Comme suite au précédent billet, et grâce
aux conseils (tout en intériorité) del'écureuil, voici la
version "fado" d'Aznavour.
Tout d'abord, ce clipyoutubeoùAmàliaraconte l'importance de la France et de Paris dans sa carrière, puis sa rencontre avecAznavourqui lui
a écritMourir pour toi (qu'elle chante à la fin du clip).
'j'ai eu un coeur, je l'ai perdu... comme j'aimerais le retrouver... prisonnier du fleuve, noyé dans la mer... "
******************************************************************** Avez-vous peur de mourir ?
Qu'est-ce que mourir ?
Vous l'êtes-vous déjà représenté ?
Le néant, les vers qui rongent, ou les cendres...
La non conscience.
J'ai rêvé de l'après-vie.
Et l'illusion du monde manifesté :
imaginez, tout l'univers et son immensité infinie,
pure chimère, un flop... un rien.
Et si Dieu existe, et que l'univers n'est rien,
qu'un flop...
Qu'est-ce que Dieu ?
J'ai vu mon être au-dessus de l'océan,
moi, rien que de la présence flottante,
au-dessus des vagues.
Je me suis dit : "je ne suis pas tangible,
j'existe et pourtant je n'ai aucune matérialité"
Pourtant, dans ce rien j'étais bien,
j'étais suffisamment pour comprendre
et pour me fondre à l'univers.
Mon corps n'est que du provisoire,
ma conscience n'est que de l'instable.
Dans cette instabilité, l'amour est tout,
l'amour de chaque être à l'infini.
Toi que j'ai aimé un jour, une heure,
de toute éternité mon coeur le porte.
Je n'ai pas procréé mais je puis dire que j'ai aimé.
Cela semble vous titiller. Vous vous demandez si vous pouvez vivre sans amour... vous désespérez.
Claire Chazal vous intimide, ou vous intime, dansPsychologie"Sans amour, la vie n'a
pas de sens"(et là, vous songez à la dévotion, à la fusion-domination, que cela
suppose). On pourrait se demander si la même remarque ne semblerait pas incongrue dans la bouche de PPDA (lui, ça serait plutôt "un homme est-il un homme s'il n'a pas séduit une femme ? et
s'il ne satisfait pas - ou ne se satisfait pas avec - celle(s) qui est/sont dans son lit ?").
Une femme peut-elle être heureuse, et réussir sa vie sans
"amour", sans cet amour-là ?
Si, pour tous, l'affection, la tendresse, semblent une valeur en soi, pour la femme cela en devient une obligation. Qui trouverait bizarre qu'un
artiste, un intellectuel, un homme, préfère sa vocation, son art, à sa vie de couple ou de famille ?Qui s'occupera de savoir que Van Gogh, ou Verlaine, ou Rimbaud... ont raté leur vie amoureuse ?Pour une femme ça paraîtra une bizarrerie : "comment ? elle n'a ni enfant, ni réussi sa vie de couple ? c'est étrange
quand même. N'est-elle pas passée à côté du plus important ?".Aura-t-on toujours peur
deVirginia Woolf ou deKaren Blixen?
L'oiseaume disait récemment dans un commentaire que ce qui pouvait m'arriver de mieux serait de tomber amoureuse...
(sous-entendu : pour s'épanouir, seule la vie de couple... peut combler une femme). Non. Le pire je l'ai souvent vécu dans ces moments-là, le meilleur de ma vie m'est venu, la plupart du temps,
quand j'avais cicatrisé, car je pouvais alors tout simplement être présente à la vie, heureuse, créative, enjouée et joyeuse auprès de mes amis, mes frères.
Tomber amoureux est souvent tomber en dépendance, tomber en errance, tomber en erreur, en illusion, en amertume. Les couples qui tiennent sont généralement ceux où l'amour a été remplacé par
l'amitié (la fraternité).
L'amour est un idéal. Sans doute. Mais il n'est pas forcément celui que vous recherchez (sexuel, fusionnel ou maternel).
L'homme se désespère sans Viagra... La femme sans "enfant" à materner (fût-il son compagnon).
Alors, l'oiseau, alors, Béa... à vous, je réponds cela :
Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d'émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S'ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d'écueils et de mirages
De l'amour et de ses tourments
Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d'infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C'est le désert de l'habitude
L'ennui y a tout dévasté
Quand la route paraît trop longue
Il y a l'escale du mensonge
L'auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l'on s'enivre d'amertume
L'orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l'on repart à l'infini
Où l'on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l'on peut s'étendre
La terre promise de l'oubli
Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin...
moi, l'oiseau migrateur égaré en vos villes
l'hiver je m'y replie, l'été je jubile.
Votre Palais Royal où les jeunes filles
trouvent à se marier...
et où dans les tilleuls taillés au carré
je parviens à me dissimuler.
Oiseau je suis, oiseau je resterai.
Demandez-moi mes papiers si vous voulez.
Arrêtez mon chant si vous le pouvez.
Surtout ne m'imposez pas votre identité.
Et si moi je ne veux pas être pigeon !
Roucoulez, faites miroiter vos belles cages dorées...
Je vous les laisse, Messieurs des beaux quartiers,
Monsieur de la Culture ministré...
Monsieur au nom galvaudé
par trop de chimères dévoyé.
Enlevez-moi ma carte...
d'identité elle n'en a que le nom,
je vous la laisse si vous y tenez.
Je m'en irai, loin de vos prisons,
sur le toit des gens de peu,
j'entonnerai mes chansons.
Juste parce que c'est beau... mais qu'il est trop tard pour traduire... (demain,
peut-être).
Paroles Amalia Rodrigues
Foi Deus
Não sei, não sabe ninguém
Por que canto o fado
Neste tom magoado
De dor e de pranto
E neste tormento
Todo o sofrimento
Eu sinto que a alma
Cá dentro se acalma
Nos versos que canto
Foi Deus
Que deu luz aos olhos
Perfumou as rosas
Deu oiro ao sol
E prata ao luar
Foi Deus Que me pôs no peito
Um rosário de penas
Que vou desfiando
E choro a cantar
E pôs as estrelas no céu
E fez o espaço sem fim
Deu o luto as andorinhas
Ai, e deu-me esta voz a mim
Se eu canto
Não sei o que canto
Misto de ventura
Saudade, ternura
E talvez amor
Mas sei que cantando
Eu sinto o mesmo quando
Se tem um desgosto
E o pranto no rosto
Nos deixa melhor
Foi Deus
Que deu voz ao vento
Luz ao firmamento
E deu o azul às ondas do mar
Foi Deus
Que me pôs no peito
Um rosário de penas
Que vou desfiando
E choro a cantar
Fez poeta o rouxinol
Pôs no campo o alecrim
Deu as flores à primavera
Ai!, e deu-me esta voz a mim.
C'est le nom des marguerites, en portugais. On les effeuille en disant : il/elle me veut du bien, il/elle me veut du mal... (bemmequer,
malmequer), notre "il/elle m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout...", ça amuse toujours les étrangers qu'en France,
uniquement, on ait cinq chances sur six d'être aimé, alors que partout ailleurs, avec les mêmes fleurs, c'est une sur deux... (il/elle m'aime, il/elle ne m'aime pas). Le côté romantique des
Français... et leur sophistication... même à aimer.
Ce sont des fleurs de printemps et pourtant cette année à Noël c'est tout un champ qui blanchissait devant notre maison, une neige un peu hors du temps.
Comme moi venez les effeuiller ces bemmequeres, malmequeres... jusqu'à ce que vous trouviez dans ce champ, par milliers, des bemmequeres de bonne
année. Jetez les malamours, et ne gardez que l'amour par-devers vous.
Il nous faut parfois du temps, souvent de longues années, à effeuiller des fleurs, avant de découvrir le secret... (jetez celles qui ne vous veulent pas du bien). C'est mon cadeau de nouvel
an, je vous offre des brassées de bemmequeres.
Et puis, la réponse au tag du 30 décembre... le mensonge était, bien entendu, que les vagues ne m'ont pas emportée...
même si elles l'ont bien failli... deux jours alitée, St Sylvestre et 1er janvier, terrassée par un atterrissage contaminant (la grippe A et ses mystérieux symptômes ?), j'ai été dans
l'impossibilité d'aller fêter quoi que ce soit, endormie lamentablement devant The Kid de Charlie Chaplin. J'émerge tout juste pour vous souhaiter une heureuse année,
avant d'aller vous faire une petite visite sur vos blogs.
La réponse au deuxième tag... l'amour est-ce que ça existe ? ben, ça dépend si on a choisi les bonnes fleurs... finalement, c'est pas compliqué le bonheur.
Pour terminer un fado... et quelqu'un que je viens de découvrir sur FIP (ah ! que ferais-je sans FIP ?) : sa voix me rappelle celle de João Afonso (le neveu de José
Afonso) et ces chanteurs de l'Alentejo, aux voix plus douces que celles des femmes... Une voix douce pour chanter les mots... désespérés... d'Amàlia. Mesdames, Messieurs,
Antonio Zambujo. (je vous engage à écouter tous les morceaux associés à ce clip).
Nem As Paredes Confesso
Paroles Amalia Rodrigues
Não queiras gostar de mim
Sem que eu te peça,
Nem me dês nada que ao fim
Eu não mereça
Vê se me deitas depois
Culpas no rosto
Isto é sincero
Porque não quero
Dar-te um desgosto
[refrão:]
De quem eu gosto
nem às paredes confesso
E até aposto
Que não gosto de ninguém
Podes rogar
Podes chorar
Podes sorrir também
De quem eu gosto
Nem às paredes confesso.
Quem sabe se te esqueci Ou se te quero Quem sabe até se é por ti
por quem eu espero.
Se gosto ou não afinal
Isso é comigo,
Mesmo que penses
Que me convences
Nada te digo.
******************************************
Ni aux murs je ne le confesse
Ne veuille pas m'aimer
Sans que je te l'ai demandé,
Ni ne me donne rien qu'à la fin
Je n'ai mérité
Car il ne faudrait pas qu'après
Tu viennes me le reprocher
Je suis sincère
Et ne voudrais pas
Te blesser
[refrain]
La personne que j'aime
Ni aux murs je ne le confesse
Et même je parie
Que je n'aime personne
Tu peux supplier
Tu peux pleurer
Tu peux sourire aussi
La personne que j'aime
Ni aux murs je ne le confesse.
Qui sait si je t'ai oublié(e)
Ou si je t'aime encore
Qui sait si c'est toi
Que j'attends encore.
Si j'aime ou non, finalement,
Ca ne regarde que moi,
Même si tu crois
Pouvoir me convaincre
Rien tu ne sauras.
Tout à l'heure, je rangeais quelques affaires appartenant à ma sister, j'étais émue de toucher ces vêtements par elle autrefois portés, par
elle réalisés, j'avais allumé la radio (FIP en fond sonore c'est mon ambiance week end ou vacances), lorsque, soudain, ce chant s'est élevé :
Miss Celie's Blues
Sister, you've been on my mind
Sister, we're two of a kind
So, sister, I'm keepin' my eye on you.
I betcha think I don't know nothin'
But singin' the blues, oh, sister,
Have I got news for you, I'm something,
I hope you think that you're something too
Scufflin', I been up that lonesome road
And I seen alot of suns going down
Oh, but trust me,
No-o low life's gonna run me around.
So let me tell you something Sister,
Remember your name, No twister
Gonna steal your stuff away, my sister,
We sho' ain't got a whole lot of time,
So-o-o shake your shimmy Sister,
'Cause honey the 'shug' is feelin' fine.
*******************************************************************************************************************
Et là, vous pouvez être sûrs qu'au moment de la sortie du film, The Color purple (1985), nous étions insouciantes, on ne t'avait pas encore dit ta maladie, tu ne le
sauras qu'en 1986, ce film nous avait tant secouées... cette injustice, cette révolte, cet espoir, celle qui est assise toute recroquevillée sur la chaise... c'est moi.
Avant de partir vers le pays de l'océan, vers la terre où ma
sister et moi fûmes enfants, d'où nos rêves sont nés, et nos premiers plaisirs aussi, je vais répondre au tag del'oiseau-libre, d'une façon un peu particulière, en me replaçant à ce
moment-là de nos vies, avant l'âge de huit ans (elle, six). J'espère que de là où son esprit se trouve (là-haut ou là-bas, ou de l'autre côté... de l'océan de la vie), elle sourira à
mon jeu, ce sera ma façon de répondre au chant entendu et reçu...
Un plaisir des yeux.
La montagne et ses paysages, les fraises des bois cueillies au bord des champs, les libellules volant au-dessus de la rivière près du moulin... et puis ceux que toi tu préférais les
alfaiates (les "tailleurs") ces sortes de cigales grises qui avancent à la surface de l'eau en "tricotant" avec leurs pattes.
Un plaisir que l'on partageait.
Quand nous allions à la taverne-épicerie (caverne d'Ali Baba pour nous), les croûtes de fromage laissées par le patron sur le bord du comptoir quand il préparait les sandwichs pour ses habitués...
nous, c'était notre seule occasion d'en manger, alors on les savourait.
Un plaisir d'enfance.
Notre infinie liberté, et l'enchantement de nos jours à découvrir le monde et ses merveilles, les fleurs qu'on mâchouillait (les primevères surtout), nos pieds nus après l'école, pour mieux sentir
la terre où nous marchions, l'eau, la pierre...
Un plaisir odorant.
Ah ! ça, pas de doute, l'odeur des oeillets de ma grand-mère, ceux qu'elle faisait pousser en pots, décorant le balcon et l'escalier de marbre menant à notre appartement. Les jeunes-gens ne s'y
trompaient pas quand ils allaient namorar (conter fleurette), c'était chez elle qu'ils s'arrêtaient pour lui en voler un et le mettre à leur boutonnière.
Un plaisir égoïste.
Ca nous était difficile d'être égoïstes... nous n'en avions pas encore l'âge, ni la perception... peut-être mes "bons" résultats à l'école...
Un plaisir de l'oreille.
Les fêtes du village, si nombreuses, les chants, les danses, des groupes venus des alentours et tournoyant tout le jour sur l'aire à battre les céréales.
Un plaisir charnel.
Sans doute celui des enfants qui prennent leur corps pour un lieu de plaisir à explorer.
Un plaisir inconnu.
Celui (parfois douloureux) de nous immerger dans une culture inconnue, la française, et de revêtir une nouvelle identité...
Un plaisir de goût.
Les nouveaux, avec cette culture française, le beurre, la confiture, le steack, le pain, le fromage, à s'en damner... le Caprice des Dieux, surtout.
Un plaisir anachronique.
Celui de pouvoir dormir, encore une fois cette année, dans la chambre où je suis née, et de faire pour te saluer un grand feu de joie, toi, ma sister partie en avance... dans les
cieux.
Un plaisir qui ne coûte rien.
Dire je t'aime...
Un plaisir honteux.
Manger ses crottes de nez... si, si... ça m'arrive parfois... je l'avoue... et j'ai très honte.
Un plaisir hors de prix.
Inviter son amoureux (amoureuse) en week end à Venise.
Un plaisir défendu.
Manger la pomme, le fruit de l'arbre de connaissance (rien à voir avec le sexe, ça c'est la gnognotte qu'on nous sert à l'église, le péché c'est le sexe... non ! le péché c'est la pensée...), nous
avons mangé la pensée... et nous le payons à chaque instant.
Et comme je ne suis pas sûre d'être très suivie... je tague un max' de gens sur ce coup-là... (mais pas ceux que j'ai tagués la dernière fois).
celui qui nous fait le coup du fantôme de l'opéra : Balmeyer
sa Zo, sa Z... sa zolie compagne : Zoridae, l'araignée (en sexualité)
mon ami biculturel, nous les bi... on se comprend : Dorham
mon autre ami bi... lui en plus il est luso : Mtislav
le duo Didier et Catherine s'ils en ont envie, ça me ferait plaisir...
le numéro un... qui n'est pas un numéro : Nicolas
lui, il va finir par publier un ouvrage spécialisé sur le web.2 : Christian
j'en oublie... (ne me remerciez pas), ça sera pour la prochaine fois.
Sinon... je pars quelques jours, vous allez me manquer (je suis une sentimentale)... Joyeux Noël, et essayez de vous faire du bien, tant que vous pouvez.
Les Terra Sancta vont se produire demain, à 16h30, dans une église de
l'Haÿ-les-Roses. Les Terra Sancta existent depuis bientôt 10 ans, et, d'après les fidèles, elles chantent de mieux en mieux. Elles, oui, car c'est un choeur féminin, accompagnées, parfois,
par quelques hommes et toujours par Joseph. A l'origine,deux personnes:
Catherine Braslavsky et Joseph Rowe, deux musiciens-compositeurs, amoureux des chants sacrés médiévaux, d'occident et d'orient. Ils ont voué
leur vie à la musique, à la spiritualité (chrétienne, orientale, soufie...), ils présentent leurs spectacles tous les ans à Avignon, au Satellit café, etau théâtre de l'Île-Saint-Louis. Demain, nous serons, une fois de plus, ensemble... à élever notre chant vers... Qui sera là ? on a décidé d'annuler
s'il n'y avait pas plus de 2 personnes (ben oui, d'habitude à Saint Merri, à Paris, ou à Vézelay, à la basilique, on remplit...). Nous, oui, car j'en fais partie... depuis bientôt 10
ans.
Demain, nous chanterons Mawlana... en grand choeur, mais aussi notre "tube"
:Sancta
Terra (musiques à écouter sur le site de Catherine).
Photos (c) Luciamel, roses d'hiver au jardin du Palais Royal, le 17 décembre 2009.
Ce soir,
La nuit se couche sur Paris, hier,
Des hommes ont marché dans sa rue Blanche.
Les hommes étaient noirs, comme leur désespoir.
Les Français les encadrant étaient blancs, comme la rue.
Quelques centaines à défiler pour réclamer des papiers.
Pour réclamer une identité.
Ils m'ont donné un papier, où était noté ceci :
"Coordination 75 des sans-papiers".
Une dame blanche... bien habillée, et bien maquillée, (l'une des seules dans ce cortège presque exclusivement masculin, à croire que les sans-papiers ne sont que des hommes, ah oui... c'est
que, souvent, les femmes noires sont réquisitionnées pour manifester pour le logement... la famille) m'a tendu une boîte à sous (elle m'avait vu prendre des photos) :
"Vous voulez leur donner quelques centimes ? On va voir Sarkozy, vous voulez lui dire quelque chose à Sarkozy ?
- Oui, qu'il ne renie pas ses origines."
Puis, en fin de cortège, j'ai vu la voiture balai... en fait elles étaient deux (l'une officielle, l'autre banalisée).
Hier, le soleil brillait sur Paris.
Ce matin,
La ville était blanche, comme une féérie.
Merveille sous nos yeux d'enfants éblouis.
Aller au travail, hai hi hai ho...
Lenteur, douceur, silence...
Comme un Noël avant l'heure.
Clic clac, nous avons tous fait des photos,
Ici, celles prises à mon boulot.
A la pause Markus a voulu faire un bonhomme de neige,
Oups... il a l'air tout rabougri...
Il s'y est repris à midi...
Ah ! c'est mieux,
Il serait pas un peu bridé ?
Normal, avec tous ces étudiants...
Japonais.
Cet après-midi avec Markus,
On a reparlé des minarets,
De l'interculturel, des valeurs...
Il m'a dit les originies de sa mère...
Elle est croate, et son père suisse.
Les différences... il connaît.
Ce soir,
La nuit est noire à nouveau...
Les hommes n'ont toujours pas les papiers
Où serait écrit noir sur blanc :
Vous pouvez rester.
Ce soir,
J'ai le blues...
Non,
Le fado...
Il est bleu nuit...
Va,
Tu as encore du chemin,
Va,
Tel est ton destin,
te lever, travailler, et soupirer.
J'ai croisé l'amour,
Oh, quel escroc
Celui-là.
J'ai vu la gloire,
Comme elle m'a bernée,
Dans mon ici-bas.
J'ai cru en Dieu,
et je l'attends toujours
Lui, là,
dans mon coeur.
Heureusement, j'ai vu la mort,
j'ai pu, par un matin de mai,
la parcourir, pour de vrai.
Alors, on ne ne me la fait plus
Ici, avant, après...
Le néant même,
Ca ne m'impressionne plus.
Sache que Dieu ne peut plus rien m'enlever.
Sache que lui et moi, désormais, on est liés.
Mes mains, mon corps, mon âme,
sont libérés de toute entrave.
Un certain Johnny se meurt,
Et les hyènes de hurler leur joie.
Leur ignorance du malheur
est la victoire de l'ici-bas.
La décence... intime,
à l'ennemi, au jour de la mort,
de respecter sa victime.
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