Yseult sans enfants et avec Tristan.

Publié le 19 Février 2010


http://image.ifrance.com/cinema/film/8/3/45638-8-tristan-yseult.jpg


Nous sommes engagées depuis hier, ma chère Noèse et moi, dans une bataille... ou, pour le dire plus sereinement, dans un débat d'idées. 

Tout a commencé chez l'oiseau (Thierry) qui (c'est la nouvelle tendance chez les hommes, comme dirait Zemmour) voulait devenir mère. Ce à quoi j'ai répondu que ça suffisait cette idolâtrie de la MERE... franchement, il n'y a qu'à regarder autour de soi, pas toutes des exemples à suivre, souvent même, de grandes pourvoyeuses de névroses (nos mères...). Mais, à cela, ma très chère Noèse, a surenchéri : non seulement elle le comprenait Thierry, mais en plus elle ajoutait qu'une femme, pour être une vraie femme se devait d'être mère, le stade ultime étant, pour elle,  la maternité.

Vous imaginez... mon questionnement...

Vous êtes les bienvenus pour y répondre.

Mais, je n'ai pas voulu, depuis qu'Elisabeth Badinter a relancé la polémique (et que déjà Olympe ne semblait pas comprendre sa/ma position), m'engouffrer sur ce terrain-là. Donc, ce soir, c'est à une autre interrogation à laquelle je vous invite.

Tristan aimait-il plus Yseult qu'une femme aime son enfant ?

Yseult aimait-elle plus Tristan qu'elle n'aurait aimé un enfant de lui ?

Qui Tristan aimait-il véritablement, et Yseult ? vu qu'ils avaient bu la potion magique...

Que seraient devenus Roméo et Juliette s'ils n'étaient pas morts et qu'ils avaient procréé ?

Bouddha... et sa descendance, vous imaginez ?

Jésus, on sait depuis un certain temps (et je ne me réfère pas seulement au Da Vinci Code, j'ai d'autres sources... quand même) que sa relation avec Marie Madeleine n'aurait pas été que celle du maître au disciple (car elle était, et c'est attesté, l'un de ses plus proches disciples), de là à affirmer qu'ils auraient eu des enfants... Mais la question subsiste : qui Jésus aima-t-il le plus ? lui qui aurait dit : 

« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu apporter la paix mais l'épée ; car je suis venu séparer l'homme d'avec son père, la fille d'avec sa mère, et la belle-fille d'avec sa belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison. »

Jésus selon Matthieu 10, v.34-36

 

« Je suis venu pour jeter le feu sur la terre ; et que désirai-je, sinon qu'il s'allume ? Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, je vous assure, mais au contraire, la division ; car désormais s'il se trouve cinq personnes dans une maison, elles seront divisées les unes contre les autres ; trois contre deux, et deux contre trois ; le père sera en division avec son fils et le fils avec le père ; la mère avec la fille, et la fille avec la mère ; la belle-mère avec la belle-fille, et la belle-fille avec la belle-mère. »

 

Jésus [d'après Luc 12, 49-53]


Pour en revenir à Sur la route de Madison, Francesca a-t-elle plus aimé ses enfants, en se sacrifiant à eux, qu'elle n'a aimé Robert, le photographe, croisé durant 4 jours de sa vie ? 

Vous pourrez répondre à ces questions pour ce qui vous concerne, nullement pour les autres, nullement pour moi. Permettez, donc, que je m'élève contre un diktat (nouveau) qui voudrait m'intimer qu'être mère est l'absolu, l'ultime, le summum, pour une femme. Je m'inquiète même de cette régression, et je donne toute raison à Elisabeth Badinter, oui, les femmes sont en train de se replier sur leurs fondamentaux... Pour quelle raison ? il me semble qu'elles sentent qu'elles vont bientôt devoir abandonner ce privilège-là : bientôt les bébés ne seront plus le fruit de leurs entrailles... mais elles continuent à s'accrocher à cette prérogative-là, quelle qu'en ait été la souffrance... elles se disent que telle est la volonté divine : "tu enfanteras... dans la souffrance", et tu seras la "madone", mais elles voient venir le jour où l'enfant naîtra d'une machine. Ca semble les désoler... car alors elles auront perdu quelque chose... quoi exactement ?

Et l'enfant qu'aura-t-il gagné ? perdu ? le père qu'en retirera-t-il ?  

Et toi, femme, qui es-tu, si je te dis que tu n'es plus LA MERE ABSOLUE ? 






Rédigé par Luciamel

Publié dans #Hommes - je vous aime

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noese cogite 25/02/2010 13:29


J'aime bcp le commentaire de yanick...et je dirais plus..ns sommes repoussés dans des retranchements tellemenmts violents,,quelques fois on n e se reconnait plus..Ma fille peut me faire sortir de
mes gonds en 1 seconde! Pfff idéaliser le rôle de parent? Il faut jsute y survivre:)


lucia mel 23/02/2010 07:35


@Yanick : désolée, j'étais partie faire dodo :-) voici le lien pour aller lire Dorham :

http://extra-ball.blogspot.com/ (il est aussi sur ma blogroll, à droite de ma page d'accueil, à Dorham). Bisous.


yane 23/02/2010 00:39



il n'y a pas de lien yperthexe sur Dorhan, tu peux le mettre ?
Bisous 



lucia mel 23/02/2010 00:09


@Yanick : quel grand amour que cet amour-là : faire grandir l'autre, l'amener à devenir un humain à part entière, le faire naître à son individualité, à sa liberté. Etre sa famille, celle sur qui
il pourra toujours compter. Oui, ça demande, je le vois au quotidien auprès de vous, les parents des enfants que j'aime, une grande abnégation de votre liberté, de votre égoïsme... vous aimez
l'autre "pour de vrai". Cet équilibre instable entre sa vie d'homme, de femme, et son rôle de parent, est aussi une comme une "confusion", celle dont parlait Dorham. 


yane 22/02/2010 23:40



être femme et souhaiter devenir mère, être homme et souhaiter devenir père, n'arrive pas forcement au même moment dans le couple.
Puis il y aura l'attente de l'enfant imaginaire, de ce premier, qui lui nous feras parent, telle la trinité, et la on "tombe"  dans la réalité 
C'est tres respectacle de porter un enfant 9 mois  dans son ventre, c'est un mystère :
Puis on accouche d'un petit gars, on voulait une fille, on reconnait très vite le caractère de sa propre mère qu'on ne supporte pas, après avoir porter 9 mois l'enfant idéale
dans son ventre, il faudra le porter 20 ans , seul ou à deux. La mère idéale que nous souhautions va prendre claque sur claque, si elle ne se vie que maman = le gouffre.

entretenir sa vie de femme, son individualité, pour passer les messages sociaux qui nous importents fondamentalements, ne pas se perdre soi même : le plus dure.

Equilibre cellule familiale - citoyen à part entière en société
Yanick



lucia mel 22/02/2010 23:08


@Yane : oui, cette question-là je l'ai bien posée à Noèse (sur son blog), que pense-t-elle des parents adoptifs, et des mères qui n'ont pas enfanté leur enfant ? qu'en est-il de l'instinct à ce
moment-là ? de l'amour ? plus ou moins fort que le "biologique" ? sont-elles de "bonnes mères" elles aussi ? sont-elles des femmes ayant atteint la "finitude" de la féminité, son accomplissement,
ou cela n'est-il réservé qu'à celles qui ont "accouché", pour de vrai..? si tout n'est affaire que de génétique... et d'instinct "automatique", l'amour est une bien triste chose. Je préfère croire
que l'amour est une découverte, une alchimie qui engage un enfant, un bébé, et un adulte, deux êtres, deux inconnus, ou, pour certains, un humain et un animal... 

Mais sans doute suis-je encore en train de rêver... 


yane 22/02/2010 22:32


il n'y a pas que les enfants machines en vue
sachons que nous sommes un peu nombreux sur terre …
reproduire ses propres entrailles peut être remis raisonnablement en question, on peut serieusement y penser …
maman ou papa adoptifs seront aussi absolus alors si leur enfant est en souffrance ou blessé dans l'âme
Maman et femme, père et homme : dualité très difficile de toute façon,
il est plus facile de perdre, et de devenir maman et père, effacer femme et homme très très difficile de rester femme et homme en étant parents


 


lucia mel 22/02/2010 20:34


@Balmeyer : oui, sans aucun doute, la tolérance devrait être notre mère ;-)), et en ce qui touche à l'épanouissement, ou l'accomplissement d'une vie, ne parler que pour soi à titre individuel me
semble la prudence, la justesse même. 

Se battre pour pouvoir rester à la maison et élever son enfant, ne pas être mal vue, oui, c'est vrai c'est (ou c'était) plutôt le modèle français (opposé au modèle germanique : les trois K ,
Kinder, Küche, Kirche, qui ne semblaient pas de mise chez nous, et ce même si Pétain s'y est essayé en 1940 avec son "travail, famille, patrie", dont il voulait que cela remplace la devise
"liberté, égalité, fraternité", et sa... fête des mères de 1941).

Je ne sais s'il faut souhaiter trop fortement, ou se battre trop pour obtenir le droit pour les femmes d'élever "tranquillement" leurs enfants, je serais d'avis de suivre plutôt l'exemple des
Suédois, où le congé parental de un ou deux ans, j'ai oublié, doit être pris à part égale (ou presque) par l'un et l'autre parent, sinon il est perdu. Il s'agit de ne pas "inciter" les femmes à
retourner à la maison, mais de permettre aux deux parents (et d'inciter plutôt les hommes) de prendre le temps d'élever leur enfant (et pourquoi pas pour le père de nourrir le bébé, avec le lait
"maternel" laissé à la maison par maman).

Cela rejoint ce que tu dis, mère/père c'est pareil, en ce sens que c'est avant tout une responsabilité (comme le dit Badinter, l'amour est EN PLUS), on ne demande pas à un parent d'aimer à la folie
son enfant, ni même amoureusement, les nouveaux parents étant parfois les "amoureux" de leurs enfants, on (qui ? la société ? les enfants eux-mêmes?) leur demande surtout d'être de bons éducateurs,
l'amour étant un PLUS.

 


balmeyer 22/02/2010 14:01


D'accord avec le premier commentaire d'Olympe. On imagine parfois pas le "cassage" social que doit subir une femme quand elle veut prendre du temps pour être mère. Ce sont les autres qui en font
une salariée de second ordre, ou un "biberon sur patte". La pression sociale à ce sujet peut-être très dure, et lutter contre fait parti de la panoplie du féminisme moderne, il me semble.

Dire qu'être mère plombe votre carrière, et refuser l'enfant c'est aller vers l'égalité, c'est exactement le panneau dans lequel il ne faut pas tomber. 

Sur la question : être mère "summum pour la femme" ? C'est sans doute idiot, mais "summum pour une femme", pourquoi pas, il faut considérer ça sans mépris ni condescendance, même si
la tentation est forte d'y voir un manque d'ambition.

De mon côté, être mère/père est la même chose, la question est plutôt sur la parentalité. Est-ce le summum ? Les autres sont-ils moins "dans le vrai" s'il ne procréent pas ? Telle est la vrai
question.  La tolérance en ce domaine, comme dans d'autres, est un pré-requis rudimentaire ! Bises.


lucia mel 21/02/2010 12:33


@Thierry : oui, moi aussi je souriais :)) ces nouveaux hommes, ou plutôt ces nouveaux pères auxquels Rufo conseille de ne pas vouloir devenir des mères... (en cela il rejoint "un peu" Zemmour mais
pas vraiment, il n'est pas aussi catégorique que lui). Cette interview de Rufo est intéressante car très tolérante à l'égard des hommes, et assez proche de ce que tu dis : http://www.cote-momes.com/cote-parents/en-famille/le-role-du-pere-entretien-avec-marcel-rufo-c1478-p0.html (les
liens ne marchent plus)