Les enfants aiment mettre fin*

Publié le 18 Mai 2010

03122005.jpg    

                                                            photo (c) Luciamel

 

 

 

Les enfants sont tristes le dimanche. Et, comme le rappelle André Comte-Sponville, les enfants sont tristes le jour de Noël (après avoir ouvert leurs cadeaux).


On fête les nouveaux-nés, on pleure les morts... alors que l'inverse conviendrait mieux à la réalité : celui qui vient à la vie est embarqué dans une sacrée galère, alors que le moribond, lui, s'en trouve délivré.


Brassens le chantait : il n'y a pas d'amour heureux... Les philosophes le clament depuis toujours, les bouddhas nous y enjoignent : renonçons, détachons-nous, soyons prêts, à tout moment, à tout abandonner. 


Mais, nous, pauvres mortels, n'y pouvons rien... nous préférons "rêver un impossible rêve... aimer, même trop, même mal... pour atteindre, à s'en écarteler, pour atteindre l'inaccessible étoile" (Brel), fous que nous sommes à vouloir combattre des moulins à vent, à essayer de trouver notre Dulcinée. 


Pourtant, comme nous le dit souvent le film, ou la chanson, "les histoires d'amour finissent mal, en général". Et si nous les prenons par la fin : "Ca commence par la fin", livre et film, nous comprendrons mieux nos erreurs... Finalement, de commencer une histoire d'amour par la rupture, par les engueulades, par la détestation... par l'éloignement, c'est peut-être ça, l'étoile...


Vivons pleinement la fin de la semaine, de l'année, de l'amour, de la vie, du film, du livre... Et, essayons de nous éveiller à ce moment-là. C'était un mauvais rêve, une illusion. Commençons maintenant à ne plus être... là-dedans. 


Plus facile à dire, à écrire, qu'à expérimenter... oh, que oui ! le rêve de celui qui rêve qu'il est éveillé... 


Et, si je ne m'abuse, c'est bientôt l'heure de Dr. House... 


Une amie vient de m'appeler... elle me parle du "baby blues"... synchronicité... quand tu nous tiens.


 

 

 

 

      *clin d'oeil

 

Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

Repost 0
Commenter cet article

Sousou 21/05/2010 20:11



Moi je fais pas de bisous! J'emballe direct! Voir plus, mais le côté chaste de ce blog m'empêche de tout décrire.


:-)


 


@++


Sousou - Pilouface



lucia mel 21/05/2010 17:39



@Sousou : voilà ce que c'est de se prendre pour Jean-Claude Van Damme !!! ça fait "rêver" les dames ;-)))


 


@Tini : la tristesse des enfants... la tristesse de ceux qui aiment... car la tristesse dans ce cas-là est juste une saudade... une douce nostalgie. Oui, dans ce cas-là, tu peux me dire
"bonjour tristesse" ;-)))


 


@Béatrice : bissous aussi !!!


 


 



Béatrice 21/05/2010 12:02



- Mais non, je ne drague pas _ je suis réellement émerveillée par cette phrase, alors Lucia, si tu le permet, je dirait Bissous Sousou.


-En ce qui concerne le tristess d'aimer , pour moi c'est carrement la tristesse de ne pas l'être. - aimée !


Bisous  Lucia.



Tini 20/05/2010 22:56


même si tu me disais d'avoir tort avec la tristesse: Elle revient souvent dans les commentaires des autres:) Puis il me semble qu'ils aiment comme moi que c'etait peu, mais toucheant.... Le poème
est magnifique.... Bonne nuit C.


Sousou 20/05/2010 21:52



Et oh... De quoi je me mêle! 


 


Béatrice, D'abord, il manquait un truc à mes phrases: Un point d'interrogation!


Ensuite... Si les mots viennent c'est grâce à la lumière, la grâce, qui met en exergue les idées. Sans inspiration les mots sont absents. C'est Lucia qu'il faut féliciter.


 


@++


Sousou - Sans trop d'aise



lucia mel 20/05/2010 20:13



@Béatrice : t'arrêtes de draguer mes commentateurs ?  d'abord, il ne s'appelle pas Soussou mais
Sousou... 



lucia mel 20/05/2010 20:10



@Sousou : le bonheur existe-t-il ? oh, la la... quelle question ! "vivre l'instant", "ici et maintenant" ;-))) ou carpe diem ??? 


Si j'ai bien compris ta philosophie : "Sois heureux tant que tu l'es, car après c'est trop tard"... hmmm je crois que c'est le début du Nirvana... mon cher Sousou. Enfin, quand je dis le "début",
je veux dire "la fin"... 


 



lucia mel 20/05/2010 20:00



@Julien : merci pour ce cadeau, une pure merveille. Je remets le clip en lien ici 


Il faut être lusophone, ou fada... de fado et de MPB (musique populaire brésilienne) pour comprendre ceci :


 


"(...) approche-toi tristesse/assieds-toi près de moi/ici à ma table, dans ce bar/bois dans mon verre/prête-moi ton épaule/que je puisse pleurer/pleurer de tristesse/la tristesse d'aimer".


 



lucia mel 20/05/2010 19:51



@Yanick : tu as de la chance !!! et c'est vrai que votre bonheur fait plaisir à voir :)


pour Brassens, puisque ce billet semble vouloir chanter, voici les paroles exactes du poème d'Aragon :


Il n'y a pas d'amour heureux


Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
          Il n'y a pas d'amour heureux


Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
          Il n'y a pas d'amour heureux


Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
          Il n'y a pas d'amour heureux


Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
          Il n'y a pas d'amour heureux


Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
          Il n'y a pas d'amour heureux
          Mais c'est notre amour à tous les deux


 


Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)






Béatrice 20/05/2010 18:40



Bravo Soussou pour "l'instant..." j'adore cette phrase.