Samedi 20 février 2010
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12:33

Le débat semble se poursuivre, la réponse de Noèse est riche et respectueuse, je l'en remercie
(car ce sont qualités qui me font parfois défaut). Vu le tollé, et constatant comment les femmes s'en sont emparé (suivant deux positions distinctes, celle des mères et celle des non-mères), je
me dis qu'Elisabeth Badinter a touché, là, un sujet hyper sensible.
Petite recherche rapide pour alimenter ma/notre réflexion, ainsi que la découverte de quelques blogs fort
intéressants :
Elisabeth Badinter est mère de trois enfants, ce n'est donc pas le ressentiment ou la frustration de ne pas
avoir enfanté qui l'a conduite à essayer de démonter les préjugés sur un pseudo instinct maternel qui aurait existé tel quel de toute éternité... ces extraits de L'amour en plus me semblent édifiants. Pour
approfondir encore, et, je l'espère, enrichir notre pensée (voire notre esprit), de nouveau un renvoi à l'excellent blog Dilemnes.com : il s'agit ici de la référence à l'émission Apostrophes (du 30/05/1980, ce qui ne nous rajeunit pas) où E. Badinter était invitée
pour L'amour en plus. La question débattue étant celle de l'amour maternel, non pour le nier en tant que tel, comme tout autre forme d'amour celui-ci participe de notre
humanité, mais pour essayer de démontrer qu'il n'a rien d'inné ou d'éternel. Un autre invité de cette même émission, "André LANGANEY, auteur de "Le sexe et l'innovation",
pose la question de l'inné et de l'acquis dans le comportement maternel. Il étudie les espèces animales (dont certaines sont des automates génétiques) ou le comportement maternel n'intervient
qu'à un certain niveau, et se demande si l'amour est un fait culturel ou un fait de société."
Olympe me rappelle qu'elle s'oppose à Badinter (dont le féminisme n'est pas allé jusqu'à garder son nom de
jeune fille... et qu'on critique aussi pour sa position d'actionnaire et de Présidente du Conseil de surveillance du groupe Publicis, voir la page Wikipedia), non pour défendre l'instinct maternel,
ou l'amour maternel... en soi, mais pour revendiquer le droit des femmes... à pouvoir rester à la maison, à allaiter, si elles le souhaitent, tout en étant protégées professionnellement... ça me
semble un peu risqué (c'était d'ailleurs l'une des propositions de Sarkozy lors de la dernière campagne présidentielle : créer un "salaire pour les mères" souhaitant rester à la maison pour
élever leurs enfants, car lui aussi défend le droit à une "maternité" protégée...).
Mais, comme le dit Olympe , fort élégamment, lorsqu'elle analyse
dans son dernier billet la campagne gouvernementale sur "La France [qui] investit dans son
avenir", où l'on voit une Marianne enceinte jusqu'aux yeux, elle a "l'air maline à critiquer Elisabeth Badinter quand elle fustige le retour aux valeurs maternelles!"
Par Luciamel
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Publié dans : Politique, société
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Etrangement, la proposition de Sarkozy n'a jamais été suivie d'effet... Etrangement... Mais les promesses n'engagent que ceux qui y croient, dit-on.
Beijinhos
Thierry
ns baignions ds des courants sociaux qui semblent se contredire.
À une époque..les femmes ne voulaient plus allaiter, ne voulaient plus accoucher..elles voulaient être mettre de leur vie..de leur corps...aujourd'hui elles revendiquent haut et fort,,ce même désir,,être mettre de leur vie..de leur coprs..de leur désir..avoir des enfants, les élever et allaiter!
Il y a aussi des politiques sociales dont les buts sont douteux,,,chez nous aussi on encourage la femme à revenir à la maison..mais surtout à élever notre taux démographique....pourquoi?
pour que nos sociétés aient moins besoin d'immigrants? Chex ns la question s epose..depuis que ns avons des politiques qui favorisent le taux de natalité..ns avons un baby-booms d'enfer,,et de nouvelles politiques plus restrictives...........
Merci de ton passage chez moi.
amitié
@Noèse : oui, et ce sont là des pièges qui sont tendus aux femmes... je crois que Badinter ne dit pas autre chose (mais je dois avouer n'avoir lu que les interviews et pas le livre lui-même). Le risque est grand, car on va insidieusement culpabiliser celles qui voudront aller travailler, ou ne pas allaiter (c'est d'ailleurs ce qui s'est toujours passé en Allemagne ou en Suisse, la France se démarquait jusqu'à présent en n'identifiant pas la femme à la maternité, une femme qui laissait son nouveau-né à la crèche pour aller travailler n'était pas mal vue; j'ai de nombreux étudiant(e)s suisses alémaniques, et allemands, qui m'ont confirmé ce fait : chez eux une femme qui a des enfants se doit d'arrêter de travailler pendant plusieurs années, sinon elle est considérée comme une "mauvaise mère", et c'est d'ailleurs ce que eux, et elles, même très jeunes, pensent).
En cela l'idéalisation de "l'instinct maternel", de l'amour maternel (dont le vécu et l'importance sont indéniables), peut servir cette cause : l'obligation pour une femme d'être une "bonne mère" (prête à sacrifier sa vie, et sa vie professionnelle, pour son/ses enfants). Ce modèle-là, qui n'est aucunement une règle (de nombreuses femmes n'aiment pas leurs enfants de cette façon-là), encore moins un diktat biologique (l'être humain, et même l'animal, si l'on en croit Darwin, serait libre de ne pas toujours suivre l'instinct), risque d'être imposé à toutes les femmes... par culpabilisation. Alors, adieu chère liberté d'être différente.
Merci à toi aussi d'accepter ce dialogue, chose qui n'est pas toujours facile quand on a des positions éloignées.
Amitié.
Un blog qui va dans le sens de notre discussion,,un père à la maison qui raconte son quotidien avec ses enfants:
Les pères qui élèvent leurs enfants : vois ma réponse au commentaire de Balmeyer, le modèle suédois, en effet, me semble le meilleur à l'heure actuelle : hommes et femmes, pères et mères, le même combat, le même bonheur, les mêmes joies.