Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 20:48

Je voulais écrire sur les performers... Hier j'ai assisté à une conférence de mon amie Barbara sur "Le corps en jeu" dans l'art... J'en suis encore tellement bouleversée que je préfère laisser mûrir la chose. C'est presque comme si pour moi il y avait un avant et un après cette approche du fait artistique. Pour vous résumer, il s'agit de la "dinguerie" (absolue et géniale) d'Oleg Kulik, même Télérama l'encense ("Dieu reconnaîtra les chiens"...  dans son supplément "Sortir" de cette semaine), pour annoncer la mise-en-scène de cet "artiste" totalement déjanté au Châtelet, dans "Les Vêpres de la Vierge" de Claudio Monteverdi. C'est d'ores et déjà présenté comme un événement incontournable. Oleg Kulik étant le nec plus ultra de l'avant-garde plasticienne (depuis, il a viré de bord et aujourd'hui, comme Léonard Cohen, lui, l'artiste devenu millionnaire, se serait tourné vers la méditation tibétaine).

 

J'ai aussi retenu la... création... de Marina Abramovitch, une ex-Yougoslave. Je me dis que des deux, d'Oleg ou d'elle... je ne peux décider lequel est le plus... azimuté (au sens positif du terme).

 

Elle est née en 1946, depuis toujours elle performe... en 2004 au Guggenheim, une dizaine d'heures, elle mange un kilo de miel, boit un litre de vin rouge (ça a dû l'aider quand même...), dessine sur son ventre, à la lame de rasoir, une étoile à cinq branches (c'est son obsession), puis s'allonge des heures durant sur une croix de glace, avec une plaque chauffante suspendue au-dessus d'elle, faisant saigner l'étoile. Avant cela, elle s'était copieusement fouettée. Ils disent, se disent... que la démarche est mystique, transcendante. De l'art, je ne peux encore juger... j'ai besoin de digérer.

 

J'en passe certains, des Autrichiens (l'école viennoise des années 50/60 qui me fait furieusement penser à Elfriede Jelinek), dont les créations me semblent si proches des "messes noires" du Moyen Âge, que j'en reste dubitative.


Il n'en demeure pas moins que la démarche de ces artistes au mysticisme flagrant, revendiqué, exacerbé ou exhibé, prenant leur corps pour une toile, leur psyché pour une terre à explorer, tels des dadaïstes révoltés, réveille quelque chose dans nos consciences endormies : c'est leur but je crois.
 

Dieu serait mort, a-t-on dit, le Diable, quant à lui, est toujours bien vivant.

 



Photo : "Adam et Eve", oeuvre de Zoltan Zsako, exposition du 31 janvier au 14 mars, à la galerie Blondel, à Paris.

Par Luciamel - Publié dans : émotions artistiques
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