Dimanche 21 février 2010
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'j'ai eu un coeur, je l'ai perdu... comme j'aimerais le retrouver... prisonnier du fleuve, noyé dans la mer... "
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Avez-vous peur de mourir ?
Qu'est-ce que mourir ?
Vous l'êtes-vous déjà représenté ?
Le néant, les vers qui rongent, ou les cendres...
La non conscience.
J'ai rêvé de l'après-vie.
Et l'illusion du monde manifesté :
imaginez, tout l'univers et son immensité infinie,
pure chimère, un flop... un rien.
Et si Dieu existe, et que l'univers n'est rien,
qu'un flop...
Qu'est-ce que Dieu ?
J'ai vu mon être au-dessus de l'océan,
moi, rien que de la présence flottante,
au-dessus des vagues.
Je me suis dit : "je ne suis pas tangible,
j'existe et pourtant je n'ai aucune matérialité"
Pourtant, dans ce rien j'étais bien,
j'étais suffisamment pour comprendre
et pour me fondre à l'univers.
Mon corps n'est que du provisoire,
ma conscience n'est que de l'instable.
Dans cette instabilité, l'amour est tout,
l'amour de chaque être à l'infini.
Toi que j'ai aimé un jour, une heure,
de toute éternité mon coeur le porte.
Je n'ai pas procréé mais je puis dire que j'ai aimé.
A l'infini.
Et, l'infini m'attend.
Par Luciamel
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Publié dans : Poésies, musiques
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Tu as aimé à l'infini mais as-tu été aimée en retour, aussi intensément ? Si ce n'est pas le cas, à quoi bon enfanter ? A la base, il y a ça, aussi, je pense.
Beijinhos
Thierry
@Béatrice : merci pour ton message, "aimer jusqu'à la déchirure, aimer même trop même mal...", avant tout ne pas oublier de s'aimer soi-même.
@Béatrice : toujours la même histoire, on est Don Quichotte qui veut atteindre l'inaccessible étoile... (c'est la chanson "La quête" de Brel, dans L'homme de la Mancha).
- Tellement innaccessible que le manque étouffe.
Etoile éclatante, puissé-je comme toi être immobile -
non pas splendeur solitaire suspendue au dessus de la nuit,
mais regardant, éternellement séparé par des cloisons,
tel un patient de la nature, un ermite sans sommeil,
les eaux mouvantes toutes entières à leur prière
purifiant par leur pure ablution les rives humaines tout autour de la terre,
ou fixant le masque nouvellement et doucement tombé de la neige
sur les montagnes et les landes;
Non - pas encore totalement figé, encore immuable,
pelotonné sur la poitrine mûre de mon bel amour,
pour ressentir à jamais son suave parfum et son automne,
à jamais éveillé en une douce agitation,
immobile, immobile pour entendre son souffle arraché à la tendresse
et ainsi vivre pour toujours - ou sinon me pâmer dans la mort.
(Adaptation trouvée sur ce site, que j'ai un peu modifiée :
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/keats.html#5)
Et, pour répondre à ta question... oui je sais que le soleil, autre étoile au firmament, est brûlant, oui, je sais que l'amour est un feu, et ne sais-tu toi-même combien je m'y suis brûlée, comme ces autres auxquels tu te réfères ? Toutefois, ma quête est plus que la souffrance elle-même (mes origines océanes, mon sens du fatum, du fado, y sont sans doute pour quelque chose, "fatum" qui n'est que le courage de ces marins, toujours prêts après leur si long voyage, après la mort de leurs compagnons, à atteindre le Cap de la Bonne Espérance, c'est à cela que je t'invitais, avec la citation de Brel, et le non renoncement à "rêver un impossible rêve").
Mais, pour cela... peut-être faut-il avoir le sens du tragique greffé à l'âme.
Je te plains, chère amie, d'être un peu trop (?) française... et de chercher raison à ce qui n'en a pas.
Allez, à toute.