Vendredi 9 mai 2008
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21:52
pas celle de mai, non ! celle d'avril (abril)... celle qui fut célébrée à mon arrivée "no meu pais" ce 25 avril
dernier. D'abord, il faut que je vous parle de Manuel Alegre... un poète. Le Portugal est le pays où les poètes sont aimés, lus, et admirés. C'est un pays d'eau, qui espère tout en chantant la
désespérance.
Voici ce que je copie sur lui d'Wikipédia :
Manuel Alegre de Melo Duarte, né le 12 mai 1936 à Águeda, est un poète et homme politique portugais, résistant au
régime de Salazar pendant lequel il était exilé en Algérie.
Membre du Parti Socialiste portugais, il s'est pourtant présenté à l'élection présidentielle portugaise en 2006 en tant que
candidat indépendant, ce qui ne lui a pas empêché une seconde place surprenante devant son ancien ami et historique socialiste Mario Soares. Il est actuellement député au parlement portugais et
récent fondateur d'un mouvement citoyen résultant de sa candidature.
Ceci également volé au Net : "Manuel de Melo Duarte Alegre. Poète, engagé dans le combat contre la dictature, emprisonné, puis exilé à Paris et à Alger, où il dirige la radio Voz da
Liberdade. Sa popularité dans les années 1960-70 est très grande au Portugal, notamment grâce à la chanson (Trova do vento que passa). Député et ministre après le 25 avril 1974. « Il a pu
apparaître comme le poète officiel de la nouvelle république portugaise. Mais il y a chez lui une ambition intellectuelle différente de celle des néo-réalistes de naguère. Sa poésie est un survol
de l'histoire et une interrogation sur le destin de l'homme. Il est significatif que son dernier recueil se situe sous l'invocation de Dante, à la fois le plus “engagé” politiquement et le plus
métaphysicien des poètes."
C'est lui qui, pendant son exil, a écrit ce fado (de Coimbra ! un jour je vous expliquerai la différence entre le fado de Coimbra et
celui de Lisbonne...) : "trova do vento que passa". Comment traduire ça ? trova, c'est la chanson du troubadour... "o trovador", chanson du vent qui passe... certains
ont traduit rime du vent qui passe... car la trova c'est aussi la rime. Cela fut interprété par Adriano Correia de Oliveira (l'un des chanteurs de la révolution avec le grand Zeca Afonso), car en tous pays les révolutions se chantent !
Donc voici :
Vous aimeriez connaître les paroles, le sens... Pour les paroles, c'est facile, nous avons Amalia et son karaoké...
Pour le sens... je vais essayer de vous en approcher (ma traduction reste à améliorer...), ici le texte intégral du poème,
dont Adriano Correia de Oliveira chante la première et les 2 dernières strophes, à vous de retrouver celles choisies par Amalia.
Pergunto ao vento que
passa Je demande au vent qui passe
notícias do meu país des nouvelles de
mon pays
e o vento cala a desgraça le vent tait la disgrâce
o vento nada me diz. le vent rien ne me
dit.
Pergunto aos rios que levam Je demande aux fleuves qui portent
tanto sonho à flor das águas tant de rêves à fleur d'eau mais
e os rios não me sossegam les fleuves ne m'apaisent pas car
levam sonhos deixam mágoas. portent les rêves laissent des peines.
Levam sonhos deixam mágoas portent les rêves laissent des peines
ai rios do meu país oh fleuves de
mon pays
minha pátria à flor das águas ma patrie à fleur d'eau
para onde vais? Ninguém diz. où vas-tu ? Personne ne dit.
Se o verde trevo desfolhas Si le vert trèfle tu effeuilles
pede notícias e diz demande des
nouvelles et dis
ao trevo de quatro folhas au trèfle à quatre feuilles
que morro por meu país. que je meurs pour mon pays.
Pergunto à gente que passa Je demande aux gens qui passent
por que vai de olhos no chão. Pourquoi ils vont tête baissée.
Silêncio -- é tudo o que tem Silence -- c'est ce que répond
quem vive na servidão. celui qui vit
asservi.
Vi florir os verdes ramos J'ai vu fleurir les vertes branches
direitos e ao céu voltados. droites et au ciel dressées.
E a quem gosta de ter amos Et à celui qui aime avoir des maîtres
vi sempre os ombros curvados. j'ai toujours vu les épaules courbées.
E o vento não me diz nada Et le vent ne me dit rien
ninguém diz nada de novo. personne ne dit rien de neuf.
Vi minha pátria pregada J'ai vu ma patrie clouée
nos braços em cruz do povo. aux bras en croix de son peuple.
Vi minha pátria na margem J'ai vu ma patrie sur la rive
dos rios que vão pró mar des fleuves qui vont à la mer
como quem ama a viagem comme celui qui aime voyager
mas tem sempre de ficar. mais qui toujours à terre doit rester.
Vi navios a
partir
J'ai vu partir des navires
(minha pátria à flor das águas) (ma patrie à fleur d'eau)
vi minha pátria
florir j'ai vu
ma patrie fleurir
(verdes folhas verdes mágoas). (vertes feuilles vertes blessures)
Há quem te queira ignorada Il y a qui te veut ignorée
e fale pátria em teu nome. et parle en ton nom patrie.
Eu vi-te
crucificada Moi,
je t'ai vue crucifiée
nos braços negros da fome. en de sombres bras affamée.
E o vento não me diz nada Et le vent ne me dit rien
só o silêncio persiste. Seul le silence
persiste.
Vi minha pátria parada J'ai vu ma patrie
arrêtée
à beira de um rio triste. au bord d'un fleuve
si triste.
Ninguém diz nada de novo Personne ne dit rien de neuf
se notícias vou pedindo si des nouvelles je demande
nas mãos vazias do povo dans les mains vides du peuple
vi minha pátria florindo. j'ai vu refleurir ma
patrie.
E a noite cresce por dentro Et la nuit grandit au dedans
dos homens do meu país. des hommes de mon pays.
Peço notícias ao vento Je demande des nouvelles au
vent
e o vento nada me diz. et le vent rien ne me
dit.
Mas há sempre uma candeia Mais il y a toujours une chandelle
dentro da própria desgraça au centre de la misère même
há sempre alguém que semeia il y a toujours quelqu'un qui sème
canções no vento que passa. des chansons dans le vent qui passe.
Mesmo na noite mais triste Même dans la nuit la plus triste
em tempo de servidão aux temps de
servitude
há sempre alguém que resiste il y a toujours quelqu'un qui résiste
há sempre alguém que diz não. il y a toujours quelqu'un qui dit non.
'Manuel Alegre'
Par Luciamel
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Publié dans : Portugal
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