Publié le 23 Novembre 2013

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Photo (c) Luciamel, 26 mai 2013, entre Toulouse et Orléans... côté passager...

 

 

En attendant d'avoir la réponse à l'examen du permis de conduire... que peut-on faire ? ("lettre suivie" qui devrait être déposée dans la boîte aux lettres ce matin, dans une heure... dans 30 minutes peut-être).

 

On se re-repasse le film du parcours, de toutes les erreurs commises, on se demande si à tel endroit (dans le virage, au carrefour, après le feu, en tournant à gauche quand on a mordu sur la chaussée de la route sur sa droite...) c'était éliminatoire... auquel cas c'était après 5 minutes d'examen. Ca voudrait dire qu'ensuite c'était pour du beurre, du pipeau, mais que l'inspecteur a fait comme si de rien n'était (en exagérant tout de même beaucoup les "conseils" de conduite : "passez la troisième, attention au bord de la chaussée, vous allez trop vite, regardez, là, il y a le feu qui est rouge...", mauvais signe tout ça).

 

On écrit un billet... pour relater les affres de cette attente.

 

Déjà cette nuit, des rêves en pagaille avec pour seul thème : l'échec à l'examen. Un vrai cauchemar : la lettre ouverte, avec la mention "refusée", le total des points, 18 (20 sont nécessaires pour le décrocher), la colère "quel sadique, il aurait pu me les donner ces 2 points !"

 

Le soleil brille, il fait froid dehors, comme le jour de l'examen.

 

C'est bien futile tout ça, me dit-on, et sans grande importance quand on traverse une période de deuil. Que nenni, que nenni ! D'ailleurs c'est bien pour eux, qui me regardent (?) de là où ils sont (?) que j'aurais voulu l'avoir cette fois-ci (la 2e). Comme une nique à la mort. Comme un clin d'oeil entre eux et moi. Comme un rire, une joie, qui seraient descendus du ciel.

 

Le destin, je l'ai vérifié moult fois, souvent nous place au bon moment, au bon endroit... Mais on ne le sait qu'après. Cette fois le destin n'a sans doute rien à voir avec l'affaire... juste la vie, dont il faut accepter les hauts et les bas. Et puis, revenir sobrement à la tristesse... du deuil.

 

Alors, je vais remettre en forme le texte, intégrer une chanson (laquelle ?), choisir une photo...

 

La photo, c'est fait. La vidéo, une chanson de Mayra de Andrade, cette belle voix du Cabo Verde ! Elle est en tournée en ce moment.

 

Ce lien youtube Mayra de Andrade donne un bon aperçu de son talent.

 

 

 

         

Je crois qu'il est temps de descendre chercher la "lettre suivie" avec l'annonce... non, je ne serai pas cruelle, je ne vais pas poster le billet sans avoir ouvert la terrible missive.

 

Pause.

 

Le suspense devient insoutenable (pour moi) : la lettre n'est toujours pas arrivée (pourtant elle est partie de Rouen le 21/11/13), en revanche une autre lettre (postée aussi le 21/11/13) m'attendait, en provenance de L'Assurance retraite, avec pour objet "Accusé de réception décès"...

 

"Madame,

Mes services ont bien enregistré le décès de

[nom de mon père]

survenu le 30 octobre 2013.

Je vous prie d'accepter au nom de l'assurance retraite toutes mes condoléances.

[...]

Recevez, Madame, mes sincères salutations.

Le directeur"

 

 

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Photo (c) Simon Gaëtan (blog), le 10/10/2009, tableau de Simon Gaëtan (site), "La lettre", mon portrait, en cours de réalisation.

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #l'effet papillon

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Publié le 14 Novembre 2013

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Photo (c) Luciamel, Raseira, le 1er novembre 2013, l'olivier était gorgé d'olives cette année.

 

 

Ecrire sur le mystère des mystères,

notre venue au monde

notre disparition du monde.

 

Qu'est-ce que le monde ?

 

Je viens de commencer (par hasard ?) un livre qui s'approche de ce questionnement : celui d'Eric-Emmanuel Schmitt, La secte des Egoïstes, dont la 4e de couverture dit :

 

"Et si la vie n'était qu'un songe ?Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ? A Paris, un chercheur découvre par hasard, à la Bibliothèque nationale, l'existence d'un excentrique, Gaspard Lanheunhaert, qui soutint cette philosophie "égoïste" dans les salons du XVIIIe siècle."

 

C'est étrange parce qu'à la mort de mon père, survenue le 30 octobre dernier, j'ai relié sa disparition à la pièce de Fernando Pessoa, Le marin. Trois soeurs veillent le catafalque où repose leur soeur décédée. Elles parlent. Soudain l'une d'elles conçoit l'existence d'un marin... au loin. Elle finit par se demander si tout, et elles, ne serait pas que le fruit d'un rêve, celui de ce marin...

 

Dans la traduction de Bernard Sesé, aux éditions José Corti :

“Pourquoi est-ce que l’unique chose réelle dans tout cela ce ne serait pas le marin, et nous, et tout ce qui est ici, seulement un de ses rêves ?” (p.55)
“Oh, quelle horreur, quelle horreur intime dénoue la voix de notre âme et les sensations de nos pensées et nous fait parler et sentir et penser quand tout en nous demande le silence et le jour et l’inconscience de la vie..." (p.63).
Cinq personnes : Trois Veilleuses, le Marin et “la cinquième personne […] qui tend le bras et nous interrompt chaque fois que nous allons sentir ” – composent ce “drame en âme”.
“Ne sentez-vous pas tout cela comme une araignée qui d’âme en âme nous tisse une toile noire qui nous attrape ?”

 

J'ai veillé moi aussi. J'ai senti moi aussi la présence du marin, au loin. 

 

Pour toi mon père, parti en ta 82e année, ce chant qui dit que c'est la douceur... qui t'a tenu la main, celle d'Elisa sans doute, pour t'aider dans ton dernier voyage. Vous êtes deux maintenant qui de l'autre côté m'aidez à rêver... ma vie.

 

 

 

 

 

Et ce très bel hommage d'Anis à son ami Zé.

 

  

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Octobre 2013

La nuit est venue

Eliza.

Tu cours et je te suis

Eliza...

Nos pas finiront

par se rejoindre

Eliza.

Nos coeurs en fusion, quand

le soleil explosera et nous réunira

Eliza...

Cette chanson, Sing to me (hommage à Maria... Callas)

 

 

entendue et ressentie au plus profond de moi.

Ton âme m'apppelle et je l'entends,

Eliza.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 7 Septembre 2013

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Photo (c) Luciamel, Costa Nova, août 2013.

 

 

Les saumons remontent le courant, pour s'en retourner se reproduire mourir... sur le lieu de leur naissance. Devons-nous, comme eux, toujours revenir aux origines, sans pouvoir nous décoller de ce qui nous fonde, ou de ceux qui nous ont donné le jour ?

 

Dans mon entourage il m'arrive souvent d'entendre les un(e)s et les autres se plaindre de la souffrance que leur père ou leur mère leur ont fait subir, ou des entraves (ces marques indélébiles) que leur enfance a laissées sur leur chemin, dans leur psyché, ou leur quotidien. Comme si leur vie ne pouvait pas décoller... ne pourrait jamais advenir. Certains en ont fait une oeuvre, une recherche du temps perdu (et retrouvé), d'autres un récit fondateur, ou interrogateur, comme une essence de la plainte !

 

Je pense à l'oeuvre découverte depuis peu d'Annie Ernaux, et ses Armoires vides ou La Place... qui nous narrent son enfance meurtrie par ses origines modestes. Les miennes (d'origines) ne le furent pas moins (modestes), je pourrais même ajouter qu'en plus moi j'étais immigrée... Mais, ce n'est pas cela le propos (ni le sien, ni le mien). Le propos est l'origine du saumon... cette source toujours recherchée et longtemps niée... Pourquoi aller vers l'eau douce quand on nage dans l'océan ?

 

Mes parents vieillissent, ils remontent doucement à la source qui les a vus naître... Je me débats, inutilement, pour eux.

Peut-on rester dans l'océan ?

Pourquoi re(de)venir à notre passé ?

 

Je rêve d'être papillon... un saumon avec des ailes, une sorte de mouette sirène... qui irait de l'eau à l'air, et inversement.

 

L'eau pour vous mes ancêtres, mes parents... et l'air pour mon âme qui est plus libre que... l'air.

Un jour écrire un livre, non sur les saumons (trop triste !), mais sur les abeilles ou les papillons, les mouettes... peut-être.

Un jour survoler la source... qui m'a vu naître.

Et vous en envoyer la carte...

 

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Photo (c) Luciamel, Barra, la lagune à marée basse, août 2013.

 

 

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Photo (c) Luciamel, Barra, la plage, août 2013.

 

 

 

cette très belle version de Fly me to the moon... par Diana Krall (qu'on ne peut pas intégrer sur un blog pour des raisons de droits d'auteur : ce que je comprends, peut-être ne devrais-je pas non plus la citer...).

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #l'effet papillon

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Publié le 2 Août 2013

20130728-008.jpg Photo (c) Luciamel, Auvers sur Oise, le 28/07/2013

 

 

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Photo (c) Luciamel, face à la tombe de Théo et Vincent Van Gogh, le 27/08/2013

 

 

 

Je voulais participer à La radio de l'été de Lolobobo... mais toutes ces démarches (recopier un réglement, des liens, une profession de foi) pour se maintenir dans une blogosphère de plus en plus carrée (la quadrature du cercle : d'amis, de blogueurs, de connaissances...) m'est de plus en plus difficile à tenir : pas encore bien installée dans mes meubles, et pas encore bien exploré mon nouveau territoire de vie (ici, à Cergy). 

 

Pas encore remis ma blogroll à jour (depuis la fin de Google Reader), pas encore basculé sur Netvibes, pas encore eu le temps, ni l'envie, d'aller voir de plus près ce qui agitait le bocal de mes ami(e)s blogueurs(euses).

 

J'en arriverais presque à faire comme Alina Reyes... ne tenir un blog (fermé aux commentaires) que comme bon me semble. Pour n'y écrire que ce qui me fait plaisir... ou ce qui fait sens au moment où j'entrouvre la porte (la fenêtre) de ma petite vie...

 

J'aime l'idée de la radio de l'été, et je vois apparaître sur mon Facebook les publications quotidiennes de Lolobobo. Alors, je vais faire ma radio à moi, libre, et en exclusivité pour vous (en ce moment une quinzaine de lecteurs par jour).

 

Comme je suis à Cergy (vous l'aurez compris), je vais tout d'abord rendre hommage à Anis (le chanteur de Cergy), lui qui, comme moi, est en partance vers un ailleurs, le sien est Lisbonne ! installé depuis quelque temps là-bas il ne donne plus de nouvelles à son public, ne "produit" plus pour ses producteurs, en somme il bulle... lamentablement...(fabuleusement ?).

 

 

  
Zé (José), son ami portugais, mort... à qui il rend hommage.

 
"Sardines every day... j'me tire à Lisbonne chez mes potes lusophones. Paris est dans mon coeur, désormais dans mon rétroviseur... Je prends mes cliques et mes claques...". Lisboa !
 
Avec le vent comme complice...
Et puis, je lis, je lis... dans le vent...  du train qui m'amène chaque jour à Paris. Voici mes dernières notes de lecture (NDL), L'amour la solitude, d'André Comte-Sponville :

"Si un philosophe a le choix entre une vérité et un bonheur, et cela peut arriver, il n'est philosophe qu'autant qu'il choisit la vérité (...) Mieux vaut une vraie tristesse qu'une fausse joie." p. 21

"La vérité est la norme, mais enfin il s'agit de vivre et, si possible, de vivre heureux, ou pas trop malheureux." p. 22

"Rilke a trouvé les mots qu'il fallait pour dire cet amour dont nous avons besoin, et dont nous ne sommes que si rarement capables : "Deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre" (...) L'amour n'est pas le contraire de la solitude : c'est la solitude partagée, habitée, illuminée - et assombrie parfois - par la solitude de l'autre. L'amour est solitude, toujours, non que toute solitude soit aimantte, tant s'en faut, mais parce que tout amour est solitaire. Personne ne peut aimer à notre place, ni en nous, ni comme nous. Ce désert, autour de soi ou de l'objet aimé, c'est l'amour même." pp 41-42

"Tu sais, mon plus grand souvenir, en matière de chanson, et même l'une des plus fortes émotions esthétiques de ma vie, je l'ai ressentie vers vingt ans, dans les toilettes d'un camping, je ne sais plus où au Portugal : j'étais aux toilettes, donc, et soudain, dans cette odeur d'urine et de javel, une femme de ménage (...) s'est mise à chanter : le fado éternel était là, la souffrance éternelle, la beauté éternelle. Sans haine, sans colère, et sans non plus de consolations, de justifications, de glorifications : la vie telle qu'elle est, atroce et précieuse, déchirante et sublime, désespérante et désespérée... La vie difficile, tellement difficile. Le destin, si tu veux (tu sais que "fado" vient de "fatum"), mais sans providence : les choses telles qu'elles sont, la vie telle qu'elle passe... Le réel, simplement. Oui, cette chanson-là exprimait au fond tout ce que j'aimais, tout ce que j'aime : le courage plutôt que la colère, la douceur plutôt que la violence, la miséricorde plutôt que la haine..." p.139

Carminho, Alma... (l'album complet !) quelques fados pour la route... et dans le vent... la pluie... "sao as lagrimas do céu que fazem brotar as minhas" : ce sont les larmes du ciel qui font tomber les miennes...

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 19 Juillet 2013

20130719-009.jpg Photo (c) Luciamel, Père Lachaise 17/07/2013

 

 

 

Dehors, les enfants crient. Dehors, c'est l'été. Dehors, le temps s'emmêle les pinceaux.

 

22h57 me dit-on sur mon écran, le début d'un dialogue avec vous, de l'autre côté... de... l'océan.

 

Les écrivains vivent en vase clos... les écrivaines, elles, ne peuvent pas à la fois avoir une vie de famille et... sociale/professionnelle... (elles ont plus de mal que leurs confrères concilier vie professionnelle, vie familiale et vie créative... tiens, comme par hasard, une femme écrivain - une écrivaine - sera plus facilement célibataire pour mieux écrire... si elle a mari et enfants, elle aura tendance à abandonner son emploi - et à se faire entretenir par le mari et/ou par la société - pour pouvoir continuer à créer). L'homme, de tout temps, a su, a pu, travailler et mener carrière, d'autant mieux qu'il était marié (et non pas inversement comme c'est encore le cas aujourd'hui pour les femmes).

 

Je suis sur le point de terminer un livre, on ne peut plus classique de chez classique... il se trouve qu'il m'a fallu déménager en banlieue pour avoir le temps de lire... les livres qui restaient entassés depuis des années sur ma P.A.L. (pile à lire).

 

La femme écrivain, l'auteure, l'écrivaine en somme... qui a consacré toute sa vie à cette chose qu'est l'écriture, à cette chose qu'est la création, qui ne s'est pas posé la question - tout du moins pas de manière traditionnelle - du choix de la famille, de la vie de couple, de la maternité... comme devant être au-dessus de tout (über alles). Cette femme, je l'ai découverte en la lisant pour la deuxième fois.

 

Marguerite Yourcenar m'avait séduite autrefois dans L'oeuvre au noir , son roman initiatique et ésotérique qui m'avait tenue en haleine comme le faisaient ceux d'un Hermann Hesse. Là, j'ai été relativement désarçonnée par le choix de l'écrivaine - tant du point de vue littéraire, les mémoires, que de celui du point de vue, celui d'un empereur romain... - j'ai failli abandonner la lecture, au bout de 50 pages, "oh, là là, ça va être trop barbant...", et même s'il s'agissait d'un classique, de l'un des "must" de l'oeuvre de l'écrivaine, j'étais prête à me dire qu'il y avait aussi une part de snobisme intellectuel à devoir terminer le livre... 

 

Autre chose m'a captivée. Est-ce le style, l'écriture ? dont la pureté, l'élégance vous touchent à chaque fin de phrase, à chaque ciselure qui creuse dans votre imaginaire (votre monde intérieur) des objets, des êtres, des émotions, une intériorité... extérieure et lointaine dans le temps. Impossible de replacer le livre sur la P.N.L (pile non lue). Depuis, il fait donc le voyage avec moi, tous les jours, de Cergy à Paris.

 

Hadrien et ses mémoires. L'an... 150 environ. Un empereur romain. La barbe quoi... Eh bien non. Tout le contraire. Cette femme a fini par m'intriguer. Je savais qu'elle avait été la première femme académicienne, qu'elle était homosexuelle et avait fini sa vie aux Etats-Unis avec sa compagne. J'ai découvert à la lecture des Mémoires d'Hadrien (et sur Wikipédia...) qu'elle avait eu (et vécu !) une grande fascination pour l'homosexualité masculine... (sa vie s'était partagée entre des amours pour des femmes et pour des hommes homosexuels), et que son écriture, ses moeurs, sa tolérance, étaient très vastes.

 

Une question qui me taraude depuis belle lurette... l'écriture (littéraire) a-t-elle un sexe ? Yourcenar est l'un des beaux exemples de manifestation de l'esprit (littéraire ou autre) en dehors de l'enfermement dans un corps sexué. Son écriture, comme celle d'un Dostoïevsky, ou d'un Flaubert... n'est pas marquée par détermination génétique sexuelle.

 

 

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Photo (c) Luciamel, Père Lachaise, 17/07/2013

 


 

Je vous laisse l'apprécier (le texte a été publié pour la première fois en 1951, mais a commencé à être rédigé en 1924), citations de l'édition Folio des Mémoires d'Hadrien, 1974 :

 

"Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l'esclavage", p. 129

 

"La condition des femmes est déterminée par d'étranges coutumes : elles sont à la fois assujetties et protégées, faibles et puissantes, trop méprisées et trop respectées. Dans ce chaos d'usages contradictoires, le fait de société se superpose au fait de nature : encore n'est-il pas facile de les distinguer l'un de l'autre. Cet état de choses si confus est partout plus stable qu'il ne paraît l'être : dans l'ensemble, les femmes se veulent telles qu'elles sont ; elles résistent au changement ou l'utilisent à leurs seules et mêmes fins", p. 130

 

"La faiblesse des femmes, comme celle des esclaves, tient à leur condition légale", p. 131

 

"J'acceptais de me livrer à cette nostalgie qui est la mélancolie du désir", p. 272,  une belle définition de la saudade...

 

 

Il est 00h48... déjà... nous avons changé de jour... de siècle et d'univers...

 

 


 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 29 Juin 2013

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photo (c) Luciamel, Cergy, bords de l'Oise, le 23/06/13

 

 

 

 Belle lurette et  tout de go. Ca fait belle lurette que je n'ai écrit, et je m'y mets tout de go.

 

Les voyages font partie de mon arbre généalogique, de ma génétique, de ma vie, de mon être, comme la saudade est la source des vagues qui ensorcèlent ma vie.

 

Depuis que j'ai déménagé (voyez les épisodes précédents) je voyage. Tous les jours. Je prends le train et j'admire le paysage. C'est beau un train de RER A qui roule (moins quand il reste en rade sur la voie... et qu'il vous mène avec 30 minutes de retard à destination). Je ne me lasse pas de photographier de mes mirettes les arbres, le ciel, puis le fleuve et la rivière qui finissent par s'emmêler les pinceaux quand ils se croisent à Conflans "fin d'Oise". 

 

Plus trop le temps de venir vous raconter des bafouilles ici, mais alors, qu'est-ce que je lis ! (et dors... comme il est doux de poser sa tête contre le mur du wagon et de juste se laisser bercer par le mouvement de la rame, le RER A est, matin et soir, un gigantesque dortoir pour les travailleurs de ce pays : n'oubliez pas que sur les 26 millions d'actifs, environ 20 millions se lèvent tous les jours et affrontent un réel social de plus en plus tendu... ils contribuent à la richesse du pays, ils paient les impôts qui font tourner le bitogno, ils portent sur leurs épaules le destin de 61, ou 62, millions de Français (et autres)).

 

Donc, je lis.

 

Il se trouve que tous les livres que j'ai "parcourus" ces deux derniers mois ont trait au voyage. Ca s'est fait tout naturellement, ou en synchronicité...

 

Tout d'abord, et parce que je n'en avais pas encore parlé, ceux de Julie et d'Aude, dont nous avions salué la parution et le lancement lors de notre dernier MDB.

 

Aude Le Corff... toute frêle, toute douce... comme la petite fille qui nous raconte l'histoire de Les arbres voyagent la nuit. Car c'est bien elle la narratrice, même si elle se cache derrière un nom d'auteure... Voyage dans l'enfance, voyage dans la vie de couple, voyage dans la maternité, voyage dans le vieillissement, voyage entre deux identités, voyage au coeur de l'errance de nos vies, celle qui nous mène (comme les héros de son roman) à nous retrouver dans le lieu idéal des retrouvailles, notre nouveau monde, son Eldorado... à elle : le voyage vers le Maroc, lieu magique, sans nul doute. J'ai palpité comme la petite princesse de son conte, j'ai rêvé comme le vieux monsieur, et j'ai dévoré les kilomètres comme ses personnages.

 

Julie Gommes m'a touchée par son style, et son franc parler, on la suit, on y croit, on y est. On l'accompagne dans ses révolutions, dans ces révolutions qui ont fait (et font) l'actualité. Journaliste, elle a suivi les "événements" en Egypte, en Syrie et en Tunisie... excusez du peu. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle n'a pas froid aux yeux, et qu'elle nous fait comprendre ce que le métier de reporter, ou de journaliste indépendant, a de périlleux. Pourquoi y va-t-elle ? Pourquoi ne se contente-t-elle pas de vivre sa vie à Sète ? C'est un peu ce qu'elle nous raconte dans son petit ouvrage (par la taille mais pas par la qualité) :  Il était une fois les révolutions.

 

Un autre voyage... celui de Charlotte Delbo, découverte grâce à une fidèle lectrice de ce blog. Le récit s'intitule : Aucun de nous ne reviendra. Il commence ainsi :

 

"RUE DE L'ARRIVEE, RUE DU DEPART

 

Il y a des gens qui arrivent. Ils cherchent des yeux dans la foule de ceux qui attendent ceux qui les attendent. Ils les embrassent et ils disent qu'ils sont fatigués du voyage.

Il y a les gens qui partent. Ils disent au revoir à ceux qui ne partent pas et ils embrassent les enfants.

Il y a une rue pour les gens qui arrivent et une rue pour les gens qui partent.

Il y a un café qui s'appelle "A l'arrivée" et un café qui s'appelle "Au départ".

Il y a des gens qui arrivent et il y a des gens qui partent.

 

Mais il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent

une gare où ceux qui arrivent ne sont jamais arrivés, où ceux qui sont partis ne sont jamais revenus.

c'est la plus grande gare du monde."

  

 Charlotte Delbo nous fait revivre par l'esprit ce qui a été pour elle l'inconcevable expérience de la déportation, de la plongée dans les tréfonds de l'humanité (je ne dis pas l'inhumanité, car justement c'est bien ça la terreur, c'est de comprendre que cette horreur-là fait elle aussi partie de l'humanité). J'ai accompagné chacun de ses pas, j'ai ... ressenti...  ce que c'était que d'être en camp, à Auschwitz, dans la boue, dans la saleté, dans le froid, dans la noirceur, dans la douleur, dans la faim, dans l'agonie qui n'en finit pas, dans la vie avec les cadavres, parmi ceux que Dieu a laissés au Diable. Mais, sachons-le, le Diable n'est qu'une partie de Dieu. Et le mal, l'horreur la plus horrible, les crimes les plus atroces sont une partie de Dieu... et tout devra se défaire à un certain moment... Charlotte Delbo se contente (?) de témoigner, de nous faire part de la plus grande atrocité de l'humain contre l'humain. Ca s'est trouvé à Auschwitz, ça se retrouve ailleurs... et est parfois aujourd'hui banalisé (et toujours sublimé par les détraqués que le Diable réussit à embobiner...).

 

Aucun de nous ne reviendra, et elle en est revenue... on ne peut imaginer dans quel état.

 

Je garde non pas le meilleur pour la fin, mais Lis-bonne (Lis-boa), le voyage entre tous, celui qui me ramène à l'être de mon être, à l'essence même de mon voyage.

 

Une étudiante suisse me l'avait offert, il traînait dans ma PAL (ma PAL =  ma "pile à lire", merci Aude !) depuis un moment. Je sais qu'une adaptation en a été récemment faite au cinéma (avec Jeremy Irons, Bruno Ganz et Charlotte Rampling !!!  mais pas encore sortie en France), il s'agit de Train de nuit pour Lisbonne, de Pascal Mercier, auteur suisse alémanique, dont voilà le pitch en vidéo sur Dailymotion, en 1'18". Mon étudiante m'avait dit que c'était le plus beau roman qu'elle ait jamais lu. Je confirme, c'est dense, intense, fouillé, complet, très riche historiquement et culturellement parlant. Le plus beau roman... je n'irai pas jusque là, mais très bouleversant, oui (surtout, vous serez séduits par l'univers, le voyage... les références littéraires et historiques, le suspens). En lisant le livre (je n'ai pas envore vu le film), vous comprendrez mieux, peut-être, le voyage que moi j'ai fait à l'envers, vers vous. En résumé, un Suisse (bernois) de 55 ans (prof lunetteux de latin-grec) qui se retrouve embarqué malgré lui dans un train vers Lisbonne... Voyage sans retour ?

 

La bande annonce du film, Train de nuit pour Lisbonne (à venir...)

 

 

 

 

Et voici la version brésilienne de Paulo Costa de "O meu pais, o Toulouse" de Paulo Costa, bel hommage à NougarOooo... Toulouse...

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Mai 2013

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Il n'est pas un jour sans que quelqu'un (systématiquement les vendeurs dans les magasins, mais également tout un chacun dans ses échanges quotidiens) ne vous lance un "pas d'souci"... qui en dit long sur l'état d'inquiétude dans lequel nous vivons.

 

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- Je peux vous régler par chèque ?

- pas d'souci.

 

- J'aimerais prendre la voiture jaune,

- pas d'souci.

 

- Tu me prêtes ton téléphone ?

- pas d'souci.

 

- Pierre ne vient pas,

- pas d'souci.

 

- Jacqueline est repartie,

- pas d'souci.

 

 

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Ces "pas d'souci" qui ont sans doute remplacé les "pas d'problème" d'antan sont une formule qui devrait mettre à l'aise celui à qui elle s'adresse. Or, c'est tout le contraire, car un souci n'est pas un problème. Un problème se résout, ou tout du moins nous laisse entrevoir qu'il y a une solution. Un problème s'ancre dans le réel, tandis que le souci est la conséquence du problème : il est l'état psychique dans lequel nos problèmes peuvent nous plonger. Il renvoie à la psyché et non à la matérialité. Le souci ne se règle pas... il peut se surmonter, on peut y faire face... mais pas l'écarter... le souci vous submerge, le problème vous emm... bête. 

 

Pourquoi le vendeur, ou l'ami, ou la connaissance, ou même l'inconnu, se réfère-t-il à son état psychique quand je lui fais part d'une demande d'information, et d'une interrogation toute bête..?

 

Parce que le monde tourne... mal... parce que l'inquiétude est partout... et que les soucis sont les compagnons des passants du sans souci...

 

- Je t'aime,

- pas d'souci.

 

- Je te quitte,

- pas d'souci.

 

- Le soleil brille,

- pas d'souci.

 

- Il pleut,

- pas d'souci.

 

- Nous mourrons...

- pas d'souci.

 

 

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20130526-071.jpg Photos (c) Luciamel, entre fin avril et mai 2013 ... le passage de Paris à Cergy (en passant par Toulouse et Orléans...).

 

 

 

 

 

La passante du sans souci, de Jacques Rouffio, 1982.  

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 14 Avril 2013

20130402-003.jpg photo (c) Luciamel, jardin des plantes, le 02/04/2013, les frimas étaient encore là...

 

 

 

20130402-001.jpg photo (c) Luciamel, jardin des plantes, le 02/04/2013, les bourgeons bourgeonnaient...

 

 

 

20130414-003.jpg photo (c) Luciamel, jardin des plantes, le 14/04/2013, le cerisier du Japon est devenu la vedette...

 

 

 

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photo (c) Luciamel, jardin des plantes, le 14/04/2013, le cerisier du Japon, tout le monde en veut un morceau...

 

 

 

20130414-006.jpg photo (c) Luciamel, jardin des plantes, le 14/04/2013, tout le monde en veut un morceau, et moi aussi...

 

 

 

J'espère que cet hiver se termine par chez vous aussi. J'avais envie de vous parler de fleurs... car les temps sont plus que rigoureux, on se demande si l'hiver économique, social et politique, va bientôt déboucher sur un printemps. 

 

Comme Sainte Geneviève j'aimerais pouvoir vous serrer dans mes bras, et vous protéger... mais vous êtes comme les bourgeons... vous vivez au rythme de la nature, un jour vous vous libérerez et vous fleurirez, avec la seule aide du soleil.

 

 

 

20130414-002.jpgPhoto (c) Luciamel, le 14/04/2013, Sainte Geneviève protégeant Paris...

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 6 Avril 2013

20130402-006.jpg photo (c) Luciamel, le 02/04/2013, berges de Seine, jardin Tino Rossi.

 

 

 

 

tout ce qui nous retient de trop en dire...

l'amour sur les visages croisés,

l'amour qui, telle la sève après l'hiver,

fait surgir des fleurs au bout de nos pleurs.

 

 

 

 

 

"La romance des pêcheurs de perles" de Bizet, la version de Tino Rossi à découvrir ;))

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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