métro, voyages

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 22:26



Tu n'as rien vu...

Le monde a été, les dinosaures, les éléphants, les tortues, mais tu n'as rien vu... les singes, les panthères de Chine... les serpents, l'homme, la femme... et tu n'as rien vu venir.

Les guerres se terminent, les guerres continuent, il paraît que le cortex de l'humain est fabuleusement étendu (2 m2, si on le dépliait), qu'il est fait pour "apprendre", qu'aucun autre animal n'a cette capacité. Notre intelligence. Celle qui nous a fait découvrir le langage, l'écriture, et les bombes...

Un éléphant ça trompe énormément. Un humain... ça se trompe... souvent.

L'humain est celui qui sait faire souffrir délibérément, et, s'il est pervers, avec délectation et sans culpabilité...  L'humain est si humain...

Parfois, j'aimerais être un crocodile... ou un flamand rose (non, je ne dirai pas une grue, j'ai déjà donné lieu à suffisamment de malentendus avec ma référence aux  "morues", ça suffit !).

Redevenir une plante, un arbre... et oublier Hiroshima et Nagasaki.

Aller au jardin des plantes, redevenir le végétal, le minéral, l'animal... qui, comme l'a dit Lucas, "rêve qu'il est en vie"... Ben oui, m'a-t-il expliqué, à côté de la galerie de l'évolution, "être en vie ce n'est peut-être qu'une illusion, qu'un rêve... on croit qu'on vit et on dort, et puis on se réveille quand on meurt... en fait, on ne dort peut-être que depuis une heure... et on croit qu'on vit depuis longtemps... ce n'est peut-être que ça la vie, on s'endort et on se réveille, de temps en temps, à une autre vie...".

























Photos (c) Luciamel


Ajout de dernière minute (pardon à mes abonnés RSS... car ils l'auront raté...), Caetano Veloso, Billie Jean (repris de Michael Jackson), grâce à l'info de mon cher CT, des Chants éthérés... un musicien, un érudit... dans de nombreux domaines, comme on en fait peu, aussi précieux, musicalement parlant, que mon cher oiseau...




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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 21:07

Ce midi, au départ de ma randonnée, FKDL m'a saluée sur une colonne de Beaubourg... oh ! quelle surprise, et comme elle est belle sa dame ! toujours la même et toujours renouvelée.



Vite, vite, quelques photos, mais vite, pour ne pas rater le train...




Toujours le Vexin françois (sans François, qui s'était désisté...), près de Meulan et Menucourt, enfin, notre village de départ était Sagy, puis Chardronville et la Villette.

Quelques pas, sous un soleil splendide, on a même parlé de mirages... de désert, amoureux... s'entend. On a surtout admiré les paysages, on se serait crues dans les tableaux des peintres du XIXe siècle... Van Gogh disait Béa, moi... je trouvais que c'était mieux qu'Auvers parce qu'au moins on n'avait pas toutes les pancartes nous indiquant ce qu'il fallait  voir (elle a très justement relevé que pour les Japonais c'est quand même plus pratique, les pancartes...).

Notre but était le château, depuis celui de Chars et ses licornes... il nous fallait relever le défi... Celui de la Villette n'allait pas nous décevoir.



Nonchalamment deux Sphinx veillaient près de l'étang, cachés derrière les arbres de l'allée.



Puis le chemin vers la Stèle, l'Obélisque... comme l'a appelée Béa, inaccessible, portail fermé... sur le sol jonchait le squelette d'un animal déchiqueté... Beuh... partons avant que quelque malheur ne survienne...

Le château dans sa splendeur nous l'avons surplombé.


Et, merveille des merveilles, soudain ont surgi les femmes... placées là par l'artiste, non pas de rue, mais de campagne...

Nous voici, éclairées par les Sphinx, et guidées par la main de l'homme qui a sculpté la terre... la mère... l'origine...













Ces sphinx croisés... ces signes placés sur notre chemin, sous la lumière, gardiens de nos vies de terre, de nos destins de glaise prête à se défaire...


"Un jour il advint que le fils royal Thoutmosis, qui allait se promener à l'heure de midi, se reposa à l'ombre de ce grand dieu ; la torpeur du sommeil le saisit, au moment où le soleil était à son zénith. Il s'aperçut alors que la Majesté de ce dieu auguste lui parlait, de sa bouche même, comme un père parle à son fils, disant : regarde-moi, contemple-moi, ô mon fils Thoutmosis ; je suis ton père, Horakhety-Khepri-Râ-Atoum ; je te donnerai la royauté sur terre, à la tête des vivants, tu porteras la couronne blanche et la couronne rouge sur le trône de Geb, le prince (des dieux). La terre t'appartiendra en sa longueur et sa largeur, et tout ce qu'illumine l'oeil brillant du maître de l'Univers. (...) Voilà que maintenant le sable du désert me tourmente, le sable au-dessus duquel j'étais autrefois ; aussi hâte-toi vers moi, afin que tu puisses accomplir tout ce que je désire". VOYEZ ICI.


Nous femmes de la terre, femmes de glaise... aux dieux de pierre, et au dieu Soleil, nous offrons des fruits, des feuilles, des fleurs éphémères : l'achilée, le dernier coquelicot de l'année, les baies, les feuilles et notre grand secret.








Pourquoi Lagardère (le Bossu) le Sphinx bossu...? tout simplement parce que le film, mais lequel ? celui avec Jean Marais ou le plus récent ? avait été tourné dans ce château... dixit un promeneur croisé au bas du sentier... Vous m'avez ce soir, cher Duc de Nevers, fait don de votre botte... :

Si tu ne viens à Lagardère, Lagardère ira à toi.




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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 22:33

 



La Lune est en Bélier, le Soleil en Balance, et ils sont opposés, à 11°... La pleine lune, vous savez, ou vous ne savez pas, c'est le jour des révélations, des clashs... ce qui était caché peut se retrouver dévoilé... Moi, ça a été ce matin avant de partir en randonnée sous mon billet précédent... et voilà, c'est révélé, les brumes sont éclairées par le soleil.

Bon, mais cela est bien anecdotique par rapport à l'aventure à laquelle Béatrice et moi avons été conviées ce jour d'octobre, le quatrième... Guillerettes et court vétues (non, même pas...) nous voilà parties sur les chemins de randonnée du beau Vexin françois, on a hésité entre Marines et Chars, et ce fut ce dernier qui retint notre choix.

Tout semblait bien balisé, GR, toujours tout droit jusqu'au château... de St Cyr sur Chars. Belle entrée, on a même fait des photos.

Puis, pas question de revenir tout bêtement sur nos pas, alors on a pris par les sentiers alléatoires... ceux qui se perdent dans les marais, qui ne correspondent pas au tracé de la carte... on a tourné une heure durant, dans les sous-bois, et les marécages... (on a même aperçu des ombres marchant au bord de l'eau, entendu des fantômes sifflant...). La richesse de tout ça fut que les biches, se cachant des chasseurs, bondissaient à notre approche, les faisans, les canards... s'envolaient à-tout-va.

Mais, ma carte IGN ne correspondait plus à rien, moi la fanfaronne de la carte je n'en menais pas large : on était perdues !!! Je me taisais, de temps en temps je prescrivais : "allons à droite, non, à gauche, tout droit... on monte, allons sur la plaine", me fiant plus à mon pifaumètre qu'aux repères (qui nous ont tout de même servi) de la topographie.

On a eu chaud, d'ailleurs Béatrice le répétait tout le temps : "on a eu chaud"... et puis ça ne nous empêchait pas d'éclater de rire : "ben, je vais m'inscrire à Koh Lanta", me disait-elle en pouffant... et se souvenant d'une randonnée avec une amie un peu tatillonne sur la manière de suivre le bon chemin... elle me dit : "ben, si elle était venue cette fois-ci elle aurait disjoncté !". Béa et moi, on en a vu d'autres, des vertes et des pas mûres... alors, c'était pas la perspective de passer une nuit dans la forêt qui nous faisait peur (hmmmmm). On a réussi à ressurgir en plaine : ouf, on va pouvoir retrouver nos marques, la ville c'est par là, tout droit, le chemin c'est à l'opposé... bon, allons sur le chemin... ah... mais ça mène, on dirait, au château (d'où on était parties une heure plus tôt...).

Et tout d'un coup tout s'éclairait pour moi : mais ça y est je vois où on est, c'est pas sur ce chemin, mais sur celui-ci... voilà pourquoi le petit bois est à droite et non à gauche... mais oui, c'est bien ça...




La tension accumulée pendant notre aventure dans les marais, les bois touffus, les chemins qui n'en étaient plus... soudain se relâcha, et ce fut le moment où face au château des fleurs surgirent des champs pour nous chanter la légèreté de la vie.

Tu n'es que cette fleur éclose, si belle, et pourtant si je te cueille tu ne voyageras pas jusqu'à chez moi... je prèfère te photographier, et manger ton image... tu feras désormais partie de ma psyché, que de te couper et de te perdre en chemin.













Nous avons devisé sur les symboles rencontrés : la licorne, Chars, le Chariot, la lame 7 du Tarot, la pleine Lune (le marais), et jusqu'au bout nous l'avons vécu, jusqu'au moment où après une course en voiture aux mille obstacles, nous avons réussi à me faire monter dans le train de 18h43... (à la seconde près).


Bonne nuit !!!



Photos (c) Luciamel.


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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /2009 22:18

- Bonjour, je vis dans la rue, vous pouvez m'aider en m'achetant ce numéro spécial "L'origine des stations de métro", c'est 2 euros, pour moi ça sera un euro, ça me permettra de me laver, d'avoir, peut-être de quoi manger ce soir... J'ai 40 ans, c'est dur à mon âge de trouver un emploi. Souhaitez-moi de m'en sortir, souhaitez-moi que demain vous ne me reverrez plus.

Wouah... c'est dur dur... d'autant que ce matin j'ai vu que "mon" SDF de l'hiver, celui qui vit en bas de chez moi, avait disparu... comme l'année dernière d'ailleurs, au printemps, au moment des expulsions, le 15, je le sais car c'est le jour de mon... anniversaire (vous vous en souviendrez pour l'année prochaine), il s'en va.

Mystère et boule de gomme : où va-t-il pendant la belle saison ? sacrée cigale, il repart chanter sa chanson.

Alors, tout émue et attristée je lui ai tendu mes deux euros à mon quarantenaire du métro.

Il m'avait repérée déjà, et venant vers moi il m'a lancé :

- Bonjour Mademoiselle !
- ???
- Ben, ça vous fait pas plaisir que je vous rajeunisse ?
- ???
- Ben oui, je vous rajeunis de 2O ans...
- ???
- Non de 25 ans !
- !!!

Dur, dur... tu vas bosser, tu fais la charité, tu ne peux même pas être gréviste, ni manifestant, vu que tu n'es qu'un stupide employé... payé 1,5 du SMIC, que le droit de grève faut même pas rêver, peut-être le jour où tu seras fonctionnaire, peut-être le jour où tu seras au chômage, peut-être le jour... Alors, aller manifester tu laisses ça à... ceux qui peuvent. Et un SDF te remet à ta place, te rappelle tes plus de 45 ans, il te le dit, lui, sans faux-semblant, que ça se voit comme le nez au milieu de ta figure, ton âge. Merci, Monsieur, c'était justement mon anniversaire !

Bon, vous commencez à me courir avec mon âge... avec mon caractère, avec mes fesses et mes seins (oui, je suis une femme) : stop de les juger, évaluer, comparer, apprécier, déprécier ! Comme dirait ma chère Olympe, si j'avais été un homme, jamais on ne m'aurait fait cette réflexion-là, jamais on n'aurait mis en avant mes 49 ans, signalé, relevé, interrogé... (lui le SDF, pourtant homme, se demandait si à 40 ans il n'était pas trop vieux... mais il était SDF... et ça semblait scandaleux, et c'est ce qu'il voulait dénoncer, qu'à 40 ans, lui, on le mette au rebut).

Demain je n'y serai pas dans le cortège... je serai au boulot.

Bien malgré moi. Juste parce que je suis salariée... et doublement privée de droits (en tant que salariée du privé, et en tant que femme).



Découvrez Cristina Branco!




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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 23:56

Tiens, aujourd'hui c'est (c'était ?) mon anniversaire, comme disait Tadeusz Kantor  (tu avais travaillé sur son spectacle à Beaubourg). Drôle de journée. Entre un camion de pompiers et une ambulance.



Juste avant d'embarquer, un petit coup d'oeil au ciel histoire de ne pas oublier qu'aujourd'hui il faisait beau, pour mon anniversaire.



Oh, on en voit de toutes les couleurs, l'humanité est plus dense ici, car l'humain n'est plus dans les faux semblants. Entre 15h et 0h, on a le temps d'observer le personnel hospitalier, un drôle de ballet, fait de drague (surtout avec l'équipe de nuit), on sent que de côtoyer la douleur, la maladie, la mort, ça éveille l'instinct de vie (pour ne pas dire sexuel). Puis, à partir de 23h, ce sont plutôt les alcoolos qui débarquent, alors ça chahute, ces messieurs-dames de la police leur servant même d'escorte.



On entend crier, raler, péter les plombs. On voit des regards si profonds, de ceux qui semblent passés à une autre dimension, dans cette salle commune, familière maintenant... Tiens, ils ont repeint les murs, ces bandes de bleu marine, c'est plus seyant, ça donne envie de prendre le large.

Après 8h d'attente, on t'a enfin recousu les genoux, l'infirmier avait noté : "plaies très profondes aux genous", j'ai bien vu qu'il avait hésité (hibou, chou, caillou...), mais... finalement il a opté pour le "s", quand je te l'ai dit ça t'a fait rire.

 


A minuit les ambulanciers t'ont raccompagnée chez toi (ben non on ne garde plus les gens comme vous, au pire on les laisse sur des brancards, nous a dit l'infirmier, c'est la nouvelle politique hospitalière, celle des économies). Tu es immobilisée, les jambes dans des attelles, tu devras faire pipi sur toi, les internes dans leur salle d'internes... ont bien rigolé quand j'ai demandé comment tu pouvais aller aux toilettes, ils ont fait une sorte de danse de sioux (tiens, il faut un "x" même au singulier), ben oui, garder les jambes bien raides, et ils tournaient...

Après, ils sont venus m'expliquer qu'il faudrait faire au mieux... les jambes toujours droites pour s'asseoir sur la lunette. Toi, tu as dit que tu les arracherais les attelles... les points de souture vont sauter, ça va s'infecter... ai-je protesté.

Et, déception suprême, je n'ai même pas vu Georges Clooney...

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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 21:18

Nous y étions... à Manhattan, face au fleuve Hudson d'un côté, et la Sky Line de l'autre, voici peu... fin septembre. J. et moi.

Elle m'écrit ce soir :
"Les miraculés  de Manhattan :  j'ai pensé à nous."

Moi aussi, je nous ai revues... là-bas. Un oiseau a fait tomber un avion, mais un pilote a réussi à amerrir et  à sauver tous ses passagers. Quel signe ? cygne ?

Nous y retournerons ! ensemble, je te le promets.

Il nous reste tant de choses à y faire, moi avec mon guide sous le nez, et toi avec ton coeur en étendard.

Oui, quand nous y étions le monde s'effondrait ! les marchés financiers...  une réunion de l'ONU y  était organisée, Sarkozy et Lula nous avaient bloquées dans un embouteillage monstre, nous qui voulions, juste, nous rendre à Harlem.

Hier, à la télé, Meurtre mystérieux à Manhattan, en v.f... j'en ai revu des passages, puis  j'ai craqué, Woody Allen doublé... non, vraiment peu crédible.

Quand je me remémore les lieux, les jours... tout me semble essentiel, tout me semble éternel (j'exagère à peine). Tout est gravé.

Paul Auster... m'y plonge encore, son nouveau livre sort, mais surtout ceux que je n'ai pas lus, qui font de lui l'écrivain de la ville : Trilogie new-yorkaise. Depuis quelques jours, tout me ramène à New York.


Je pense aux frites mangées au pied de la statue de la Liberté, nos "freedom fries" à nous... au couple de Japonais croisé face au "ground zero" : "tu n'as rien vu à Hiroshima"...

Puis aux deux Japonaises observées au départ de Liberty, et avant l'embarquement pour Ellis Island, se protégeant avec force ombrelle, lunettes et gants, des rayons du soleil.

Comme dirait Houellebecq (dont je n'ai lu que 4 pages), les souvenirs, personne ne peut nous les voler, ils constituent, en quelque sorte, des "particules élémentaires" de l'âme.

Nous savons, au fond de nous-même, que nous avons ouvert une porte sur un essentiel..., à jamais initié, à jamais vivant. Comme un amour... même tué par l'autre (le traître ?), à jamais il vit, car à jamais la porte en restera non fermée.



Photos (c) Luciamel, septembre 2008, Hudson, ONU, Liberty food, et le ciel avant NYC...

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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /2009 20:45

Dans la rue, vous déambulez, vous courez, vous allez au métro, au boulot, au bistrot, au ciné, au resto, ou que sais-je encore ? Dans le métro, vous somnolez, vous lisez, vous rêvez, vous méditez, ou que sais-je encore ? Dans la rue, au boulot, au bistrot, au ciné, au resto... vous entendez, voire vous écoutez, les passants, vos voisins, échanger quelques propos, ou parler de tout et de rien.

 

Voici, quelques notes, quelques "brèves" de trottoir, ou de métro... le plus souvent. Elles en disent parfois long sur les vies de ceux que nous croisons, et parfois tout autant sur nous qui "innocemment" écoutons.



Dans le métro

 

"Méfiez-vous des gens qui portent des talonnettes, c'est des gens qui mentent en général."

(homme faisant la manche, avant de quitter la rame)

 

"Tu vois, moi je n'hésiterais pas à lever la main sur une femme. Dans ma vie j'ai tout vu..."
(homme s'adressant à un autre homme)

"Bonjour à tous, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous. Gloire à Jésus."
(juste avant de quitter le wagon, femme, se retournant vers les voyageurs)

"Tu te rappelles ce que tu m'as dit hier, quand je t'ai dit 'tu me fais un bisou ?' : 'Je dois dormir'.
- Tu te rappelles ça toi ?
- Ben, qu'est-ce que ça veut dire ?
- Arrête de tout déformer. (sourires)
- Ben, c'est ce que ça veut dire ? (elle pose sa tête contre son épaule à lui, long silence)."
(deux jeunes de 25/30 ans, conversation à mi-voix, à plusieurs reprises il lui fait des bisous sur les lèvres, elle, elle lui caresse le visage)

"Laissons le divertissement nous envahir. Internet, TV, téléphone, musique"
(pub pour Orange)


Dans la rue

"Moi, je te donne 500 euros, David. (silence)
- Ben, moi, tu vois, le plus dur serait de trouver quelqu'un pour vouloir m'acheter ma femme."
(trois jeunes hommes, la petite trentaine, plutôt BCBG, le premier s'adressant au deuxième et le troisième renchérissant)


Dans la maison de mes ancêtres

"Oh, ma fille, tu n'as pas oublié la corde pour attacher tes enfants ? la corde c'était la croûte de pain qu'on donnait aux gamins pour les occuper et leur éviter de pleurer pendant qu'on travaillait aux champs."
(ma tante me racontant ce que mon arrière-grand-mère disait à sa fille, ma grand-mère)


"Une femme doit apprendre à ne pas tolérer que son mari la batte, car elle a, elle aussi, une responsabilité dans l'affaire. On m'a raconté récemment l'exemple de cette femme à A. battue par son mari, chaque fois qu'il rentrait saoul à la maison. Un jour ses fils n'y tenant plus de lui annoncer : 'on va faire quelque chose', ce à quoi elle répondit : 'non, c'est moi ce soir qui vais lui parler'. Le soir, le mari rentrant ivre, comme à son habitude, s'en prit à sa femme et voulut lever la main sur elle, mais cette dernière avait prévu... et se retourna vers lui armée d'un gourdin, avec lequel elle le frappa à l'épaule, l'empêchant ainsi de commettre son forfait. Lui finit à l'hôpital, où on le soigna. De ce jour-là, plus jamais il ne porta la main sur elle : 'ce fut un saint remède' dit-elle encore aujourd'hui."
(ma tante me donnant son avis sur le cas d'une femme de notre entourage victime de violences dans son foyer)

 

Des blogueurs me laissent des messages, des gens parlent autour de moi, j'aime en écouter les Echo, leur voix portée par la vie. Que me dit mon âme, à travers eux ?


Photos (c) Luciamel, Portugal, décembre 2008.

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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /2008 19:21

Il y a des filles et des garçons... et des boutiques qui ont tiré leur rideau de fer... alors moi j'en profite pour leur  voler quelques images bien sympathiques.

 

 

 

 

Elle c'est la fille qui te salue, Mr Lolo l'a bien croquée... elle te dit "santé !", et s'enivre (avec un "n") allègrement, normal c'est la devanture du marchand de vin !

 

 

 

 

Eux, c'est Blanchette et Firmin qui visitent Paris, représentés sur le rideau de fer du boucher. Blanchette elle est fière car elle arrive à Paris, elle est tout émoustillée.  

 

 

 

 

 

 

Elle s'est même acheté des boucles d'oreille en forme de Tour Eiffel.

 

Mais le pauvre Firmin, lui, est bien triste, car, encore une fois, il va falloir qu'il l'amène à l'abattoir sa belle Blanchette, et c'est là l'éternel dilemne de nos éleveurs : entre l'amour et la mort... leur coeur toujours doit trancher.

 

 

 

 

La déclaration de Firmin est poignante : "mais la pauvre bête innocente ignore encore qu'il s'agit de son ultime transhumance et que jamais plus elle ne reverra sa Normandie... Firmin a le coeur serré car sous ses dehors bourrus, il cache un coeur gros comme une bavette à l'échalotte et de secrètes tendances végétariennes refoulées"

 

Et voici la signature de l'artiste :

 

 

 

 

 

Alors, je vous le dis, la vie est trop courte, et comme on le raconte par chez moi (loin d'ici...) : mange et bois tant que tu es en vie car tu passeras beaucoup de temps mort...

 

 

pochoir (?) signé Mr. Lolo...

photos Luciamel (c)

 

 

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /2008 18:19





Je pars au boulot, tiens ce matin je dois me replonger dans Voltaire... pour répondre à un étudiant qui m'a demandé : "Voltaire était-il athée ? était-il catholique ?"...





A Belleville, elle, comme tous les jours, femme qui vitupère... Je crois en toi... dis, Voltaire, l'humanité fout toujours autant le camp que de ton temps !



 
Ca y est, je suis arrivée à l'école ! Et aujourd'hui, quelle chance, un exposé sur le bonheur à partir de  52 ans, à son summum à 65 ans !




Je rentre du boulot.... Palais Royal... feuilles mortes, je commence à déprimer... pourquoi ? je le saurai un peu plus tard en regardant le ciel, quartier ascendant de la lune (oui... c'est nul... oui, vous avez raison, votre raison a raison ! ça n'a aucun sens) : carré Soleil-Lune.

Puis je vois ça :



Est-ce visible les deux amants qui s'embrassent au pied de la statue ? Pourquoi, en ce moment à Paris, tout le monde s'embrasse-t-il ? Je n'arrête pas de croiser des couples (légitimes ?) qui fougueusement montrent aux passants leur passion.

Un groupe de jeunes s'amuse en les regardant, et chantonne "l'amour est enfant de bohème...".

Des touristes se prenant en photo, face à cette scène,  et souriant : "ça c'est Paris", le marivaudage, l'infidélité... le papillonnage... Que pensaient-ils ? je ne sais. Leur sourire indiquait que c'était surtout "la liberté" qu'ils admiraient.


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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 18:42

                                                                 André Masson



Suite de l'épisode précédent. Satoko, Mayu et Sophia... Mayu étant tombée à l'eau (vu son état psychologique particulier : difficulté à vraiment concevoir la réalité autour d'elle, on a préféré lui convertir ses cours de groupe en cours particuliers, maintenant il n'y a plus que la prof et elle, ça limite la complexité) on a intégré une nouvelle étudiante : Naoko, japonaise elle aussi.

Satoko, visage crispé... elle se demande si elle va aujourd'hui encore souffrir le martyr. Naoko semble comprendre les questions, elle sait d'où elle vient et ce qu'elle fait dans la vie... Ouf ! elle peut même expliquer qu'elle se passionne pour le violon. Bon, je suis rassurée, le cours semble pouvoir se dérouler "normalement".

Je lance Sophia sur le thème d'André Masson, elle dit à la cantonade (elle vient de Canton...) que c'était un sacré coquin, qu'il faisait des tableaux plutôt érotiques. Ah ??? surprise, je me promets de vérifier ça sur le Net le soir venu. Elle dit qu'elle est très curieuse, qu'elle adore observer les us et coutumes des différents pays, et, par exemple, comment les Japonaises réagissent dans certaines situations. Je rebondis, je crains que Satoko ne fonde en larmes... je dis que moi aussi, j'aime observer les différences culturelles et qu'à l'école je suis servie... Sourire complice de Sophia.

Le thème du jour... après les sentiments de lundi, les "phobies".... (c'est pas moi qui décide, c'est le livre). De quoi avez-vous peur ? peur des serpents, des souris, du noir, des araignées ???

On détaille... pour chacune. Satoko nous explique qu'elle craint de voyager en avion, bon, jusque là rien que de normal... puis Sophia rappelle que la veille (ce n'était pas moi leur prof) Satoko avait dit être horrifiée par la "mousse"... Je doute... je demande qu'elle répète, mais, là, Satoko est déjà couchée sur la table, en criant que non, il ne faut pas parler de ça... Je suis de plus en plus perplexe... La mousse... quelle mousse ? Sophia éclaire ma lanterne : la mousse au chocolat ! Cris de dégoût de Satoko : "non, non... arrêtez, beurk... non !", se recouvrant la tête de ses mains (le tableau d'Edvard Munch, "le cri", vu en préambule, et qu'elle connaissait bien, l'avait d'ailleurs beaucoup inspirée).




Poursuivons, me dis-je. Nous arrivons à la phobie des insectes... Satoko, se met à crier, "Non, non, pas les insectes, rien que ce mot me fait horreur".  Elle hurla (ça tombait bien, car on devait aussi travailler le "h" aspiré : je hurle, la haine, le hasard... le Hollandais, et le haut, mais j'habite, à Tokyo ou à Paris...). Nous découvrîmes avec stupeur, quelques dizaines de minutes plus tard, que les cafards ne lui faisaient rien... ça, elle pouvait tout à fait le concevoir.

Entre temps, pour nous détendre, Sophia nous avait conté, avec grand à-propos et beaucoup d'humour, les coutumes culinaires de son pays : on y mangeait les serpents, les chiens et les chats... d'ailleurs un mets très prisé était l'association des trois animaux dans un même plat. Ca parut passionner Satoko, qui voulut savoir comment on les préparait les chats : découpés, rôtis ?

Petit exercice final, prévu par le manuel, décrire des phobies "inventées", drôles... sur le modèle "je suis soupophobe, je n'aime pas la soupe", ou "je suis ménageophobe, je n'aime pas faire le ménage"...

Tour de table : Satoko nous apprit qu'elle était (en plus du reste) "femmophobe", quand elle se trouvait en présence de certaines femmes, et de beaucoup de femmes, elle devenait très nerveuse. Et les hommes, lui demandai-je ? Les hommes, ça allait...

Les Japonaises pleurent... les Japonaises sont mystérieuses... ça intrigue (et passionne) beaucoup Sophia la Chinoise.


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