Luciamel




Ecriture de nuit,
filaments,
lucioles,
mystères qui
clignotent.

Sur des draps tendus,
devant la lumière,
des papillons sont piégés,
car ils ne savent pas
vivre dans l'ombre du soleil.

Insectes fragiles,
sombrant dans l'artifice sans feu
de la poudre aux yeux
qui suffit à les rassasier.
Mais qui se nourrit de leur reflet ?


Les oiseaux se sont remis à chanter,
Puis les papillons ont été mangés,
Dans la nuit, leur mélodie a suffi
A me réveiller et m'annoncer
Que les fossoyeurs s'éteindraient.

Le monde semble éclater,
Comme une grenade gorgée de pulpe,
de grains roses, et de jus...
Ne t'en fais pas, enfant, ami,
Voici venir le nouveau fruit.

Louons l'éclat de joie, le rire,
l'extrême douceur irradiante
de la plante de nos pieds,
à la paume de nos mains,
en passant par nos cheveux.

Finalement.


papillon Isabelle

Mer 14 jan 2009 13 commentaires
Cette fruit est si belle, autant décorative et je crois riche en vitamine c. Mais son gout est une déception à mon avis.......... Parfois je pense que des rencontres amoureuses puissent ressembler un peu à une grenade.........
Tini - le 15/01/2009 à 15h06

@Tini : la vie peut ressembler à une grenade... fruit fait pour désaltérer, certains disent que le fade a aussi sa fonction. Tout a sa fonction. Non ? même les rencontres amoureuses. La grenade explose, et en son centre naissent des centaines de grains, elle est de couleur "grenat", elle est comme un coeur exposé.

Luciamel
Beaucoup aimé ce qui irradie de cette poésie,,malgré l'inadaptaion de ces papillons au solei du jour...Très symbolique.
Ensoleil un moment de ma journée
noese cogite - le 15/01/2009 à 17h21

Je pensais en écrivant (et l'image se superposait) au film Papillon, avec Michel Serrault, le papillon Isabelle  qu'on ne peut attraper que la nuit, on tend des draps blancs avec une lumière derrière, et il vient s'y plaquer, tiens ça me donne une idée, je vais ajouter la photo. Papillon nocturne, il se fait piéger par la lumière.

Merci pour ta visite, pour tes mots lumineux, toi, dont je sais (par ton blog) que l'ombre (la tienne même) ne te fait pas peur.

Comment assimiler, en effet, la lumière, comment la laisser nous traverser, si nous nous y identifions ? Je crois que nous ne la comprenons qu'en regardant notre ombre projetée (par d'autres parfois). Nous ne sommes pas le soleil, notre ombre le prouve, nous ne sommes que des visiteurs du jour ou du... soir. Papillon du soir, bonsoir.

Luciamel
„Das Herz hat seine Gründe,
die die Vernunft nicht kennt.“
Blaise Pascal

"Le cœur a
ses propres raisons
la raison ne les connait pas."
Blaise Pascal

Parfois je pense que tu aies 30 et non 3 ans plus que moi.....

Tini - le 15/01/2009 à 20h30
@Tini : le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas... oui, Pascal ! qui fut l'un de mes auteurs préférés quand j'avais 18 ans (et après). Je dis seulement que même la fadeur de l'amour, ou la déception, ont leur raison... d'être (que la raison ne connaît pas). Pourquoi dis-tu que je semble "jeune" ? naïve ? prête à m'enflammer pour un nouvel amour ? prête à faire des bêtises ? euh... papillon de nuit je ne suis plus... l'amour (le soleil) m'éclaire, me réchauffe, il ne m'embrase plus, je ne serai plus le soleil... car le soleil me traverse, et me nourrit désormais.
luciamel - le 15/01/2009 à 20h45
Merci pour la citation original. Mon francais;) je nai pas voulu dire que tu es naïve au contraire: sage car mon age plus 3 c'est ton age et quand je dis 30 ans de plus cela veut dire sage. Je crains que ce n'est pas plus claire maintenant, non?
Tini - le 15/01/2009 à 20h54
et a propos nouvel amour: j'espère que tu me crois que je te le souhaite de tout mon cœur....Même si notre relation a peut être changé: A ce  point pas...
Tini - le 15/01/2009 à 21h01
@Tini : ah, j'avais mal compris, tu me donnes 75 ans et non 30 ans... :-))) Moi, je n'y crois plus à cet amour-là que tu me souhaites (sans doute mes 75 ans)... mais je sais que seule ma raison n'y croit plus.

Je pensais que me donnant 30 ans, tu me voyais un peu légère et narcissique. Je me suis trompée. Sorry.
luciamel - le 15/01/2009 à 22h03
Super, de la douceur que diable !!!
Je chante, j'écris, je peins aussi. Il y aura bientôt des extraits sonores.
"Bizes" saltimbanques Jeanne
Jeanne Santos - le 15/01/2009 à 22h44
Je me souviens de la première fois que j'ai mangé de ce fruit, mes parents rentraient de vacances dans le Sud de l'Espagne ou du Portugal, de Grenade peut-être, ils en avaient ramené une. Parfum d'extraordinaire, se mêlaient la joie de revoir les parents, qu'ils nous aient ramené quelque chose, une chose peu ordinaire...
mtislav - le 15/01/2009 à 22h50
@Jeanne : quelle belle surprise ta venue jusqu'ici, une douceur aussi. Et quelle belle découverte ton blog. A t'entendre bientôt, je l'espère.
Bises latines.

@Mtislav : au Portugal le goût de la grenade, fruit rare de mon enfance, romã, fruit du romeiro. En France, la grenadine, drôle de boisson si distante de mon souvenir.
luciamel - le 15/01/2009 à 23h16