So marching in

Publié le 13 Octobre 2009

Et pourquoi, bon sang, l'ai-je lu cet article ?

Avais-je besoin, sous prétexte qu'un étudiant n'était pas venu à son cours (endormi quelque part l'étudiant...) de feuilleter distraitement
Le Parisien (on a les lectures qu'on peut mon bon Monsieur), et de tomber sur ça... ?

Une femme a jeté une bouteille à la mer, une autre l'a ramassée, une troisième s'est mise en quête de la première, durant des années, elle en a même fait un livre (ça finira en film, moi je vous le dis), jusqu'au jour où elle l'a retrouvée (la femme qui avait jeté la bouteille à la mer). La première était désespérée de ne pouvoir faire le deuil de la mort de son fils, cette bouteille était son message à la vie... son besoin de se délivrer de ce poids si lourd, la disparition de ceux qu'on aime. Elles se sont rencontrées. Aujourd'hui la troisième va faire rééditer le livre avec une dédicace au fils. La bouteille est devenue objet de musée.

Alors, en attendant celui qui n'est pas venu, j'ai commencé à pleurer. Puis j'ai cessé. J'ai fait cours (à Tini). J'ai quitté le travail, et j'ai croisé une voiture de pompiers... (ce sont eux qui sont venus constater ton décès, ils étaient là aussi le jour où tu t'étais déchiré les chairs des tibias en glissant sur le sol, c'était le jour de mon anniversaire on avait passé la journée aux urgences de St Antoine, pardon à mes lecteurs...
pour le pathos... je sais que toi là-haut tu rigoles de tout ça maintenant) de nouveau les larmes... une photo de Nadal dans le métro (c'était ton champion) et rebelote... Non, ça ne peut plus durer, me disais-je en découpant consciencieusement le poulet qui allait mijoter dans le citron, le thym, le gingembre, les oignons... (comme tu aurais aimé... bouuhhhhh). Et voilà que de la rue ça a surgi, va savoir pourquoi, un manant, un saltimbanque qui s'est mis à faire jouer très fort un haut parleur tout en s'accompagnant d'une clarinette. C'était Amstrong, c'était du jazz (tu l'aimais tant...), et ça a résonné fort dans ma rue...

Noèse... m'a donné le fil... en consultant mes flux (ah, les fameux RSS), je l'ai suivi... celui de la douleur, ne pas lutter inutilement, laisser les vagues déferler, laisser la peine chanter. Quelle honte y a-t-il ? Je connais l'océan, je sais ses brumes, ses tourmentes, mais jamais il ne m'a abandonnée sans un signe, sans un pays à retrouver.

Tiens, à toi... de l'autre côté... ma bouteille à la mer.

Et voilà la bouteille que toi tu m'as envoyée :


When the Saints go marching in

(paroles Louis Amstrong)

Well when the saints go marchin'in
Well when the saints go marchin'in
Oh Lord I want to be in that number
When the saints go marchin'in

When the sun refuses to shine
Well when the sun refuses to shine
Oh Lord I want to be in that number

 


When the sun refuses to shine

Well when the saints go marchin'in
Well when the saints go marchin'in
oh Lord I want to be in that number




Rédigé par Luciamel

Publié dans #Ma douce

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lucia mel 15/10/2009 23:51


@Béatrice : à mon avis, et à ce rythme-là (vu qu'on n'a toujours pas coulé), on va devenir des championnes de surf... ma bichette ! ;-))


Béatrice 15/10/2009 15:58


Bien sûr qu'elle est avec les saints puisqu'elle et et le souvenir de son optimisme sont même capables d'apaiser les  chagrins.

Même si, comme tu le dis, on est pas à l'abri d'une grosse vague sauf qd ayant atteint l'océan, les vagues enfin nous porteront .

- Si on se mettait au surf, bichon ?


lucia mel 14/10/2009 20:46


@Anne : merci pour tes bras, la tempête est passée, je sais que de temps en temps elle viendra souffler... et toujours il y aura des bras amis pour m'accueillir, c'est aussi ça la leçon.

@Béatrice : ce matin en te lisant au boulot... me voilà repartie à chialer... mais cette fois-ci je sens que notre peine (à elle et à moi) est apaisée. Regarde la vidéo d'Amstrong, et vois la femme
danser, elle me rappelle Elisa. Maintenant elle est "with the Saints marching in". Oui, ça me plaît bien l'idée de New York...


Béatrice 14/10/2009 09:39


Tu sais bien qu'elle en a eu marre de rester au lit , qu'elle a pris ses ailes à son cou et t'attends maintenant ds ton studio de New-York !


anne des ocreries 14/10/2009 08:50


Les mots me manquent - alors je t'embrasse, Lucia.