Jeudi 11 mars 2010
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Regarder une interview
de Patrick Modiano, un jeudi soir sur France
5... et, par moments, se dire... euh... non... je ne vais pas continuer... enfin...
regarder... écouter... comment dire ? aurai-je toute la patience de suivre les pérégrinations langagières de cet homme, sous prétexte qu'on le dit le "meilleur écrivain" français contemporain
?
Mais, c'est mon métier... écouter ceux qui cherchent leurs mots... qui hésitent, qui trébuchent... qui
bafouillent, s'emmêlent les pinceaux dans leurs pensées. Et, souvent, je n'ai pas à le regretter, car, plus que les beaux parleurs, plus que les érudits, ils me font voyager en des terres de
poésie.
En ce moment, mon groupe d'étudiants : une Suisse (de 55 ans, travailleuse sociale), un Américain (55 ans, chef
d'entreprise), un Italien (35 ans, journaliste), une Finlandaise (35 ans, institutrice). Notre cours aujourd'hui, suite à l'exposé de Ruth, la littérature française, et, pour elle, sa découverte
de Françoise Sagan, de Bonjour tristesse
et du film avec la merveilleuse Sylvie Testud; de sa passion pour l'oeuvre
et la femme.
Tour de table : votre amour de la littérature française ou autre. Federico nous a fait part de sa ferveur
pour Marcel Proust dont il est un lecteur chevronné, et sur la tombe duquel il vient de se faire prendre en photo au Père Lachaise,
ce qui, nous a-t-il confié, a beaucoup choqué sa mère, mais aussi Zola qu'il a littéralement dévoré
(surtout Le ventre de Paris). Sam, lui, notre poète, qui n'arrête pas de nous interroger sur les mots, et de rimer à tout bout de champ, nous a avoué
son amour pour Baudelaire, Stendhal, et Victor Hugo.
Païvi, elle, m'a parlé d'un auteur finlandais qu'elle adore, ce qui m'a rappelé que j'avais le livre à la maison (déposé mystérieusement un jour dans ma bibliothèque par un
inconnu), Mika Waltari, Sinouhé, l'Egyptien
(en fait, moi, on m'a laissé "en cadeau", Le serviteur du prophète).
J'ai dit à Païvi que, grâce à elle, je savais quel livre emporter pour mes prochaines vacances à la
montagne...
Je vous souhaite une bonne semaine, vous enverrai, peut-être (s'il y a la Wifi) quelques images de mon paradis
blanc...
En cadeau, cette autre suggestion de Païvi, elle est tombée en pâmoison en l'écoutant : une jeune musicienne
américaine, au destin peu commun, tout comme Sagan... Melody Gardot.
@Béatrice : si l'on regarde la biographie de Melody Gardot, on comprend que cette jeune femme au courage exemplaire, paralysée sur un lit d'hôpital pendant près d'un an, a trouvé en elle-même la force et le réconfort, mais aussi dans la musique. Oui, la montagne sera sûrement ma musicothérapie à moi.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Melody_Gardot
Les gens qui nous réconfortent ne sont pas forcément ceux sur qui on s'appuie... et à trop vouloir qu'ils nous aident, on en oublie leur existence-même (c'est le propre de l'enfant de croire que tout lui est dû, et de vouloir être materné).
Mes amis seront je l'espère heureux que je les accompagne, et que nous partagions de bons moments. Je n'ai pas besoin de m'appuyer sur eux pour trouver du réconfort en leur présence. Je n'ai pas besoin de compter, ni d'attendre... leur aide. Car l'aide ne me vient pas d'eux en particulier, elle vient d'au-delà.