!
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F
au moins on s'ennuie pas chez toi. je comprends qu'en rentrant tu aies besoin de calme, style un bon concert de classique ou du jazz
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