Partager l'article ! Dante et les ignares: "La divine comédie de Dante, il disait : "une seule chose que j'aime pas ce sont les ignares", les ignares ceux qui n' ...
"La divine comédie de Dante, il disait : "une seule chose que j'aime pas ce sont les ignares", les ignares ceux qui n'avaient rien fait de leur vie, ni de bien, ni de mal. Ils ont vécu comme s'ils n'avaient pas vécu." Giuseppe.
Photos (c) Luciamel, 15/06/2012, Paris, Beaubourg, "Giuseppe".
Les hommes... quel peuple étrange. Si proches et si différents. On parle la même langue et on ne se comprend pas. Ils m'irritent et m'attendrissent à la fois. S'ils n'avaient (presque) tous les pouvoirs entre les mains, je les considèrerais comme mes frères. Il ne leur manque que le pouvoir suprême. Celui de procréer, ou, plus exactement, de porter les foetus. Raison pour laquelle ils ont dû compenser pendant des millénaires par le pouvoir social.
J'aime les images décalées, celles qui nous font voir une autre face de la réalité. Aujourd'hui, un étudiant brésilien
semblait très étonné que je ne connaisse pas le "putois amoureux" (le "skunk"... me disait-il). Pour lui c'était d'une évidence extrême. Une autre étudiante taïwanaise, ainsi qu'une Chinoise,
avaient toute son attention et riaient rien qu'à l'évocation de ce qui pour eux était le symbole même de L'HOMME FRANCAIS. Il a finalement téléchargé sur sa tablette Ipad ceci, que je vous laisse
découvrir : l'homme français dans toute sa splendeur, i.e. le dragueur imbu de lui-même, et, parce que partout dans le monde telle est la réputation des Français, à l'odeur insupportable qu'il dégage...
J'ai, cette semaine, par hasard, retrouvé la vidéo d'un homme qui est mon voisin, que je croise assez souvent et dont j'ai fait plusieurs photos. L'autre jour je l'avais vu interviewé pour un documentaire, une équipe le précédait en lui tendant un micro. Voilà. La célébrité. Sauf que mon voisin c'est Giuseppe (j'ai appris son nom aujourd'hui). Voilà sa vie. Voilà sa noblesse et sa misère. Notre solitude, notre ignorance et notre petitesse.
Un autre homme. Une autre réalité. Un autre individu à nul autre pareil, et qui les transcende tous. Un fou. Un égaré. Un rejeté. Un exclu. Un perdu. Un... et nous si divisés.
| Mai 2013 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Magnifique ! Merci pour cette vidéo. Ce Giuseppe doit être une réincarnation de saint Francois d'Assise. Il m'y fait fortement penser.
Et il est très beau, en effet.
Y pue tant que ça, nos gars ???!!!
J'aime bien ton voisin !
"puENT", grrrr....foutu clavier !
- Très interessante la video . Mais comme il doit en baver, surtout l'hiver, notre Guiseppe, j'en ai mal pour lui !
@Euterpe : cela faisait des mois que sa Mercedes m'intriguait... je l'avais photographiée; il fait depuis partie de ma vie, son dos voûté, tel Quasimodo, il prend le même chemin que moi qui vais au travail, mais lui traîne son caddie chargé de victuailles pour ses oiseaux. J'ai moi aussi le dos voûté... mais je ne le sais pas. Et moi, mes oiseaux... s'effraient quand je m'approche d'eux. Giuseppe me fascine. Aurai-je le courage d'aller lui parler ?
@Anne : oui, je sais, les Français ne savent pas qu'ils ont cette réputation (et pas seulement les gars...) all over the world... On nous (vous ?) perçoit comme pas très obsédés par les douches... (Louis XIV, et Versailles, oblige). Giuseppe... oui, il est le crapaud qu'on a envie d'embrasser.
@Béatrice : il me semble moins "malheureux" (et je mets des guillemets) que beaucoup de nantis qui le croisent, oui, Béatrice, je sais que tu aimerais le prendre sous ton aile... pour le protéger. Il est libre Giuseppe... y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler... tiens, je vais le poster ce clip... il est super.
Non, non, - Je ne vais pas le prendre sous mon aile et oui " Il est libre " certes, mais il crève probablement de froid ou d'autre chose ( il en parle d'ailleurs dans la vidéo, alors la liberté c'est très beau, très romantique , mais le froid et la voiture qd les autres sont sous leurs couettes, je trouve ça cher payer tout de même. Et oui, j'ai peur pour lui - Son âme à l'air très à l'aise mais vous ne semblez pas vous rendre compte des souffrances terribles de son corps. Ou me tromps-je ??
@Béatrice : après réflexion... j'enlève le clip, car la vidéo de Giuseppe se suffit largement à elle-même.
Ton commentaire : l'indécence à poster un tel billet en s'extasiant sur la liberté d'un être qui est à la rue ? (c'est bien ce que tu veux dire ?). On peut le voir ainsi, en effet. On peut également comprendre, en l'écoutant, que cet homme nous donne une leçon de vie. En l'écoutant, on peut également entendre qu'il souffre et dit que c'est dur d'être dans cette voiture, et de ne plus avoir de logement. Alors, faut-il l'écouter ? ce documentaire lui-même est-il indécent ? Sommes-nous des voyeurs, dans nos vies aseptisées ? Et moi, qui le croise presque chaque jour, maintenant que je sais qui il est, et pourquoi il est là, que puis-je faire, à part un billet ?
T'es-tu trompée ? je ne sais, à toi de répondre à cette question.
J'ai vu la vidéo de Giuseppe. Ça m'a touchée. OH oui, aie le courage de parler avec lui! Après tu pourrais raconter à nous, tes lecteurs, ce qu'il a dit. As-tu montrer cette vidéo à tes étudiants?
- Mais non, c'est un excellent post, je pense juste qu'on doit prendre sa souffrance en compte, that's all
@Esther : j'ai parlé à Giuseppe :)) je vous fais un compte rendu après demain (demain MDB : soirée théâtre et blogueuses).
@Béatrice : comme je le disais à Esther, je lui ai parlé, il est impressionnant. Sa souffrance, ses conditions de vie très dures, oui, of course. C'est bien pour ça que pas mal de gens s'émeuvent. Je dirai que lui a cette chance-là, d'être quelqu'un d'exceptionnel. D'autres plus... "ordinaires" vont subir sans que personne s'intéresse jamais à eux.
- C'est chouette que tu lui aies parlé, il n'y a peut-être pas grand monde qui lui parle.
- j'ai hâte de lire la suite, allez bon courage pour la semaine ! et re-chouette, il y a un jour férié !!
@Béatrice : parler à quelqu'un c'est se rapprocher de lui, maintenant il faudrait pouvoir l'aider, il a surtout besoin d'un avocat, m'a-t-il dit. Je lui ai promis de passer de temps en temps pour lui donner quelque chose, il semble y avoir beaucoup de gens qui veulent lui donner un coup de main. Il est membre d'une association protectrice des pigeons... ce sont eux qui viennent pour soigner les pigeons malades qu'il ramasse. Voici un article de Rue89 qui se mobilise pour lui. Sur Internet beaucoup de pages sur lui. Et une page FaceBook a été ouverte par ses amis. En parler autour de soi.
ça m'a évidemment beaucoup touché cette vidéo de Guiseppe donnant ça vie aux pigeons
en fait
ce que j'y ai vu
c'est un contrast énorme entre un monde qui fabrique de la misère et comment certains, dans cette misère, se donne quand même une force pour se soutenir à travers l'autre
tout est question de rapport à l'altérité
le monde qui fabrique la misère a un rapport de domination et de mépris à l'altérité
il est représenté par ce misérable commerçant, étalant avec fierté tout son mépris et son mensonge à l'égard de ce que son monde rejette parce qu'il en est un produit. ce commerçant est fier de son commerce : or que vend-il sinon de l'inutile, gadget pour touriste, babioles aussi vulgaires que médiocres.
et il crache sur l'homme pour qui l'autre est à aimer, surtout dans sa faiblesse animale
Giuseppe le dit à propos des pigeons : s'ils sont malades, ils meurent. donnez leur des médicaments et ils ne sont plus malades.
Giuseppe a été brisé par les nantis du monde. et le sens qu'il donne à sa vie est dans son amour pour d'autres faibles comme lui dans ce monde
il voit dans les pigeons ce qu'il est lui-même : un être qui a besoin de l'amour et de la solidarité d'autrui.
Il suit en cela les pas de Jésus et le bien qu'il fait aux autres, les pigeons, c'est à lui et aux autres humains qu'il le fait
quant à ce petit commerçant umpiste ignoble, le mal qu'il fait, il me le fait aussi à moi, comme à Giuseppe, comme aux autres, humains et non-humains.
@Paul : oui, Giuseppe est lumineux, dans sa douleur, il irradie l'humanité qui nous fait si souvent défaut (à nous tous et pas seulement au commerçant).