Partager l'article ! Dire la photo: celle que j'ai essayé de numériser... mais tout s'y est opposé. Elle est du 16 mai 1966. J'ai 6 ans. Le décor du ...
celle que j'ai essayé de numériser... mais tout s'y est opposé.
Elle est du 16 mai 1966. J'ai 6 ans. Le décor du photographe en fond, des colonnes en enfilade, un peu surréalistes, d'où nous surgissons. Mon grand-père assis sur une chaise pliante, fier
dans son costume, en même temps si "cool", le regard tranquille et amusé, à la fête de la ville, la foire de l'année, nous à côté, ma soeur sur le zèbre à bascule, moi
debout près d'elle, tenant les rênes de la main droite, et nos deux sacs à main blancs de la main gauche. Robes courtes plissées, chaussettes et souliers blancs.
Ce fut la photo envoyée à mes parents : eux repartis en France, et nous ayant laissées depuis janvier. On ne les reverrait qu'une révolution plus tard, en août 68.
Déjà à cette époque-là, nous faisions tout pas comme les autres... elle et moi. La montre (qui n'était pas "vraie", juste une décoration, une fantaisie pour la photo...) nous la
portions toutes deux au bras droit. Or, je n'ai jamais changé depuis, et mes montres c'est toujours à ce poignet-là que je les ai mises.
Je plisse les yeux, comme éblouie par une trop forte lumière, pourtant ni mon grand-père ni ma soeur n'en semblent gênés. Qui regardions-nous avec tant d'attention ? les destinataires de la
photo, l'appareil, ou le photographe ?
Et qu'avons-nous fait après ? nous a-t-il offert une friandise (en ce temps-là, c'était un grand luxe) ? Nous qui avions l'habitude de porter des souliers en bois - attention, rien à
voir avec les gros sabots de paysans -, ou de marcher pieds nus, avons-nous bien honoré toute cette blancheur ?
Est-ce lui, dont j'ai hérité le regard à la fois fier et serein, qui vient ce soir m'empêcher de "numériser", et de mettre en ligne le passé ?
Miguel, image si positive et noble d'un homme d'honneur, lui qui était un "cantonnier", en ces temps-là portant uniforme comme un officier, et dont le numéro sur le chapeau
à jamais pour nous restera gravé : "le 27", c'est ainsi que mon père l'avait surnommé.
Mon grand-père au regard d'Indien, dont le mystère se cache aujourd'hui encore sous les pierres des chemins, celle dont il me disait : attention à ne pas la renverser car un génie y vit
caché. Lui, qui m'a enseigné le secret des abeilles, dont il m'offrait le miel à chaque nouvelle année; lui qui m'a appris à faire sécher les raisins pour Noël; lui qui mettait son chapeau
de cantonnier sur la serrure de la porte, pour empêcher les mauvais esprits de rentrer; lui qui m'avait prêté sa montre de gousset parce que moi la "Française", et la révolutionnaire,
je m'habillais désormais de chemises de grand-père... et la lui avais demandée.
Lui, il est toujours là, près de moi sur le chemin, à me prévenir quand une pierre est la demeure d'un esprit malin.
Ferme les yeux et pense très fort à la personne que tu aimes.
Pense à ce que tu aimerais faire avec elle/lui.
Maintenant dis 3 fois a voix haute son prénom ainsi que son nom de famille.
Fais 1 voeu en pensant très fort à elle/lui.>
Maintenant tu dois faire suivre cette lettre sur un maximum de blog avant
demain !Si tu l'envois à :
-0 personne, ta vie sentimentale sera un enfer
toute ta vie, tu seras poursuivi par la malchance !
-5 personnes, ton voeu se réalisera mais pas tout de suite...
-10 personnes, ton voeu se réalisera.
-15 personnes et plus, ton voeu se réalisera avec une surprise
amitié
Par bonté d'âme, et pour que tu ne te ridiculises pas à ton prochain envoi à des intellos, ou des profs de français comme moi, je te signale la correction suivante à apporter à ton texte : "une fille a ignoré" (sans "e" car l'accord ne se fait pas avec l'auxiliaire avoir sauf si le COD est placé avant), "si tu l'envoies" (c'est le verbe envoyer en -er). Ne me remercie pas c'est naturel chez moi.
Sinon, juste pour ta gouverne, de vivre seule (tu veux dire en n'étant pas "en couple") non seulement ça ne me fait pas peur, mais c'est même une préférence, tu dis "une fille", évidemment, tu ajoutes "la pauvre"... mais quel sexisme !!!
Toi, esprit malin, qui est prisonnier depuis si longtemps sous ce caillou, je t'en conjure : libère-toi ! Je t'assure, même seul, sous le soleil, et libre ! ça vaut mieux...
Ne me remercie pas.