Luciamel

Ce qui est raté est souvent ce qui est mal arrivé... ce qui est décalé. Trop tôt ou trop tard. Et pourtant le raté nous dit tant de choses... Le gâteau par exemple. Vous y avez mis les mêmes ingrédients, le même temps, le même désir du plaisir anticipé. Pourtant, que fut-ce ? un coup de fil un peu trop long, l'inattention d'un instant, vous avez détourné le regard, dit un mot qu'il ne fallait pas, et pas vu dans le regard de l'autre, pas entendu dans sa voix, le dégoût qui pourtant était là. Alors, le gâteau s'est ratatiné. Le chocolat, les oeufs, le beurre... le sucre, la farine se sont agglutinés.

De ça nous ne devons rien regretter. Le raté a le goût de l'espéré, le goût du possible, du renouvelé.

A tous ceux qui ont raté leur bac, leur mariage, leur... vie... je dis : quelle chance vous avez, votre échec est un océan de liberté, votre "invincible defeat" est l'immensité du destin; c'est ça le fado.

Ne l'oublions pas le désespéré est libre. Le raté... aussi. Car ils font face à l'inespéré.

Et elle aussi, je l'ai ratée... c'était le jeudi 14 mai à la Cigale... c'est près de chez toi, ma petite soeur, que j'en ai vu l'annonce, hier... regarde, je l'écoute quand même.




Lun 18 mai 2009 13 commentaires
J'ai du mal à faire des fautes et du mal avec les choses ratées. Pourtant j'aimerais que personne n'ait une vie ratée (c'est si cruel). Mais je suis quand-mime d'accord avec  toi. Bon je ne vois rien de positive dans le gâteau raté (peut être les calories qui ne se mettent pas sur mes hanches) Mais j'ai des expériences avec les portes qui se ferment et surtout celles qui s'ouvrent. grâce a la peur d'échec je faisais connaissance de toi et une porte d'or s'ouvrait vers  notre  amitié ......
Tini - le 18/05/2009 à 21h46
Je suis arrivée ici via Bluebird et je ne le regrette pas. J'aime beaucoup ta définition du Fado qui est bien loin de l'image qui lui est collée de tristesse et de désespérance. J'ai réalisé cela un jour à Lisbonne dans un restaurant où j'ai pleuré et frissonné de plaisir en écoutant et en voyant des hommes et des femmes, dans des postures pleines de fierté et de soif de vie, avec des voix magnifiques. Merci en tous cas.
Catherine - le 18/05/2009 à 22h07
Comme tu avais raison en me prévenant que je risquais d'être bouleversé. Merci pour cette découverte. Je vais tout de suite me mettre à la recherche d'autres morceaux d'elle. Ne t'étonnes pas si tu l'entends chez moi dans les temps à venir.

L'oiseau
Bluebird - le 18/05/2009 à 22h38
je ne peux pas mettre le son au bureau, dommage.
concernant les ratages, moi j'ai raté David Bowie, à l'hypodrome, il y a 25 ans, je n'en suis pas encore remise. J'avais le billet dans mon sac, mais le bac le lendemain. J'ai eu mon bac mais j'ai jamais vu Bowie :(
et le bac, à quoi ça sert, et bah à rien ! na !
verovero7 - le 19/05/2009 à 09h08
intéressante réflexion sur ce qui a été raté.
Compte-Sponville en parle ds l'un de ses livres. QUand il n'y a plus d'attente ..l'abandon est une libération.

Mais ce que l'on réussi aussi donne de la liberté.L'amour , l'enfance que l'on donne , L'Amitié que l'on trouve....comme ici.
noese+cogite - le 19/05/2009 à 09h57
Tini,
même ce qui est raté peut avoir bon goût, car il peut contenir une joie cachée ou l'envie de recommencer... d'essayer encore.

Catherine,
bienvenue en ce lieu où le fado se mèle parfois à la joie de vivre, où même au plus profond de la tristesse on chante encore le bonheur (la saudade).


L'oiseau,
elle est merveilleuse et d'une sensualité (sa voix, mais pas seulement...) qui n'a rien à envier à Cristina, deux princesses toutes les deux.

Véro,
oh, ça me fait plaisir de te lire ! avoir raté quelqu'un... dans sa vie, oui, c'est peut-être ça qui est le plus dur à accepter... parce qu'on a été maladroit(e), parce qu'on ne savait pas, ou ne pouvait pas à ce moment-là.

Noèse,
oui, je pensais aussi à ce petit traité sur le bonheur d'A. Comte Sponville, Le bonheur désespérément. Mais ce qui est réussi, ce qui représente notre plus grand bonheur, ne peut que nous décevoir un jour, car quoi que ce soit il nous faudra le perdre, un jour.. à
lucia+mel - le 19/05/2009 à 18h19
Noèse (suite),
oui, accepter de perdre... et donner au monde, autour de soi, la joie d'être là, dire aux autres le bien que leur présence (existence) nous fait, seul remède à notre humaine impermanence. Merci à toi, d'être là.
lucia+mel - le 19/05/2009 à 18h23
Super article, vraiment. Le raté, l'infime, ce qui passe à travers, c'est très juste et dit  simplement, avec force. Ca me touche. Bravo.
balmeyer - le 19/05/2009 à 19h25

Balmeyer,

merci...

lucia+mel - le 21/05/2009 à 15h30
merci infiniment...
tout ce que j'aime...
Jeffanne - le 23/05/2009 à 15h43