Publié le 29 Avril 2009

En didactique du FLE, mais aussi en didactique du français... on parle de centration, il y a des modes : centration sur la méthode, centration sur l'enseignant, centration sur l'apprenant... Le principe étant de déplacer le centre. Alors, une méthodologie remplace la précédente, on se trouve à l'heure actuelle dans ce qu'on pourrait qualifier d'éclectisme (un peu de tout à la fois, et un essai de gestion de la complexité, merci Edgar Morin). Evidemment, ça donne envie, à certains, de retour en arrière : revenir à la bonne vieille méthode syllabique, avec centration sur le maître : celui qu'on doit respecter (on se lève quand il entre, on le vouvoie). Sauf que ça n'est pas si simple à mettre en place : le passé.

C'est en gros ce que nous a expliqué Jean-François Khan (JFK) : que le centre avait explosé, qu'il n'existait plus, que maintenant il fallait considérer ce nouveau centre comme étant révolutionnaire, au sens de la révolution galiléenne... changer le centre de place; ce n'est plus la Terre qui est au centre du Monde (la droite, la gauche, alternativement), mais c'est le Soleil (le Modem...).

Je l'ai écouté JFK, j'ai même apprécié d'échanger avec lui, j'aurais aimé débattre bien plus longtemps. Mais, et ce fut le grand hic de la soirée, ça semblait "bricolé", alors que je sais que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir face à soi quelqu'un de cette envergure (intellectuelle s'entend), et qui vous répond d'égal à égal (sans spin doctor lui...), avec élégance et simplicité. Alors, la prochaine fois, les gentils organisateurs... essayez de limiter les dégâts !

Tout a commencé, par ces jeunes de banlieue me demandant où se trouvait la Place de la République (j'étais square du Temple), tout droit, leur dis-je. Elle se tourne vers lui et maugrée quelque chose, lui ironise, bref ,un couple. Et sur un mur cette splendide chose. Une Marianne, si belle, semblant m'accueillir. C'est de bon augure, pensai-je, vu qu'on allait en interviewer l'ancien directeur.



J'arrivai tôt, j'aime pouvoir bien me placer. L'endroit me sembla moins chaleureux que la dernière fois... pourquoi ? les verrières ouvertes, le bruit de la circulation. JFK arriva assez tôt, 20h je crois, seul, pas comme Michel Barnier, entouré de ses conseillers en communication... J'ai appris très récemment que l'un des organisateurs (?) de la République des Blogs (Meilcour) était aussi, avec sa société de communication, spintank, le conseil de Monsieur Barnier, ceci expliquant, peut-être cela.



Je me pris encore à observer que la plupart des personnes présentes avait tout juste la trentaine, constatai avec résignation que nous serions deux femmes sur... 20 blogueurs présents (oui, c'était un peu la déconfiture aussi côté participation de la blogosphère).

Quelques hommes encravatés arrivèrent, plus âgés... Je me suis dit, tiens, lequel pourrait être Didier Goux ? Un homme barbu, au regard bleu un peu jazzy... lui serait-il Dorham ? mais vous savez ce que c'est, une femme seule, face à tant d'inconnus... j'ai préféré ne pas décliner mon identité.

Le blogueur, la blogueuse aussi et j'y reviendrai, est un animal aux moeurs bizarres.

J'admire la chaleur, et la gentillesse je le répète, avec laquelle Jean-François Kahn s'est prêté au jeu de nos questions. Le bruit venant du dehors, le froid nous entourant... Pas grand monde, donc, je pouvais facilement poser mes questions, cette fois-ci pas besoin d'invoquer le Titanic.



Elles furent les suivantes :

"Vous avez dit que vous souhaiteriez vous allier à d'autres, croyez-vous avoir choisi le bon camp ? Je vais citer Eric Zemmour, excusez la référence, lorsqu'il a dit que la plus grosse erreur de François Bayrou avait été de refuser la proposition de Ségolène Royal d'être son Premier Ministre, elle aurait pu, ainsi, gagner. Zemmour a aussi ajouté qu'à ce moment-là, et par ce refus, Bayrou avait signé sa mort en politique. N'est-ce pas aussi ce que vous risquez en vous ralliant au Modem ?"

"Ne croyez-vous pas que vous vous chevènementisez ? que le Modem se chevènementise ? en n'étant là que pour faire perdre les autres ?"

Quand JFK nous indiqua qu'il voulait lutter contre la corruption de ce monde, arrêter tous les excès du capitalisme, avec une proposition de taxe sur les flux financiers (ceux sur le court terme), qu'il ne supportait plus que la droite et la gauche alternent et se repassent le pouvoir, je lui demandai :

"Croyez-vous vraiment que les dirigeants du Modem arrivés au pouvoir se comporteront différemment ? Je me réfère à la juge Eva Joly qui dit qu'on ne peut à un haut niveau de pouvoir (et même en démocratie) s'opposer à la corruption (c'est-à-dire l'abus du pouvoir, les privilèges et le côté intouchable) ?"

Ce qui m'a le plus déçue ce ne sont pas ses réponses, non, elles étaient très justes et, encore une fois, sincères. Je les ai écoutées. Non, ce qui m'a déçue, ce sont certains blogueurs présents. Leur grossièreté. Certains à l'autre bout de la salle, ou même assez près, en train de bavarder et de boire sans se soucier de la personne invitée. Puis, quand Jean-François Kahn à qui l'on a dit, après une heure, qu'on n'avait plus de questions à lui poser, relança le débat en nous demandant ce que nous pensions, nous, de la loi Hadopi. Je me suis dit : respect ! je l'aime bien ce gars-là.

Au bout d'un moment, il a pris congé (certains s'étaient levés même avant qu'il ne finisse, un couple s'est assis à côté de moi, sans aucune gêne d'arriver comme un cheveu sur la soupe... c'est ça la blogosphère... t'arrives et tu pars quand tu veux, tu commentes ou pas, tu dis pas bonsoir, tu dis pas au-revoir...). 

Ce qui m'a déçue, c'est d'entendre, à peine avait-il eu le dos tourné, l'autre femme présente autour de la table commenter : "c'est nul ce qu'il a dit, comment peut-on être aussi nul ? et t'as vu il n'a fait aucune proposition !" (ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit en tête du classement Wikio...). Sauf, qu'elle ne l'a pas ouverte sa petite bouche, sa grande intelligence, pendant tout l'échange, elle l'a juste regardé, en lui souriant... Alors, les filles si vous venez la prochaine fois, faites entendre votre voix  pendant le débat (plutôt que de juste commenter après : déformation de blogueur, ou blogueuse, oblige ?).

Quoi qu'il en soit, merci aux organisateurs de cette rencontre, la République des blogs, d'avoir permis (même si les conditions n'étaient pas idéales) qu'elle ait eu lieu.


Photos (c) Luciamel
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texte légèrement modifié, (Lucia un peu adoucie... par le miel...) jeudi matin

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Avril 2009


Il serait temps que nous, femmes, fassions entendre nos voix un peu plus sur la place publique (la res publica).


Il serait temps qu'à la République au si beau nom, pour honorer la statue de femme la symbolisant, nous soyons un peu plus présentes, avec nos jolies trombines, que sur les couvertures glacées des magazines.


Je m'y suis rendue lors de la dernière session (Michel Barnier en était l'invité), je fus la seule femme à intervenir. Venez nombreuses, car la République, la société, a besoin que nous la représentions. Il s'agit de la République des blogs.


Le lieu est fort sympathique : café Le pachyderme, 2, bis bd St Martin, Métro République... mercredi 29 avril à partir de 19h (on peut dîner et papoter après avec les blogueurs, majoritaires... la dernière fois à près de 90%, et les blogueuses... peu nombreuses donc).


L'invité, dans le cadre des élections européennes, étant cette fois-ci Jean-François Kahn (tête de liste Modem).


J'y serai. Vous me reconnaîtrez au rouge que j'aurai arboré, en attendant que vous commandiez le vôtre : bleu ou blanc ou rouge.



D'abord publié sur Ladies Room, ce jour.
Photo (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Avril 2009

Hier, en promenade dominicale dans mon quartier, et passant comme à l'accoutumée rue Vieille du Temple, j'ai croisé, à l'aller, ces étranges animaux enlacés (tiens, faudra demander à Roswitha qui est JB). Au retour, quelques heures plus tard, sur le trottoir venant vers moi, deux jeunes gens (un homme et une femme), d'environ 25 ans. Dialogue :

- Moi, je sais pas attendre. Disait-elle, en souriant vivement.
- Les filles, normalement, elles se font pas désirer, machin..? Lui aussi était tout sourire.
- Oui, mais moi, je sais pas atteeeendre ! répéta-t-elle, au bord du rire.


Puis, de retour en mon jardin, j'ai songé aux doux printemps passés, aux cerises cueillies, aux impatiences coquines. Plus tôt dans la journée, sur FIP, Cristina Branco me l'avait déjà rappelé, avec son fado emprunt de sensualité, son Longe do Sul (Loin du sud).




"Longe do Sul  
Longe do Tejo    
E bem melhor o amor   
Perto de ti, beijos de côr  
(...)
Basta-me o compasso do rouxinol
(...)
O teu corpo é uma espada,
Largo ao incerto
E baixo a guarda". 

Loin du Sud
Loin du Tage
L'amour est bien meilleur
Près de toi, baisers en couleurs
Le compas du rossignol me suffit
Ton corps est une épée
Je m'embarque vers l'inconnu
Et je baisse la garde
(Cristina Branco, traduction libre)





Et Barbara, avait renchéri avec sa mélodie des corps mêlés...

"A peine le temps s'est posé,
Printemps, hiver, automne, été.
Tu t'en souviens ? C'était hier,
Printemps, été, automne, hiver.
A peine tu m'avais entrevue,
Déjà, tu m'avais reconnue.
A peine tu m'avais souri
Que déjà, je t'avais choisi.
(...)
Et je m'enroule au creux de toi
Et tu t'enroules au creux de moi".
(A peine, Barbara)




Un heureux hasard, vient de me faire entendre à l'instant Camille :

"Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre
sur le nombre de jours qui
jonchent le sol
d'octobre

Mâle si tendre
au début de novembre
devint sourd aux avances de l'amour
mais quel mal me prit
de m'éprendre de lui ?

Sale décembre
comme il est lourd le ciel
sais-tu que les statues de sel
ont cessé de t'attendre ?

Pâle septembre
Entends-tu le glas que je sonne ?

Je t'aime toujours d'amour
je sème l'amour"





Photos (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 24 Avril 2009




Tiens, aujourd'hui c'est vendredi, alors j'ai acheté Vendredi (l'hebdo qui reprend sur papier 'sa' sélection des textes publiés sur le Net, blogs et blogueurs sont à la fête, ils sont les premiers à verser leurs deniers, après avoir fourni, quasi bénévolement (?) leurs billets, pour avoir  leur quart d'heure de gloire, celui dont Warhol disait que tous l'espéraient). J'ai constaté que le tarif avait changé... d'1,50 euros on est passé à 2 euros, purée ! sacrée augmentation, due à quoi ? on ne nous a pas expliqué... la crise sans doute. Dorénavant, je lirai Vendredi sur le Net... ou je ne le lirai plus, la crise quoi. J'économiserai, sur 3 ou 4 semaines ça me paiera un ciné.

 

J'ai également acheté Siné Hebdo (pour la première fois), 2 euros aussi. J'ai aimé l'édito de Guy Bedos, enthousiaste sur le film Welcome, comme il l'avait été sur le film Survivre avec les loups. Moi aussi, j'avais suivi Misha, comme Philiberte... or, nous avons déchanté, car Misha avait menti. Gardons-nous de trop nous exalter, on le voit avec Ingrid Betancourt... de trop grands enthousiasmes, ou de trop fortes virulences pourraient nous faire tomber de haut.

Dans ce même numéro, Onfray, déjà habituellement, il m'agace... celui qui fait son beurre sur l'athéisme, en ayant un discours on ne peut plus doctrinal... : il rejette toute religion, mais les reprend une à une, obsessionnellement... C'est comme un de mes collègues qui veut se faire débaptiser (il semble très déterminé) sous prétexte qu'il est athée... bon, si on est athée, le baptème n'a aucun sens, alors pourquoi se débaptiser ? seulement pour ne plus figurer sur les registres de l'église catholique ? Effectivement, ça me semble un combat d'importance... Je lui ai dit qu'il allait finir catho intégriste... à force de s'intéresser obsessionnellement (plus que moi en tout cas) à tout ce qui concerne le culte catholique. Dans Siné Hebdo, Onfray nous démontre par a plus b (n'oublions pas qu'il est philosophe) que suivant Jankélévitch on ne pouvait pas demander pardon à la place de quelqu'un d'autre, ni pardonner pour lui... L'exemple qu'il convoque (celui qu'on ne saurait contester) ce sont les camps d'extermination, la Shoah... Effectivement, on comprend... qu'il soit allé si loin Onfray pour nous expliquer comment Ségolène Royal ne pouvait demander pardon au nom de la France pour les conneries dites par Sarkozy.

C'est ce qu'on appelle l'argument d'autorité. Si Jankélévitch l'a dit... tu n'as plus qu'à la fermer toi pauvre plouc qui ne l'a jamais lu Jankélévitch.

Sauf que moi, Onfray il ne m'intimide pas (il m'énerve même), alors je vais lui répondre ça :

Attention, ça renvoie aux Evangiles, évidemment ça concerne notre culture chrétienne... sera-ce recevable comme argument ?

Il se trouve que l'homme crucifié, et condamné par les siens, lui juif, et envoyé sur le mont Golgotha par son propre peuple, aurait dit (vous noterez mon conditionnel passé) : "père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font".

Suivant Jankélévitch, et Onfray qui répète, seul l'offenseur peut demander pardon, et seul l'offensé peut pardonner.

Soit, Jésus (et les évangélistes) a eu le tort de n'avoir lu ni Jankélévitch, ni Onfray, il a demandé pardon pour les hommes qui le condamnaient à mort, pour les Romains aussi, pour tous les hommes. On dit même qu'il serait venu (encore le conditionnel...) pour ça uniquement, pour racheter les péchés des humains... Représentant lui-même, par sa mort acceptée, ce pardon. Un fou ce type... pas étonnant qu'il ait mal fini.

Oui, raillez. C'est catho. C'est religieux. C'est ridicule. De demander pardon pour d'autres, et plus encore de pardonner la faute que d'autres ont commise.

Ca me semble, quant à moi, le comble de l'humanité. Car c'est reconnaître la faute de l'autre comme pouvant être sienne, comme humaine. Car même la Shoah, il nous faudra arriver à la pardonner.


Photo (c) Luciamel

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Publié le 21 Avril 2009


Je vous disais voici quelque temps que la relation Ségolène Royal-Dominique de Villepin, méritait d'être interrogée ou suivie... nous apprenons de source sûre... (déclaration de Dominique de Villepin au Grand Journal de Canal +) qu'elle avait un précédent... une amourette (...) du temps de leurs études à l'ENA.

Je comprends mieux leur déjeuner, son soutien à demi-mots à la dame du Poitou, et regarde différemment leurs stratégies.

Ingrid, Ségolène même combat ! on l'a parfois sous-entendu, plus souvent critiqué  (car comparer femmes est souvent vouloir les fusiller), maintenant on le sait : même amant.

Qu'a-t-il donc Dominique pour plaire aux femmes de gauche ???

Qu'a-t-il donc si ce n'est ses yeux bleus, sa prestance, son beau discours à l'ONU, sa haine de Sarkozy, et sa hargne qui jamais ne désarme face à son adversaire.. ?

Eva Joly, qui ne l'a sans doute pas eu dans son lit, n'est pas si sensible à ses atours... elle nous dit, dans le Télérama de cette semaine (pardon si mes sources sont toujours les mêmes, vu mes revenus je suis obligée de me limiter...) qu'elle trouve lamentable ("incroyable") qu'un ancien Premier ministre de la France soit employé par la Bulgarie (pays où la corruption est plus qu'avérée) pour redorer le blason du-dit pays...  Bref, il lui semble flagrant qu'il se fait acheter pour ses services... de blanchiment de réputation.

Il n'est pas le seul, convenons-en. L'interview d'Eva Joly est éloquente :  "Je ne crois pas qu'on puisse instruire contre le pouvoir à très haut niveau, y compris dans les pays démocratiques. Le pouvoir finit toujours par ne plus tolérer les intrusions qui le menacent"...

"J'ai désormais quelques certitudes. Du temps de l'affaire Elf, je n'avais pas encore compris "the big picture", je n'avais pas l'image complète. Aujourd'hui, je comprends mieux comment fonctionne le monde. Je pense être porteuse de cette force-là et pouvoir l'utiliser utilement"

Mais je ne voudrais pas faire ma vierge effarouchée, ou scandalisée, cet homme avec ses défauts (ceux dénoncés par la juge Eva Joly) n'en demeure pas moins l'un de ceux dont on peut dire qu'il respecte une certaine équité, ou un certain code de l'honneur, certaines valeurs... bref... il n'a pas franchi le rubicon... celui de l'inhumain... qu'un autre homme politique ne craint pas d'envahir... et pour les actes et les bévues de qui nous devrons certainement encore demander pardon...





Pourquoi Tina Arena ? parce qu'elle est en concert le 10 octobre 2009... au Casino de Paris (il vaut mieux s'y prendre à l'avance) parce qu'hier à Genève... cette région du monde a encore crié... vitupéré, saigné, fait saigner... on l'appelle Bagdhad... Parce que Dominique de Villepin avait dit : "non !"  au nom de la France.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 20 Avril 2009

celle que j'ai essayé de numériser... mais tout s'y est opposé.

Elle est du 16 mai 1966. J'ai 6 ans. Le décor du photographe en fond, des colonnes en enfilade, un peu surréalistes, d'où nous surgissons. Mon grand-père assis sur une chaise pliante, fier dans son costume, en même temps si "cool", le regard tranquille et amusé, à la fête de la ville, la foire de l'année, nous à côté, ma soeur sur le zèbre à bascule, moi debout près d'elle, tenant les rênes de la main droite, et nos deux sacs à main blancs de la main gauche. Robes courtes plissées, chaussettes et souliers blancs.

Ce fut la photo envoyée à mes parents : eux repartis en France, et nous ayant laissées depuis janvier. On ne les reverrait qu'une révolution plus tard, en août 68.

Déjà à cette époque-là, nous faisions tout pas comme les autres... elle et moi. La montre (qui n'était pas "vraie", juste une décoration, une fantaisie pour la photo...) nous la portions toutes deux au bras droit. Or, je n'ai jamais changé depuis, et mes montres c'est toujours à ce poignet-là que je les ai mises.

Je plisse les yeux, comme éblouie par une trop forte lumière, pourtant ni mon grand-père ni ma soeur n'en semblent gênés. Qui regardions-nous avec tant d'attention ? les destinataires de la photo, l'appareil, ou le photographe ?

Et qu'avons-nous fait après ? nous a-t-il offert une friandise (en ce temps-là, c'était un grand luxe) ? Nous qui avions l'habitude de porter des souliers en bois - attention, rien à voir avec les gros sabots de paysans -, ou de marcher pieds nus, avons-nous bien honoré toute cette blancheur ?

Est-ce lui, dont j'ai hérité le regard à la fois fier et serein, qui vient ce soir m'empêcher de "numériser", et de mettre en ligne le passé ?

Miguel, image si positive et noble d'un homme d'honneur, lui qui était un "cantonnier", en ces temps-là portant uniforme comme un officier, et dont le numéro sur le chapeau à jamais pour nous restera gravé : "le 27", c'est ainsi que mon père l'avait surnommé.

Mon grand-père au regard d'Indien, dont le mystère se cache aujourd'hui encore sous les pierres des chemins, celle dont il me disait : attention à ne pas la renverser car un génie y vit caché. Lui, qui m'a enseigné le secret des abeilles, dont il m'offrait le miel à chaque nouvelle année; lui qui m'a appris à faire sécher les raisins pour Noël; lui qui mettait son chapeau de cantonnier sur la serrure de la porte, pour empêcher les mauvais esprits de rentrer; lui qui m'avait prêté sa montre de gousset parce que moi la "Française", et la révolutionnaire,  je m'habillais désormais de chemises de grand-père... et la lui avais demandée.

Lui, il est toujours là, près de moi sur le chemin, à me prévenir quand une pierre est la demeure d'un esprit malin.





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Rédigé par Luciamel

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Publié le 17 Avril 2009

Over Blog c'est TF1... on a sans doute tout dit en disant cela. Pourtant, jusqu'à présent je m'y étais trouvée plutôt bien... son côté un peu plouc (je préférais), pas trop branchouille-intello, pas trop "moi j'en suis"... des Wikio et autres trucs un peu "classés" blogueusement" parlant.

Mais là... avec le référencement obligé sur FaceBook, et ce satané bazar sur les commentaires, ils me courent sur le haricot.

Je ne peux plus répondre à mes commentateurs (bon, ça va... je n'en ai pas des centaines, je sais, mais j'aime bien dire à mon lecteur du jour : "hello, good bye, you say 'good bye', I say 'hello' ", c'est le service minimum du blog, non ?).

Alors, je vais leur répondre ici à mes commentateurs... donc voici :

@Dorham : oui, c'est casse-pieds leur nouvelle interface sur Over Blog, va falloir que je réapprenne à tout reconfigurer... Tout ça pour nous mettre sur FaceBook... Et le retour à la ligne ne se fait plus... comment ils ont fait Noèse et Kfigaro ??? Plus de retour à la ligne... Bon, va falloir faire du ménage...  

Concernant Ingrid... avant qu'elle ne soit libérée, j'avais écrit des trucs (on ne peut plus non plus mettre de liens... c'est galère), je résume : elle m'énervait prisonnière, son côté "prout-prout ma chère" amie de Villepin, de bonne famille, ayant fait ses études à Sciences Po... et c'est l'humain (l'humaine) qui m'a touchée.

Les réseaux... (j'ai trouvé pour le retour à la ligne, il faut faire avancer le curseur avec "espace"): les réseaux sont là qu'on le veuille ou non... ils s'appellent "Net"... mais tu as raison, et je te suis dans ta démarche, seul l'échange vaut la peine, et le contact (presque mystique) qui peut surgir d'on ne sait où.

Aujourd'hui, par exemple, j'ai rencontré une "amie" blogueuse, et on s'est trouvé plein de points communs, pourtant, dans la "vraie vie", si on s'était croisées chez des amis... on ne se serait sans doute pas parlé... pas le même âge, pas le même look, pas... pas... grâce aux blogs, et au contact antérieur, on avait des affinités, alors on a voulu regarder au-delà des apparences sociales. C'est bien.


@Noèse : je travaille depuis 12 ans dans une entreprise employant 100% de personnel féminin... je comprends ta mère. Je le crois aussi, les rivalités, les pires parfois, nous viennent de nos amies (de nos soeurs ? de nos mères ? de nos filles ?), mais ce n'est pas là l'essentiel, l'essentiel est que, si le monde se finissait... les femmes seraient là pour le sauver.


@Kfigaro : nous ne pouvons (malheureusement) reproduire que nous-mêmes... nos travers, nos envies de pouvoir, nos petites coteries (ça dure depuis la nuit des temps). J'aime à penser que nous reproduisons, aussi, cette île, ce chant des partisans, ton commentaire et ton apparition sur mon blog... celle de Dorham aussi, semblent le prouver.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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Publié le 16 Avril 2009


Si vous vous attendez dans l'épreuve à voir les liens se resserrer, à ce que vos amis prennent votre défense dans l'adversité, à ne pas être dénoncé par votre voisin en périodes de collaborations (et elles sont nombreuses, toutes celles qui permettent les trahisons...) vous risquez de tomber de haut.

Est-ce Ingrid Betancourt qui a trahi ses codétenus, en tirant la couverture (médiatique, surtout) à elle ? ou sont-ce ses camarades d'infortune, tirant aujourd'hui sur elle à boulets rouges (et bien rémunérés eux aussi) qui veulent toute leur part du gâteau ? Dans cette affaire, je ne sais ce qui me désole le plus...

Partout je ne vois que rivalités, que classements, que "pousse-toi de là que je m'y mette"... que manigances et jeux de pouvoir, toujours les mêmes... Chez les vendeurs de glaces c'est pareil, à ce qu'il paraît... les Wikio... dont (même avant que ça ne se retourne contre les femmes) j'ai dit tout le mal que je pensais.

Je navigue peu de blog en blog... ça me démoralise souvent. Les coteries (je me répète) sont trop flagrantes. Les liens se monnayent... les réseaux sont les mêmes, toujours, ils sont ceux du pouvoir qui, toujours, veut se recréer.

Ce soir, une autre jungle pourtant... une île plutôt, celle des esclaves abandonnés. Enfin, un peu d'humanité contrecarrant ce monde de cruauté. Ils ont dû tout rebâtir. Les fouilles ont permis de reconstituer leur aventure :
les naufragés de l'île Tromelin, 60 en 1761, laissés sur un kilomètre carré avec 3 mois de vivres, retrouvés 15 ans plus tard, ils n'étaient plus que 7 femmes et un bébé. Les vestiges archéologiques semblent démontrer que ces humains ont su survivre avec dignité... Ne restaient que des femmes... un bébé. Est-ce une indication sur l'avenir de notre humanité ? Mais là aussi... il semblerait que ça sente la bonne affaire : livre d'Irène Frain, documentaire, et autres tour operators... devraient incessamment sous peu se pencher sur la question.

Chassez le naturel...

Heureusement, sur une île, pendant quelques années, quelques humains ont su s'entraider... Défendons ces îlots, à chaque fois que nous les rencontrons, ils résistent à la barbarie, à la bêtise, au goût du pouvoir, à la petitesse de notre petit moi (à moi, à toi, à nous...), ils sont notre chant des partisans d'un moment.




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Rédigé par Luciamel

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Publié le 14 Avril 2009

Il est en ce moment deux fleurs de saison, inévitables et primordiales. Pas besoin d'aller bien loin, Vincennes ou les rebords des chemins y suffiront.

La première est la Véronique, qu'on confond souvent avec le Myosotis, il faudra pour les distinguer bien observer les feuilles, rondes pour la première, longues et effilées pour le second.

La Véronique petit chêne a ma préférence, délicate, et si étoilée... elle illumine les sous-bois, elle me chante les commencements : amour, joie ou tendresse, fraîcheur des premiers temps. Mais comment choisir ? entre la Véronique de Perse, celle à feuilles de lierre, celle des champs ou la germandrée... mon coeur balance.

Le Lierre terrestre, si commun apparemment, nous conte les temps anciens : ceux de l'enfance, à butiner ses fleurs sucrées, ceux de la terre qu'il n'a jamais quittée.

Alors, je laisse les Magnolias, comme les Narcisses, à leur "culture" et leur éclat... pour me pencher vers ces merveilles de simplicité.

Je dirai longtemps les chemins, les talus, les sous-bois, les ronces et autres Compagnons blancs... de mes promenades enchantées.






Que de fois, votre simple vue, votre apparition, a suffi à effacer les peines, à dire un autre langage que celui des humains.

Je redeviens oiseau, je redeviens eau, je redeviens sable, je redeviens ciel, je redeviens lumière... près de vous.



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Rédigé par Luciamel

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Publié le 10 Avril 2009

Je viens de lire l'article de mon amie Philiberte. Il se trouve que nous sommes voisines et que moi aussi je le croise l'homme, le SDF, dont elle parle dans son texte.

On lui a choisi une photo sur Ladies Room qui n'est pas vraiment son style, une photo jolie (une jeune fille à la combinaison courte faisant du vélo... Philiberte ce sont plutôt les caleçons rouges à pois de son Philibert qui l'émoustillent... mais ce n'est pas grave, c'est un site de filles aux phéromones printanières, et mon amie ne m'en voudra pas de dire que ça fait belle lurette qu'elle s'en contrebalance de les exciter les garçons... elle ose parfois relever ses cheveux et mettre du rose à ses joues... ça lui va à ravir).

Alors je suis retournée sur les lieux, et voici la vraie réalité de l'amour de notre voisin avec son amoureuse.




Notre voisin, dirais-je, a rencontré l'amour. Ce matin, je les ai pris en flagrant délit... les pieds de la jeune femme étant cachés par la couverture blanche.

Je peux en témoigner, les roses sont là depuis trois jours, les amoureux et leurs amis ne se quittent plus. Leur message :
"on s'aime et on vous emmerde".

Ou encore : "votre crise, elle nous fait bien rigoler".

Hier, dans
Le Monde (toujours le même numéro... je rentabilise, j'en achète un par semaine, faut pas déc*... faut faire des économies) j'ai lu que le vin donnait le cancer, et ce même à partir d'un ou deux  verres par jour.

Philiberte l'a dit, c'est son péché mignon le vin rouge... et moi, je l'accompagne bien volontiers... alors, Messieurs les chercheurs en bonnes questions... laissez-nous vivre ! regardez-nous nous aimer, regardez-nous, même dans la rue, même clodos, même alcoolos, vous donner des leçons d'humanité, à vous, les hypocrites, les menteurs... Que prenez-vous, vous, pour vous maintenir en  vie ? de l'argent frais ?

Oui, je sais... vous ne faites que nous informer... on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas...

 

Alors pour vous contrecarrer, je lis mes amis blogueurs (enfin, ceux qui pour moi sont des blogueurs... parce que par l'intermédiaire de Mtislav, frère en révolution, je suis arrivée sur un site fort intéressant... là, dans les commentaires un lien sur un truc... impensable... je ne vous mets pas la référence, ça lui ferait de la publicité, à ce stade-là ce n'est plus du narcissisme, ni du nombrilisme... comment dirais-je, c'est de la perte de temps... surtout ne pas y retourner).

Heureusement, parmi ceux qui nous redonnent espoir, à Philiberte et moi, il y a
Dorham, qui nous parle à nu, qui ose se montrer tel le SDF de ma rue des blogs... Il y a Noèse, une soeur du Québec, un Toutaubord... un troubadour, comme nous... Une Nina à fleur de peau, une Milla qui a pris la clé des champs.



Photo (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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