Publié le 13 Juillet 2008

C'est le week end de tous les sommets (la paix au Liban, la paix au Proche Orient, la paix israélo-palestinienne, la paix au Pakistan... euh... non pas encore..., la paix en Algérie, la Tunisie, la Syrie ? ce sont déjà de grandes démocraties... si, si..) de toutes les manifestations aussi... Green Peace a déployé une banderole sur la Tour Eiffel (ils dénoncent le grand business pour les centrales nucléaires orchestré par Paris), quelques malheureux Syriens ont essayé, bon an mal an, de se faire entendre dans un silence assourdissant, et des femmes ont affublé les statues de la place de la République de barbes pour exprimer leur ras-le-bol du mépris social et politique de la femme, la "barbe" (c'est le nom qu'elles se donnent).

Dans la grande mascarade... orchestrée pour le 14 juillet, tous les benêts ont été bernés... (normal ce sont des benêts... faut dire qu'ils avaient été doucement bercés par le disque de Carla...). Les discours, et je te congratule, et je te serre la main, accolades, sourires et déclarations de circonstance... ("quelques questions seulement, Messieurs-Dames les journalistes, qui n'êtes pas habitués à applaudir... en France, nous avons un dîner entre chefs d'Etat juste après...") le beau consensus était décrété (vous pensez, ils avaient travaillé d'arrache pied pendant 4 heures...), par notre président des présidents... : "On en avait rêvé, maintenant l'Union pour la Méditerranée est réalisée".

Le seul hic... c'est qu'en Israël personne n'y croit, et qu'Eoud Olmert dès qu'il sera rentré va se faire destituer... En Egypte on ne sait pas à quoi ça correspond, en Turquie on veut juste adhérer à l'UE, au Liban... on devrait quand même se méfier de la Syrie... et que ni la Lybie, ni l'Iran, n'étaient là... et qu'ils ne vont pas rester les bras croisés à se laisser tondre la laine sur le dos...

Sarkozy n'y croit pas non plus, mais il s'en fout... lui il en a pour six mois, il doit en mettre plein la vue, en attendant, il va nous faire une belle flambée de la Saint Jean... et personne n'y verra que du feu (c'est demain le feu d'artifice). D'autant que Carla a endormi les consciences avant avec son... hommage à Houellebecq.

Ils étaient 43 chefs d'état à être invités.

Parmi eux il y avait... DEUX femmes. Angela Merkel, représentante de cette moitié d'humanité qu'on dit féminine. Et pour se faire élire elle a dû batailler, on lui a reproché sa coiffure, son large fessier (qu'on a photographié pour bien montrer ses limites électorales), et c'est malgré tout ça qu'elle l'a emporté. Comme quoi, nous le voyons, pour descendre une femme politiquement, ne nous attaquons pas à ses idées, non... mais à ses tenues, ses tresses, ses lapsus (parce que, bien sûr, seules les femmes en font), sa psychologie, très important ça ! on pourra toujours démontrer par A + B qu'une femme est soit hystérique, soit parano, soit nympho, soit confuse mentalement (soit catho... : c'est le dernier argument de poids, avec images compromettantes à l'appui). L'autre femme était la Présidente finlandaise, pays exemplaire pour ce qui est de la parité hommes femmes.

Ca nous montre l'état du monde, ça nous décrit bien l'urgence à se souvenir de celle dont ces femmes à barbe... se sont fait les porte parole : Olympe de Gouges.

"Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, est une femme de lettres française, devenue femme politique et polémiste.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Elle est devenue emblématique des mouvements pour la libération des femmes, pour l’humanisme en général, et l’importance du rôle qu’elle a joué dans l’histoire des idées a été considérablement réévaluée à la hausse dans les milieux universitaires du monde entier." (Wikipédia)

Alors, pardon de ne pas y croire à votre sommet... ça va finir en eau de boudin... vous allez nous refaire le coup de la chevillette... chers loups...

Mais, pour nous, vous n'êtes plus que des canards, parfois boiteux d'ailleurs, et nous ne voyons plus que vos aiguillettes... et nulle chevillette.. à l'horizon.

Aux armes citoyennes !


                                                                 Olympe de Gouges


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 12 Juillet 2008

Après avoir parcouru le monde (et être passé au Portugal - tremblement de terre de 1755 oblige - où il a retrouvé sa chère Cunégonde), Candide en arrive, après moult pérégrinations, à la conclusion que tout n'est pas au mieux dans le meilleur des mondes ainsi que le lui avait enseigné son maître Pangloss (toute cause a son effet et inversement; tout peut s'expliquer et a donc sa raison d'être). A Pangloss, l'indécrottable optimiste, Candide rétorque : "Cela est bien dit, mais il faut cultiver notre jardin". Ainsi se clôt ce conte philosophique, lu au lycée, redécouvert hier soir, parcouru ce matin (quelle merveille d'écriture, quelle fraîcheur, à relire absolument).


 


Ne nous obstinons pas à dénoncer le "mal" (le malheur, la misère humaine) que nous voyons de par le monde, prenons notre courage à deux mains et transformons ce que nous pouvons, ici, dans notre petit jardin.

Observons autour de nous et sans tomber dans l'optimisme béat d'un Pangloss (c'est-à-dire Rousseau) dénoncé par Voltaire, comme lui notons que "si tout n'est pas bien, tout est passable".

Eloignons-nous du spiritualisme pascalien, à qui le philosophe des lumières reproche de "nous faire horreur de notre être. Notre existence n'est point si malheureuse qu'on veut nous le faire accroire. Regarder l'univers comme un cachot, et tous les hommes comme des criminels qu'on va exécuter, est l'idée d'un fanatique. Croire que le monde est un lieu de délices où l'on ne doit avoir que du plaisir, c'est la rêverie d'un sybarite" (Lettres philosophiques, Lettre XXV, Remarques sur les Pensées de Pascal)

Hier, deux charmantes étudiantes argentines m'ont offert une magnifique orchidée, j'ai d'abord été ravie, puis me suis sentie comme en dette à leur égard, je devais leur montrer ma joie, être plus gentille avec elles... et puis ça pouvait créer des jalousies, ai-je regretté (intérieurement)... Aujourd'hui, il ne me reste que cette splendide fleur qui éclaire si tendrement mon jardin. Nous sommes changeants, comme le temps, un jour gris, un jour blanc (c'est la couleur de l'orchidée).

La joie a mille visages, la tendresse en est un.

Cultiver son jardin consiste à semer des graines de tendresse; quand nous en voyons en fleur, empressons-nous d'en recueillir un pétale, une semence, pour la replanter en nous.

Les nouveaux papas, comme celui croisé un samedi affairé dans un grand magasin, son désarroi, son amour pour le petit être braillant sous son bras... m'attendrissent.

Dominique de Villepin ne cachant pas son émotion et son profond... "y a pas de mots, y a pas de mots"... ça me touche au plus haut point.

http://cosmos.bcst.yahoo.com/up/player/popup/?rn=1095452&ch=1299943&cl=8689950&src=fryvideo&lang=fr

Il se pourrait que ce matin encore je me sois réveillée avec le cerveau plein d'endorphines... quelle qu'en soit la raison, mon cher Pangloss, comme ça fait du bien.


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Joie

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Publié le 11 Juillet 2008



La misogynie est lovée dans nos cerveaux reptiliens, c'est elle qui a fait assassiner Benazir Butho, c'est elle qui a fait traiter Ingrid Betancourt de sainte nitouche allumée, c'est elle qui a fait perdre la meilleure candidate aux élections américaines (vous verrez...), c'est elle qui fait dénigrer Ségolène Royal, et la présente comme une bécassine, ou une parano (concernant les visites de son appartement). C'est elle qui toujours fera peser un doute sur les qualifications de Rachida Dati. C'est elle qui avait fait de Martine Aubry (avant qu'elle ne se fasse récupérer pour parachever le sale boulot qui consiste à démolir l'autre femme...) la mégère, la caractérielle ne pouvant décidément pas être présidente...

La misogynie c'est celle qui fait dire à une femme, en parlant d'une autre : "il ne suffit pas de porter de jolis tailleurs pour gagner"...

La misogynie c'est celle qui fait dire à une femme, en parlant à une autre : "tu es agressive, tu n'es pas assez douce avec les hommes, ils sont fragiles tu sais..."

La misogynie c'est celle qui fait dire à un homme : "je veux te voir une fois, je ne sais si je voudrai revenir, je me connais je risque de disparaître dans la nature, de t'ignorer après."

La misogynie c'est celle qui fait dire à un homme : "je, je, je... ma vie... tout pour mon travail... ma réussite... mon plaisir... mes vacances... ma maison... ma voiture".

Alors, pour ne pas paraître partiale je vais laisser la parole à un homme...

"Les femmes qui affrontent les hommes de face, assurait la mère de Sheila, ne vont nulle part; ou, plus exactement, elles perdent coeur et foyer. Les femmes qui traitent les hommes comme de rampantes créatures des ténèbres qu'il faut soumettre par la ruse, dirigent le monde.
Traite les hommes comme des serpents. Leur mythe dépasse de loin leur réalité.
(...) Aucun homme, jamais, n'est l'égal d'une femme forte.
Il a fallu la mort d'Indira Gandhi pour que les hommes forts de l'Inde retrouvent leurs couilles.
L'histoire regorge d'exemples similaires. Chaque famille. Regardez autour de vous."
Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh.


Oui, il vous faut une "femme de fer" pour vous plier... pour que vous acceptiez qu'elle assume les responsabilités... sinon vous la "tuez" la femme... ou lui demandez d'être douce... d'être compréhensive... d'écrire des choses gentilles sur son blog... et surtout de ne pas trop agresser les garçons (ça donnerait une mauvaise image des femmes).

Alors... serait-ce que je n'aime pas les hommes ?

Que je ne pense qu'à les agresser ?

Je n'ai pas besoin d'aimer "les" hommes (ou "les" femmes). J'ai besoin de comprendre le monde dans lequel je vis. J'ai besoin de savoir qui je suis, ce qui me limite, ce qui me conditionne, ce qui me donne des clés pour exister.

Quelqu'un qui me dit : "Le porte-bonheur n'est pas dans le trèfle à quatre feuilles, mais dans le désir de le trouver", ou : "On est allés en boîte rue Oberkampf. Mes copines se sont fait brancher par des mecs venant mater des "étrangères". Un gars m'a pris la tête parce qu'il n'avait trouvé aucune fille à draguer. Je me suis retrouvé avec un groupe de filles moches. Ce qui m'a consolé c'est qu'en fin de nuit je n'ai pas été le seul à rentrer sans baiser." Ca vaut tous les discours; ces deux étudiants (un homme, une femme) m'ont plus transmis, m'ont plus attendrie... avec leurs mots "étrangers" que Pangloss et toutes ses philosophies sur un monde parfait (cultivons notre jardin mon cher Candide).

La stupidité n'a pas de sexe, la méchanceté non plus, la misogynie non plus...

C'est contre une certaine bêtise qu'il faut se battre... (la nôtre avant tout, ça va de soi).

Deux femmes en avant première : Mariza et Concha Buika dans Terra


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #arts - livres - films -spectacles

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Publié le 10 Juillet 2008

Il y a des jours où on sent la vie nous caresser la peau. Comme une brise tiède dans la chaleur de l'été, ça nous frôle, ça nous surprend n'importe où, à la sortie du métro, sur l'escalator... en traversant au passage piétons... à côté du Centre Georges Pompidou,  en ouvrant la porte de l'appartement... qui, soudain, devient un havre de paix. Même la consultation de notre compte bancaire sur internet ne nous met pas ko par terre : ben, oui, quoi, il ne me reste que 100 euros pour terminer le mois (c'est-à-dire pour atteindre le maximum du découvert autorisé); même pas grave... je vais aller faire mes courses avec mes tickets resto... ah... ça va être dur (ce mot nous écorche les oreilles... et nous l'écartons "naturellement" de notre vocabulaire) si plaisant d'aller au supermarché qui accepte d'être réglé en tickets resto.

Drôle de sensation... comme des endorphines qui vous imprègnent le cerveau, des lunettes roses qui atterrissent sur votre nez. Vous savez, c'est la diffférence entre "vite, vite... que je sois rentrée, que la journée soit finie, que je sois soulagée de ce stress, je n'en peux plus..." et  "oh, que c'est joli la couleur de ce strapontin, et ce couple si charmant à la terrasse du café... oh... comme c'est beau l'amour... la confiance... et ce ciel, et ce feu qui arrête le mouvement des voitures... juste quand je vais traverser".

Et quoi que vous fassiez... ça ne veut pas se décoller.

Les plantes sur le rebord de la fenêtre deviennent merveilleuses, vous laissez des commentaires "sympas" et pleins de sollicitude aux blogueurs que vous avez bousculés la veille... vous les trouvez tous charmants, et "bons" par nature... vous êtes dans votre phase Jean-Jacques... Voltaire n'y pourra rien, vous planez dans votre rêverie...

Tout n'étant qu'une question de chimie, de biologie (osons le mot : d'hormones)... vous en arrivez même à vous dire que les anges, une certaine divinité, sont là à vous guider...

Tout le monde devient beau, tout le monde devient gentil.

Il y a des jours... où on voit la vie en rose. Chaque cellule, chaque bruit, chaque seconde... semblent arrêtés et pourtant vous chantent une mélodie.

Ce sont des jours qui commencent souvent par de la tristesse, par un abandon à la mélancolie... on s'y coule comme dans un bain enveloppant et réconfortant... ce sont les pleurs de l'enfant qui a mal et qui va être consolé par sa maman.

Je ne vais pas le bouder ce plaisir-là... et pour ce soir je vais même m'y prélasser.




Orfeu Negro.




Découvrez Orfeo Negro!





Découvrez Luiz Bonfá!


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Rédigé par Luciamel

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Publié le 9 Juillet 2008





Cristina Branco - Menino d'oiro (Abril)

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 8 Juillet 2008

La maison... revenir, pardonner, il y a si longtemps que je voulais changer, que je voulais revenir, me réveiller, laisser le jour revenir lentement, rester comme ça... Sentir de nouveau... cet amour, et peu à peu consoler cette douleur qui fut vécue... revenir à la maison... oublier la douleur sans avoir peur... trouver... pouvoir trouver... tout ce que je n'ai pas su donner... pardonner... savoir pardonner... accepter... laisser que le temps te fasse revenir... savoir t'attendre... (Rodrigo Leao, A casa)





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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 8 Juillet 2008

Il y a du sang au Pakistan,
Il y a du sang au Liban,
Il y a du temps à tuer,
à Paris.

Bon sang,
Ca fait longtemps
que tu nous fait lan...
guir... à Paris.

J'ai des amis ici,
j'ai des ennemis... ici
Ils m'ennuient à me haïr
Je les vois me trahir, aussi.

Luce, lumière, clairière,
Rien ne peut me faire taire,
Tu me portes, tu es l'air
où je vole... loin de l'enfer, ici. 

Mes pleurs ne sont rien,
que les cahots du chemin,
je leur pardonne,
et je suis bien...

Plaise au ciel
que vous soyez à votre aise
et que vous me laissiez
exprimer mon malaise.

Je ne demande que la liberté
Celle de vous contredire,
Celle d'exister,
Seigneurs du "je" moi "je".

Oui, je suis un "je" comme vous,
Je m'en fous de tout,
je, je, je, je, je et pas vous...
La loi  est telle, qu'on est fou.

Alors, voguez, voguez,
sur vos voiliers,
vous êtes les rois, les
petits princes régniers.

Alors, soyez
vivez,
devenez,
prenez...

le temps,
de ne pas tuer.




Roger Tabra, sa poésie.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 6 Juillet 2008



  

Tournez manège... circulez... consommez !!! Samedi, à mon arrivée dans ce temple de la consommation qu'est  le Forum des Halles, j'ai été surprise par ce contraste de policiers, de matraques, de menottes, et de rêves d'enfant.

J'allais moi aussi sacrifier au Dieu de notre monde : acheter. Nouvelle façon de prier : acheter. J'errais depuis 20 bonnes minutes dans la cathédrale du livre et du disque, dans le silence requis pour mieux me recueillir avant d'acheter, quand au rayon pour enfants, une voix de femme, une mère sans doute, fit résonner ces propos dans l'immensité : "C'est très important que tu apprennes à rester seule avec un livre, comprends-tu ce que ça signifie, le contact seul à seul avec le livre...?". La petite fille sembla agacée, et s'éloigna le corps un peu tordu, en équerre, un bras l'entraînant vers la terre... pendant que l'adulte continuait sa litanie...  

Une de mes prières venait déjà d'être exaucée, car j'avais déniché le livre tant recherché : Loin de Chandigarh, pour l'offrir à l'amie dans l'épreuve, et ainsi faire circuler la bonne parole... de Tarun J. Tejpal : "L'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le s...*",  première phrase du roman. Je traînais encore un peu, juste pour le plaisir de regarder, de toucher quelques icônes aux riches illustrations... Et, de nouveau, le silence fut brisé, cette fois par les cris d'un tout petit enfant, un presque bébé, enchevêtré horizontalement dans le bras de son probable papa. Je fus surprise par le calme de l'homme, sa capacité à rester stoïque et silencieux, je me dis que ça doit être ça les "nouveaux pères" : ils savent faire taire leurs émotions, ne pas perdre leur self-contrôle... dans des situations où les mères consolent, bercent, perdent patience, finissent par crier autant que leur progéniture. Ils assurent les jeunes hommes de 2008, pensai-je.

J'avais suffisamment médité, il était temps d'aller me confesser. Je me dirigeai consciencieusement vers les prétresses du lieu, choisies pour leur jeunesse et leur dévouement au Dieu de l'achat, qui, derrière leurs machines enregistreuses, font le décompte de nos péchés... Attendant mon tour pour faire pénitence, je vis passer toujours aussi silencieux, son petit, gesticulant et toujours aussi hurlant, sous le bras, le papa qui se résignait à partir sans communier...

Le nombre de fidèles attendant avant moi me laissa le loisir d'observer le chapelet de ceux qui s'avançaient à côté de moi... Là, vision d'un autre temps : de profil, un bel homme d'une trentaine d'années, d'une élégance sobre, près d'une jeune femme, de dos, elle regarde au loin, son port de tête me l'indique. Lui parle, elle conserve un silence hiératique. Il semble si amoureux, il caresse le haut de son bras, près de l'épaule, dans un geste enveloppant qu'il renouvelle souvent. Elle, toujours altière et silencieuse, se penche un peu plus vers lui, quand il lui montre par ce frottement de main toute sa vénération. 

Une fois de plus mes préjugés étaient balayés... Regarde, toi qui sans cesse décries la goujaterie, le manque de galanterie des Français... leur misogynie... regarde-le bien ! celui-là te démontre qu'un homme amoureux, fût-il français, peut se comporter, même en public, de manière délicate, dévouée, respectueuse, tendre, être un homme charmant. C'est alors qu'ils s'avancèrent vers la caissière, lui paya (naturellement...), et je les vis s'en aller. Il l'avait prise par la taille, et là... j'aperçus le visage de la jeune femme... asiatique... Chinoise ? Japonaise ? je n'eus pas le temps de le définir. Et oui, nos hommes sont charmants... uniquement avec ces modèles féminins... d'un autre monde, d'un autre temps... 

Je réglai ma note, toute à ma découverte... et dehors, sur les marches devant le magasin, m'attendaient le papa assis près du fils toujours à crier et pleurer, lui, visage fermé, visiblement dépassé... ou harassé.





A tous les hommes blessés, ou, simplement, comme nous défigurés par ce monde désarticulé... Valérie Leulliot, Mon homme blessé.



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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 5 Juillet 2008




C'est la maison où je suis née, derrière la petite fenêtre en bas à droite, celle qui est sous la palme... Le palmier n'était pas là à l'époque. C'était un mardi, à la toute fin de l'hiver, en début de matinée. Il paraît que c'était la panique... ma mère seule, avec mon père, la sage femme qui est arrivée après la bataille, ma tante, qui est venue donner un coup de main... Bref, tout le monde en a... "chié"... je suis sortie par les pieds... le cordon autour du cou bien enroulé... toute bleue... ("enfant bleu") je suis restée un certain temps dans une bassine d'eau, sans respirer, mon père a dit : "elle est morte"... c'est alors que je me suis mise à crier.

La maison a 100 ans, c'était celle de ma grand-mère, c'est là où sont nés tous ses enfants... et moi (la seule, je crois, des petits enfants à avoir eu ce "privilège", pas d'hôpital à l'époque, c'était il y a 48 ans).

Sur la gauche, il y a un vieil olivier, dans les champs, des poiriers, et derrière la maison, le verger... avec tous les arbres fruitiers plantés par mon père. Tout d'abord le puits, creusé par le grand-père... un large et immense puits... j'aime tant plonger mon regard dans cette eau surgie de la terre, ce miracle de vie... qui a irrigué les champs aux alentours... pendant des dizaines d'années. Près du puits un figuier, vieux aujourd'hui, planté par le fils aîné, mon père. Les deux, le puits et le figuier, sont comme indissociables... comme greffés l'un à l'autre. Les figues de miel... c'est leur nom... parce qu'en leur extrémité, quand elles sont bien mûres, suinte une goutte de miel...

A chaque retour, je me sens renaître. A chaque départ, je recommence ma vie.

Le chemin qui y mène... est un "beco", une impasse, qui porte aujourd'hui le nom de la famille.

Ces maisons sont ma chair, ces chemins sont mes veines, le ciel est mon air, les ruisseaux et leur verdure qui mousse de rayons... leur cresson, sont mon aliment, mon sang. Les vignes, les fleurs (semées par maman devant la maison, elle aime les camélias, la lavande, les roses, les oeillets), le pain pétri par ma tante et cuit dans le four avec les pommes de terre "à murro" ("au coup de poing"), avec des sardines grillées sur des tuiles, tout ça baigné d'huile d'olive, d'ail... et de joie.

Un jour...si... la vie le veut... je ferai un gîte dans cette maison, j'y accueillerai des voyageurs, des promeneurs. Je leur ferai découvrir les chemins à travers champs, à travers collines, bois de pins, d'eucalyptus, rizières, vergers d'orangers, de citronniers... nous croiserons toutes ces maisons... aux couleurs de l'arc en ciel... aux couleurs de la lumière.





Nous irons à São Jorge, prier la Vierge... ou les lutins... car c'est une région encore assez animiste...





Puis, je vous montrerai l'église où j'ai été baptisée... j'avais 6 mois, et il paraît que je riais beaucoup et battais des mains tant j'étais contente...





Devant l'église il y a un "seixo" (une pierre qui pousse...), à côté du chêne centenaire... On est animiste ou pas... et nous, nous le sommes...  




On nous dit un peu sorciers... nous ne sommes qu'humains... trop humains...


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 3 Juillet 2008

Vous partez sur l'océan... votre blog... votre vie... votre rendez-vous d'un soir (ou d'un matin, certains sont fous...) vous êtes là, face à tous les possibles... Dites-vous que l'innommable, l'insurmontable, l'insupportable, l'infréquentable... vont soudain s'ouvrir et vous laisser explorer leur immensité... vous en viendrez à bout : cette traîtrise d'une collègue, cette humiliation si forte, cette difficulté financière, ce blogueur rencontré un jour de mai... Vous pourrez demain voguer sur leur surface enfin pacifiée...

En attendant, votre rage... votre insatisfaction, votre petitesse vous rongent... Je vous en conjure, maîtrisez-vous... ne leur donnez pas tant de combustible pour leur feu... préservez vos forces.

Ne donnez pas tant... et donnez tout... sachez comment.

On vient un soir me visiter... tiens, quelle surprise, quelle joie même. Puis, on s'en va ailleurs, tiens quelle surprise, quelle déconvenue. On va, on vient... c'est la loi des sauriens (animaux à sang froid qui vous laisseront crever à côté d'eux, sans plus d'émotion que ça, sous prétexte que ça ne le vaut pas... et que eux le valent bien... des narcisses de la dernière mode, en somme...).

Alors, le secret... quel est-il ?

En vous, naturellement... en vous, personne ne pourra jamais le dérober. Ingrid l'a démontré (et, avant elle, Florence Aubenas, et des milliers d'autres, pas otages des FARC, juste otages de la "sale vie" qui les a éborgnés... Ingrid, elle a été éborgnée... mais elle revient plus lucide et plus forte que par le passé).

Je les vois les otages de la sale vie (ceux qui ne sont pas nés fils de diplomate, ni de ministre de l'éducation nationale, ni amis très proches de Dominique de Villepin... qui n'ont pas fait Sciences Po, qui ne sont pas un "otage de luxe" comme notre chère Ingrid) : eux, ils vivent avec leur salaire de misère, avec leur pas de salaire du tout... Eux, il n'y a aucun comité de soutien... pour leur venir en aide, pas de citoyenneté d'honneur... non, ils peuvent crever la gueule ouverte, il n'y aura ni Chirac, ni Sarkozy, ni Villepin, ni Uribe... pour déployer tous les moyens diplomatiques et militaires pour les délivrer de leur calvaire. Il n'y aura que des Mère Térésa, quelques soeurs Emmanuelle, ou des abbés Pierre... certains Coluche aussi... un Jésus... peut-être... mais c'était il y a bien longtemps...

Aujourd'hui, je vous le dis, pour défendre votre cause vous trouverez la terre entière (et la France de surcroît) si vous êtes bien né (dans une famille de la haute société) et si vous avez du sang français (a-t-elle dit, moi, je le dirais "bleu" ce sang-là). Et pourtant, je l'admire cette femme-là... mais, je ne peux m'empêcher de dire ma gêne face à cette-mise-en-scène-là...




Rodrigo Leao - Voltar (revenir)



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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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