Portugal

Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 22:51



Ce soir-là, deux événements extraordinaires. En chemin, pour aller au café du phare, nous décidâmes de passer par les dunes en empruntant la passerelle qui longe la plage.

Le soleil venait juste de se coucher. Des odeurs d'arbustes et de fleurs des sables embaumaient l'air du soir. Lucas s'inquiétait de croiser un frelon (ou bourdon ?) comme la veille sur la jetée. J'essayai de le tranquilliser, "mais non, ils ne te feront rien, ce sont les fleurs, seulement, qui les intéressent".

Pas rassuré pour deux sous, nous vîmes Lucas détaler comme un lapin... ou plutôt comme un félin.

Je compris alors que son inquiétude était fondée, les bourdons aimaient les fleurs, soit ! mais nous étions au milieu des buissons odorants, de la végétation des sables, heureusement préservée par ces chemins de planches sur pilotis surplombant les dunes.




Etaient-ils des dizaines, des centaines, des milliers ? Ils volaient de toutes parts, certains (saouls qu'ils étaient de cette orgie de nectars) se cognaient à ma tête, lourdement.

Arrivés sur la "terre ferme", nous aperçûmes Lucas triomphant de sa victoire sur les monstres volants.

Au café du phare (le troisième plus haut du monde !). Ambiance et décor des années 60, familles bourgeoises des alentours (enfants portant "de la marque", au look BCBG : coiffure et bonnes manières), serveurs en tenue, volume sonore et déplacements feutrés.

Deux écrans plats, de part et d'autre de la salle, nous ramènent pourtant à notre époque... Le "spectacle" retransmis me fait sourire : quelle idée ! une compétition de billard, seuls des Portugais pouvaient se passionner pour ce sport-là. Les deux champions : un Français et un Coréen sont impressionnants de concentration.

Et ce fut là que l'inattendu nous surprit à nouveau : tels des bourdons fascinés par les odeurs, nous suivions du regard la valse précise de la boule sur le tapis vert, en trois temps... 1, 2 et 3... Et chaque fois, ils réussissaient d'une boule à toucher les deux autres... 1, 2, 3...




Photo (c) Luciamel (sauf celle du bourdon : ici)

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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /2009 23:44

C'est un oiseau de nuit, toujours levé aux aurores, pour photographier la campagne et promener son chien... Il adore Cristina Branco (c'est d'ailleurs grâce à elle que j'ai d'abord fait une incursion chez lui). Mais ce soir, je me dois de lui dire : non, non, non... pour Meu amor... personne n'égale Amalia, dans cette chanson écrite par elle.






Meu Amor Meu Amor Meu Limao De Amargura
Paroles Amalia Rodrigues


Meu amor meu amor
Meu corpo em movimento
Minha voz à procura
Do seu próprio lamento

Meu limão de amargura,
Meu punhal a crescer,
Nós parámos o tempo,
Não sabemos morrer
E nascemos nascemos
Do nosso entristecer.

Meu amor meu amor
Meu pássaro cinzento
A chorar a lonjura
Do nosso afastamento.

Meu amor meu amor
Meu nó de sofrimento
Minha mó de ternura
Minha nau de tormento:

Este mar não tem cura
Este céu não tem ar
Nós paràmos o vento
Não sabemos nadar
E morremos morremos
Devagar devagar

 

(traduction, chez l'oiseau... ici)

Par Luciamel - Publié dans : Portugal
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /2009 20:14

Ce qui est raté est souvent ce qui est mal arrivé... ce qui est décalé. Trop tôt ou trop tard. Et pourtant le raté nous dit tant de choses... Le gâteau par exemple. Vous y avez mis les mêmes ingrédients, le même temps, le même désir du plaisir anticipé. Pourtant, que fut-ce ? un coup de fil un peu trop long, l'inattention d'un instant, vous avez détourné le regard, dit un mot qu'il ne fallait pas, et pas vu dans le regard de l'autre, pas entendu dans sa voix, le dégoût qui pourtant était là. Alors, le gâteau s'est ratatiné. Le chocolat, les oeufs, le beurre... le sucre, la farine se sont agglutinés.

De ça nous ne devons rien regretter. Le raté a le goût de l'espéré, le goût du possible, du renouvelé.

A tous ceux qui ont raté leur bac, leur mariage, leur... vie... je dis : quelle chance vous avez, votre échec est un océan de liberté, votre "invincible defeat" est l'immensité du destin; c'est ça le fado.

Ne l'oublions pas le désespéré est libre. Le raté... aussi. Car ils font face à l'inespéré.

Et elle aussi, je l'ai ratée... c'était le jeudi 14 mai à la Cigale... c'est près de chez toi, ma petite soeur, que j'en ai vu l'annonce, hier... regarde, je l'écoute quand même.




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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 20:51

Bon, c'est vrai que c'est un peu plus "vocal" que la soeur de Ronaldo (Ronalda, la chanteuse...), mais, franchement, si l'année dernière on n'était pas sûrs de gagner, cette année au moins on est certains de perdre...

Voici la candidate portugaise à l'Eurovision 2009 (oui, je sais c'est pourri, et en plus... etc, mais voilà, ça me botte quand même à chaque fois), elle s'appelle... attendez je vérifie... le groupe Fleur de lis avec la chanson "Todas as ruas do amor". Bon, le Portugal semble vouloir se spécialiser dans "la jeune diva" bien en chair.





Alors que, de son côté, la France a décidé de mettre le "gros" paquet : Patricia Kaas, star en Russie... pour essayer de séduire ces nouveaux pays candidats dont on dit qu'ils font bloc... à l'Est. Après avoir écouté la chanson, j'ai des doutes... que la France puisse l'emporter.

A force de l'entendre... Flor de Lis, je vais finir par y croire... car j'ai ce travers de me laisser berner facilement. Pourtant, après Cristina Branco... je tombe de très haut.

Après la quatrième écoute, je commence à "torcer" (se tordre... se rendre, craquer, ou, plus exactement, être fan, ou supporter). Elle est craquante.


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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 20:48

Elle aurait eu 101 ans le 2 février. Née en 1908, elle est morte près de moi en 1990, et elle ne le voulait pas... s'en aller. Son coeur était fort, tout son corps meurtri depuis tant d'années, à cause du  travail de la terre, de l'arthrose, la surdité, mais son coeur, lui, ne voulait pas la lâcher... la vie, jusqu'au bout, elle s'y est accrochée. Son regard sur moi, sa main dans la mienne à retenir les secondes, l'air... encore...

Sa mère, Maria, avait épousé un veuf, Ribeiro... (Rivière ou Ruisseau) car on l'y avait forcée, et elle avait dû, mon arrière-grand-mère, renoncer à son amoureux Custodio... sa famille l'avait décidé ainsi. Elle sut l'accepter, et elle essaya d'élever le bébé né du premier mariage de son époux, mais l'enfant mourut, faute de lait maternel pour l'alimenter...

Puis Ribeiro lui aussi s'éteint. Maria hérita des terres de son mari et épousa en secondes noces son premier fiancé Custodio. Dans cette maison dite de la "petite rivière" elle eut 5 enfants. Ma grand-mère, Herminia, la sixième et sa dernière fille, naquit juste après la construction de leur nouvelle maison... il y a juste 101 ans.



Herminia (Tirmina) vécut ici presque jusqu'à sa mort, ses six enfants y virent le jour, dont l'aîné, mon père, qui encore aujourd'hui la régénère. Je fus la seule de ses petits enfants à y recevoir la vie. C'est ma terre et ma force.





Photos (c) Luciamel

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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /2009 21:24

Elle planait depuis quelques jours... je la sentais. Elle t'a ouvert les bras la nuit dernière. Tu as juste arrêté de respirer. Ton coeur a lâché. Comme le "JE NE T'AIME PLUS", le "JE N'EXISTE PLUS" est intolérable à celui qui l'entend... incompréhensible, et pourtant il est... .

Tu m'avais parlé de tes origines aristocratiques : un descendant du Marquis de Pombal. Vous, les Français, vous ne pouvez imaginer... c'est comme être un descendant de Richelieu. L'arbre généalogique, l'extraction noble... c'était avec réticence que tu la mentionnais, toi, l'artiste.

Aujourd'hui tu reposes et nous accompagnes de l'au-delà :  nous comptons sur toi, toi l'incroyant, l'athée... ton âme peut nous sauver, ne crois-tu pas ?

Je pense à elle, à elles, qui te pleurent et je compatis à leur douleur.

Ce soir... je dis ton nom, en moi.



photo du croisement de nos rues... dimanche. Luciamel (c)


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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 20:19

Une info en exclusivité bloguesque (et repérée dans le métro ce matin en allant au boulot) : Cristina Branco sera à la Cigale en mars ! Vous vous en fichez. Vous ne savez même pas qui c'est...

Ce monde de la blogosphère est bien cruel, on doit toujours faire sa mite (après l'abeille, je continue à filer la métaphore animale) à phéromones femelles : on doit séduire par ses mots suaves, ses commentaires d'hôtesse (de maîtresse de maison... ou plus, si affinités). L'essentiel étant de coller à son blog (son audience) suffisamment de commentaires... de lecteurs. Mais, pour quoi faire ???

Oui, je sais... sur un blog, on n'écrit que pour soi (mon oeil...), pour le plaisir et l'amour de l'art... (toi, tu regardes jamais tes stat's ?), on laisse des comm's à droite et à gauche... de façon tout à fait sincère et spontanée, et surtout, désintéressée ! On ne veut pas être en tête de quoi que ce soit... ni on ne rêve d'être "découvert" par un éditeur, mis en valeur quelque part... non...

Bon, voilà encore que je "digresse"... que je ronchonne. T'as qu'à plus les lire les blogueurs, s'ils t'énervent avec leur narcissisme... leur sensibilité, leur humanité. Lucia, tu me casses les pieds ! et surtout tu radotes...

Tout à l'heure dans le métro (je suis dans ma phase insectes...) : une jeune femme, tout à fait propre sur elle, on était collés comme des sardines (parisiennes), je regarde distraitement ses cheveux, et que vois-je ??? des lentes, j'ai hésité, sont-ce des pellicules ? ses cheveux étaient presque sous mon nez, non, c'étaient bien des lentes (je rappelle à ceux qui n'en ont jamais eu qu'ils s'agit des oeufs pondus par les poux). Interloquée. Ben, je reste à distance. Vivement qu'on descende. Et voilà que maintenant ça me gratte...

Je marche, je croise ce jeune-homme près du BHV, déjà aperçu précédemment, sur une couverture avec un duvet autour de lui, il faisait la manche... Toute cette misère, me dis-je. Puis, je le vois penché, il parle tout seul, le pauvre. En fait, non, il était en train de poursuivre sa conversation téléphonique, il disait à son interlocuteur : "ben, si tu veux on se retrouve demain à la fac, j'y serai vers...". Et alors ??? les SDF, pseudos ou vrais... n'auraient pas le droit d'avoir un téléphone portable ? d'avoir une vie ? voire même une vie amoureuse ?

Bon, je rentre à la maison, j'ai acheté un adaptateur de casque pour mon nouveau dictaphone, 4,50 euros... (au lieu de 40 ) j'en ai besoin pour préparer le prochain concert du choeur... j'ai vachement de retard... tous ces morceaux que je n'ai pas pu écouter.

On va chanter (en mars aussi...) à St Merri, des chants sacrés.

Sacrée Lucia !



Ulisses - Cristina Branco, Sete pedaços de vento.


Sept morceaux de vent.
(José Luis Gordo / Custodio Castelo)


"que le désir ne me préserve pas dans mon envie d'être à toi..."


"sept airs de nostalgie
sept fragrances diverses
dans les cristaux de la fantaisie
amante des amours éparses"

"sept cris à crier
sept silences à vivre
sept lunes à briller
et un ciel pour les accueillir"

"je remets au vent mes soupirs
où le désir agonise
sept désirs charnels
que dénoue mon désir"

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Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /2008 21:44

Atterrissage en douceur. Au départ 16°C, à l'arrivée 0° : même pas froid ! Attente des bagages, un jeune couple franco-portugais (elle portugaise), qu'ils sont mignons ces deux-là à s'embrasser... elle l'enlace avec insistance, je remarque qu'il semble distant (ah, les hommes quand ils se ferment...), puis il se lance dans d'interminables (jusqu'à ce que j'ai récupéré ma valise et m'éloigne d'eux) récriminations : "Non, vraiment, je ne ne les supporte plus, c'est un état d'esprit trop différent. Ce que j'ai subi pendant ces 15 jours, c'est la dernière fois. Et toi, ils te prennent pour leur femme de ménage, ce sont tes parents, mais ils t'ont traitée comme une bonne ! Non, je n'en peux plus, sache-le, je ne pourrai pas l'admettre plus longtemps."

Je vous passe les détails.

C'est vrai que je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez, et n'entends pas plus que ne portent mes oreilles. Alors, pardon, si ce que je vais vous conter vous paraît vu par le petit bout de ma lorgnette : qu'y puis-je ?

Au pays où les arbres de Noël ressemblent à ça, où les maisons sont celles où on est née, où les puits ont été creusés par son arrière-grand-père : 

 




 


 

 

Où l'on entend de drôles d'histoires, que, si vous le permettez, je m'en vais vous raconter. Pour ce soir, laissez-moi, simplement, vous en donner le sommaire :

Où l'on se pend sur fond de crise économique; où l'on dit comment se calcule la durée de l'année; où les femmes battues se défendent; où l'on apprend que l'auteure d'Harry Potter a enseigné à Porto et s'y est mariée à un Portugais; où l'on s'initie aux nouveaux horaires de travail imposés par les Espagnols; où l'on prend note de la recette des gâteaux aux haricots; où l'on découvre un auteur anglo-indien; où Lucia nous parle de son arrière grand-mère...

Je vous dis : à demain (peut-être... car c'est la fin de l'année et qu'il me faudrait aller bien la fêter, nous disons : "bonnes sorties et bonnes entrées dans l'année nouvelle").




En attendant, voici par Fado em si bemol, un fado enlevé et relevé... (cliquez, vous ne le regretterez pas).




Photos (c) Luciamel
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 22:18

Sa chanson m'agace, d'abord je l'avais vue sans le son... problème de réglage de l'ordinateur... alors j'ai recopié tout le texte, à la main... Bon, là je viens de trouver les paroles toutes répertoriées en portugais, et si j'ai de la chance, il y aura même la traduction, sinon... il faudra que je m'y colle (je m'y suis collée...).

Puis, ça m'a irritée : ce chanteur célèbre, avec sa tournure/ "fourrure", ses dorures, son "bling bling", sa voix (oui, j'ai réussi à remettre le son) encore plus énervante : il se gargarise, "qu'est-ce que toute cette misère ?", que c'en est indécent. Pourtant je l'avais apprécié dans La lettre de Manoel de Oliveira (c'était lui le rocker), mais là, sa voix... m'énerve. Voilà ce que je ne supporte pas chez les Portugais... : le côté provincial, déjà Eça de Queiros (si j'ai bonne mémoire) s'en plaignait. Y a pas... je préfère, malgré son énorme passif, Bertrand Cantat et Noir Désir (j'ai honte...).

Je voudrais, quand même, remercier Lusina, chez qui j'ai trouvé le clip : les images m'avaient abasourdie (je vous rappelle que je n'avais pas la voix), les paroles (les sous-titres) me semblaient sidérantes et géniales, mais dès que je les ai eues écoutées, j'ai déchanté... Non, pas ça, pas cette récupération si... tranquille.

 

Pourtant, j'y avais vu quelque chose de "génial"... il fallait bien que ça corrresponde (correspondît pour les puristes) à quelque chose.

 

Alors, tout d'abord les voici, sans image et sans musique, après si vous en avez vraiment envie... vous les écouterez.


Quem me leva os meus fantasmas ?                             Qui me délivrera de mes fantômes ?

(Pedro Abrunhosa) 

Aquele era o tempo                                                     C'était le temps
Em que as mãos se fechavam                                 Où les mains se refermaient
E nas noites brilhantes as palavras voavam,        Où, les nuits lumineuses, les paroles s'envolaient,
E eu via que o céu me nascia dos dedos               Où je voyais le ciel naître entre mes doigts
E a Ursa Maior eram ferros acesos.                         Où la Grande Ourse était de fer incandescent.
Marinheiros perdidos em portos distantes,             Marins perdus en des ports éloignés,
Em bares escondidos,                                                En des bars perdus,
Em sonhos gigantes.                                                 En des rêves éperdus,
E a cidade vazia,                                                          Et dans la ville désertée,
Da cor do asfalto,                                                         De la couleur de l'asphalte,
E alguém me pedia que cantasse mais alto.        Quelqu'un me demandait que je chante plus haut.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                          Et me dira où est le chemin.

Aquele era o tempo                                                      C'était le temps où
Em que as sombras se abriam,                               Les ombres s'ouvraient,
Em que homens negavam                                         Où les hommes niaient
O que outros erguiam.                                                 Ce que d'autres érigeaient.
E eu bebia da vida em goles pequenos,                 Et je buvais la vie à petites gorgées,
Tropeçava no riso, abraçava venenos.                 Trébuchant sur les rires, embrassant les venins.
De costas voltadas não se vê o futuro                  Le dos tourné on ne voit pas le futur.
Nem o rumo da bala                                                 Ni la trajectoire de la balle
Nem a falha no muro.                                                Ni la fissure dans le mur.
E alguém me gritava                                                   Et quelqu'un me criait
Com voz de profeta                                                      Avec une voix de prophète
Que o caminho se faz                                                  Que le chemin se fait
Entre o alvo e a seta.                                                      Entre la cible et la flèche.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                        Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                           Et me dira où est le chemin.


De que serve ter o mapa                                          Que me sert d'avoir la carte
Se o fim está traçado,                                                 Si la fin est toute tracée,
De que serve a terra à vista                                       A quoi sert la terre visible
Se o barco está parado,                                              Si le bateau est arrêté,
De que serve ter a chave                                             A quoi sert d'avoir la clé
Se a porta está aberta,                                                 Si la porte est ouverte,
De que servem as palavras                                        A quoi servent les mots
Se a casa está deserta?                                              Si la maison est déserte ?


Quem me leva os meus fantasmas?                    Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                             Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                        Et me dira où est le chemin.

(traduction Luciamel)


Les images représentent des SDF de Porto, la légende dit  :

"Au Portugal 9000 personnes dorment dans la rue. Et, seulement à Porto, elles sont 685"

J'atterris à Porto jeudi, au-revoir Paris, bonjour... cher pays ! Et "Joyeux Noël"  à tous : je vous promets de faire un petit reportage... retour le 30 décembre.




Pedro Abrunhosa - Quem me leva os meus fantasmas ?


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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /2008 18:47

Ces derniers temps tout le monde fête ses 100 ans (ou les rate de peu) : Soeur Emmanuelle (que Dieu ait son âme), Lévi Strauss, Olivier Messiaen (bon, lui on lui fête même s'il n'est plus là) et Manoel de Oliveira, 100 ans aujourd'hui (on rappelle qu'en 1985 on lui offrait déjà un Lion d'Or à Venise pour l'ensemble de son oeuvre, cette année à Cannes on s'est dépêché aussi de lui rendre hommage, on ne sait jamais... qu'il nous fasse le coup d'Emmanuelle...), mais le "vieux" cinéaste a déjà en chantier deux nouveaux films : un pour Venise et un pour Cannes...

Au Portugal il passe pour le réalisateur le plus ennuyeux qui soit... personne ou presque (dans ma famille en tout cas) n'a vu un de ses films, c'est le Godard local si vous voulez (c'est vrai qu'il faut quand même s'accrocher, ou avoir bien dormi la veille :
"Amour de perdition", 4h20, est assez.... lent, adaptation d'un roman éponyme de Camilo Castelo Branco, grand succès populaire, dont mon père m'a révélé qu'il était le seul livre qu'il ait lu). Son dernier film, de 2008... Christophe Colomb, l'énigme, étant déjà ici sur mon blog.

Mais Oliveira c'est
Aniki Bobo, 1942, c'est Porto de mon enfance, c'est La lettre (adaptatation de La princesse de Clèves avec Chiara Mastroiani et le chanteur de rock portugais Pedro Abrunhosa, la famille Deneuve-Mastroiani étant d'ailleurs assez fidèle au cinéaste). Alors, pour vous donner envie... d'aller à la découverte, un extrait d'Aniki Bobo, mais regardez aussi son adaptation de la Princesse de Clèves, et sentez-vous "vieux", vous les jeunes, face à cet éternel créateur, cet homme libre qu'est Oliveira :




Aniki Bobo, Manoel de Oliveira, Porto, 1942.



La lettre, Manoel de Oliveira (adaptation de la Princesse de Clèves), 1999.


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