Publié le 31 Janvier 2009




Ecrire. Ne pas écrire. Faire la grève. Et puis... que dire qui vaille la peine ? (si ce n'est pour participer au joli charabia littéraro des blogs, c'est-à-dire au "je m'écoute écrire..." et j'aime ça); pourquoi allumer mon ordinateur ? et transmettre au monde de mes 50 lecteurs quotidiens - ou plus, ou moins, mais qu'importe - des pensées qui n'intéressent sans doute que moi..?





A pied dans Paris, j'avais laissé ma voiture sur le trottoir, et croisai ma voisine à qui l'on avait voulu arracher le coeur, sauf que les sots l'avaient situé à droite... car, face à leur gauche à eux; voilà bien qu'ils agissent comme nous, internautes de base : ils inversent tout, projetant sur l'autre leurs propres tares, voire leur talent (l'effet miroir).


Même les démons aujourd'hui font rire. Comme ces jeunes, des gothiques à ce qu'ils disent, croisés tout à l'heure devant leur boutique.


Heureusement, j'avais mieux à faire. Rendez-vous pris avec Barbara pour visiter l'expo de Simon Gaetan. La crypte nous accueillit tel un ventre aux couleurs chaudes, et à la "circumdité" réconfortante. Le maître de céans nous fit l'honneur de nous initier aux petits secrets cachés de l'oeuvre, Barbara, l'experte, releva les influences, et pour un certain tableau, se référa à Bonnard. Ce sur quoi, Simon nous parla du suicide d'une des modèles du peintre. Moi, saisissant la balle au bond du sujet qui me taraudait depuis le matin (j'avais rêvé du suicide du père d'une amie, et avais, dans la nuit, remonté le temps pour trouver la clé du mystère) lançai : parlons-en du suicide ! Et nous voilà partis (je vous laisse retrouver le fil) sur Laurence Parisot, les grèves, Sarkozy, Villepin, Napoléon III et Victor Hugo, pour arriver à la conclusion que forcément il, Sarkozy, allait sauter (ou nous...).

Pourtant, au sortir dans la nuit froide, c'étaient bien les couleurs (le noir-japon, les bleus, les "terre", le blanc), les visages, l'intensité des thèmes traités par l'artiste qui demeuraient présents à nos esprits : la force des regards (du regard ?) tournés vers nous, l'interrogation des corps, exposés au regard du peintre (au nôtre ?). L'ange, lui, avait les yeux baissés et baignait dans l'obscurité.




Notre fin d'après-midi était chargé, et après ce plat bien consistant, nous sommes reparties au pas de course vers la galerie Blondel, où mon cher ami 
 Zoltan Zsako avait son vernissage. Barbara fut séduite par l'ampleur et la qualité de l'oeuvre. Elle me dit les influences de la Renaissance, la facture très classique du trait, les thèmes bibliques, la mythologie, mais surtout... l'originalité du travail : des bas reliefs moulés sur du plâtre, recouverts parfois de feuilles d'argent, la finesse du dessin.





Elle resta plus longtemps devant la Cène en Seine, et Transposition, où elle reconnut  "L'île des morts" de Böklin. Ca lui semblait évident, elle m'en traçait les contours, me disant que quand on l'avait vue une fois on ne pouvait l'oublier, elle me parla de sa mise en musique par Rachmaninov. Je ne manquai pas de  m'en enquérir auprès de Zoltan, lui demandant si son tableau n°13 (ah...) était inspiré par... il ne me laissa pas terminer : "oui, c'est un hommage à  "L'île des morts" de Böklin". Il nous expliqua ensuite qu'il l'avait réalisé dans le cadre d'une expo, au Grand Palais, dédiée à ce thème.



Voilà, comment, quand on se sent vide... et peu enclin à communiquer, la vie nous prend par la main, et nous emmène à la croisée des chemins, jusqu'au bout de la nuit.

Nous nous quittâmes en ce début de soirée, heureuses d'avoir rencontré ces artistes dont les oeuvres interrogent l'ici humain (ecce homo), et le surgissement d'un certain au-delà.


L'île des morts de Böklin


Photos (c) Luciamel, sauf Ecce Homo de Antonello da Messina et Böklin


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Rédigé par Luciamel

Publié dans #émotions artistiques

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Publié le 27 Janvier 2009


Lui, c'est François Béranger, j'avais 20 ans... il m'a transmis une certaine idée de la liberté... celle qui me fait, encore aujourd'hui, me hérisser face aux gentils blogueurs... celle qui me fait remettre en question mon train-train...
"Je sais bien qu'une chanson c'est pas tout à fait la révolution..."  mais...





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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 26 Janvier 2009

Une info en exclusivité bloguesque (et repérée dans le métro ce matin en allant au boulot) : Cristina Branco sera à la Cigale en mars ! Vous vous en fichez. Vous ne savez même pas qui c'est...

Ce monde de la blogosphère est bien cruel, on doit toujours faire sa mite (après l'abeille, je continue à filer la métaphore animale) à phéromones femelles : on doit séduire par ses mots suaves, ses commentaires d'hôtesse (de maîtresse de maison... ou plus, si affinités). L'essentiel étant de coller à son blog (son audience) suffisamment de commentaires... de lecteurs. Mais, pour quoi faire ???

Oui, je sais... sur un blog, on n'écrit que pour soi (mon oeil...), pour le plaisir et l'amour de l'art... (toi, tu regardes jamais tes stat's ?), on laisse des comm's à droite et à gauche... de façon tout à fait sincère et spontanée, et surtout, désintéressée ! On ne veut pas être en tête de quoi que ce soit... ni on ne rêve d'être "découvert" par un éditeur, mis en valeur quelque part... non...

Bon, voilà encore que je "digresse"... que je ronchonne. T'as qu'à plus les lire les blogueurs, s'ils t'énervent avec leur narcissisme... leur sensibilité, leur humanité. Lucia, tu me casses les pieds ! et surtout tu radotes...

Tout à l'heure dans le métro (je suis dans ma phase insectes...) : une jeune femme, tout à fait propre sur elle, on était collés comme des sardines (parisiennes), je regarde distraitement ses cheveux, et que vois-je ??? des lentes, j'ai hésité, sont-ce des pellicules ? ses cheveux étaient presque sous mon nez, non, c'étaient bien des lentes (je rappelle à ceux qui n'en ont jamais eu qu'ils s'agit des oeufs pondus par les poux). Interloquée. Ben, je reste à distance. Vivement qu'on descende. Et voilà que maintenant ça me gratte...

Je marche, je croise ce jeune-homme près du BHV, déjà aperçu précédemment, sur une couverture avec un duvet autour de lui, il faisait la manche... Toute cette misère, me dis-je. Puis, je le vois penché, il parle tout seul, le pauvre. En fait, non, il était en train de poursuivre sa conversation téléphonique, il disait à son interlocuteur : "ben, si tu veux on se retrouve demain à la fac, j'y serai vers...". Et alors ??? les SDF, pseudos ou vrais... n'auraient pas le droit d'avoir un téléphone portable ? d'avoir une vie ? voire même une vie amoureuse ?

Bon, je rentre à la maison, j'ai acheté un adaptateur de casque pour mon nouveau dictaphone, 4,50 euros... (au lieu de 40 ) j'en ai besoin pour préparer le prochain concert du choeur... j'ai vachement de retard... tous ces morceaux que je n'ai pas pu écouter.

On va chanter (en mars aussi...) à St Merri, des chants sacrés.

Sacrée Lucia !



Ulisses - Cristina Branco, Sete pedaços de vento.


Sept morceaux de vent.
(José Luis Gordo / Custodio Castelo)


"que le désir ne me préserve pas dans mon envie d'être à toi..."


"sept airs de nostalgie
sept fragrances diverses
dans les cristaux de la fantaisie
amante des amours éparses"

"sept cris à crier
sept silences à vivre
sept lunes à briller
et un ciel pour les accueillir"

"je remets au vent mes soupirs
où le désir agonise
sept désirs charnels
que dénoue mon désir"

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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Publié le 25 Janvier 2009

Il les dénigrait, les mouches... et pourtant que fit-il d'autre, tout au long de sa vie, lui qui accompagnait les puissants (protégé par certains, en guerre contre beaucoup, et "entretenu" par Madame de la Sablière) que de dénoncer leurs travers ? les agacer...

Lui, maître
Jean de La Fontaine. Moi, Lucia, l'abeille du coche. Je ne vous pique qu'en désespoir de cause, car je sais qu'à chaque fois c'est moi que je tue en vous blessant.

Hier,
Jean-Pierre Coffe chez Ruquier, lequel des deux fit la fine... mouche ?  Coffe face à Fabius : comment faire avec moins de 9 euros par jour pour manger ? or, c'est ce qu'a un smicard... pour nourrir sa famille, c'est un scandale, ça va nous péter à la gueule, tous ces pauvres vont finir par se révolter... (il en a fait un bouquin : comment apprendre aux pauvres à manger avec 9 euros par jour (une famille de 4 personnes !!!), ça lui a apporté des milliers de lecteurs, et plein de sous, lui, le SMIC ça ne le menace pas encore). Il a raison Coffe. Sa colère est saine. Lui aussi est une mouche du coche... il en faut.

Olympe n'est pas mouche, ni abeille, elle est cette blogueuse aux multiples talents : 5 enfants, libraire (si mes souvenirs sont bons), collaboratrice de Rue89, classée en bonne place sur un truc Wikio que je ne comprends pas trop... l'une de ses qualités (et pas des moindres) étant son origine portugaise... Quand je lis ses billets j'hésite entre jubiler et hurler... jubiler : enfin, l'injustice est dite, oui, être femme équivaut, quel que soit le lieu de la planète, à être dominée (d'une façon plus ou moins flagrante); hurler : mais c'est vrai !!! ce plafond de verre on le subit à chaque minute de notre vie... combien de temps encore ?

Elle a une rigueur qui n'est pas la mienne, j'en suis heureuse, car il nous faut, outre les mouches (ou les abeilles/cigales), des fourmis pour nous aider à traverser l'hiver.

"Hildegarde de Bingen ou le divin féminin", Catherine Braslavsky la chante en ce moment au Théâtre de l'Île Saint Louis.




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Rédigé par Luciamel

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Publié le 23 Janvier 2009

Je voulais écrire sur les performers... Hier j'ai assisté à une conférence de mon amie Barbara sur "Le corps en jeu" dans l'art... J'en suis encore tellement bouleversée que je préfère laisser mûrir la chose. C'est presque comme si pour moi il y avait un avant et un après cette approche du fait artistique. Pour vous résumer, il s'agit de la "dinguerie" (absolue et géniale) d'Oleg Kulik, même Télérama l'encense ("Dieu reconnaîtra les chiens"...  dans son supplément "Sortir" de cette semaine), pour annoncer la mise-en-scène de cet "artiste" totalement déjanté au Châtelet, dans "Les Vêpres de la Vierge" de Claudio Monteverdi. C'est d'ores et déjà présenté comme un événement incontournable. Oleg Kulik étant le nec plus ultra de l'avant-garde plasticienne (depuis, il a viré de bord et aujourd'hui, comme Léonard Cohen, lui, l'artiste devenu millionnaire, se serait tourné vers la méditation tibétaine).

 

J'ai aussi retenu la... création... de Marina Abramovitch, une ex-Yougoslave. Je me dis que des deux, d'Oleg ou d'elle... je ne peux décider lequel est le plus... azimuté (au sens positif du terme).

 

Elle est née en 1946, depuis toujours elle performe... en 2004 au Guggenheim, une dizaine d'heures, elle mange un kilo de miel, boit un litre de vin rouge (ça a dû l'aider quand même...), dessine sur son ventre, à la lame de rasoir, une étoile à cinq branches (c'est son obsession), puis s'allonge des heures durant sur une croix de glace, avec une plaque chauffante suspendue au-dessus d'elle, faisant saigner l'étoile. Avant cela, elle s'était copieusement fouettée. Ils disent, se disent... que la démarche est mystique, transcendante. De l'art, je ne peux encore juger... j'ai besoin de digérer.

 

J'en passe certains, des Autrichiens (l'école viennoise des années 50/60 qui me fait furieusement penser à Elfriede Jelinek), dont les créations me semblent si proches des "messes noires" du Moyen Âge, que j'en reste dubitative.


Il n'en demeure pas moins que la démarche de ces artistes au mysticisme flagrant, revendiqué, exacerbé ou exhibé, prenant leur corps pour une toile, leur psyché pour une terre à explorer, tels des dadaïstes révoltés, réveille quelque chose dans nos consciences endormies : c'est leur but je crois.
 

Dieu serait mort, a-t-on dit, le Diable, quant à lui, est toujours bien vivant.

 



Photo : "Adam et Eve", oeuvre de Zoltan Zsako, exposition du 31 janvier au 14 mars, à la galerie Blondel, à Paris.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 21 Janvier 2009

Cela a provoqué un incident diplomatique, le premier ministre français a arboré la couleur rouge à ses chaussettes lors de la réunion du sommet de la francophonie au Canada, en octobre dernier : tolé ! c'est la couleur des anglophones...

Michelle Obama, habillée de jaune, comment a-t-elle pu ? avec des températures si basses, sans chaussettes, sans bottes, et en tenue presque estivale ?

Le soir, sa robe "ivoire" était du meilleur effet. On m'a fait remarquer (des spécialistes) que, pour l'investiture, le noeud de la cravate d'Obama était, encore une fois, mal fait, et que pour la couleur, le rouge, il ne s'était pas foulé.

Le destin du monde tient parfois à la couleur des chaussettes, de la cravate, de la robe... de nos princes.

Un prince, un roi.... mage.

Au chevet de l'enfant, du sauveur. Ils ont apporté la myrrhe, l'encens... l'or. Mais l'enfant avait quitté son berceau. Il regardait tout ça, un peu interloqué. Quel est donc ce manège ? cette ronde autour de la Terre... où tous se donnent la main (l'ONU) tout en laissant son voisin planter un couteau dans le dos de son autre voisin... Charité bien ordonnée commence par ses propres intérêts.

Je les aime, et j'ai moi aussi versé ma petite larme (je suis une grande sensible) à la vue de l'humanité faite homme et femme (à cravate rouge et à robe jaune canari).

Je ne veux pas croire que demain nous allons déchanter, je chante la gloire de ce jour où un humain a voulu donner la main à l'humain.

Moi, la (fausse) pessimiste, comme tous les métis de la Terre, je me réjouis d'enfin voir la justice se faire, la vérité se proclamer à la face du monde : l'esclavage, la discrimination, l'élitisme, tous les privilèges (ceux des PDG, des nouveaux aristocrates aux parachutes dorés... des "capitalistes" sans foi ni loi, seigneurs des nouveaux temps) sont le péché même contre l'humanité. Lui, n'est qu'un éclaireur, qu'une lanterne sur notre chemin d'obscurité.

Les ténèbres n'attendent que notre sommeil pour s'installer. Mais jamais l'humanité ne dort complètement... car toujours un veilleur, un éveilleur, est là pour nous protéger. Il crie, il nous conduit, il a repéré le passage où nous pourrons franchir le col (de l'utérus...). Une éveilleuse... je l'aurais aimé. Elle viendra en son temps. Probablement.

Et comme disait Scarlett dans Autant en emporte le vent : "As God is my witness (...) I will never be hungry again!" (« Je jure devant Dieu que je ne connaîtrai jamais plus la faim ! ») et au bout de sa détresse : "Tomorrow is another day".

Photo, Autant en emporte le vent.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 18 Janvier 2009

Il y a deux moments de la semaine où la vie en solo (et sans enfant)  me semble la chose la plus douce qui soit : le samedi quand je fais mes courses, et le dimanche en fin d'après-midi quand je rentre chez moi. Ô joies de la vie de célibataire.

Je vais dans un supermarché pour bobos (bio), des gens, normalement constitués...  Evidemment, on prend un caddie (c'est à perpette les oies, je ne m'y rends pas que pour acheter deux pommes et de l'eau)... évidemment c'est embouteillé le samedi... Sauf que là il y a aussi tous les trentenaires à poussettes, et enfants en bas âge qui pèsent et collent les étiquettes pour leurs parents, c'est le côté "ludique" et interactif de leur vie familiale. C'est leur fierté, leurs gosses, donc patience. J'adore les enfants, là n'est pas la question.

C'est donc dans ce temple de la branchitude et de la décontraction que j'ai entendu un "père" (attention, on frôle le divin en disant ce mot) s'adressant à sa compagne (certains diraient "épouse"), et du haut de sa paternité, poussant bien fort une poussette, forcément, s'exclamer :

- Ils devraient interdire les caddies ici.

Je lui ai jeté un oeil noir (évidemment), celui de la vieille fille (en fait, même pas... puisque mariée 7 ans, mais c'est tout comme, car sans enfant).

La France est championne d'Europe de la natalité, soit. Pas étonnant que deux intellectuelles de renom s'interrogeant sur le sacré en concluent qu'il est équivalent à la maternité : pour trouver Dieu cherchez la mère ! En même temps elles se disent toutes les deux athées... de là, à s'être prises pour Dieu le Père, tout simplement...

Les hommes s'y mettent, eux s'identifient à la mère, ils deviennent mère et femme à leur tour... sans vouloir me lancer dans la tirade chère à Zemmour, des déesses mères partout, ça me donne le tournis.

Hier, croisant cette jeune-femme à poussette, deux enfants, une d'environ un an (dans la voiturette), l'autre dans les 6 ans (sur ses gambettes) j'ai été fort intriguée et j'ai même failli la questionner, puis j'ai renoncé. La pauvre n'avait pas de caddie, un panier qu'elle traînait péniblement du pied, devant la caisse. Je n'ai pas compris pourquoi elle parlait en espagnol à la plus petite, et en français à l'autre. A priori sa langue à elle, la mère (la langue maternelle ?) était son français tout à fait impeccable, l'espagnol bien qu'excellent me paraissait plus laborieux. L'aînée s'adressait à sa soeur en français (elle l'a engueulée parce qu'elle avait fait tomber quelque chose : "tu ne bouges pas !", lui répétait-elle, avec toute la dureté de l'enfance). La mère changeait de code linguistique toutes les 20 secondes... Je me suis demandé ce que "langue marternelle" pouvait vouloir dire dans ce cas-là.  C'est aussi ça les bobos... dès le berceau ton gosse tu le cultives (bilinguisme forcené).

Je suis bien aise que les parents récupèrent leurs bambins, surtout le dimanche en fin d'après-midi. Vous les voyez dans les rues, tout énervés d'un week-end passé ensemble 24h/24, ils semblent exténués et heureux de retourner au boulot, ou à l'école, le lendemain.
Ca pleure, ça avance péniblement. Je me dis que vraiment c'est cher payé pour être Dieu sur Terre aux yeux d'un enfant. Cet amour qu'on croit total dure généralement jusqu'à l'adolescence, ensuite l'idole tombe de son piédestal. Et c'est ainsi depuis la nuit des temps... mais toujours on y croit à ce Dieu qui a été, qu'on a été. Combien d'horribles personnages (ce père vu un jour dans le métro, abuser de son pouvoir d'adulte sur ses enfants, et se venger littéralement de toutes ses frustrations en les maltraitant, eux soumis et subjugués comme face à une divinité) sont d'horribles parents, et pourtant des Dieux pour leur progéniture...

Finalement, Kristeva et Clément ont peut-être raison, mais c'est là l'un des biais par lesquels le divin se manifeste à nous. Quoi que ce soit, l'amour en est le porte-parole. Une porte s'ouvre et, soudain, nous voilà touchés à jamais par son firmament.

Dieu sur Terre est dans le rire de l'enfant, dans son regard, son langage... avant l'âge de raison, car après il devient un petit homme, tout bêtement. 

Dernière image du film d'Oliveira, Le miroir magique, un gamin rieur, une fleur à la main, en écho à l'adulte commentant le "principe de l'incertitude" : la seule certitude que nous ayons c'est celle de notre mort, énonce-t-il, en réponse, le tout petit s'illumine et rit.

Je comprends votre dévotion mais le dimanche soir je suis heureuse de rentrer seule à la maison. D'être une enfant libre, au bord du fleuve.
Aniki Bobo, 1942, (Manoel de Oliveira), photo Instituto Camoes



L'amour éveillé en nous, par l'enfant, par le compagnon, la compagne, d'une vie ou d'un bout de voyage, il est sans doute là le divin. Certains le trouvent partout... dans la vie même qui les traverse.






"Mais un enfant
Et nous fuyons l'enfance
Un enfant
Et nous voilà passants
Un enfant
Et nous voilà patience
Un enfant
Et nous voilà passés"





"Pâle septembre
Entends-tu le glas que je sonne ?

Je t'aime toujours d'amour
je sème l'amour

Les saisons passent mais de grâce
faisons semblant qu'elles nous ressemblent

Mais qui est cet homme qui tombe de la tour ?

 

Mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
Mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?

Pâle septembre,
comme il est loin,
le temps du ciel sans cendres
il serait temps de s'entendre"

******************************************************************************************************************


N.B. et P.S. : le titre de mon billet "le papillon est un mot d'amour plié en deux" est le sous-titre du film Le papillon (c'est écrit sur l'affiche, mais un peu difficile à lire...)

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Enfants d'espoir

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Publié le 16 Janvier 2009

Nous y étions... à Manhattan, face au fleuve Hudson d'un côté, et la Sky Line de l'autre, voici peu... fin septembre. J. et moi.

Elle m'écrit ce soir :
"Les miraculés  de Manhattan :  j'ai pensé à nous."

Moi aussi, je nous ai revues... là-bas. Un oiseau a fait tomber un avion, mais un pilote a réussi à amerrir et  à sauver tous ses passagers. Quel signe ? cygne ?

Nous y retournerons ! ensemble, je te le promets.

Il nous reste tant de choses à y faire, moi avec mon guide sous le nez, et toi avec ton coeur en étendard.

Oui, quand nous y étions le monde s'effondrait ! les marchés financiers...  une réunion de l'ONU y  était organisée, Sarkozy et Lula nous avaient bloquées dans un embouteillage monstre, nous qui voulions, juste, nous rendre à Harlem.

Hier, à la télé, Meurtre mystérieux à Manhattan, en v.f... j'en ai revu des passages, puis  j'ai craqué, Woody Allen doublé... non, vraiment peu crédible.

Quand je me remémore les lieux, les jours... tout me semble essentiel, tout me semble éternel (j'exagère à peine). Tout est gravé.

Paul Auster... m'y plonge encore, son nouveau livre sort, mais surtout ceux que je n'ai pas lus, qui font de lui l'écrivain de la ville : Trilogie new-yorkaise. Depuis quelques jours, tout me ramène à New York.


Je pense aux frites mangées au pied de la statue de la Liberté, nos "freedom fries" à nous... au couple de Japonais croisé face au "ground zero" : "tu n'as rien vu à Hiroshima"...

Puis aux deux Japonaises observées au départ de Liberty, et avant l'embarquement pour Ellis Island, se protégeant avec force ombrelle, lunettes et gants, des rayons du soleil.

Comme dirait Houellebecq (dont je n'ai lu que 4 pages), les souvenirs, personne ne peut nous les voler, ils constituent, en quelque sorte, des "particules élémentaires" de l'âme.

Nous savons, au fond de nous-même, que nous avons ouvert une porte sur un essentiel..., à jamais initié, à jamais vivant. Comme un amour... même tué par l'autre (le traître ?), à jamais il vit, car à jamais la porte en restera non fermée.



Photos (c) Luciamel, septembre 2008, Hudson, ONU, Liberty food, et le ciel avant NYC...

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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Publié le 14 Janvier 2009




Ecriture de nuit,
filaments,
lucioles,
mystères qui
clignotent.

Sur des draps tendus,
devant la lumière,
des papillons sont piégés,
car ils ne savent pas
vivre dans l'ombre du soleil.

Insectes fragiles,
sombrant dans l'artifice sans feu
de la poudre aux yeux
qui suffit à les rassasier.
Mais qui se nourrit de leur reflet ?


Les oiseaux se sont remis à chanter,
Puis les papillons ont été mangés,
Dans la nuit, leur mélodie a suffi
A me réveiller et m'annoncer
Que les fossoyeurs s'éteindraient.

Le monde semble éclater,
Comme une grenade gorgée de pulpe,
de grains roses, et de jus...
Ne t'en fais pas, enfant, ami,
Voici venir le nouveau fruit.

Louons l'éclat de joie, le rire,
l'extrême douceur irradiante
de la plante de nos pieds,
à la paume de nos mains,
en passant par nos cheveux.

Finalement.


papillon Isabelle

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 13 Janvier 2009


en pleine nuit
respirer la lumière,
laisser advenir la pluie,
douceur du soleil
qui part du sacré
et remonte en étoile
ou en cercles
jusqu'au coeur
de l'univers.



je t'ai senti, inspirée,
plus que je ne t'ai vu
et la vague est venue
pour se diffuser
dans le corps et l'esprit
je t'ai bu, touchée
par le filtre de vie.

alors, encore, encore...
berce-moi dans cette mort
à soi, à la douleur, à l'enfer
et je te dis Toi,
qui es en nous,
protège-nous.




Découvrez Amy Winehouse!



photo (c) Luciamel, 40° N, décembre 2008, face à la statue de la Liberté.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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