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Publié le 14 Novembre 2013

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Photo (c) Luciamel, Raseira, le 1er novembre 2013, l'olivier était gorgé d'olives cette année.

 

 

Ecrire sur le mystère des mystères,

notre venue au monde

notre disparition du monde.

 

Qu'est-ce que le monde ?

 

Je viens de commencer (par hasard ?) un livre qui s'approche de ce questionnement : celui d'Eric-Emmanuel Schmitt, La secte des Egoïstes, dont la 4e de couverture dit :

 

"Et si la vie n'était qu'un songe ?Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ? A Paris, un chercheur découvre par hasard, à la Bibliothèque nationale, l'existence d'un excentrique, Gaspard Lanheunhaert, qui soutint cette philosophie "égoïste" dans les salons du XVIIIe siècle."

 

C'est étrange parce qu'à la mort de mon père, survenue le 30 octobre dernier, j'ai relié sa disparition à la pièce de Fernando Pessoa, Le marin. Trois soeurs veillent le catafalque où repose leur soeur décédée. Elles parlent. Soudain l'une d'elles conçoit l'existence d'un marin... au loin. Elle finit par se demander si tout, et elles, ne serait pas que le fruit d'un rêve, celui de ce marin...

 

Dans la traduction de Bernard Sesé, aux éditions José Corti :

“Pourquoi est-ce que l’unique chose réelle dans tout cela ce ne serait pas le marin, et nous, et tout ce qui est ici, seulement un de ses rêves ?” (p.55)
“Oh, quelle horreur, quelle horreur intime dénoue la voix de notre âme et les sensations de nos pensées et nous fait parler et sentir et penser quand tout en nous demande le silence et le jour et l’inconscience de la vie..." (p.63).
Cinq personnes : Trois Veilleuses, le Marin et “la cinquième personne […] qui tend le bras et nous interrompt chaque fois que nous allons sentir ” – composent ce “drame en âme”.
“Ne sentez-vous pas tout cela comme une araignée qui d’âme en âme nous tisse une toile noire qui nous attrape ?”

 

J'ai veillé moi aussi. J'ai senti moi aussi la présence du marin, au loin. 

 

Pour toi mon père, parti en ta 82e année, ce chant qui dit que c'est la douceur... qui t'a tenu la main, celle d'Elisa sans doute, pour t'aider dans ton dernier voyage. Vous êtes deux maintenant qui de l'autre côté m'aidez à rêver... ma vie.

 

 

 

 

 

Et ce très bel hommage d'Anis à son ami Zé.

 

  

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Publié le 4 Décembre 2011

20111203-Art-de-rue-003-copie-3.jpg                                                 Photo (c) Luciamel, Père Lachaise, 03/12/2011

 

 

 

 

Je me demandais pourquoi on aimait tant Lolobobo... tous étaient là à le citer, tous semblaient se nourrir de sa prose... Je suis allée voir (surtout parce qu'il m'a citée pour le concours ELLE blogueuses : NON, je n'ai pas gagné, loin s'en faut... merci à vous... les admirateurs transis, les lecteurs de passage, les copains/copines... qui avez voté  pour moi - je n'ai recueilli que 31 voix, ce qui, surtout en multipliant par 15 la voix de l'ami(e) dévoué(e), ne fait pas grand  monde, allez.... vous avez été 10, au grand maximum, à avoir cliqué sur le site ELLE,  je vous comprends, c'était tellement compliqué, moi-même je n'ai voté que deux fois pour "Mamzelle Carnetto"... alors que je la soutenais totalement... Merci à Olympe, merci à Mtislav, à Polluxe et à Mike, dont je sais qu'ils ont joué ce jeu... quelles qu'aient pu être leurs réserves par ailleurs. Je sais que dans ces cas-là (de vote, de choix) il y a également la jouissance de NE PAS VOTER... (un grand plaisir virtuel... l'abstention... pourtant, le vote blanc serait beaucoup plus efficace que l'abstention, celui qu'avant de mourir Saramago a défendu dans La lumière blanche: la révolution par le vote blanc : vous ne votez pas, pas pour moi... ni pour personne,  mais au moins faites reconnaître que vous ne votez pas!).

 

Je reviens à mes moutons... donc. Lolobo on l'aime, tous l'aiment. Pourquoi ? Juste parce que son site se consacre à citer les blogs qu'il a lus. Wouah !!! que de lecteurs, que de personnes (blogueurs/blogueuses) charmées...Alors, on le drague, on le cite. Normal. Va falloir que je m'y mette moi aussi.

 

Pourtant, même pas envie de vous faire une longue revue de blogs... j'ai lu de belles choses cette semaine :

 

chez Euterpe;

chez Olympe ;

chez Lolobobo..;

chez Sarkofrance (euh... moi aussi je vais jouer la transparence... j'ai eu... euh... 40 visiteurs hier);

chez la divine;

chez Mtislav, l'ami des pigeons;

chez Alina Reyes, chaque jour, Dieu en son jardin..;

chez Célinette, ma chère, maintenant, comme moi, elle vit en couple..;

chez Yanick qui vous offre des cours de couture à Paris...

et d'autres dont j'ai oublié de copier les liens...

 

Egalement, ma balade au Père Lachaise, hier, et ces photos d'une drôle de fontaine Wallace customisée :

 

 

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20111203-Art-de-rue-006-copie-3.jpg                         Photos (c) Luciamel, Père Lachaise, fontaine Wallace, le 03/12/2011.

 

 

 

 

 

 

 Adele, someone like you...

 

 

 

 

Ma douce... je pense si souvent à toi...

 

 

J'ai vu Time out : le temps qui se décompte de nos veines... les riches qui toujours vampirisent ce que nous sommes (les DSK, les Sarkozy, les Guéant, les Hollande...), ils volent ce qui nous fonde : l'essence même de notre  vie, l'amour qui jamais ne pourra être possédé par eux les nantis... alors, ils paient des prostituées, alors ils se paient des journalistes... alors ils affichent leur liste de mariage sur le site des Galeries Lafayette. Tenons-nous prêts à faire sauter leurs banques, à les braquer, avec les armes, pour rendre au peuple ce qui lui est dû... allons chez eux (chez les propriétaires de L'Oréal, chez les gros bonnets du grand capital), et de l'indécence faite inhumanité... délivrons-nous, comme dans Time Out.

 

 


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Publié le 1 Novembre 2011

 

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               photo (c) Luciamel, Père Lachaise, octobre 2011, "Elisa Serra" oeuvre de Zoltan Zsako

 

 

 

 

 

Avis à mes amis blogueurs : je ne vous lis presque plus... c'est tout juste si j'allume mon ordinateur chaque jour. Mon Iphone me donne des nouvelles de vous par intermittence... car, en vérité, que nous apportons-nous d'essentiel ?

 

Nous nous laissons des commentaires (ah la belle affaire !) de temps en temps, histoire de nous montrer que nous nous aimons, réciproquement et réflexivement...

 

http://luisdecamoes.files.wordpress.com/2009/11/adamastor-palacio-da-pena.jpgCertains me disent que le monde est au bord du gouffre, et qu'Adamastor va bientôt nous avaler. D'autres croient que les extra-terrestres nous ont déjà colonisés. Cela me fait rire cette peur qui nous taraude, nous humains, depuis la nuit des temps, de mourir et de disparaître corps et biens.

 

Que la nuit vienne, que le monde cesse, qu'importe après tout ?

 

A quoi bon s'accrocher mentalement à ce qui n'est rien du tout ? Notre chair va se défaire, nos soucis financiers, de santé, familiaux, nos amours...  vont cesser de nous tourmenter, nos pleurs vont cesser de couler. Un jour. Bientôt.

 

(photo : Adamastor, palacio da Pena, Portugal)

 

 

Billet désespéré ? cela serait l'indication du bonheur qui vient... à celui qui n'attend rien, à celui qui est sans espoir aucun, à celui qui sait que le pire est toujours certain, à lui appartient la sérénité.

 

Mais pauvre de moi qui espère encore tant, qui aime d'amour, qui désire et souffre de toujours voir les étoiles s'éloigner à mon approche.

 

1er novembre, jour de Tous les Saints. A vous qui nous avez quittés trop tôt, vous que je vois briller dans le ciel au loin, recevez mon message incarné... Délivrance est notre nom.


 

 

 

 

 

Mariah Carey, Without you.

 

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Publié le 30 Avril 2011

 

20110430-dessin-de-rue-001.jpg                                     photo (c) Luciamel, dans ma rue, un dessin... le 30/04/2011

 


 

Il y a deux ans, ton coeur s'est arrêté, dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Je t'ai vue vivante pour la dernière fois vers 20h ce soir-là. C'est drôle... mais j'ai l'impression que depuis deux jours tu me souris de ton au-delà. Une bougie brûle, cette nuit elle s'éteindra.

 

Aujourd'hui, tu m'as fait écouter The DO sur FIP... toi, qui l'as connu tout gosse Dan... Hier, tu m'as conduite à la Belle Hortense, où j'ai cru retrouver nos soirées d'antan, celles où on fréquentait les artistes du quartier latin, les poètes, les chanteurs, les écrivains... Quelle belle nuit, magique comme au temps jadis... Figure-toi qu'ils voulaient tous aller au Connétable... Je suis rentrée bien sagement... mais je n'ai pas beaucoup dormi.

 

Tu voles légère autour de moi. Tu souris, tu ris même, je le sens, et te désoles de me voir pleurer.

 

Toi, ma soeur. Tu me dis : "bientôt, bientôt, nous serons réunies, pour de nouveau nous émerveiller d'être en vie".

 

Attends-moi, la vie n'est pas longue à passer. Et toutes les deux on reviendra chanter, danser, rire... et exalter les couleurs de nos instants.

 

Pour que jamais ne cesse notre joie.

 

 

20110430-dessin-de-rue-002.jpg                          tu me regardes de l'au-delà... tu souris... Photo (c) Luciamel, dans ma rue, le 30/04/2011

 

 

 

 

 

 

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Publié le 28 Janvier 2011

 

 
                                          Ana Moura, Primeira vez (Première fois)

 

 

Vous allez raler, vous allez vous dire : "elle nous fait encore son pathos", et, ça, je devrais y prendre garde car c'est l'une des raisons pour lesquelles mon ancien petit ami a rompu : mon pathos... (mon fado... pourtant, il l'adorait, disait-il, le fado). Comme un pauvre narcisse il a pourtant préféré fuir ma maison que le malheur avait frappée. Lui, il voulait la légèreté... Elle est restée dans son esprit, la légèreté... dans son esprit malade de ce qu'on appelle schizophrénie. Comment communiquer avec ceux dont la maladie est justement la rupture du processus de communication, la difficulté à "être au monde" ? Accepter la coupure, la non communicabilité. Renoncer à eux, renoncer à construire quoi que ce soit avec eux. Et continuer sa vie. 

 

Aujourd'hui le graveur a fait son oeuvre, il a inscrit le nom et les dates de naissance et de mort de ma soeur sur la pierre. 

 

On était là, Thierry (mon beau-frère) et moi, les larmes au bord de l'âme, les bras malhabiles à vider l'eau croupie d'une jardinière... comme ancrés dans cette réalité-là : l'absence. Pour laisser un peu tranquille le graveur, on s'est un peu éloignés dans l'allée d'Arman, Chabrol, et Mano Solo. Le Père Lachaise est devenu notre résidence secondaire, bientôt on en connaîtra toutes les anecdotes, toutes les nouveautés...

 

Un jour la joie, un jour la colère, un jour la légèreté, un jour la tristesse, un jour la détresse : voilà ma vie. 

 

Viendra-t-il un jour le pur bonheur ? à quoi bon l'espérer ? Le pur bonheur est dans de si petites choses, si brèves... qu'il serait fou de vouloir le mettre en cage. Je l'ai voulu, l'emprisonner, mais je n'ai saisi que le souffle de mon corps prêt à expirer. 

 

La mort d'Elisa m'a délivrée de la peur de ma propre mort... comme si elle avait passé le cap (de bonne espérance ?) avant moi... Comment pourrais-je avoir peur maintenant de ce que toi tu as dû traverser ? Toi, la courageuse, toi, la guerrière de notre temps. 

 

 

Voici les photos glanées aujourd'hui au Père Lachaise :

 

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  Elisa Serra-Brillanceau, en son domaine... l'océan, la couture, la nature, et les artistes, ses amis. 

 

 

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                          Claude Chabrol, dont le nom, tracé au crayon depuis des semaines, n'est toujours pas gravé.

 

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                                                                     Mano Solo, en son jardin... 

 

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                                                                          Une minette en balade, un minou ?

 

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                                      Photos (c) Luciamel, 28 janvier 2011, Père Lachaise.

 

 

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Publié le 18 Janvier 2011

Petit avertissement : ceci est un poème écrit après une visite au cimetière du Père Lachaise, le jour où la stèle pour la tombe de ma soeur a été mise en place. Cela faisait presque deux ans que nous attendions, divers problèmes... avec le fondeur (la stèle est ornée d'un bas relief créé par Zoltan Zsako, en clin d'oeil au Radeau de la méduse sur la tombe de Géricault, auquel il fait face), puis avec le marbrier, ont étonnamment retardé la livraison du monument (même si ça semble monnaie courante dans ce secteur, cf. le problème rencontré par Chloé Mons la compagne d'Alain Bas(c)hung durant la même période, Bashung est mort le 14 mars 2009, Elisa le 1er mai de la même année, sa pierre tombale à lui vient d'être installée, mi-décembre, comme quoi la célébrité... quand vous êtes mort, ne sert plus à rien... id. pour Chabrol). Les deux, trois, pierres tombales se retrouvent à quelques tombes l'une de l'autre... 

 

Ceci est très... personnel, très intime, peut-on écrire, n'est-ce pas indécent, de telles choses sur un blog ? J'utilise cette catégorie de mes billets "Ma douce", pour communiquer, à ma façon, avec un au-delà de moi-même... avec l'univers, à travers vous, avec peut-être un inconscient collectif. Une autre catégorie avait été dédiée à ma soeur de son vivant "Le bel amant", c'est pour elle que j'avais écrit cette nouvelle, pour la distraire, la surprendre, elle, alitée pendant 4 ans, elle l'attendait chaque semaine "Le bel ami" comme elle l'appelait, elle n'aura pas lu, ou pas ici, le dernier épisode. 

 

J'aurais sans doute dû écrire cet avertissement dès le départ... je suis un peu impulsive, parfois. J'ajouterai aussi en fin de billet un clip youtube, celui de Bashung... la chanson qui, ici même, me parlait tant avant... leur décès. 

(ajouté le 21 janvier)

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A toi ma belle, ma douce, 

à toi qui fus telle,

j'ai gravi le mont de la douleur,

celui qui me mène à toi ma soeur,

et à la tombe,

que tu nies encore dans mes rêves,

vers ce lieu qui dit nos vies brèves. 

 

 

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Ce n'est que pierre, ce n'est que bronze,

c'est ton image, et ce n'est qu'un songe,

je le sais,

pourtant, nous ne sommes que cela. 

Ton âme survit, mais moi ici... 

je ne la vois pas. 

Je n'ai que le bronze, je n'ai que la pierre,

pour te pleurer, pour exister.

 

 

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Ils peuvent bien, tous, crier, je t'entends rire,

toi, tu m'as laissé cette leçon : la joie. 

Toi, qui, le corps meurtri, le corps blessé,

riais de plus belle à la vie. 

 

Ton dernier souffle, ta dernière colère,

ça a été contre cette satanée gastro,

qui ne te laissait pas savourer

chaque aliment, chaque moment,

chaque plaisir, d'être en vie.

 

 

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Tu es partie, la nuit...

pour ne pas nous réveiller, sans bruit,

sans doute, t'es-tu rendormie,

affaiblie par la satanée gastro,

et puis, tu avais trop vomi. 

 

 

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Ta tombe, le lieu où, moi aussi,

j'irai, un jour, me coucher,

parce que toi et moi, on est

soeurs ! pour la vie !!! 

 

 

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photos (c) Luciamel, oeuvre de Zoltan Zsako, tombe d'Elisa Serra (1962-2009), Père Lachaise, carré romantique, parcelle 21.

 

 

 

 

Résidents de la République (Alain Bashung)

Un jour je t'aimerai moins

Jusqu'au jour où je ne t'aimerai plus
Un jour je sourirai moins 
Jusqu'au jour où je ne sourirai plus
Un jour je parlerai moins
Jusqu'au jour où je ne parlerai plus
Un jour je cou rirai moins
Jusqu'au jour où je ne cou rirai plus

Hier on se regardait à peine
C'est à peine si l'on se penchait
Aujourd'hui nos regards sont suspendus
Nous résidents de la république
Où le rose a des reflets de bleu
Résidents, résidents de la république
Des atomes, fais ce que tu veux

Un jour je te parlerai moins
Peut-être le jour où tu ne me parleras plus
Un jour je voguerai moins
Peut-être le jour où la terre s'entrouvrira

Hier on se regardait à peine
C'est à peine si l'on se penchait
Aujourd'hui nos regards sont suspendus
Résidents, résidents de la république
Où le rose a des reflets de bleu
Résidents, résidents de la république
Chérie, des atomes, fais ce que tu veux...

 

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Publié le 4 Décembre 2009


La nuit s'en vient,
La nuit s'en va,
Que nous importe...
Nous qui ne sommes
que le leurre
des heures
qui sonnent.

Elisa, tu t'appelais,
Elisa, je t'appelle encore,
Je me rappelle.

Qu'il est facile de pleurer,
comme la douleur sait
nous ensorceler.

Toi, tu riais,
à tout bout de champ,
surtout la clé... des champs...
et comme tu l'as prise celle-là.

C'était une vidéo,
on la regardait...
toi allongée sur ton lit
moi, te filmant, abrutie...
Je te demandai :
c'est bien ?
"euh, non !"
me répondis-tu.
Ah, ce n'est pas bien ?
C'est quoi ?
C'est "la clé des champs"...
Ah ? "la clé des champs" ?
Oui, la clé des champs...

Toi, enfermée dans ta chambre.

S'il y a un Dieu de l'autre côté,
qu'il te vienne en aide,
qu'il te guide sur ce chemin aride,
qui suit notre mort.

Ne croyez pas vous les vivants,
que vous vous en sortirez si facilement...
car, après, la lutte continue encore...

Ma belle, ne sois pas impatiente,
attends-moi encore un peu...
j'ai quelques trucs à finir
avant de te rejoindre.

Courage, le boulot n'est pas fini !
Ni le tien, ni le mien.

En attendant je nous l'offre la clé !

DES CHAMPS...


Photo (c) Luciamel, ma soeur, Elisa, à La Maison sur Seine.

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Publié le 13 Octobre 2009

Et pourquoi, bon sang, l'ai-je lu cet article ?

Avais-je besoin, sous prétexte qu'un étudiant n'était pas venu à son cours (endormi quelque part l'étudiant...) de feuilleter distraitement
Le Parisien (on a les lectures qu'on peut mon bon Monsieur), et de tomber sur ça... ?

Une femme a jeté une bouteille à la mer, une autre l'a ramassée, une troisième s'est mise en quête de la première, durant des années, elle en a même fait un livre (ça finira en film, moi je vous le dis), jusqu'au jour où elle l'a retrouvée (la femme qui avait jeté la bouteille à la mer). La première était désespérée de ne pouvoir faire le deuil de la mort de son fils, cette bouteille était son message à la vie... son besoin de se délivrer de ce poids si lourd, la disparition de ceux qu'on aime. Elles se sont rencontrées. Aujourd'hui la troisième va faire rééditer le livre avec une dédicace au fils. La bouteille est devenue objet de musée.

Alors, en attendant celui qui n'est pas venu, j'ai commencé à pleurer. Puis j'ai cessé. J'ai fait cours (à Tini). J'ai quitté le travail, et j'ai croisé une voiture de pompiers... (ce sont eux qui sont venus constater ton décès, ils étaient là aussi le jour où tu t'étais déchiré les chairs des tibias en glissant sur le sol, c'était le jour de mon anniversaire on avait passé la journée aux urgences de St Antoine, pardon à mes lecteurs...
pour le pathos... je sais que toi là-haut tu rigoles de tout ça maintenant) de nouveau les larmes... une photo de Nadal dans le métro (c'était ton champion) et rebelote... Non, ça ne peut plus durer, me disais-je en découpant consciencieusement le poulet qui allait mijoter dans le citron, le thym, le gingembre, les oignons... (comme tu aurais aimé... bouuhhhhh). Et voilà que de la rue ça a surgi, va savoir pourquoi, un manant, un saltimbanque qui s'est mis à faire jouer très fort un haut parleur tout en s'accompagnant d'une clarinette. C'était Amstrong, c'était du jazz (tu l'aimais tant...), et ça a résonné fort dans ma rue...

Noèse... m'a donné le fil... en consultant mes flux (ah, les fameux RSS), je l'ai suivi... celui de la douleur, ne pas lutter inutilement, laisser les vagues déferler, laisser la peine chanter. Quelle honte y a-t-il ? Je connais l'océan, je sais ses brumes, ses tourmentes, mais jamais il ne m'a abandonnée sans un signe, sans un pays à retrouver.

Tiens, à toi... de l'autre côté... ma bouteille à la mer.

Et voilà la bouteille que toi tu m'as envoyée :


When the Saints go marching in

(paroles Louis Amstrong)

Well when the saints go marchin'in
Well when the saints go marchin'in
Oh Lord I want to be in that number
When the saints go marchin'in

When the sun refuses to shine
Well when the sun refuses to shine
Oh Lord I want to be in that number

 


When the sun refuses to shine

Well when the saints go marchin'in
Well when the saints go marchin'in
oh Lord I want to be in that number




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Rédigé par Luciamel

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Publié le 13 Août 2009


Le laurier séché, accroché sur la poutre de l'entrée, est tombé sous mes yeux. Avant déjà, pendant mes vacances, près de lui, le mobile en coquillages s'était écroulé, au bout de 10 ans, retenu par un fil sur un clou, il a soudain lâché (il était censé me protéger des esprits).

Mon père semble abattu, amaigri... il vit, mais quelque chose en lui s'est brisé, il se met à perdre pied... littéralement, il doit s'accrocher aux murs car ses jambes par moments ne le portent plus. Et puis, plus récemment, il se retrouve sans voix... sa bouche se paralyse.

Nous sommes telles des branches séchées, des maisons vidées (image du film, que je n'ai pas encore vu...
Le temps qu'il reste, où l'on montre ce qu'est notre monde quand nos plus chers ont disparu...).

Nous sommes sans voix, nous perdons pied.

Le violoncelle m'apaise, le vent dans mes cheveux, le merle qui vient d'attraper un insecte et le tient dans son bec, le rire de ton fils, les rêves qui me guident, la fin du monde qui ne saurait tarder.

Que se passe-t-il sous terre ? ça angoisse Lucas... au bout de quatre mois, comment est ton corps ?

Je voudrais lui dire ce que me disait ma grand-mère : "Il est un très grand mystère, car c'est celui qui prouve l'existence de Dieu. Regarde ce bâton, ce bout de bois sec. Comment peux-tu expliquer qu'il a pu, ou pourrait porter des feuilles, des fleurs ?"

Pendant mes vacances, mon arbre a failli mourir, celui dont je ne sais toujours pas ce qu'il est : prunier ? abricotier ? un jour, il a poussé dans un de mes pots, un noyau tombé du ciel (mon voisin du dessus, qui soit arrosait trop ses jardinières, soit me gratifiait de ses mégôts de cigarette... a dû négligemment jeter la semence d'un fruit...). 15 jours pratiquement sans eau en plein mois de juillet, quand je suis rentrée toutes les feuilles étaient désséchées. J'ai taillé, arrosé, et miracle... le voici affichant un nouveau printemps. Couvert de jeunes feuilles vertes, il vient me confirmer qu'il faut toujours se méfier de ceux qui nous annoncent la mort des arbres (que n'ont-ils coupé les branches et arrosé ?).




Ce corps, dont on te dit qu'il pourrit, se couvre de fleurs, de feuilles et de fruits, dans une autre dimension, ou quand nous ne l'attendons plus.








Photos (c) Luciamel (en haut l'arbre mystérieux, en bas mon mandarinier qui, après des fleurs inespérées, a donné de beaux fruits).

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 1 Juillet 2009



Je vous laisse pour quinze jours... (deux semaines en fait, mais en français on dit quinze jours... ça amuse beaucoup mes étudiants japonais... deux fois sept = quinze... en français).

Je m'en vais au pays de l'océan, au pays de mes origines, à la source du fado... Je suis un peu triste cette année... (très) car ma douce... ma princesse, ma petite soeur, ne pourra pas y retourner... au pays de son enfance, de notre enfance, des chemins... du sable, des fraises cueillies au bord des champs... des souvenirs... Mais, heureusement, elle est partout maintenant. Ici et là-bas. Seule moi je reste limitée à mon présent.





As Maos Que Trago
Paroles Amàlia Rodrigues

Foram montanhas, foram mares,
Foram os números, não sei
Por muitas coisas singulares
Não te encontrei, não te encontrei
E te esperava, te chamava
Entre os caminhos me perdi
Foi nuvem negra, maré brava
E era por ti, era por ti!

As mãos que trago, as mãos são estas
Elas sozinhas te dirão
Se vem de mortes ou de festas
Meu coração, meu coração
Tal como sou, não te convido
A ir esperar onde eu for
Tudo o que eu tenho é haver sofrido

Pelo meu sonho alto e perdido
E o encantamento arrependido
Do meu amor, do meu amor !



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Mes mains, les voici

Ce furent des montagnes, ce furent des mers,
Ce furent les nombres, je ne sais
Pour des raisons bien singulières
Je ne t'ai pas trouvé, pas trouvé
Mais je t'attendais, je t'appelais
Au milieu des chemins, me suis perdue
Je fus le sombre nuage, les vagues déchaînées
Et c'était pour toi, c'était pour toi !

Mes mains les voici, ces mains sont les miennes
Elles seules te diront
S'il revient de la mort ou de la fête
Mon triste coeur, mon triste coeur,
Celle que je suis ne t'invite pas
A aller m'attendre là où je vis
Tout ce que j'ai c'est d'avoir souffert

Par mon rêve haut et éperdu
Par l'enchantement blessé
De mon amour, de mon amour.



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Texte, photo et traduction (c) Luciamel

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