Mercredi 10 février 2010
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22:09

photo (c) luciamel
T'as vu quoi à la télé ce soir ? t'as lu quoi sur ton twitter ? t'as lu quoi dans ton journal, sur internet ?
Tu penses quoi ?
Vas-y, écris-nous un billet... ça nous intéressera sûrement...
Parce que toi, la blogueuse, le blogueur, influente/influent, t'as, bien sûr, plein de choses à nous faire comprendre (que nous-même on
n'avait pas compris). Heureusement que tu es là, toi le blogueur, que serait la démocratie, que serait la vérité, sans toi ?
Dis-nous, plutôt, ce qui se passe avec ton voisin de palier... ce qui te passionne, ce qui arrive dans ta ville, ce qui te tracasse...
Ras-le-bol de lire, pour la énième fois, le même sujet traité par tout le monde... En même temps, je suis un peu de mauvaise fois, parce
que souvent c'est chez toi que j'entends parler d'un buzz pour la première fois. Alors, continue à répéter, il en restera toujours quelque chose.
Et, bien sûr, tu m'attends au tournant, que vais-je pouvoir raconter maintenant ?
Tiens, je regarde la télé, il y a la famille Guillon... la compagne, la soeur, la famille Reali, etc.
Ca fait pas un billet...
En plus ils ne sont tous là, à la télé, que pour faire de l'auto-promo... c'est un peu comme les blogueurs sur les blogs ou sur twitter, ça ne nous change
pas.
Maintenant les blogueurs vont à des soirées spéciales blogueurs... (et ils nous le racontent dans leurs billets) ils en sont tout
émoustillés, vous savez le fameux quart d'heure de célébrité... (t'es un blogueur invité, t'en deviens une vedette...) Sarko a basé toute sa politique là-dessus, je te flatte, tu me vends ton
âme. Le problème est que l'on pense que c'est avec ça qu'on refait le monde.
Bon, c'est bien joli, mais, Lucia, t'as quoi à dire, là ? sinon, tais-toi...
J'ai... j'ai...
une overdose... de tous ces sujets... en abîme.
Le voile, la burqa, ça m'a un peu irritée... mais là, franchement, ça m'indiffère.
L'identité, ça m'énerve... (à gauche autant qu'à droite).
Les régionales, le PS... Aubry/DSK... Frêche... : trop d'infos tuent l'info.
La pauvreté, en revanche, là, je dois dire que j'ai du mal à rester calme. L'inégalité... hommes/femmes, immigrés/nationaux, pauvres/riches, ça me donne des
boutons.
Alors, sur Google reader, j'ai de plus en plus tendance à "tout marquer comme lu".
Bon, j'ai écrit un billet absolument inutile, qui se mord la queue...
A vous de m'effacer... de vos flux (enfin... réfléchissez quand même un peu avant).

photos (c) luciamel
Plutôt que d'alimenter le buzz - ce que je fais aussi parfois, lorsque l'indignation est à son comble - nous devrions parler de nous, nous livrer un peu, chercher au fond de nous-même et faire du personnel. Ca n'intéressera peut être pas grand monde mais parmi ces pas grand monde, il y aura certainement des gens vraiment intéressants.
Bises.
Thierry
Alors, bon, je n'ai pas de google reader, je ne sais toujours pas bien ce qu'est un flux RSS mais je vais continuer à venir te lire si tu le veux bien, parce que...hum hum, je préfère tes billets qui se mordent la queue à ceux de certains qui ne font que se renifler le c...
Aïe, je suis vulgos comme type ! :)
Ton amie.
Béatrice.
;) sg
et j'espère qu'on se verra à une prochaine soirée de blogueurs
Dommage que mon ordi m'ait encore lâchée (c'est l'écran totalement noir, le méchant virus était encore là et cette fois il a vraiment frappé), alors ça prendra sans doute quelques jours avant d'être réparé.
En attendant de pouvoir vous écrire plus longuement, je penserai bien à vous.
Votre amie, lectrice et admiratrice.
Lucia.
J'ai beau souvent y penser, (enfin, souvent ...), j'en arrive toujours à la conclusion : ben écris ce que tu as envie !
@Christian : en cela twitter serait donc plus un outil "professionnel" ? au fait, toi tu suis combien de personnes maintenant ? et combien te suivent ? Publier son journal intime sur un blog... je dirais plutôt "écrire ses carnets", car le blog, par définition, annule la dimension même de l'intime... une nouvelle forme donc, le journal personnel qui vogue au hasard, et c'est le principe de la "toile", du réseau à l'infini, qui pourra faire surgir quelque chose de nouveau. Or, me semble-t-il, de trop répéter, ou commenter, ce qui se trouve déjà dans les médias classiques, on en perd la chance de s'inscrire ailleurs. Parler de soi, de sa vie... oui, c'est prendre un risque, celui du ridicule étant le premier, un autre étant de découvrir en se découvrant.
@Audine : je suis comme toi, l'envie d'écrire est plus forte que le doute ;-))
J'ai lu ton invit' chez l'Oiseau, Lucia, je te remercie et je ne dis pas non, faut juste attendre que j'aie accumulé des picaillons, le quart-monde rural n'a que rarement l'opportunité de s'extraire de sa bauge !
Point de vue blog, je me casse pas trop : j'offre ce qui me vient dont j'ai envie de parler, on prend on laisse on répond ou pas, m'en fous, m'en fous ! ça me défoule, ça me fait rencontrer des gens, ça me fait une place qui me convient, et ça m'amuse ! voilà, c'est tout con : ça m'amuse. Mais ce que je donne à lire, c'est moi, sincèrement ; fiction ou quotidien, ça me ressemble. M'en fous des soirées de blogueurs, j'aime pas les mondanités (phénomène citadin, en outre) ; m'en fous des classements, m'en fous des marroniers épluchés, je blogue comme je l'ai dit sur ma bannière : pour garder une sorte de lien social avec mes semblables, que par ailleurs je côtoie peu.
Faut pas se prendre le chou à chercher de bonnes réponses à de mauvaises questions. On blogue ou autre, parce que ça nous plaît, amuse, intéresse....
Twitter je ne connais pas, ne pratique pas, n'en ai même pas envie.
Restons en contact, quoi qu'il en soit, et nos vies (âmes pour ceux qui croient) sauront bien se débrouiller.
bien sûr ! c'est même évident... et c'est également un outil surpuissant pour parfaire sa "réputation", exclure les "ringards", ceux dont on a rien à foutre simplement en les snobant... Dominique Wolton a bien expliqué en quoi internet était le contraire de la télévision. Par exemple, quand tu parles de Metropolis : on peut imaginer que les gens qui disposent d'un niveau scolaire ou d'une "foi" en la culture suffisante ont également vu ce film en même temps que toi (ce qui fait énormément de monde dans un pays comme la France) et pourront donc en parler entre eux... Rien de tel sur le net ! chacun se focalise uniquement sur sa "petite niche" favorite, et se fiche de celle de son voisin à très peu d'exception près (en dehors par exemple des débats sur Hadopi ou autres)
@lucia : au fait, toi tu suis combien de personnes maintenant ? et combien te suivent ?
extrêmement peu : http://twitter.com/chantsetheres
et je ne suis quasiment jamais "re-tweeté"... mais tout était prévisible, je ne crée absolument pas de "buzz", mes goûts sont dépassés depuis des lustres, je ne fais pas partie du gratin germanopratin, du cercle des pionniers ni des netocrates...
@lucia : Parler de soi, de sa vie... oui, c'est prendre un risque, celui du ridicule étant le premier, un autre étant de découvrir en se découvrant.
oui mais quel est réellement l'intérêt ? plus internet deviendra "élitiste" - non en terme d'utilisation - c'est même l'inverse - mais en terme d'intelligence sociale ou par rapport aux logiques stratégiques pour conquérir les réseaux - plus certaines personnes qui ne correspondent pas aux critères de la netocratie (18-25 ans, urbain sur-diplomé, célibataire "branché" et sortant énormément, disposant de capitaux culturels énormes et se tenant au courant de tout ce qui "se fait" ou se dont "on parle", etc...) en seront exclues... quel intérêt de vouloir à tout prix s'agréger à un groupe en réalité aussi discriminant (même si sa surface semble tout autre) - à moins évidemment que ces exclus ne se regroupent et forment une sorte de contre-pouvoir ? mais franchement c'est pas gagné ! et à mon avis c'est pas prêt d'arriver...
Je crois en effet que le monde ne peut changer que par et dans les petits groupes, les tribus, les associations, qui feront plus que les grands partis, les vieilles idéologies pour faire plier le(s) pouvoir(s). Je crois que Chomsky a voici longtemps défendu cette idée.
Pour ce qui est de l'intérêt de parler de soi et de sa vie dans un blog (sans pour autant faire partie d'un groupe influent), je t'engage à lire le commentaire de Anne, ci-dessus.