Publié le 21 Février 2008

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Ce tableau fait partie du tryptique "Vanitas" de Paula Rego, née à Lisbonne en 1935, citoyenne de Londres depuis 1976, elle y est considérée comme l'un des plus grands peintres contemporains... Elle dit de son oeuvre : "je peins pour affronter la mort".  











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Ses thèmes de prédilection : raconter l'humain, en y mêlant autobiographie et symbolique, amour et domination, elle crée un univers qui ne peut que fasciner, intriguer ou irriter.














Vanitas 1, 2 et 3...

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Premiers mots de l'Écclésiaste : Vanitas vanitatum, et omnia vanitas, vanité des vanités, et tout est vanité.

« J'ai élevé des ouvrages magnifiques, j'ai bâti des maisons et j'ai planté des vignes. J'ai possédé des serviteurs et une nombreuse famille, et de grands troupeaux de boeufs et de brebis. J'ai entassé l'argent et l'or, le revenu des rois et des provinces ; j'ai eu des musiciens et des musiciennes... En tout cela je n'ai vu que vanité, affliction d'esprit ; rien de stable sous le soleil. »

 

 

 

 




http://www.youtube.com/watch?v=s0gKK6TeJOA

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 19 Février 2008

Je vous surprendrai sans doute en vous disant qu'au XIXe siècle l'image des Portugais était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui...

Saviez-vous, en effet, qu'une opérette de Charles Lecocq "Le jour et la nuit", entonnait la suivante rengaine ?

Les Portugais sont toujours gais
Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid !
Les Portugais sont toujours gais


Dans la même veine, Alphonse Allais aimait à rappeler que
"Ce n'est pas parce que les malais sont laids, les portugais gais, les colombiens biens que les espagnols sont gnols."

Aujourd'hui, et est-ce une nouvelle mode ? est-ce une identité ? c'est la saudade qui tend à les caractériser. Aujourd'hui, c'est la tristesse, la mélancolie, qui représente les descendants du peuple de Lusitanie.

Pour vous en convaincre quelques fados, bien sûr, mais aussi "un" samba et pour terminer une
morna !

Ce beau samba (en portugais le mot est masculin!)
réinterprétré, et traduit en français, par Stacey Kent, dans "Samba saravah" nous rappelle que si la samba (on est en France... donc respectons-en la grammaire) "est blanche de formes et de rimes, elle est nègre, bien nègre dans son coeur" :

"Je n'empêche pas les gens qui sont bien d'être joyeux, 
pourtant, s'il est une samba sans tristesse, 
c'est un vin qui ne donne pas l'ivresse,
non, ce n'est pas la samba que je veux"

Fado, mélancolie, tristesse... vous Portugais, quelle saudade coule dans vos veines, qui fait que vous avez contaminé tous les peuples avec lesquels vous vous êtes métissés ? Mariza le chante si bien, elle comme tant d'autres, au sang de fado mêlé : 

"sempre que se ouve um gemido,  dès lors qu'on entend la plainte
numa guitarra a cantar,                 d'une guitare qui chante,
o gente da minha terra,                 ô peuple de mon pays
agora é que eu percebi,                maintenant je l''ai compris
esta tristeza que trago,                 cette tristesse que je porte
foi de vos que a recebi."                  c'est de vous que je l'ai reçue



Et, pour clore le tableau, on n'oubliera pas Cesaria Evora et sa "sodade", sa morna... ici avec la Brésilienne Marisa Monte; elles chantent le "mar azul", cet océan que parcoururent leurs ancêtres marins .



On me dit parfois que je me complais dans la tristesse, que je me perds dans la mélancolie... 
J'aime à me remémorer la voix des voyageurs, j'aime à me rappeler que cette tristesse qui m'habite c'est d'eux qu'elle me provient.

Mais, mais... mais, mais, mais
, mais, Mai, Paris!!!

Ma vie n'est pas faite que de blues, que de déprime, la preuve :

aujourd'hui sur la ligne 11, en allant au boulot... je vois entrer... un... un... personnage de fiction, jeune, élancé, assez bien habillé;  il sort un livre, et  se met à déclamer :

"Une chose étrange quand vous connaissez la langue française, ce sont les verbes irréguliers, le verbe ouïr par exemple..." 

Je le regarde, d'abord intriguée puis très vite fascinée; il dit son texte, il s'élance, il joue avec les mots, il s'en délecte, il les machouille, il jubile et je jubile de tant d'audace, de tant de liberté. Je note le titre du livre qu'il tient à la main et qu'il consulte de temps à autre... Oh, que c'est bête, je suis déjà arrivée à Belleville, je le salue un peu maladroitement, il me salue en me disant que le texte n'était pas extrait de ce livre mais de Matière à rire de Raymond Devos. Je pars, réjouie d'avoir ouï de si belles choses.

  

Moi aussi métissée, car la culture française est un terreau qui me nourrit; la culture de Devos, celle du Canard Enchaîné, celle de l'ironie, du sarcasme aussi, celle de l'auto-dérision, celle qui chante à tue-tête :

"les Portugais sont toujours gais toujours gais..."

et qui se moque de trop de fado...

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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Publié le 19 Février 2008

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Henri Salvador est parti un 13 février, Alain Robbe Grillet un 18 février.


Du premier j'aimais "Une chanson douce" ou “Maladie d’amour” chantée à Rio en 1942… il y retourna pour enregistrer son dernier album “Révérence” en 2006.

D’Alain Robbe Grillet j’avais lu en terminale La modification, j’en ai un souvenir studieux et ennuyé… Puis, j’avais découvert, voici quelque temps, un personnage étrange et  énigmatique… sa femme Catherine. Lui, impuissant, elle, maîtresse d’orchestre de soirées sado-masochistes hautes en couleur, pour lui et sa libido. Preuve d’amour, ou lien névrotique… Quelle importance, après tout ?

Ce n’est pas tant que l’on se vive comme sexuellement différent, ça chacun s’en débrouille à sa façon, mais qu’on éprouve le besoin de le raconter, et de le rendre public, qui m’étonne grandement.

Maladie d’amour, maladie de la jeunesse, si tu n’aimes que moi, reste tout près de moi… et “L’année dernière à Marienbad” (film d’Alain Resnais de 1961, dont Alain Robbe Grillet avait écrit le scénario) se marient si bien dans cette sublime bande annonce :

“Je me souviens de vous, et de vos yeux de jade, là-bas à Marienbad, là-bas à Marienbad…” (Barbara)

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #arts - livres - films -spectacles

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Publié le 18 Février 2008

Soudain, sous la douche (ça peut arriver n'importe où), la prise de conscience, la révélation implacable : je pourrais citer le nom de tant de femmes admirables, mais d'hommes... combien ?

Tout d'abord, cela a-t-il une quelconque importance d'admirer un être humain et, en quoi, son genre, homme ou femme, intervient-il dans la valorisation que nous en faisons ? Oui, qu'il s'agisse de femmes d'exception comme Alexandra David Néel (cf. l'article de
Philiberte) ou Sabina Spielrein (ici), leur exemple nous éclaire sur les montagnes à gravir, ou les profondeurs à apprivoiser. Elles deviennent nos initiatrices, nos éducatrices. Elles libérées, sont un repère pour notre humanité. Est-ce plus simple de se projeter dans la vie de quelqu'un de même sexe que le sien ? Probablement.

Admiration au sens (je cite Le Petit Robert) : "Sentiment de joie et d'épanouissement devant ce qu'on juge supérieurement beau ou grand (...) "Il y a dans l'admiration on ne sait quoi de fortifiant (HUGO)". Il ne s'agit ni de l'idôlatrie amoureuse, ni de la soumission sociale que certaines femmes ont besoin d'éprouver pour choisir leur compagnon. 

Ainsi que le rappelle très justement Marcela Iacub dans cette interview accordée au Figaro.fr "Selon les démographes, encore à l’heure actuelle plus de 90% des femmes se mettent en couple avec des hommes plus âgés et plus diplômés qu’elles. C’est-à-dire qu’elles continuent encore à considérer que leur réussite personnelle, leur promotion sociale va passer par le compagnon et par l’enfant. Elles sont toujours, comme le disait Beauvoir, dans l’immanence".

Cherche désespérément hommes à admirer, comme modèles, comme éclaireurs...

Avant de prendre ma douche, j'avais lu
ceci sur le blog de Véro. Dès lors, j'avais éprouvé un "sentiment de joie et d'épanouissement" face à l'humanité "supérieurement belle et grande" qui nous y est relatée, le même qu'au moment de ma lecture de cet article du Monde.fr sur l'engagement de Daniel Barenboim auprès du peuple palestinien. 

La révélation descendit chaude et humide sur ma peau, elle me doucha littéralement : cet homme était admirable ! son courage, sa force, sa ténacité en faisaient un éveilleur de consciences, un exemple à suivre. Je me souvins de mon émotion première à la découverte de son engagement, des larmes qui étaient montées à mes yeux. Que d'eau, que d'eau...

Je ne pouvais m'arrêter en si bon chemin, il m'en fallait d'autres... des figures exemplaires. 

Je pensai alors à mon article de la Saint Valentin (ici) où Leonard Cohen apparaissait en moine bouddhiste-zen : "you have loved enough"... un peu déprimant peut-être, alors voici, le plus entraînant "here it is"  euh... oui, c'est sûr, faire zazen ça calme...




Puis, presqu'en superposition m'apparut (toujours dans la salle de bains!!!) la silhouette de Grand Corps Malade, oui, me dis-je, en voilà un homme bien ! une personne que je respecte profondément, grâce à lui j'ai eu la révélation (encore une!) du slam. Je dois l'avouer, cela me fait tout drôle de l'écouter, entre l'émerveillement et la tendresse... C'est un grand! 

Et puis, je songe à tous ces hommes que je côtoie, qui, par leur courage face à la maladie, la leur ou celle de leurs proches, nous fortifient et nous incitent à aimer la vie. Lui, par exemple, qui est en train de perdre la vue mais qui continue à s'émerveiller d'une expression sur un visage, d'un geste, d'un sourire... Lui, et lui... et lui... et lui...

Est-ce dans l'épreuve et la maladie, qu'on devient admirable ? pas toujours sans doute, pas seulement... 

Hmm, ça fait du bien d'admirer.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 17 Février 2008

L'amour est chose délicate, l'amitié l'est tout autant... si ce n'est plus. Vous aimez quelqu'un, vous voulez le lui dire, et vous voulez qu'il vous aime en retour... Quoi de plus... naturel ?

Seulement, vous n'êtes pas toujours tel qu'on vous désire. Vous avez des aspérités. Vous décevez. Vous faites des efforts, et de temps à autre, rien n'y fait, vous déplaisez à certains ! 

La solution, la "pente naturelle" (est-ce "la pente douce" ?) consiste à ne pas fréquenter, à ne pas se frotter à celui qui est différent :

"Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arrache-toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse-toi tu pues, et marche à l'ombre !"
(Renaud)

L'autre solution, l'autre pente, consiste à se conformer à ce qu'on attend de vous; à ceux que vous appréciez qui vous veulent tels qu'eux. Alors, vous leur faites plaisir, vous les singez, vous avez les mêmes idées qu'eux. En somme, vous vous flattez mutuellement ! C'est l'une des particularités de l'amitié, de la bonne entente sociale. C'est la base de la sociabilité, de la politesse... cela l'est tout autant des sectarismes, ou, tout du moins, des communautarismes qui fleurissent partout et même en ces jardins que sont les blogs. 

J'ai eu l'occasion de m'accrocher à certaines blogueuses, sur leur site, leur jardin, leur terre d'élection... j'ai eu le malheur d'irriter leur superbe, leur image d'elles-mêmes, et de déclencher leur courroux. Aucune insulte, à aucun moment, de ma part, juste une opposition d'idées, de point de vue. Eh bien, c'est le pouvoir suprême que vous offre votre site, vous pouvez couper le sifflet à celui qui dérange votre train-train, votre auto-satisfaction ! on m'a laissée commenter, en ne se privant pas d'aller jusqu'à l'insulte verbale pour répondre à mes propos jugés dérangeants, on a même indiqué que mes commentaires, par honnêteté, ne seraient pas effacés ! Mais, au bout d'un certain compte... on a bloqué mon accès au site en question, ainsi qu'au site d'un "ami" blogueur. Lui a-t-on fait comprendre (et comment ?) l'intérêt qu'il y avait à me bannir ?

Drôle de monde.

Je ne sais, décidément, que croire... préférant me dire que "la vérité est ailleurs", forcément dans la complexité.

Mais, pourquoi être si amère ? En fait, je ne leur en veux pas... J'ai depuis un certain temps épuisé mon animosité, en d'autres bras... Il ne me reste que le désir de me faire comprendre, que le désir de comprendre. Alors, j'y suis retournée sur le site, juste pour voir. C'est là où j'ai vu que mon adresse avait été bloquée.

Pour détendre l'atmosphère j'aimerais écouter, et vous proposer Brasil (c'est un clin d'oeil à ces dames...)





et Ana Moura, fadiste, pour mon plaisir à moi...

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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Publié le 15 Février 2008

Le matin à 9h, les visages tout juste débarqués de leur voyage de la nuit. Un homme habillé simplement, et rasé de près, fait la manche, il doit parler. 

"Excusez-moi de vous déranger... nous vivons en République. Dans une grande démocratie, personne ne devrait avoir à faire ce que je fais, personne ne devrait être un laissé pour compte... mais comme nous vivons dans une grande démocratie bientôt ça va s'arranger... En attendant, est-ce vous pourriez m'aider d'une petite pièce ou d'un ticket restaurant, d'un sourire ?"

Un homme cherche une pièce dans son porte-monnaie, n'en trouve pas... L'autre lui dit : "c'est rien, merci quand même" et s'éloigne.

Annie Ernaux écrit des livres que je n'ai pas lus. Dans le dernier numéro de Télérama, le contraste du visage de cette femme de 67 ans,  avec certains des propos de la journaliste : "ses amours violemment charnelles ou humiliantes". Elle parle de révolution, de politique, de Bourdieu. Cette femme m'intrigue et m'attire.

A la sortie du métro, un homme assis en haut des marches, près de lui une boîte en carton découpée, des pièces qu'il y a posées, pour bien indiquer où, et combien, on peut donner, il sort de sa poche une autre petite pièce jaune qu'il ajoute à celles déjà assemblées, il prend soin de bien placer l'ensemble de façon à rendre l'étal attractif. Une jeune femme revient sur ses pas, pour apporter sa contribution à l'édifice. 

Dehors, l'air est frais, froid même. C'est un matin de la mi-février.

Ensuite, G. me parle de Mercedes Sosa et d'Ariel Ramirez... d'Alfonsina y el mar. Je connais la chanson... de Mercedes, la reprise de Cristina Branco, il me raconte l'histoire... de cette poétesse, du début du XXe siècle, née en Suisse, dans le Tessin, émigrée à l'âge de 4 ans en Argentine, féministe, amie des plus grands poètes, de Borgès entre autre. Ses thèmes, la mer, la mort, le suicide. Elle est une véritable légende en Argentine : Alfonsina Storni, qui, à 40 ans, atteinte d'un cancer, et après avoir écrit un dernier poème d'adieu ("je vais dormir") s'avance vers la mer pour s'y plonger à jamais. 


Te vas Alfonsina con tu soledad
¿ Qué poemas nuevos fuiste a buscar ?
Y una voz antigua de viento y de sal
Te requiebra el alma
Y la está llamando
Y te vas, hacia allá como en sueños,
Dormida Alfonsina, vestida de mar.


Je dirai, comme Mercedes Sosa : "gracias a la vida" car, aujourd'hui, elle m'a fait cadeau de... tout ça. Que la nuit nous porte jusqu'à demain.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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