Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 18:47

 

 

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                  photo (c) Luciamel, galerie Art Symbol, place des Vosges, artiste : Cooper, 12/06/2011

 

 

 

Ma monitrice d'auto-école m'a aujourd'hui donné une sacrée leçon... elle m'a exposé son opinion sur DSK. Pour elle, il est innocent et ça se saura forcément bientôt. Elle rêve de le voir sortir de tout ça grandi, elle ne tarit pas d'éloges sur Anne Sinclair : cette sainte femme, et me dit que tout ça n'est qu'un piège tramé par Sarko et Obama.

 

Alors, les mecs qui se sentent attaqués par les féministes sur ce coup-là (coup bas) devraient se rassurer : la plupart de ceux qui croient au complot contre DSK (près de 70% des Français : c'est énorme !) sont des femmes. Les plus farouches défenseurs de DSK (autour de moi) sont des femmes. Je n'en revenais pas d'entendre ma monitrice essayer de décridibiliser au maximum la femme de chambre.

 

Nous les femmes... et notre... féminisme...

 

Je lisais tout à l'heure le billet de Dorham, il se demandait comment les femmes pouvaient avoir autant de contradictions... être féministes et (j'extrapole) défendre les biberons... Hier soir au MDB # 5 nous avons justement abordé cette question : celles qui veulent l'égalité, socialement parlant, mais qui n'en demeurent pas moins accrochées à leur domination ventrale : le bébé est à moi, le lien est exclusif, le bébé m'appartient. Elles ont du mal à lâcher sur certains domaines, ceux où pendant des millénaires elles ont eu l'exclusivité : la maternité, l'élevage des bébés, la cuisine... la maison. Elles veulent bien devenir des cadres sup responsables, mais redoutent de laisser le bébé au mari... "il ne saura pas", répètent-elles à l'envi. 

 

Heureusement, hier, nous avons eu des contre-exemples : Olympe, Aude , dont les maris ont su prendre la mesure de ce qu'est la liberté et l'égalité... Les jumeaux, les jumelles : quelle galère ! nous ont-elles dit. Et puis Sandrine, dont le Femmes en résistances va se dérouler bientôt à Evry. On a abordé des sujets délicats : la parentalité à tout prix ? les ventres à louer ? qui es-tu toi qui veux m'empêcher de faire comme bon me semble ? qui es-tu toi qui veux me juger ? Et qui es-tu toi, ce bébé, qui pourra un jour me demander des comptes ?

 

Nous femmes, réunies, à nous dire nos contradictions : comment être mère, être femme, être amante, être cadre sup ? sans vouloir forcément gagner sur tous les plans. Aurons-nous le courage, la force de lâcher sur cette question si cruciale : celle de l'enfant, celle de l'intérieur, de l'intériorité ? Laisser les hommes prendre une place plus importante dans ces domaines réservés (tabous qui sont ceux de la société, par, soi-disant, peur de la pédophilie) : les crèches, les écoles maternelles, le congé parental... On ne peut continuer à demander l'égalité sans abandonner le pouvoir qui nous a été dévolu (en contrepartie de la domination sociale) : le maternage, l'élevage, l'exclusivité féminine (école, maison) sur la relation adulte/enfant (avec ce que ça implique d'étouffement de la petite fille... et de valorisation du petit garçon).

 

Et nous, femmes sans enfant, quand nous lèverons-nous pour gueuler qu'on est des femmes tout autant que celles qui ont enfanté ? Quand je les vois, mes copines, traîner la patte après leur fils, leur fille (surtout), se sentir abandonnées, être de pauvres chaussettes déparaillées, elles qui en ayant donné le jour n'ont plus jamais existé que par cette moitié... sortie de leur ventre, je me dis que, finalement, avec mon neveu, avec mes enfants de passage, mes amis, mes amours... je ne suis pas plus mal lotie qu'elles. Côté liens, côté affection... j'ai dans les mains, j'ai dans le coeur beaucoup à donner, et tout autant qu'un parent... quand je donne à ceux qui croisent mon chemin. 

 

C'était notre dernier MDB... il y avait :

 

Aude

Sandrine

Olympe

Polluxe

Hervé (une femme comme les autres)

et moi...

 

 

 

et un cadeau... Quem de nos dois ? (qui de nous deux ?) de Ana Carolina... (n'hésitez pas à cliquer... car l'intégration de la  vidéo est désactivée).

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Montmartre des Blogueuses, MDB
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Commentaires

Ah, je le savais: Ce n'est pas possible que tu oublies le "e" du mot envie, donc je me suis mis à la recherche:

(1)ENVI (À L') loc. adv. et loc. prép. XVIe siècle. Locution issue de l'expression jouer à l'envi de, « sur le défi d'un adversaire », où envi, « provocation », est le déverbal de l'ancien français envier, « inviter à, provoquer à », du latin invitare, « inviter, engager ».
Litt. 1. Loc. adv. À qui mieux mieux, comme pour rivaliser l'un avec l'autre, les uns avec les autres. Ils travaillent à l'envi. Les coqs, ce matin, chantaient à l'envi. 2. Vieilli. Loc. prép. À l'envi de, en émulation, en rivalité avec. Ils luttaient à l'envi les uns des autres.
 

Je t'adore, ma petite prof :-)

Commentaire n°1 posté par Uschi le 17/06/2011 à 12h04

ouais mais moi, je l'adore encore plus :)

 

heureusement que tu es comme ça lucia, une féministe enragée c'est tellement ennuyeux, je préfère-et de loin- la féministe réaliste et engagée qui se révèle dans ce billet...

Commentaire n°2 posté par toff de aix le 17/06/2011 à 16h54

@Uschi : quel bonheur d'avoir des élèves comme toi ;)) et, surtout, des lecteurs (lectrices) comme toi :))

 

@Toff : être une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile ;)))

Commentaire n°3 posté par lucia mel le 19/06/2011 à 00h04

Je ne suis pas sûr de ce que j'avance mais des choses me troublent le raisonnement dans cette affaire...

Qu'on le veuille ou non, les américains avec leur sens du spectacle ne sont pas du genre à préserver la victime en la montrant en place publique...

Là, personne ne l'a vue, ne l'a entendue...

Existe-t-elle vraiment ?...

 

Commentaire n°4 posté par J.Earthwood le 19/06/2011 à 00h51

lire de tels billets me fait toujours un bien fou....:)

Commentaire n°5 posté par anne des ocreries le 21/06/2011 à 15h18

@José (Earthwood) : tu as raison, qui est cette femme ? qu'a-t-elle à dire ? il faut laisser le temps judiciaire faire son oeuvre... il se trouve que c'est elle (la femme, la victime qui s'est dite violée) qui a accusé et lancé l'affaire, en se déclarant victime. A la justice maintenant de trancher (si elle y parvient). Je suppose qu'avant de décider de l'arrestation de quelqu'un comme DSK on a pris soin d'observer avec soin les preuves, les chefs d'accusation...

 

@Anne : merci, et je comprends bien pourquoi tu t'es sentie touchée. Nous femmes libérées... c'est pas si facile.

 

 

Commentaire n°6 posté par lucia mel le 23/06/2011 à 23h13

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