Politique, société

Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 19:22

Je remarque qu'à Paris la nouvelle tendance, pour les bobos de mon quartier, est de promener non pas un chien, mais deux chiens à la fois. Je ne sais ce qui a pris aux gens d'avoir deux chiens, souvent de la même race. C'est peut-être comme pour les enfants, on fait un petit frère ou une petite soeur pour que le premier ne s'ennuie pas trop. Je dois reconnaître que j'ai moi aussi deux poissons rouges (au début ils étaient trois, mais l'un d'entre eux a sauté hors de l'aquarium avant que je ne pense à mettre une vitre de protection sur le dessus).

 


20110925-lavagem-Madeleine-Tristane-Banon-008.jpg                          photo (c) Luciamel, 25/09/2011, Les Halles, Chambre du Commerce de Paris.

 

 

Pourquoi vous parlé-je de ça ? Juste parce que... Hollande me hérisse le poil (que vous savez dru) sur le dos, et que les socialos-adorateurs-de-l'HOMME-providentiel du moment me désolent, tout autant qu'ils oublient facilement de citer Royal dans leur meeting du Bourget. Si j'avais (encore) besoin d'une raison pour ne pas voter Hollande au premier tour, elle est toute trouvée : non, décidément, je ne peux voir en lui qu'un lâche et un traître (son attitude en tant que premier secrétaire du PS, et compagnon de Ségolène Royal alors candidate à la présidentielle) en plus d'un être par trop malléable (certains ont dit "mou du genou"... je trouve simplement qu'il n'est pas trop inventif, ne semblant allumer que de vieilles lanternes...).

 

Pour qui voter, alors ? au premier tour, et pour la première fois depuis 1981, je ne voterai pas socialiste mais écolo : Eva Joly, une femme, quelqu'un qui ne mâche pas ses mots, quelqu'un qui défend des idées auxquelles je crois. Au second tour je ne voterai pas pour Marine Le Pen, une femme aussi, mais, tout de même, il y a des limites. J'en suis à me poser la question : est-ce que je ne préfèrerais pas avoir à choisir entre Bayrou et Le Pen ? plutôt qu'entre Hollande et Sarkozy... voyez mon désarroi, moi socialiste depuis toujours.

 

J'ai lu dans Le Monde d'aujourd'hui que les homosexuels (traditionnellement à gauche) commençaient à lorgner du côté de l'extrême droite, comme les ouvriers et les classes moyennes... qui risquent elles aussi de se tourner de plus en plus vers le centre, juste parce qu'elles en ont assez d'entendre des sirènes, avec leur chant toujours identique, leur vanter l'é-ga-li-té... tout en promenant leurs chiens dans les beaux quartiers de gauche de la capitale. 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 17:52

J'entends Julien Delli Fiori sur jazz à FIP, et je songe que la voix est sans doute chez un être humain ce qui vieillit le moins, la sienne n'a pas changé depuis 20 ou 30 ans; je me souviens de ce temps où, charmé, il donnait la réplique à Clémentine Célarié. La voix est humaine, comme la bêtise... et l'erreur. L'intelligence, aussi ? moins sûr.

 

 

04042010-008-.jpg                                     Photo (c) Luciamel, 04/04/2010, rue des Tournelles, Paris 11e.

 

 

 

Comme le disait Alexandre Dumas... "Ma foi, si je n'avais pas été là, je me serais bien ennuyé".

 

"Charité bien ordonnée commence par soi-même" et "Nul n'est prophète en son pays" devraient nous servir de guides chaque fois que nous nous sentons en proie à la désillusion face à nos congénères.

 

Le monde ne tourne pas rond... bien cabossé le monde... me dis-je.

 

Ce soir, je me régale à l'écoute d'un morceau de jazz, comme je me suis réjouie à l'heure du déjeuner de courir avec mon neveu pour lui trouver un mini-sapin sur les quais, et comme, peu après, dans la boutique de confiseries, j'ai souri avec la petite fille qui s'enthousiasmait que j'achète 10 Père Noël en chocolat pour décorer le petit arbre : "Diiiix Père Noël ! 1, 2, 3, 4, 5...". Finalement, j'en ai pris 12.

 

Ce n'est pas un minable "harcèlement fémino-social" sur mon lieu de travail qui va me démonter. Entendez, cette jalousie propre aux femmes qui ne savent toujours pas manier le pouvoir, ni l'assumer... Qu'elles jouissent d'une petite position et les voilà qui ont le complexe de la "patronne" de harem... de la maman qui commande... ou de la maîtresse d'école. Les femmes ont du mal à jouer "collectif", elles manigancent trop volontiers dans de petits clans... de petites familles... sans vue d'ensemble, sans projet collectif. Elles parlent d'émancipation et n'aspirent qu'à leur seule petite paix domestique... Ca me désespère.

 

Ouf ! le monde change aussi. Et aujourd'hui, ce sont des femmes, LES BLEUES, qui gagnent au foot, qui gagnent au handball. Qui sait, un jour, les femmes pourront se projeter plus loin et au-delà de leur seule progéniture... ou de leur sphère très privée. Alors, seulement, elles seront en mesure de s'allier aux hommes pour diriger le monde.

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 17:33

Lu aujourd'hui, dans le journal Le Monde Le Figaro, un article qui m'a remuée. L'image de cette femme, son courage, sa force m'impressionnent a posteriori. Elle s'appelle Dilma Rousseff, et, aujourd'hui, elle est Présidente du Brésil. C'est son discours, enregistré sur Youtube, quand, en 2008, elle a dû répondre à un sénateur de l'opposition, qui l'accusait  d'être une "menteuse" parce qu'en 1970 (elle avait 22 ans), sous la torture, elle n'avait pas dit la vérité à ses tortionnaires. Elle a passé trois ans en prison, et n'a jamais avoué. Sur la photo (récemment retrouvée par un journaliste), face à elle, ce sont ses "juges" qui baissent le regard, car après des heures, ou des jours, de torture elle continue à les narguer et à refuser de donner le nom de ses camarades.

 

L'info a fait le buzz au Brésil, mais encore aujourd'hui certains la traitent de terroriste, de communiste... d'autres l'admirent.

 

 

Dilma Rousseff, Youtube, face aux inquisiteurs.

 

 

Dans ce clip on entend la voix de Dilma face au sénateur Agripino Maia. Elle explique : "J'avais 19 ans, j'ai passé trois ans en prison, et j'ai été atrocement torturée, sénateur. Et une personne qui osait dire la vérité face à ses interrogateurs mettait en danger la vie de ses camarades, elle les livrait à la mort. Je suis très fière, sénateur, d'avoir menti, parce que mentir sous la torture... ce n'est pas facile. Aujourd'hui, en démocratie, on dit la vérité. Face à la torture celui qui fait preuve de courage est celui qui ment !  (...) Je suis fière d'avoir menti, parce que j'ai sauvé des compagnons de la torture et de la mort. (...) Il n'y a pas de place pour la vérité, c'est ça qui tue, ce qui tue dans la dictature, sénateur, c'est qu'il n'y a pas de place pour la vérité, dans une dictacture, il n'y a pas de place pour la vie, sénateur. (...) En 1970, j'avais entre 19 et 21 ans, et, de fait, j'ai combattu la dictature militaire, et de ça j'ai une immense fierté." 

 

 

La musique est celle de Chico Buarque et de Gilberto Gil (ici interprétée par Chico et Milton Nascimento)  : "pai afasta de mim esse càlice"... père, éloigne de moi cette coupe. Chant de résistance à la dictature (1973) ou le calice (càlice) joue avec l'homophonie (cale-se : tais-toi).

 

 

 

 

 

 

 

Que voulez-vous, ce sont de telles infos, qui me disent que le monde l'humanité ne va pas si mal, et que tant qu'il y aura des Dilma Rousseff, et qu'un jour elles pourront être élues à la tête d'un pays, est le signe que la situation n'est pas si désespérée : nous avons vu pire, ou aussi grave, et nous nous en sommes toujours sortis, alors :

 

 

 

25 de Abril 1974, revolução dos cravos, révolution des oeillets, Zeca Afonso.

 

 

 

 

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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 19:41

20111129-Art-de-rue-001.jpg                   photo (c) Luciamel, rue des Blancs Manteaux, Paris 4e, 29/11/11, oeuvre de rue de Zam's.

 

 

 

 

Le temps va trop vite... à peine commencée la semaine est déjà finie, la journée, l'année...

 

J'aimerais pouvoir me prélasser sur un fauteuil, faire une sieste, j'aimerais comme par le passé, avant de m'endormir, lire un livre.

 

Or, je ne le peux plus.

 

Trop d'obligations, trop d'internet aussi... et puis, plus récemment, une vie à deux. Alors, la solution pour la paix de nos esprits, serait sans doute d'aller s'installer sur une île déserte en coupant toute connexion à la modernité et à la société de consommation, à la vie de couple aussi (car, nous, femmes, devons être conscientes du fait que l'autre nous phagocyte assez naturellement, il se nourrit de nous, nous demande de l'attention, du dévouement, du sacrifice... à sa personne, son travail, ses soucis, sa santé, sa nervosité... c'est toujours à nous de nous mettre en veilleuse, car lui et ses problèmes seront toujours prioritaires sur les nôtres).

 

Il m'est, dans ces conditions, très très pénible et fastidieux de lire le livre d'Olympe... D'une part, parce que je le trouve passionnant et super bien écrit (concis, rassemblant  les données essentielles sur "la problématique" de la domination masculine, et de la soumission féminine - trop facilement consentie - à cet ordre-là). D'autre part, parce que tout ce qu'elle dit (ça me fait la même chose avec son blog) m'énerve !!! C'est tellement vrai, je le retrouve tellement dans tous les domaines de ma vie que ça m'irrite profondément : envie de crier, de tout envoyer valser. Or, j'ai un boulot, je suis relativement sociable... et, par conséquent, je suis amenée (comme la plupart d'entre nous), à chaque instant, à devoir composer avec l'injustice qui est notre lot quotidien. Olympe me rappelle que je suis, en tant que femme, la part la plus méprisée de l'humanité, car (je lui pose la question), par ailleurs, trop vénérée et trop crainte ? les hommes ne s'étant toujours pas remis de notre pouvoir de conception (intra-utérus)... immaculée ou non, et que, jusqu'au bout, ils devront ravaler leur pomme...

 

Je désespère des révolutions, elles ne servent bien souvent qu'à redonner aux puissants (par l'argent, le statut social, ou l'apparence sexuelle) le droit de mieux dominer (avec de meilleures raisons). Les faibles, les dominés (socialement et/ou sexuellement) sont toujours aussi nombreux (depuis la nuit des temps), toujours aussi exploités, car qui dit privilégiés dit, forcément, foule asservie au bien-être d'un petit nombre. Plus nous sommes pauvres, plus nous sommes contrôlés, plus ils sont riches et arrogants de domination. C'est ainsi que le monde tourne rond. C'est ainsi que les femmes sont le rouage de la machinerie.  Qu'elles se révoltent et tout basculera. Mais les femmes sont... complices. Elles (toutes ces Eve soumises, qui, pour l'enfantement, ont renoncé à la liberté, à la lumière divine de la connaissance) ont passé un pacte avec le serpent, pour détenir le pouvoir de la conception, elles ont accepté d'être condamnées à n'avoir que la seconde place... celle de la subordination à Adam, à la côte... Eve m'horripile. Je me reconnais en Lilith, la première femme d'Adam, celle qui fut créée en même temps que lui : Dieu créa l'humain, à son image il le créa, homme et femme il les créa. Lilith et Adam. Egaux. Elle, plus indépendante, plus exigeante (face à lui, béat), se révolta (comme Lucifer) contre Dieu. Pour la punir, et pour consoler Adam, Dieu conçut Eve qu'il sortit de la côte de ce dernier (histoire de ne pas le décevoir, lui qui ne supportait pas les exaltations, et les positions, que sa première femme se permettait pendant l'amour).

 

Crier comme La Barbe, comme Lilith... oui, sans doute est-ce une nécessité. Mais après tous ces millénaires je finis par désespérer de Dieu : n'a-t-il toujours pas compris ?

 

 

La révolte des opprimé(e)s est sur le point de se lever. Désenchantée de Mylène Farmer l'illustre parfaitement.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans toutes les bonnes librairies (et sur internet) :

Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 21:43

20110812-FKDL-002.jpg                                  photo (c) Luciamel, oeuvre de FKDL, rue Montorgueil, 12/08/2011.

 

 

 

 

J'ai mauvais caractère, me dit-on parfois, enfin... c'est sans doute que je n'ai pas le caractère qu'on me voudrait. Je râle souvent, mais, si je coupe les cheveux en dix, c'est pour en faire des étoiles... filantes...

 

L'an dernier nous étions Olympe, Polluxe, moi-même et quelques autres... invitées au Grand Concours des Blogueuses de ELLE. J'avais commis un billet à cette occasion, un peu ironique ? que nenni, juste irrité. La soirée fut belle à souhait, sous les bulles de champagne et la joie de fêter toutes ensemble la consécration d'Olympe, dont le blog fut élu meilleur blog société 2010 (Polluxe avait été primée l'année précédente). Les agapes se terminèrent dans un resto du Trocadéro, à faire des plans sur la comète... et c'est ce soir-là que le MDB (Montmartre des Blogueuses) prit son envol.

 

Vous comprendrez quelle fut ma surprise de recevoir, voici une dizaine de jours, un mail du prestigieux magazine, m'annonçant que j'étais pré-sélectionnée pour le concours 2011 (j'ai, par la même occasion, compris comment ça fonctionnait). Moi, qui n'hésite pas à dénoncer la drague des médias avec les blogs tout autant que le jeu ambigu des "sociétés de notation" de blogueurs (Wikio and Co). Moi, qui depuis qu'il a été créé n'ai mis aucun widget publicitaire sur mon blog. Pour concourir, ou accepter de jouer le jeu... devrais-je changer d'identité ? A priori, non. Je peux continuer à rester nue de toute publicité (incrustée).

 

Alors, reconnaissons-le, je me sens honorée et presque émue d'avoir été (é)lue par quelqu'un, quelque part dans une société de presse. Oui, comme nous tous (toutes) ? je suis sensible aux regards, aux attentions et aux compliments.

 

Alors, je peux vous le dire, je n'essaierai pas de "tricher" pour essayer de gagner, ou pour faire monter le compteur  : la règle étant qu'après avoir été sélectionné, le blog est soumis aux votes des internautes. Pas question de rameuter les copains, la famille, les collègues... "allez-y, votez pour moi tous les jours". Ca sera le jeu pour de vrai : vous savez, celui qui fait naître des étoiles filantes. J'ai posté l'info sur Twitter, sur Facebook, sur Google+, je l'ai annoncé à mon copain (qui n'a pas encore voté une seule fois pour moi ;))), j'écris maintenant ce billet. Laissons les choses advenir. J'en suis à 3 votes ce soir. C'est déjà extra.

 

Suis presque sûre de ne pas emporter la mise, ne le veux peut-être pas... La liberté a ce prix ?

 

Si vous souhaitez voter pour mon blog ;))  il vous suffit de cliquer ici.

 

 

 

  
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 21:01

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                               photo (c) Luciamel, rue des Blancs Manteaux, Paris, octobre 2011

 

 

 

Je me souviens du temps où on n'avait pas le téléphone... Alors, c'était le super engagement, à telle heure à tel endroit, ça devait être sûr, c'était "croix de bois, croix de fer". Les rendez-vous tenaient parfois sur des semaines (imaginez que pour annuler quelque chose il fallait s'écrire des lettres qui mettaient des jours à arriver...). Pourtant, on se voyait tout autant, si ce n'est plus, qu'aujourd'hui. Et puis, on se faisait des visites surprise...

 

Un jour le téléphone s'est généralisé (dans les familles modestes s'entend), ça ne fait pas si longtemps : 30 ans, 35 ans ? Personne n'aurait imaginé de ne pas répondre quand il sonnait. On était soit là, soit pas là. Point. Logiquement, à certaines heures, on était presque toujours sûr de joindre les gens.

 

Puis, d'abord des Etats-Unis, les premiers répondeurs sont arrivés. Des engins permettant de "filtrer" les communications : on pouvait décider de répondre, ou non, suivant l'envie, ou notre disponibilité... à celui qui nous appelait. C'était le milieu des années 80. Les répondeurs-enregistreurs étant les plus sophistiqués, car ils permettaient à nos interlocuteurs (en même temps que nous les écoutions...) de nous laisser un message. Le pouvoir de la COMMUNICATION commençait à édicter sa loi sur nos vies.

 

Le reste vous le connaissez :  le téléphone portable, les sms, les messageries, les mails... Aujourd'hui, on est joignable comme on le veut et quand on le veut. On filtre, on zappe à tout va. L'autre est devenu une sorte d'émission de télé, qu'on regarde en direct ou qu'on enregistre pour plus tard.

 

Je ne suis pas vraiment nostalgique des temps anciens, la fuite n'attend pas le nombre des années... On a toujours su se défiler de l'autre, on a toujours su s'en rapprocher... quand le besoin s'en faisait sentir. On pouvait faire des kilomètres pour rejoindre sa bien-aimée, tant la séparation nous coûtait, on pouvait aussi accepter un travail éloigné pour quitter une relation pesante. Aujourd'hui, rien n'a changé, si ce n'est qu'on est souvent obligé de répondre aux sms, aux messages laissés sur le portable, ou aux mails dans notre messagerie... à l'autre bout du monde on peut couper le fil à n'importe quel moment, mais on est tenu de COMMUNIQUER à un moment donné. Le silence, le temps de la suspension du contact est de plus en plus court : on a tout au plus un jour pour répondre, sinon c'est un incident diplomatique (le délai servant à indiquer la valeur de la relation).

 

J'aime cette nouvelle forme de communication, ces nouveaux échanges, qui nous rendent plus exigeants, mais aussi plus créatifs : nous écrivons tout le temps... Nous parlons moins, nous écrivons plus. L'écrit nous rapproche de notre âme, la parole nous mettant quant à elle souvent hors de nous, pour nous faire communier avec autrui, soit ! mais en nous faisant perdre parfois notre chemin...

 

Je vous le dis quand même, rien ne vaudra jamais un bon tête-à-tête. Etre deux, en un même endroit, à se regarder, à se parler, à s'écouter... c'est magique. Vous devriez essayer. 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 21:24

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                                   photo (c) Julien et Luciamel, rue du Col. Driant, Paris, octobre 2011

 

 

 

Il vaut mieux parfois se parler à soi-même pour être entendu,

crier seul dans la nuit pour être compris...

 

Je rentre d'une soirée Green Peace (pour leur 40e anniversaire), fort réussie, excellente organisation, haute teneur des débats, intervenants très compétents (des doctorants... m'ont dit les bénévoles de l'entrée, celles qui tenaient le vestiaire). Franchement, ça m'a rassurée quant à l'utilisation de mes dons. J'ai quand même bien noté que ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent en haut de l'échelle (fût-elle alter-mondialiste) : des haut du panier social (ceux qui savent "ce que parler veut dire", ceux qui maîtrisent les codes de la société : pas les dames de l'entrée).

 

Surtout, j'ai trouvé remarquable le buffet bio : là, vraiment, chapeau !

 

Je ne suis pas restée pour le film, semaine trop rude, journée qui commence demain très tôt... et puis je voulais... écrire.

 

Je vous en reparlerai sûrement, j'ai bien envie de retourner les voir les gens de Green Peace.

 

A deux pas, sur le trottoir devant un bar, j'ai croisé un homme téléphone à l'oreille qui se plaignait : "arrête de toujours m'agresser ! arrête de toujours m'agresser..." A qui parlait-il ? à sa femme probablement... Les hommes s'éloignent des femmes, les femmes agressent les hommes qui s'éloignent... les hommes s'enfuient plus loin encore. Les hommes ou certains hommes ? Que les femmes apprennent aussi à s'éloigner... 

 

En sortant de là, boulevard de Strasbourg j'ai vu des prostituées qui commençaient leur soirée de boulot, et sur le Sébasto c'était pas bien beau... Heureusement, très vite je suis arrivée dans mon quartier enchanté, dans mon île aux bobos où même les SDF semblent plus heureux, plus classe !

 

 

Quelques photos de ma soirée Green Peace :


 

20111020-020.jpg                               moyenne d'âge des adhérents ?.. euh... 10% ont entre 18 et 25 ans...

 

 

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                                                   le buffet était tip-top !

 

20111020 024                                      les nouvelles recrues de Green Peace, les jeunes... sont aussi très sexy ;)))

 

 

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                                                                au-revoir, n'oublie pas de casser la vitre !

 

 

photos (c) Luciamel, rue d'Enghein, Paris.

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 18:20

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                                                                      photo (c) Luciamel, octobre, Ile-de-France.

 

 

 

Mes étudiants (tous des étrangers, mais de ceux qui pourraient plaire à Marine Le Pen car ils ont un fort pouvoir d'achat) me demandent depuis le début de la semaine qui va gagner aux primaires socialistes (comme ils me demandent régulièrement qui va gagner la prochaine élection présidentielle). Normal, ils sont ETRANGERS !

 

Ma réponse n'est plus aussi évidente depuis que Royal, suivant en cela ce que je redoutais, a préféré sa fidélité au pacte ancien conclu avec son ex-compagnon : "on se soutiendra toujours et on se désistera pour celui de nous deux qui sera en meilleure position pour gagner". Sauf que Hollande avait trahi le pacte d'une manière abominable (i.e. doublée de considérations familiales, affectives, et très très personnelles : je rappelle qu'en pleine campagne de sa compagne il complotait contre elle, sur un terrain de foot, donnant aux adversaires de celle-ci les moyens de la battre...). Elle a fait exactement ce que les psys du Figaro... (si, si, ils en ont !) ont dit qu'elle allait faire : face au double dilemne et à la blessure narcissique, entre la trahison personnelle (Hollande) et la trahison professionnelle (Aubry), elle allait opter pour celui qui l'avait le moins blessée narcissiquement, le père de ses enfants.

 

Je suis sous le choc. Depuis 1995 je suis sous le choc, depuis que Jacques Delors, le père de Martine Aubry, a fait le choix de se retirer de la politique pour permettre à sa fille d'un jour accéder à la présidence de la République.

 

De cette décision très personnelle (raillée à l'époque par Mitterrand, comme il se doit) a découlé pour le pays une série de désastres, ou d'erreurs d'aiguillage pour le moins flagrantes :

 

1995 : élection de J. Chirac (le peuple de gauche faisait la moue);

2002 : échec de L. Jospin à la présidentielle (le peuple de gauche préférait A. Laguiller);

2005 : victoire du "non" au projet de constitution européenne (le peuple de gauche s'enfonçait dans la confusion et permettait à l'électron libre "Sarkozy" d'entrer en orbite);

2007 : le peuple de gauche votait pour Royal (une FEMME...) en se pinçant le nez et en souhaitant secrètement que Sarkozy gagne l'élection.

 

Dimanche, je voterai pour Martine Aubry !

 

D'une part parce que j'aurais voté pour Delors en 95, et que les pommes ne tombent pas loin du pommier, les chats ne faisant pas des chiens (ou l'inverse).

 

D'autre part, Montebourg avec ses leçons de français ('impétrants' et sa 'tête qui enfle') ne me dit rien qui vaille, les Uraniens (en astrologie Uranus signe la révolution française et ses excès) je m'en méfie, ils coupent facilement les têtes, Robespierre... c'est fini ! (c'est lui à qui les Jacobins, encore en place aujourd'hui, des pro-hollande sans doute, couperont la tête très vite).

 

Je ne savais pas que les femmes, même ex-candidate à la présidence de la République, pouvaient se laisser embobiner par des arguments tels que : "je suis le père de tes enfants". Lui, n'a pas hésité une seconde entre sa carrière et la "mère de ses enfants". Femmes, vous avez encore du chemin à parcourir...

 

J'ajouterai encore, et c'est la première réponse que je donne à mes étudiants :

 

"Les Français vont choisir Hollande parce que c'est un homme. La France est une société profondément machiste. Le PS est un parti hautement machiste". 

 

Mais, je leur dirai aussi que, paradoxalement, les Français risquent de choisir Marine Le Pen à François Hollande au premier tour de l'élection présidentielle. Pourquoi ? parce que les femmes peuvent surprendre, emporter, sortir les gens de leur schémas archaïques et reptiliens, malheureusement ça ne les réveille pas longtemps, et ils reviennent en un quart de temps au "c'est papa qui commande". Pour vous, papa Hollande ou papa Sarkozy ? vous dormez... vous dormez... vous dormez...

 

 

Je le disais déjà ici, en 2008.

j'ai parlé de DSK ici

ici aussi...

ici je rêve de l'alliance Royal, Aubry

encore mon dégoût pour le prévenu DSK 

 

 

Je ne voterai pas pour François Hollande car il est le "remplaçant" de l'homme qui devait être l'homme... Parce que la gauche me déçoit par son archaïsme : l'homme y est toujours prédominant. Les gens de gauche me semblent plus conservateurs, de ce point de vue-là, que l'UMP... c'est dire ma désolation.

 

Les critiques faites à Royal, ou à Aubry se font sur le "caractère", les "nerfs", la vie privée... toujours on les attend sur ce terrain-là... pas sur leurs résultats, pas sur leurs actions, non, leur caractère, seulement...

 

Hollande, bien sûr, puisque c'est un homme, a une aura conférée par son absence de "caractère"... son absence de "nerfs"... il est l'homme !!! il n'a pas ses règles lui... il est hors... cycles, c'est un homme, il va vous sauver. Il n'a à se justifier de rien (et sûrement pas de sa vie privée !).

 

Il est mort celui qui oublie le trou, le coeur, dans sa poitrine... à gauche ?

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 20:21

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                                           photo (c) Luciamel, Portugal, Costa Nova, août 2011

 

 

 

Pourquoi aurait-on envie de me lire ? Surtout, si je me mets à vous parler de politique... Simon m'a lancée : "Dimanche, pour qui vas-tu voter ?" Il le sait très bien, et vous aussi. Faut-il encore essayer de dire... essayer de convaincre, ou se désoler de la cacophonie généralisée, et du grand merdier dans lequel nous nous sommes laissés embourber ?

 

Je vais voter pour Ségolène Royal, d'une part parce que je suis fidèle, et que, de plus, je la trouve de plus en plus solide, plus forte. Qu'elle gagne ou qu'elle perde c'est quelqu'un sur qui, dans les prochaines années, il faudra sûrement compter (voyez, simplement, les idées que tous lui piquent à qui mieux mieux) : notre époque aura besoin de gens qui résistent à l'opprobre, à la trahison, à l'injustice, mais qui continuent néanmoins de se battre. Nous vivons le temps des durs à cuire, des fiers-à-bras. Ce ne sont pas les intellos qui vont sauver le monde, ce sont les artisans, les guerriers, les rustres.

 

Oui, Montebourg en fait partie, il aura lui aussi sa place sur le radeau de la Méduse qu'il va nous falloir construire.

 

Alors, allez-y, votez pour Hollande si vous avez besoin de vous rassurer avec une image masculine, vous savez de celles qui nous disent : lui, c'est un homme, un vrai...

 

Je ne vous dis rien d'Aubry... oui, je voterai pour elle au second tour, si Royal est éliminée, mais, franchement, c'est parce que tout vaut mieux que Hollande... car sa tricherie à elle je ne l'oublie pas non plus (non, les hommes n'ont pas l'exclusivité de la saloperie).

 

Que vous dire de plus ?

 

Que Carla va accoucher pendant les préliminaires ?  la pauvre... ou pauvre monde que celui ou le pouvoir est la drogue la plus forte qui soit, celle qui leur fait même programmer (à tous ces drogués) un enfant pour réussir à le conserver ce petit pouvoir-là... Ah ? ça a été comme ça de tous temps ? on a souvent fait des enfants pour conserver le pouvoir ?

 

Bon, je me remets un petit blues... pour la route (ça me change du fado). 

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 20:08

20110812-FKDL-004.jpg

                              Photo (c) Luciamel, oeuvre de FKDL, rue Montorgueil, le 12/08/2011

 

 

 

"Il a raison Sarkozy, ça devient intolérable, je suis noir, je vis en France depuis des années, je travaille, d'autres sont obligés de travailler au noir... pour survivre, ces gens-là nous pourrissent la vie, nous devons faire comme à Londres, nous défendre !"

 

Un homme africain de forte stature, est venu à mon secours alors que je me faisais agresser par deux jeunes filles roms à un distributeur de billets, rue de Clichy, à 9h ce matin.

 

Elles m'ont encerclée, m'ont bousculée, ont tapé rapidement le montant maximum sur l'écran, j'ai crié : "Non ! allez-vous-en !". Voyant une grosse liasse de billets sortir du distributeur j'ai paniqué, attrapé l'argent, la carte bancaire, et me suis retournée vers elles : "Partez !". Rien n'y faisait, l'une m'aggripait, l'autre s'apprêtait à saisir son butin. C'est alors que mon sauveur est arrivé, il avait tout vu, accompagné d'une dame en boubou, et de deux "Français" ordinaires, ils ont fait bloc, ont plaqué contre le mur l'une des agresseuses, l'autre ayant été rattrapée par le deuxième homme. Tous sont restés jusqu'à l'arrivée de la police, voulant témoigner, voulant que cela cesse !

 

Une vieille dame est passée au moment où les jeunes filles étaient emmenées menottées dans la voiture de police. Elle a eu pitié : "Oh, les pauvres ! elles volent pour manger". La policière s'est indignée : "Non, Madame, elles ne volent pas pour manger, elles ont beaucoup plus d'argent que vous, elles se font un salaire moyen en une journée". Elle était d'autant plus en colère qu'elle savait que les personnes âgées sont les premières victimes de ces bandes organisées.

 

J'ai fait ma déposition, j'ai porté plainte. L'officier de police m'a expliqué que c'était leur quotidien, en une journée sur le 9e et le 2e arrondissement, il y avait des dizaines d'agressions et d'interpellations chaque jour. Les jeunes étaient relaché(e)s immédiatement et on les retrouvait bien souvent à un autre commissariat quelques heures plus tard. Il se désolait qu'on n'en parle pas dans les journaux, les attaques devant les distributeurs, les vols de smartphones, les attaques de vieux dans les entrées d'immeubles devenant monnaie courante. Il a aussi regretté que la police soit si mal vue... On s'imagine qu'ils sont les "méchants"... qui s'attaquent aux "pauvres"...

 

Pendant que j'attendais pour ma déposition, j'ai vu le "public" du commissariat d'un vendredi matin du mois d'août : un Monsieur souffrant d'Alzheimer ayant oublié où il habitait, une jeune policière s'est évertuée à retrouver dans son carnet d'adresses tous les gens qui auraient pu le connaître, parmi sa famille, ses voisins... elle a finalement réussi à reconstituer le fil de sa vie :

 

"Vous habitez à telle adresse, tous les jours une infirmière vient vous faire une piqûre le soir, lundi prochain une aide à domicile vient vous voir, nous allons vous raccompagner chez vous.

- Chez moi ? mais comment allez-vous faire pour me raccompagner chez moi ? pour ouvrir la porte ?

- Mais vous avez vos clés dans vos poches, et puis maintenant nous savons où vous habitez.

- Ah! c'est bien."

 

Je me dis que je deviens une "vieille conne"... que sans doute ça serait plus gauchement correct de défendre les Roms... envers et contre tout, de s'outrager qu'ils soient expulsés de partout... de suivre Béa quand elle me dit que tous ne sont pas des délinquants... qu'on ne peut pas jeter l'opprobe sur toute une communaute sous prétexte que 50% vivent de la criminalité...

 

Moui... Je vais reprendre le karaté. Et même si c'est mal vu par mes amis de gauche, je vais préférer les fliquettes de la rue de Clichy qui aident les vieux Messieurs à retrouver leur maison aux jeunes-filles venues des pays de l'est qui agressent (lâchement et salement) les vieilles dames (comme moi).

 

Et tout se finit en chansons...

 

Le galérien

 

Je m'souviens, ma mèr' m'aimait
Et je suis aux galères,
Je m'souviens ma mèr' disait
Mais je n'ai pas cru ma mère
Ne traîn' pas dans les ruisseaux
T'bats pas comme un sauvage
T'amuses pas comm' les oiseaux
Ell' me disait d'être sage

J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais courir la chance
J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais qu'chaqu' jour soit dimanche
Je m'souviens ma mèr' pleurait
Dès qu'je passais la porte
Je m'souviens comme ell'pleurait
Ell' voulait pas que je sorte

Toujours, toujours ell' disait
T'en vas pas chez les filles
Fais donc pas toujours c'qui t'plait
Dans les prisons y a des grilles
J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai cru Madeleine
J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais pas lui fair'de peine

{1ère version:}

Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois
Comme ils ont emmn'nés ton père
Tu auras la têt' rasée
On te mettra des chaînes
T'en auras les reins brisés
Et moi j'en mourrai de peine

J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai pas cru ma mère
Et je m'souviens qu'ell' m'aimait
Pendant qu'je rame aux galères.

{2ème version:}

Je m'souviens ma mèr' disait
Suis pas les bohémiennes
Je m'souviens comme ell' disait
On ramass' les gens qui traînent
Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois
Comme ils ont emmn'nés ton père

Tu auras la têt' rasée
On te mettra des chaînes
T'en auras les reins brisés
Et moi j'en mourrai de peine
Toujours, toujours tu ram'ras
Quand tu s'ras aux galères
Toujours toujours tu ram'ras
Tu pens'ras p't'ètre à ta mère

J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai pas cru ma mère
Et je m'souviens qu'ell' m'aimait
Pendant qu'je rame aux galères.

 

 

 

 

 

Par Luciamel - Publié dans : Politique, société
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