Le bel amant (13)

Publié le 10 Novembre 2008


                                                           Lucia l'éléphante...


Le lendemain, Giovani, attablé avec les enfants, pas les miens, non, eux avaient "disparu"... comme tous les enfants-humains de la Terre, peu de temps avant la glaciation. Ceux-là étaient des enfants de lumière, nés sans parents, leur "mère" ne les avait pas enfantés, leur "père" n'était pas leur géniteur. On ne les nommait pas, ils s'incarnaient, à ce qui équivalait à 7 ans, ils apparaissaient comme Nani-Giovani, en toute conscience, avec déjà présente à l'esprit la mission pour laquelle ils venaient. Pas encore tout à fait formés, ils apprenaient ce qu'il leur fallait de leurs parents adoptifs, qui, finalement, en termes humains, étaient leurs seuls parents, ou éducateurs.

Ils étaient rieurs et légers, car libres, ils n'avaient pas la "névrose" (comme on disait avant) inhérente à cette relation parent-enfant. Pas de cordon à couper, pas d'inceste ou de complexe d'Oedipe... (le père à tuer pour épouser la mère) ou de Jocaste (la mère puis l'épouse d'Oedipe, dont elle aura 4 fils) à surmonter, ou à supporter.

Je m'approchai, je les voyais si sereins, alors que moi, depuis ce jour-là, celui où Giovani pour sauver le reste du monde, emmena dans l'autre dimension mes plus que moi, la chair de ma chair, mes enfants, je n'étais plus qu'une ombre, comme celle qui régnait sur la Terre... 

Il  avait rencontré la Présidente, accompagné d'une équipe de scientifiques, dont un prix Nobel de physique, des chefs spirituels de toutes les confessions s'étaient joints à sa cause, car eux savaient... or, la Présidente était sensible à cet aspect-là. On avait réussi à convaincre la Présidente étatsunienne aussi (une vague féminine avait déferlé en Amérique du Nord et du Sud après les deux mandats de Barack Obama) de se joindre à leur réunion secrète... il en allait du destin de la planète, de l'espèce humaine, de toutes les espèces, et beaucoup seraient  sacrifiées...

Il leur fit la démonstration de son pouvoir, de son origine "céleste", se transforma de nouveau sous leurs yeux tel Shiva (le dieu hindou bisexuel), ou Oxalà (divinité du candomblé brésilien, durant 6 mois de l'année il est de sexe masculin, et durant les autres 6 mois il est femme). Il le fallait pour les faire trembler, pour leur "révéler" le danger.

Puis, calmement il leur indiqua la marche à suivre, il (oui, il serait homme, dans cette mission-là) : l'irradiation devrait être portée à son niveau maximum, partout sur terre, car la contamination était en train de perturber tout l'ordre naturel de la chaîne alimentaire, en peu de temps les rats auraient tout exterminé... Le degré maximum de la fusion froide devrait les détruire, mais avec eux... disparaîtraient tous les êtres humains ayant la même vibration, c'est-à-dire les enfants de moins de 10 ans... les adultes ayant développé une sorte de "carapace" les protégeant de l'innocence... les rendant moins vulnérables.

Seulement, pour maintenir un degré de refroidissement constant, seule condition pour empêcher les rats de revenir tout exterminer, il fallait bloquer l'axe de rotation de la Terre, ou tout du moins en ralentir la vitesse. Les périodes de froid glaciaire occasionnées détruiraient toute possibilité de reproduction des rongeurs.

Les Maîtres du Temps, sachant que le danger de mort physique de tous les enfants pourrait provoquer un choc sans retour sur Terre, avaient décidé de façon EXCEPTIONNELLE :  d'ouvrir la porte du temps... les enfants reviendraient, sans mourir, à l'origine de leur vie... et seraient telle Marie, la mère de Jésus, non morte, et montée au ciel, directement... non pas ressuscités, mais passés de l'autre côté, sans la mort. En quelques instants, une fulgurance, tous les enfants suivirent le joueur de flûte de Hamelin.

(à suivre)

Rédigé par Luciamel

Publié dans #Le bel amant

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luciamel 11/11/2008 22:02

@Yaëlle : le problème c'est que pour délivrer les "vrais" enfants de leur névrose (les rats), c'est-à-dire aussi celle de leurs géniteurs... le moyen était de les faire naître sans parents... de ce point de vue-là, les enfants adoptés sont déjà peut-être un peu épargnés, je suivrais presque Houellebecq dans ses propos, lorsqu'il parle d'un monde où les humains seraient créés hors matrice humaine (on le comprend, étant donné la mère qu'il a, ou les liens qui sont les leurs). Pardon, si je te choque. Le froid, oui, mais aussi le paradis blanc, chanté par Michel Berger. Lucia, l'éléphante, c'est une vieille histoire sur mon blog... http://luciamel.over-blog.fr/article-18629127.html mais aussi ailleurs http://ladiesroom.fr/2008/04/15/blogs-bling-bling-ladies-bling-bling/#commentsd'où que ton éléphant m'a plu... ;-)))@chère T ;-))) : bien vite la suite, j'étais en effet bloquée depuis un moment à cause de ce gros morceau, comment emmener tous les enfants dans l'au-delà... voilà, c'est fait : l'histoire peut vraiment commencer !

T 11/11/2008 20:42

:0001: fini déjà? desolée......

Yaëlle 11/11/2008 12:30

Enfin la suite! J'avoue que ce monde de froidure, sans "vrais" enfants et dans lequel les femmes doivent devenir hommes pour être entendues à quelque chose de ...désespéré...désespérant...( lucia l'éléphante...sourire!!! )

luciamel 10/11/2008 23:42

@Salut Isa : j'aime ton univers, à la fois doux, enfantin, serein (les thèmes) et tendu (les couleurs, le trait)... bienvenue chez Lucia, l'éléphante aux gros sabots, qui parfois fait valser les tasses en porcelaine...

Isa 10/11/2008 23:30

Superbe cette photo .... ça me donne envie de le peindre !!