Quand les saumons s'emmêlent...

Publié le 7 Septembre 2013

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Photo (c) Luciamel, Costa Nova, août 2013.

 

 

Les saumons remontent le courant, pour s'en retourner se reproduire mourir... sur le lieu de leur naissance. Devons-nous, comme eux, toujours revenir aux origines, sans pouvoir nous décoller de ce qui nous fonde, ou de ceux qui nous ont donné le jour ?

 

Dans mon entourage il m'arrive souvent d'entendre les un(e)s et les autres se plaindre de la souffrance que leur père ou leur mère leur ont fait subir, ou des entraves (ces marques indélébiles) que leur enfance a laissées sur leur chemin, dans leur psyché, ou leur quotidien. Comme si leur vie ne pouvait pas décoller... ne pourrait jamais advenir. Certains en ont fait une oeuvre, une recherche du temps perdu (et retrouvé), d'autres un récit fondateur, ou interrogateur, comme une essence de la plainte !

 

Je pense à l'oeuvre découverte depuis peu d'Annie Ernaux, et ses Armoires vides ou La Place... qui nous narrent son enfance meurtrie par ses origines modestes. Les miennes (d'origines) ne le furent pas moins (modestes), je pourrais même ajouter qu'en plus moi j'étais immigrée... Mais, ce n'est pas cela le propos (ni le sien, ni le mien). Le propos est l'origine du saumon... cette source toujours recherchée et longtemps niée... Pourquoi aller vers l'eau douce quand on nage dans l'océan ?

 

Mes parents vieillissent, ils remontent doucement à la source qui les a vus naître... Je me débats, inutilement, pour eux.

Peut-on rester dans l'océan ?

Pourquoi re(de)venir à notre passé ?

 

Je rêve d'être papillon... un saumon avec des ailes, une sorte de mouette sirène... qui irait de l'eau à l'air, et inversement.

 

L'eau pour vous mes ancêtres, mes parents... et l'air pour mon âme qui est plus libre que... l'air.

Un jour écrire un livre, non sur les saumons (trop triste !), mais sur les abeilles ou les papillons, les mouettes... peut-être.

Un jour survoler la source... qui m'a vu naître.

Et vous en envoyer la carte...

 

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Photo (c) Luciamel, Barra, la lagune à marée basse, août 2013.

 

 

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Photo (c) Luciamel, Barra, la plage, août 2013.

 

 

 

cette très belle version de Fly me to the moon... par Diana Krall (qu'on ne peut pas intégrer sur un blog pour des raisons de droits d'auteur : ce que je comprends, peut-être ne devrais-je pas non plus la citer...).

 

 

Rédigé par Luciamel

Publié dans #l'effet papillon

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