Partager l'article ! Les enfants aiment mettre fin*: ...
photo (c) Luciamel
Les enfants sont tristes le dimanche. Et, comme le rappelle André Comte-Sponville, les enfants sont tristes le jour de Noël (après avoir ouvert leurs cadeaux).
On fête les nouveaux-nés, on pleure les morts... alors que l'inverse conviendrait mieux à la réalité : celui qui vient à la vie est embarqué dans une sacrée galère, alors que le moribond, lui, s'en trouve délivré.
Brassens le chantait : il n'y a pas d'amour heureux... Les philosophes le clament depuis toujours, les bouddhas nous y enjoignent : renonçons, détachons-nous, soyons prêts, à tout moment, à tout abandonner.
Mais, nous, pauvres mortels, n'y pouvons rien... nous préférons "rêver un impossible rêve... aimer, même trop, même mal... pour atteindre, à s'en écarteler, pour atteindre l'inaccessible étoile" (Brel), fous que nous sommes à vouloir combattre des moulins à vent, à essayer de trouver notre Dulcinée.
Pourtant, comme nous le dit souvent le film, ou la chanson, "les histoires d'amour finissent mal, en général". Et si nous les prenons par la fin : "Ca commence par la fin", livre et film, nous comprendrons mieux nos erreurs... Finalement, de commencer une histoire d'amour par la rupture, par les engueulades, par la détestation... par l'éloignement, c'est peut-être ça, l'étoile...
Vivons pleinement la fin de la semaine, de l'année, de l'amour, de la vie, du film, du livre... Et, essayons de nous éveiller à ce moment-là. C'était un mauvais rêve, une illusion. Commençons maintenant à ne plus être... là-dedans.
Plus facile à dire, à écrire, qu'à expérimenter... oh, que oui ! le rêve de celui qui rêve qu'il est éveillé...
Et, si je ne m'abuse, c'est bientôt l'heure de Dr. House...
Une amie vient de m'appeler... elle me parle du "baby blues"... synchronicité... quand tu nous tiens.
*clin d'oeil
Bonjour chère tristesse. Comme elle est parfaois belle et attirant la mélancolie. J'aime Dr. House (pas vraiment, mais il a limité la longheur de ton article et je les aime comme cela, j'ai une petite chance de les comprendre). Et puis j'aime ton vélo, qui n'est rien que décoration ( et peut être rêve, dans ton réfugium si accueillant...)
C'est très vrai ce que tu dis, et si seulement moi aussi j'avais la force de renoncer à tout espoir (amoureux, j'entends) et sortir ainsi la tête de mon tas de fumier, et de la souffrance par là même occasion, mais non, on préfère l'espoir, on préfère le leurre. (Je parle pour moi, bien entendu.)
Bisous et c'est vrai que c'est très accueillant tout autour du vélo.
"On fête les nouveaux-nés, on pleure les morts... alors que l'inverse conviendrait mieux à la réalité" ohé !! ça va pas ?!?
C'est un commerce, voire équitable, on troque du bonheur contre du souci supplémentaire. A la fin, il me semble qu'on est systématiquement perdant, mais comme il n'y a pas d'autres référentiels pour comparer...
- Je pense à " l'amourette" de Lény Escudéro , en gros la souffrance vaut le coup, "une p'tite amourette n'est jamais trop jolie,.. quand on sait d'avance ce que dure la vie !" ...
(- Encore faut-il en sortir pas trop esquinté, bien sûr.)
Ceci dit il me tarde un peu quand même d'atteindre le détachement - encore une amourette ou deux et je m'y met ! ;)
@Tini (C.) : ce n'est pas tristesse, c'est... comment dire ? acceptation, ou plutôt "éveil" avant que le rêve commence, c'est grande sérénité... avant que de peut-être se perdre.
@Béatrice : je n'ai aucune force pour renoncer... je profite du temps d'éveil qui m'est accordé, je profite de la lucidité avant un probable mirage, un probable rêve, d'où l'idée que "le meilleur ne vient qu'à la fin"... ce n'est qu'à la fin du film qu'on comprend son commencement. Oui, "on a beau faire, on a beau dire, qu'un homme averti en vaut deux, on a beau faire, on a beau dire...". Bien sûr, bien sûr... à Göttingen, à Göttingen.
@Balmeyer : je me réfère aux préceptes bouddhistes... mais, je pense que tu l'avais deviné. Par exemple, à ce qui est décrit ici.
Mais surtout, et je voulais le mettre en exergue du billet (à cause de Dr. House, j'ai oublié), ce passage de Dialogues avec l'ange :
"L'HOMME CREE EST SITUE ENTRE LE COMMENCEMENT ET LA FIN.
L'HOMME CREATEUR SE SITUE ENTRE LA FIN ET LE COMMENCEMENT.
Entre le commencement et la fin est le temps.
Entre la fin et le commencement, l'éternité.
La fin de l'an passé est commencement du nouveau.
La fin du monde passé est commencement du Nouveau.
Le miracle est entre Oméga et Alpha.
Depuis les temps les plus reculés,
l'homme fête ce qui ne peut pas se fêter.
(...)
Il y a une porte qui ouvre sur l'éternité.
Pas au commencement, mais à la fin.
(...)
A la mort de chaque instant,
tu peux entrer dans l'éternité, dans le monde créateur -
de de là, c'est toi-même qui peux lancer l'instant.
Cela est visible à tous les yeux, et ils ne le voient pas.
La porte est ouverte,
mais la voie est tellement étroite
que ce qui est né, fini, ne peut pas y entrer.
C'est le plus grand mystère :
Chaque instant et l'instant de l'instant sont portes."
oui , il n'y a pas d'amour heureux, mais le bonheur nous ait passer par là, par le malaise, par … parlons-nous d'amour coup de foudre ou parlons- nous d'amour à long terme ?
moi je vis encore un coup de foudre dont l'étoile filante nous fait durer, 30 ans,
étrange, 30 ans d'énergie, voir plus, pourtant tans de malaises …
Je ne sais pas si on est heureux, je sais qu'on arrive à construire, selon nos certitudes-nos incertidudes
Ton texte me fait penser à ça (chanté par Bethania bien sur)
Bom dia, tristeza
Que tarde, tristeza
Você veio hoje me ver
Já estava ficando
Até meio triste
De estar tanto tempo
Longe de você
Se chegue, tristeza
Se sente comigo
Aqui, nesta mesa de bar
Beba do meu copo
Me dê o seu ombro
Que é para eu chorar
Chorar de tristeza
Tristeza de amar
Le bonheur existe-t-il ?
Ne faut-il pas simplement vivre l'instant. S'il est à aimer, aimons, sinon... Vivons...
"le rêve de celui qui rêve qu'il est éveillé... " : C'est pas du Van damme ça ? Il me semble bien que oui. :-)
Dans le même genre : « T’as pas besoin d’un flash quand tu photographies un lapin qui a déjà les yeux rouges »
Voila un penseur des temps modernes qui a tout compris !
@++
Sousou – Point d’épices
Bravo Soussou pour "l'instant..." j'adore cette phrase.
@Yanick : tu as de la chance !!! et c'est vrai que votre bonheur fait plaisir à voir :)
pour Brassens, puisque ce billet semble vouloir chanter, voici les paroles exactes du poème d'Aragon :
Il n'y a pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux
@Julien : merci pour ce cadeau, une pure merveille. Je remets le clip en lien ici
Il faut être lusophone, ou fada... de fado et de MPB (musique populaire brésilienne) pour comprendre ceci :
"(...) approche-toi tristesse/assieds-toi près de moi/ici à ma table, dans ce bar/bois dans mon verre/prête-moi ton épaule/que je puisse pleurer/pleurer de tristesse/la tristesse d'aimer".
@Sousou : le bonheur existe-t-il ? oh, la la... quelle question ! "vivre l'instant", "ici et maintenant" ;-))) ou carpe diem ???
Si j'ai bien compris ta philosophie : "Sois heureux tant que tu l'es, car après c'est trop tard"... hmmm je crois que c'est le début du Nirvana... mon cher Sousou. Enfin, quand je dis le "début", je veux dire "la fin"...
@Béatrice : t'arrêtes de draguer mes commentateurs ?
d'abord, il ne s'appelle pas Soussou mais
Sousou...
Et oh... De quoi je me mêle!
Béatrice, D'abord, il manquait un truc à mes phrases: Un point d'interrogation!
Ensuite... Si les mots viennent c'est grâce à la lumière, la grâce, qui met en exergue les idées. Sans inspiration les mots sont absents. C'est Lucia qu'il faut féliciter.
@++
Sousou - Sans trop d'aise
- Mais non, je ne drague pas _ je suis réellement émerveillée par cette phrase, alors Lucia, si tu le permet, je dirait Bissous Sousou.
-En ce qui concerne le tristess d'aimer , pour moi c'est carrement la tristesse de ne pas l'être. - aimée !
Bisous Lucia.
@Sousou : voilà ce que c'est de se prendre pour Jean-Claude Van Damme !!! ça fait "rêver" les dames ;-)))
@Tini : la tristesse des enfants... la tristesse de ceux qui aiment... car la tristesse dans ce cas-là est juste une saudade... une douce nostalgie. Oui, dans ce cas-là, tu peux me dire "bonjour tristesse" ;-)))
@Béatrice : bissous aussi !!!
Moi je fais pas de bisous! J'emballe direct! Voir plus, mais le côté chaste de ce blog m'empêche de tout décrire.
:-)
@++
Sousou - Pilouface