La
belle et la bête de Jean Cocteau
J'avais dit que j'attendrais de voir le film des vampires... Twilight 2... l'amour
impossible entre Bella, l'humaine, trop humaine, et son bel amoureux le vampire (la bête)... L'amour entre l'homme et la femme (oui, je sais ce
que vous allez me dire...). Quand j'étais petite on me racontait des histoires de loups qui mangeaient les petites filles, et d'ogres qui dévoraient les enfants... Bien sûr on y voyait aussi des
sorcières. Celles qui voulaient, en général, détruire la belle jeune fille.
J'ai entendu sur une radio (les infos de France Musique ?) qu'une campagne était lancée par des hommes, aujourd'hui, en France. Des hommes qui en avaient marre
qu'une minorité d'entre eux, dix pour cent (quand même...) persiste à donner une image détestable d'eux tous. Ils veulent se battre contre la violence faite aux femmes, par certains d'entre
eux, ils veulent que cesse cette loi du silence, cette ignominie qui laisse, depuis la nuit des temps, que la loi du mâle permette l'une des plus grandes injustices qui soit. Ils ne veulent plus
qu'on les assimile à tout ça. Ils refusent qu'on l'admette. Impossible de trouver un lien (si vous l'avez...).
Ca me semble un progrès immense, ça me touche profondément.
J'ai assisté à la projection du film La domination masculine, je vous renvoie aux analyses très complètes
de mes amis blogueurs présents ce
soir-là au Forum des Halles, et je remercie tout particulièrement
Olympe de m'y avoir invitée.
Je dirai que le débat à la fin de la projection, et depuis... la réflexion (suite aux textes de mes amis blogueurs) ont fait leur chemin.Tout d'abord, la première question posée au
réalisateur et à ses invités :
- Croyez-vous que vous auriez pu faire ce film (vous aurait-on suivi ?
auriez-vous eu les mêmes financements ?) si vous aviez été une femme ?
Il a, bien sûr, répondu que non... il ne l'aurait pu, que même en étant un homme ça n'avait pas été facile, mais qu'il était bien conscient que pour une femme les obstacles auraient été autrement
plus conséquents. J'ai moi-même été surprise qu'il ait réalisé un tel film, et ce fut ma question (la dernière à avoir été posée durant la soirée) :
- Je suis fort étonnée, et mon étonnement est sincère, qu'on doive encore
aujourd'hui faire un tel film... N'est-ce pas trop évident ce que vous dénoncez (la violence faite aux femmes, les différences de salaire... la discrimination) ? ne sont-ce pas des
poncifs ? Je pensais qu'on n'en était plus là... en 2009.
Et puis j'ai réfléchi...
Ce n'est pas une femme qui a fait le film. Les premières images, celles des phallus dominants (partout dans notre monde, dans notre culture, et ces affiches, ces photos qu'il a placardées sur un
mur... de cette, selon lui, domination phallique du monde), celle aussi de ces hommes écrasés par la posture du "mâle dominant", eux qui doivent se faire opérer (et faire
allonger leur pénis) pour correspondre à ce qu'on attend d'eux. Le témoignage de cet homme violent, qui, après avoir battu sa compagne de nombreuses années, a un jour pris conscience
qu'il avait un problème... qu'il était un être dangereux pour elle... et pour le monde. Vous souriez ? vous ne devriez pas.
Cet autre homme qui faisant partie d'un groupe de féministes (au Québec) reconnaissait que tout était fait socialement pour l'aider à avoir un avantage social sur les femmes, lui, qui ne pouvait
plus accepter un tel état de fait.
J'ai aussi assisté au spectacle de Ludovic Boivin,
j'ai vu qu'il se sentait en danger face à un "discours féminin dominant"... (tout ça dans l'humour et la dérision, et je peux témoigner que ce garçon est en tous points charmant et
galant) qu'au Québec, encore, (là où un certain nombre d'hommes se disent "masculinistes", sans doute le même pourcentage de ceux qui sont violents, et qui en arrivent à tuer leur
conjointe... en France et ailleurs) on vivait dans une société matriarcale...
J'ai vu que certains hommes ne supportent pas d'être taclés par les femmes... par un autre homme ok, mais une femme ! ça nous donne les orfraies de ce week-end, qui, une fois encore, nous
font leurs vapeurs de sentir une femme s'approcher un peu trop près de leur territoire (celui du pouvoir). Je me réfère, bien sûr, au récent affrontement Peillon-Royal.
Comment, et ce sont les chroniqueurs bien pensants de France Culture... qui nous démontent la démarche de Ségolène Royal de A à Z... Of
course, comment ne serait-elle pas incohérente ? comment tout ce qu'elle ferait ne servirait-il pas à exclure et à semer la zizanie ? puisqu'on vous le dit... regardez-la, écoutez-la, ne
voyez-vous pas combien elle est... confuse, et pas... comment dire... n'ayant pas... enfin... n'étant pas... une vraie... chef.
Et je les écoute, ces petits chroniqueurs dans leur box... je les vois, défendre leur petit pouvoir... leur petit phallus... je me dis qu'ils ont peut-être dû se faire opérer... pour se sentir le
droit de crier haut et fort... (un peu comme d'autres qui pourraient avoir un complexe par rapport à leur taille, et qui voudraient compenser). J'exagère ? si peu...
Non, décidément. La grandeur ne s'invente pas. Surtout, elle ne se greffe pas (ni au cerveau ni ailleurs). Alors, de grands hommes et de grandes femmes (voyez, comme nous avons peu l'habitude de
le dire), nous en connaissons tous, peut-être autour de nous. Valorisons-les, et refusons les dix pour cent (ou vingt, si on compte les femmes prêtes, elles aussi, à défendre le
machisme débile) à nous tirer vers le bas, vers nos ombres, qui nous aveuglent.
Merci, Messieurs, pour ce combat.
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