
Nous sommes engagées depuis hier, ma chère Noèse et moi, dans une bataille... ou, pour le dire plus sereinement, dans un débat d'idées.
Vous imaginez... mon questionnement...
Vous êtes les bienvenus pour y répondre.
Mais, je n'ai pas voulu, depuis qu'Elisabeth Badinter a relancé la polémique (et que déjà Olympe ne semblait pas comprendre sa/ma position), m'engouffrer sur ce terrain-là. Donc, ce soir, c'est à une autre interrogation à laquelle je vous invite.
Tristan aimait-il plus Yseult qu'une femme aime son enfant ?
Yseult aimait-elle plus Tristan qu'elle n'aurait aimé un enfant de lui ?
Qui Tristan aimait-il véritablement, et Yseult ? vu qu'ils avaient bu la potion magique...
Que seraient devenus Roméo et Juliette s'ils n'étaient pas morts et qu'ils avaient procréé ?
Bouddha... et sa descendance, vous imaginez ?
Jésus, on sait depuis un certain temps (et je ne me réfère pas seulement au Da Vinci Code, j'ai d'autres sources... quand même) que sa relation avec Marie Madeleine n'aurait pas été que celle du maître au disciple (car elle était, et c'est attesté, l'un de ses plus proches disciples), de là à affirmer qu'ils auraient eu des enfants... Mais la question subsiste : qui Jésus aima-t-il le plus ? lui qui aurait dit :
« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu apporter la paix mais l'épée ; car je suis venu séparer l'homme d'avec son père, la fille d'avec sa mère, et la belle-fille d'avec sa belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison. »
Jésus selon Matthieu 10, v.34-36
Jésus [d'après Luc 12, 49-53]
Pour en revenir à Sur la route de Madison, Francesca a-t-elle plus aimé ses enfants, en se sacrifiant à eux, qu'elle n'a aimé Robert, le photographe, croisé durant 4 jours de sa vie ?
Vous pourrez répondre à ces questions pour ce qui vous concerne, nullement pour les autres, nullement pour moi. Permettez, donc, que je m'élève contre un diktat (nouveau) qui voudrait m'intimer qu'être mère est l'absolu, l'ultime, le summum, pour une femme. Je m'inquiète même de cette régression, et je donne toute raison à Elisabeth Badinter, oui, les femmes sont en train de se replier sur leurs fondamentaux... Pour quelle raison ? il me semble qu'elles sentent qu'elles vont bientôt devoir abandonner ce privilège-là : bientôt les bébés ne seront plus le fruit de leurs entrailles... mais elles continuent à s'accrocher à cette prérogative-là, quelle qu'en ait été la souffrance... elles se disent que telle est la volonté divine : "tu enfanteras... dans la souffrance", et tu seras la "madone", mais elles voient venir le jour où l'enfant naîtra d'une machine. Ca semble les désoler... car alors elles auront perdu quelque chose... quoi exactement ?
Et l'enfant qu'aura-t-il gagné ? perdu ? le père qu'en retirera-t-il ?
Et toi, femme, qui es-tu, si je te dis que tu n'es plus LA MERE ABSOLUE ?
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Homme de mes nuits, où es-tu ? tu cours, tu t'enfuis... tu sembles toujours t'éloigner. Fatigué de m'entendre exiger de Dieu mon dû... Lassé de me voir combattre des moulins
à vent, dis-tu. Effrayé par mes mots, par mes colères.
Dis-moi, que cache ton coeur ?
Moi aussi je suis démunie et fragile,


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